Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · HISTOIRE DES TOURNÉES · 1979

Les neuf musiciens des Wings en 1979 : cinq membres et quatre cuivres

Une étude de la dernière incarnation scénique des Wings : Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holley, rejoints par Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard et Thaddeus Richard. Rôles, arrangements, chansons, concerts et problèmes d’attribution.

1. Le retour des Wings sur scène, trois ans après la tournée mondiale

En novembre 1979, Wings revient sur les scènes britanniques avec une composition renouvelée et une esthétique qui n’a plus grand-chose de l’ensemble de 1976. Le dernier grand périple international reposait sur le tandem de guitares Jimmy McCulloch–Denny Laine, la batterie de Joe English et une très ample mise en scène. Trois ans plus tard, le groupe est constitué de Paul McCartney, Linda McCartney, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holley. Cette formation doit faire vivre un répertoire qui comprend à la fois les albums antérieurs et les nouvelles chansons de Back to the Egg. Le retour des cuivres, loin d’être un simple ornement, contribue à ce dialogue entre deux générations de Wings : le son cuivré de la tournée américaine et le rock plus nerveux de la fin de la décennie.

2. Cinq membres des Wings, quatre accompagnateurs à vent

La liste des interprètes n’est pas équivalente à la liste officielle des membres du groupe. Le quintette Paul–Linda–Laine–Juber–Holley incarne Wings à cette époque ; Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard et Thaddeus Richard complètent le dispositif de scène. Cette distinction est déterminante pour les fiches de concert, les crédits de photographie et les bases de données discographiques : dénombrer neuf musiciens sur scène ne signifie pas que Wings comptait neuf membres permanents. Il faut attribuer aux quatre instrumentistes leur travail réel, sans les réduire à une mention collective de « cuivres », mais sans les intégrer arbitrairement à la chronologie des formations discographiques.

3. Howie Casey : une voix de saxophone immédiatement identifiable

Howie Casey occupe une place singulière dans l’histoire de McCartney. Son expérience de musicien de scène et son rapport au rock and roll l’ont rapproché très tôt du monde des futurs Beatles. Dans les Wings, sa sonorité de saxophone, en particulier dans le grave et le médium, crée une épaisseur qu’une guitare supplémentaire ne pourrait reproduire. En 1979, ses interventions doivent être examinées morceau par morceau : il peut soutenir une figure rythmique, participer à un riff à l’unisson ou proposer un contrechant. Les fiches ne doivent pas présenter systématiquement une partie de saxophone soliste chaque fois que le musicien se trouve sur scène. La photographie prouve la présence de l’instrument, tandis que l’écoute d’une bande permet de décrire son rôle sonore.

4. Tony Dorsey : l’architecture des arrangements

Tony Dorsey est essentiel au fonctionnement de l’ensemble. Son apport ne se limite pas à la tenue d’un instrument : l’agencement des interventions des vents suppose une véritable compréhension de l’harmonie et des équilibres de volume. Les épisodes de la tournée de 1975–1976 montrent déjà que les arrangements de cuivres sont devenus un langage propre au spectacle de McCartney. En 1979, ils doivent être réajustés à un nouveau guitariste, à une autre batterie et à un programme comprenant des titres récents de Back to the Egg. Pour l’historien de la musique, il serait prudent de distinguer les arrangements publiés sur des partitions ou attribués explicitement à Dorsey de simples déductions à l’oreille sur des captations de concert.

5. Steve Howard : l’éclat de la trompette

La trompette de Steve Howard apporte à la section une brillance et une articulation capables de rivaliser avec la batterie et les amplificateurs de la formation rock. Le registre de cet instrument le rend particulièrement perceptible dans les accents collectifs et les réponses aux lignes vocales. Ce rôle ne doit pas être traduit par une attribution universelle : certaines chansons reposent presque entièrement sur les claviers, les guitares ou la voix et ne nécessitent pas que les cuivres jouent en permanence. Pour décrire correctement le jeu de Howard, il faut identifier le passage sonore concerné, la date de la représentation et, lorsque cela est possible, le support de la captation.

6. Thaddeus Richard : les saxophones et la souplesse du pupitre

Thaddeus Richard complète l’architecture du quatuor par son jeu de saxophone et la capacité du pupitre à se déplacer d’un registre à l’autre. L’intérêt des quatre musiciens réside moins dans la puissance sonore brute que dans la complémentarité de leurs timbres. La musique de Wings, souvent construite autour de la voix et de la basse de McCartney, bénéficie d’interventions de vents qui peuvent former des unissons serrés, des accords ou des réponses instrumentales. Une attribution exacte entre plusieurs saxophonistes n’est pas toujours possible sur une bande de qualité moyenne. L’encyclopédie doit alors mentionner la section sans inventer lequel joue telle note.

7. Got to Get You into My Life : le modèle Beatles réinventé

L’ouverture du programme avec Got to Get You into My Life est un choix particulièrement révélateur. La chanson des Beatles était déjà fondée sur un arrangement de cuivres puissant ; Wings la reprend avec ses propres musiciens et dans une esthétique de concert de 1979. Il ne s’agit donc ni d’un simple hommage ni d’une restitution à l’identique du disque des années soixante. Le quintette rock fournit la pulsation tandis que les instruments à vent rétablissent une partie de la force des accents et des réponses caractéristiques du morceau. Pour l’analyse comparative, le point de départ doit être la version de scène des Wings, non une transcription imaginée des musiciens de la séance Beatles de 1966.

