Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

CONCERTOGRAPHIE ENCYCLOPÉDIQUE · AUSTRALIE

Wings en Australie (novembre 1975) : neuf concerts, 29 chansons et archives audiovisuelles

La tournée australienne devait être suivie de trois soirées au Budokan : retrouver l’histoire du projet japonais annulé en novembre 1975 →

Neuf représentations du 1er au 14 novembre 1975, cinq villes, neuf musiciens sur scène : programme musical, répertoire et film de Melbourne replacés dans l’histoire de Wings Over the World.

Calendrier des neuf concerts attestés

  1. 1er novembre 1975 — Perth, Entertainment Centre. Lire la fiche du concert
  2. 4 novembre 1975 — Adélaïde, Apollo Stadium. Lire la fiche du concert
  3. 5 novembre 1975 — Adélaïde, Apollo Stadium. Lire la fiche du concert
  4. 7 novembre 1975 — Sydney, Hordern Pavilion. Lire la fiche du concert
  5. 8 novembre 1975 — Sydney, Hordern Pavilion. Lire la fiche du concert
  6. 10 novembre 1975 — Brisbane, Festival Hall. Lire la fiche du concert
  7. 11 novembre 1975 — Brisbane, Festival Hall. Lire la fiche du concert
  8. 13 novembre 1975 — Melbourne, Sidney Myer Music Bowl. Lire la fiche du concert
  9. 14 novembre 1975 — Melbourne, Sidney Myer Music Bowl. Lire la fiche du concert

Les vingt-neuf chansons du programme australien de référence

Ordre-type fondé sur les programmes documentés de la période. Des divergences d’ordre ou de présence existent selon les soirées et les copies d’archives ; ces vingt-neuf chansons ne sont pas attribuées sans contrôle à chaque représentation.

  1. 01. Venus and Mars
  2. 02. Rock Show
  3. 03. Jet
  4. 04. Let Me Roll It
  5. 05. Spirits of Ancient Egypt
  6. 06. Little Woman Love
  7. 07. C Moon
  8. 08. Maybe I’m Amazed
  9. 09. Lady Madonna
  10. 10. The Long and Winding Road
  11. 11. Medicine Jar
  12. 12. Picasso’s Last Words (Drink to Me)
  13. 13. Richard Cory
  14. 14. Bluebird
  15. 15. I’ve Just Seen a Face
  16. 16. Blackbird
  17. 17. Yesterday
  18. 18. You Gave Me the Answer
  19. 19. Magneto and Titanium Man
  20. 20. Go Now
  21. 21. Letting Go
  22. 22. Live and Let Die
  23. 23. Call Me Back Again
  24. 24. My Love
  25. 25. Listen to What the Man Said
  26. 26. Junior’s Farm
  27. 27. Band on the Run
  28. 28. Hi, Hi, Hi
  29. 29. Soily

1. Une tournée en neuf concerts : un jalon de Wings Over the World

À l’automne 1975, Wings vient de terminer une première série de concerts britanniques. Le groupe n’est plus le quintette amateur des universités de 1972. Venus and Mars est paru au printemps ; l’ensemble a adopté une dramaturgie de grands spectacles, des éclairages conçus pour les salles importantes et une section de cuivres. Le départ pour l’Australie constitue la deuxième étape de l’immense itinéraire Wings Over the World, qui se prolongera en Europe, en Amérique du Nord puis de nouveau en Europe en 1976.

Il s’agit de neuf concerts confirmés entre le 1er et le 14 novembre 1975 : une date à Perth, deux à Adélaïde, deux à Sydney, deux à Brisbane et deux à Melbourne. La présence d’une date du 29 octobre sur certains documents de promotion relatifs à Perth ne doit pas être transformée sans preuve en dixième concert donné ; l’affiche et la réalité de l’exécution sont deux objets historiques différents.

2. Neuf musiciens, une formation pensée pour les grandes scènes

Le noyau du groupe réunit Paul McCartney, Linda McCartney, Denny Laine, Jimmy McCulloch et Joe English. Paul chante et alterne basse, guitare et piano ; Linda tient une partie importante des claviers et des harmonies ; Denny assure guitare, chant et éventuellement basse ; Jimmy McCulloch développe les parties de guitare soliste et interprète Medicine Jar ; Joe English assure les percussions et la batterie.

Quatre souffleurs — Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard et Thaddeus Richard — étoffent la formation. La tournée de 1975 montre ainsi la transformation du collectif de studio en un orchestre scénique à neuf personnes. Il faut néanmoins éviter d’inventer une attribution exacte de chaque intervention au saxophone ou au trombone sans vérification de la bande correspondante.

3. L’ouverture Venus and Mars / Rock Show : un théâtre de la guitare

Le spectacle démarre par Venus and Mars, préambule presque cérémoniel, immédiatement enchaîné avec Rock Show. Cette structure de deux chansons publiées de façon complémentaire a l’avantage de créer une montée nette de tension. Jet et Let Me Roll It suivent dans la continuité d’un répertoire de Band on the Run désormais assimilé par le public.

Spirits of Ancient Egypt, que Denny Laine interprète au sein du groupe, change l’équilibre des voix. Little Woman Love et C Moon rappellent ensuite que Wings ne se réduit pas aux titres présents sur les albums. Cette ouverture ne constitue pas seulement une suite de tubes : elle expose différentes écritures et les talents distincts des chanteurs.

4. Mémoire des Beatles et premières années solo

Lady Madonna et The Long and Winding Road apparaissent dans la séquence électrique, tandis que Maybe I’m Amazed redevient une pièce centrale de l’expression vocale de Paul. Leur présence rompt avec les hésitations de la première période des Wings, lorsque McCartney voulait parfois éviter l’héritage des Beatles au profit d’un nouveau groupe.

Ces chansons ne sont pas jouées comme des vestiges figés. Les instrumentations de 1975 et l’élargissement du plateau modifient leur caractère. Dans l’histoire du rock, c’est un exemple important d’un auteur qui réinterprète son catalogue en l’intégrant à un orchestre dont le personnel n’a pas participé aux enregistrements des années 1960.

5. La séquence acoustique : six musiciens, plusieurs histoires

Le milieu du spectacle ménage un ensemble de morceaux acoustiques, où Picasso’s Last Words, Richard Cory, Bluebird, I’ve Just Seen a Face et Blackbird voisinent avec Yesterday. Les frontières sont volontairement mouvantes : chanson solo de Paul, reprise de Simon & Garfunkel chantée par Denny Laine, ballade des Wings et titres des Beatles se répondent.

L’effet dramaturgique est essentiel. Au terme d’une première partie amplifiée, les musiciens reviennent à des timbres plus légers, à des harmonies vocales dépouillées et à la proximité des corps autour des micros. Cette conception du concert influence la perception de Wings Over America, mais il serait abusif de supposer que toutes les prises de ce futur triple album proviennent des soirées australiennes.

6. Jimmy McCulloch et Denny Laine : des voix singulières

Medicine Jar, chantée par Jimmy McCulloch, rappelle le rôle créateur du jeune guitariste au sein du groupe. Le numéro est plus rugueux et moins pastoral que les chansons de Paul placées autour. Richard Cory et Go Now, confiées à Denny Laine, apportent de leur côté deux filiations très différentes : folk social américaine et rhythm and blues britannique.

Ces plages soulignent la nature composite du spectacle. Même à l’époque de ses plus grands succès, McCartney laisse apparaître des identités musicales distinctes. Une fiche de concert encyclopédique doit donc mentionner non seulement le titre, mais aussi l’interprète vocal principal lorsque l’attribution est assurée.

7. La dernière partie : une dramaturgie du grand spectacle

You Gave Me the Answer, Magneto and Titanium Man et Letting Go donnent au programme une succession de genres extrêmement contrastés : pastiche rétro, bande dessinée musicale, soul puissante. Live and Let Die devient un sommet spectaculaire, tandis que Call Me Back Again réactive une tradition vocale de gospel et de rhythm and blues.

My Love et Listen to What the Man Said ralentissent ou assouplissent cette progression avant que Junior’s Farm, Band on the Run, Hi, Hi, Hi et Soily ne permettent une relance finale. La place exacte de chaque morceau doit être vérifiée pour chaque date, car les listes de concert réunies a posteriori ont tendance à lisser les transitions et les petites différences.

8. Les lieux : cinq villes, plusieurs dimensions de scène

Perth accueille la première représentation australienne confirmée le 1er novembre à l’Entertainment Centre. À Adélaïde, les deux concerts sont donnés à l’Apollo Stadium les 4 et 5 novembre. Sydney suit les 7 et 8 novembre au Hordern Pavilion, avant deux concerts au Festival Hall de Brisbane les 10 et 11. Le groupe termine la série au Sidney Myer Music Bowl de Melbourne les 13 et 14 novembre.

Ce parcours traverse des lieux très différents. Les conditions acoustiques d’une salle fermée, la taille de la fosse, la configuration du plateau et le régime de prises d’images ne sont pas identiques. La géographie est donc aussi une donnée musicale : elle influe sur les documents qui subsistent, sur les échanges avec le public et sur la visibilité des musiciens.

9. Melbourne, 13 novembre : la grande archive audiovisuelle

Le concert de Melbourne du 13 novembre occupe une place particulière car il a été enregistré pour la télévision. Des images de cette prestation servent à des programmes montés et circuleront sous diverses formes, avec des durées et des états de conservation différents. Les collections privées et les diffusions étrangères ne correspondent pas nécessairement au montage initial destiné au public australien.

L’existence de bandes plus longues ne signifie pas que chaque copie visionnée conserve l’intégralité de la soirée : des coupures, substitutions de plans et éléments détériorés compliquent la restitution. Il est particulièrement important de distinguer le spectacle du 13 novembre de la seconde soirée, le 14, et de ne pas attribuer la totalité d’une bande vidéo à la mauvaise date.

10. La fabrication de Wings Over Australia et ses variantes

Des extraits de Melbourne ont été montés pour la télévision, tandis que des programmes destinés à d’autres pays ont employé des séquences similaires dans des présentations différentes. Un montage diffusé au Japon à la fin de novembre 1975 ne représente donc pas forcément le document audiovisuel australien tel qu’il a été préparé à l’origine.

Pour l’historien, la comparaison utile porte sur la durée des versions, les interventions parlées, la présence des séquences complètes et les génériques. Pour le collectionneur, l’enjeu est de décrire l’objet vidéo ou la copie de diffusion avant de parler de « concert intégral ». La date de captation doit rester distincte de la date de diffusion.

11. Photographies, billets et affiches : le problème des dates annoncées

Les affiches de spectacle, billets, annonces de presse et objets promotionnels constituent des preuves de programmation, de marketing et de mise en vente. Ils sont indispensables pour établir l’économie de la tournée, mais ne prouvent pas toujours qu’une représentation a réellement eu lieu. C’est particulièrement important pour les dates australiennes préparatoires figurant dans quelques calendriers publicitaires.

Une chronologie de référence doit séparer date annoncée, date retenue dans le calendrier officiel, concert attesté et événement reporté ou annulé. À Perth, l’indication du 29 octobre demande ainsi une note critique distincte de la représentation du 1er novembre, plutôt qu’un ajout automatique au décompte des neuf soirées.

12. De l’Australie au triple album de 1976

Lorsque Wings poursuit sa tournée en 1976, le répertoire et les arrangements continuent d’évoluer. Le succès américain aboutira au triple album Wings Over America, dont le contenu est issu de concerts différents et dont les crédits doivent être examinés piste par piste. Les neuf soirées australiennes appartiennent à cette généalogie mais ne doivent pas être confondues avec la provenance des vingt-huit pistes de l’album.

Étudier l’Australie de 1975 sert ainsi de photographie d’une formation à un moment très précis : le groupe a acquis le savoir-faire des grandes scènes, mais son gigantesque cycle scénique n’a pas encore atteint son apogée américaine. C’est une étape documentaire autonome, non un simple préambule à 1976.

Les neuf concerts australiens comme neuf unités de preuve

Le circuit de novembre 1975 compte Perth le 1er, Adélaïde les 4 et 5, Sydney les 7 et 8, Brisbane les 10 et 11, puis Melbourne les 13 et 14. Les doubles dates imposent de classer plus finement les documents qu’une liste de villes ne le permettrait. Une photographie du Hordern Pavilion de Sydney sans horaire peut appartenir à deux représentations ; une cassette d’Adélaïde doit être comparée aux deux soirées avant de recevoir une date définitive. Le faux départ de Junior’s Farm signalé le 4 novembre fournit un élément distinctif possible, tandis que les images de balance attribuées au 5 documentent une activité différente du concert du soir.

Perth et Brisbane : deux cas de documents non musicaux

Le séjour de Perth possède des reportages sur l’arrivée du groupe, des interviews et des éléments relatifs aux premières idées de London Town. Ces documents éclairent l’histoire du voyage sans devenir des titres de la setlist. Brisbane conserve notamment des entretiens et la présence médiatique de Norman Gunston, dont le registre satirique demande une lecture différente de celle d’une conférence de presse. L’enquête doit donc distinguer les paroles échangées dans une émission, les performances destinées au public d’une salle et les chansons entendues dans un montage télévisuel.

Melbourne le 13 : un concert qui change de durée selon l’édition regardée

La première représentation du Sidney Myer Music Bowl est captée en couleurs puis réduite pour différentes diffusions, notamment à destination du public japonais. La durée d’une émission d’environ cinquante minutes ne correspond pas à celle du spectacle original ; une longue bande de studio de télévision peut conserver des numéros et des introductions coupés pour la diffusion. Certaines copies ultérieures incluent des raccords issus d’une autre émission afin de contourner la détérioration d’un support. L’historien doit qualifier ces états : captation d’époque, édition diffusée, transfert de collection et version restaurée. Aucun ne constitue, à lui seul, une nouvelle représentation du 13 novembre.

Le 14 novembre et le programme australien de référence

La dernière soirée appartient au même itinéraire et possède une setlist attribuée de vingt-neuf numéros, avec Venus and Mars / Rock Show en ouverture, une section acoustique et Soily vers la fin. Il ne faut pas lui transférer les plans de télévision identifiés la veille, ni la considérer comme un simple « rappel » de cette émission. La comparaison des deux soirs doit tenir compte d’une grande stabilité du répertoire et de différences possibles dans les interventions de scène. Une encyclopédie gagne en précision en conservant les deux notices et en rattachant chaque document audiovisuel à sa prise d’origine.

29 octobre 1975 à Perth : une date annoncée n’est pas un concert certifié

La documentation des tournées australiennes imprimée à partir d’archives de promoteurs présente parfois dix dates pour l’automne 1975, en ajoutant le mercredi 29 octobre au Perth Entertainment Centre. Or le calendrier officiel des concerts de Paul McCartney ouvre la série australienne le samedi 1er novembre ; il confirme ensuite deux concerts à Adélaïde, deux à Sydney, deux à Brisbane et deux à Melbourne. Les films conservés autour du 29 octobre témoignent de la présence des musiciens dans la salle et de l’anniversaire de Denny Laine, tandis que ceux du 30 documentent des répétitions. Ces pièces ne suffisent pas à établir qu’un spectacle commercial a réellement été donné le 29. Une date de programme ou une annonce de promoteur peut avoir été modifiée, annulée ou utilisée pour des préparatifs. Tant qu’une billetterie exploitée, une critique contemporaine ou une bande authentifiée du 29 n’est pas produite, le dossier conservera neuf concerts confirmés et signalera le 29 octobre comme projet de représentation à documenter, non comme dixième spectacle réalisé.

La grande archive de Melbourne : trois montages et une seule prise de concert principale

La représentation du 13 novembre 1975 au Sidney Myer Music Bowl est enregistrée par une équipe de télévision. Les relevés audiovisuels indiquent un master non monté en couleur d’environ 125 minutes, une émission australienne abrégée d’une cinquantaine de minutes et une version destinée au Japon, montrée le 30 novembre 1975. Le programme japonais reprend des chansons comme Venus and Mars / Rock Show, Jet, Let Me Roll It, Maybe I’m Amazed, Blackbird, Yesterday, Listen to What the Man Said et Band on the Run, au sein d’un montage comprenant également des annonces et des images d’illustration. Ces durées inégales ne sont pas trois concerts différents : ce sont trois états éditoriaux d’un fonds principalement capté le jeudi 13. L’édition de collection moderne doit donc préciser s’il s’agit de la bande brute, du montage australien, de la version japonaise ou d’un assemblage reconstruit à partir de plusieurs copies.

Une transmission internationale entre l’Australie et le Japon

Le programme diffusé au Japon quelques semaines après le spectacle de Melbourne illustre une stratégie audiovisuelle qui dépasse le marché du concert australien. Les messages de McCartney adressés au public japonais et les interventions promotionnelles ne doivent toutefois pas être présentés comme des performances jouées au Budokan : les concerts japonais initialement envisagés ne se déroulent pas en 1975. Le film peut réunir des images du concert, des messages enregistrés séparément et des séquences de présentation spécifiques au pays de diffusion. Ce principe explique pourquoi un collectionneur peut posséder plusieurs durées et ordres de chansons tout en ne disposant que d’une seule source scénique datée. La chronologie doit donc séparer l’enregistrement du 13 novembre, la dernière représentation australienne du 14, la diffusion japonaise du 30 novembre et les publications ultérieures de copies restaurées.

Les cinq villes australiennes comme index de documents, pas neuf récits identiques

Perth possède des archives de préparation et une diffusion sonore partielle ; Adélaïde conserve notamment le faux départ de Junior’s Farm attribué au 4 novembre et des films du 5 ; Sydney dispose de documents de salle pour ses deux dates ; Brisbane comprend des fragments identifiés de Soily et de Richard Cory ; Melbourne fournit le fonds télévisuel le plus développé. Ces différences documentaires doivent guider l’écriture des fiches individuelles. Toutes les soirées comportent la formation de neuf musiciens et un répertoire assez stable, mais le niveau de preuve varie considérablement. La présente synthèse a vocation à comparer les villes et les supports, tandis que les monographies conservent le détail propre à chaque date. Cette séparation évite de dupliquer neuf fois le même texte et de transformer les lacunes d’un concert en données inventées à partir d’une autre ville.

Orientation dans l’encyclopédie

Chaque concert possède sa notice individuelle. Les chansons reconnues peuvent être approfondies grâce aux liens du programme ci-dessus ; les titres qui appartiennent aux reprises ou aux compositions de Paul hors Wings doivent être étudiés dans le répertoire de scène correspondant.