8. Getting Closer, Old Siam Sir et le rock de Back to the Egg

Les pièces électriques de Back to the Egg donnent un visage plus mordant aux derniers Wings. Getting Closer et Old Siam, Sir montrent le rapport entre les guitares de Denny Laine et Laurence Juber, la section rythmique conduite par Steve Holley et les voix de Paul et Linda. Les cuivres y prennent une fonction sélective : une tournée avec section de vents n’est pas une tournée où chaque chanson doit recevoir des trompettes. Une monographie attentive distinguera les moments où le pupitre est clairement sollicité de ceux où le rock à cinq musiciens demeure la texture dominante. Cette retenue évite de transformer les crédits généraux de la tournée en une fausse feuille de séance appliquée mécaniquement à toutes les chansons.

9. Arrow Through Me : une autre conception de la matière sonore

Arrow Through Me est précieux pour comprendre l’évolution du groupe vers des textures plus synthétiques et rythmiquement raffinées. Son identité repose fortement sur les claviers électriques et sur l’organisation des attaques. Dans une version de scène, le défi consiste à préserver cette pulsation tout en s’adaptant à l’effectif effectivement présent. Des couleurs de cuivre peuvent s’articuler à cette trame, mais elles ne doivent pas être déclarées audibles sur chaque enregistrement sans examen spécifique. Il faut distinguer la création en studio, l’arrangement de tournée et le mixage d’une bande enregistrée depuis la salle, où certains instruments peuvent disparaître derrière d’autres.

10. Goodnight Tonight et les différentes fonctions du quatuor

Goodnight Tonight représente une autre branche de la discographie récente : une écriture dansante, souple, tournée vers le groove. L’interprétation sur scène rend visibles les questions de respiration, de percussions et d’équilibre avec la basse. Pour la section de vents, le véritable enjeu est de comprendre quand elle intervient, quand elle se tait et comment ses timbres complètent éventuellement le jeu de guitares. Toute mention de solo doit être associée à une captation ou à une identification solide. C’est là que les fiches concert et les analyses de chanson doivent dialoguer : l’une établit le fait de la performance, l’autre explique la solution musicale.

11. Édimbourg, 15 décembre : la panne de courant comme test de groupe

La soirée du 15 décembre 1979 à Édimbourg est associée à un incident électrique pendant Spin It On. Des reconstitutions de la setlist mentionnent un solo de batterie de Steve Holley, puis une intervention des cuivres sur When the Saints Go Marching In pendant le rétablissement de l’alimentation. Cette anecdote est intéressante précisément parce qu’elle est différente d’un arrangement prévu pour le concert. Elle doit rester attribuée aux récits et listes de cette soirée tant que son déroulé n’est pas corroboré par une source primaire continue. Dans la chronologie, elle relève d’un événement de concert et non de l’ajout permanent d’une nouvelle chanson au programme standard de la tournée.

12. Glasgow, 17 décembre : l’enregistrement d’un futur succès américain

La prestation du 17 décembre 1979 à l’Apollo de Glasgow est un jalon discographique en plus d’être un concert. Une interprétation de Coming Up provenant de cette soirée acquiert par la suite une carrière commerciale majeure, notamment aux États-Unis en 1980. Le fait qu’une bande de scène devienne disque change le statut de la source : il ne s’agit plus seulement d’un souvenir de spectateur, mais d’une version historiquement identifiée et commercialisée. Les crédits des cinq Wings et des quatre cuivres présents durant la tournée ne doivent cependant pas être confondus avec la liste des instruments effectivement audibles sur la plage retenue. Pour établir ces derniers, une analyse musicale et les informations de production sont nécessaires.

13. 29 décembre, Hammersmith : les frontières de Rockestra

Après le parcours de dix-neuf concerts britanniques, la prestation du 29 décembre 1979 au Hammersmith Odeon ouvre un dernier chapitre. La soirée s’inscrit dans les Concerts for the People of Kampuchea et associe le spectacle des Wings à l’ensemble élargi de Rockestra. Il faut bien séparer la setlist assurée par Wings de l’intervention d’un groupe de musiciens invités : l’effectif Rockestra ne devient pas rétroactivement la formation ordinaire de Wings. Le concert est leur ultime représentation scénique, bien que l’histoire collective se prolonge encore par d’autres événements en 1980 et 1981. Cette distinction entre dernier concert, dernière séance de travail et séparation du groupe est fondamentale.

14. Une tournée de dix-neuf dates et une concertographie précise

Le British Tour commence à Liverpool le 23 novembre et s’achève, pour son circuit régulier, à Glasgow le 17 décembre 1979. La série comprend quatre soirées à Liverpool, deux à Manchester, une à Southampton, une à Brighton, Londres à plusieurs reprises, Birmingham, Newcastle, Édimbourg et Glasgow. Le décompte officiel du circuit est de dix-neuf concerts, auquel s’ajoute séparément la date caritative du 29 décembre. Les calendriers en ligne ne sont pas parfaitement homogènes : la soirée d’Édimbourg du 15 décembre est parfois mal datée du 14, et certaines listes abrégées omettent des concerts de Wembley. Le classement retenu doit utiliser une fiche autonome par date et conserver les divergences en note critique plutôt que les effacer.

15. Comment créditer les neuf musiciens dans chaque concert

Un formulaire encyclopédique correct distingue quatre niveaux : le groupe permanent, les musiciens supplémentaires engagés pour la tournée, les invités éventuellement intervenus un soir donné et les participants aux bandes de studio ou aux mixages ultérieurs. Pour le British Tour, on peut identifier le quintette Paul McCartney, Linda McCartney, Denny Laine, Laurence Juber, Steve Holley et le pupitre Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard, Thaddeus Richard. Ce n’est pas pour autant une preuve que tous ont joué sur tous les titres ni dans chaque minute du spectacle. Une setlist doit lier chaque chanson à sa fiche interne et qualifier les cas incertains, les titres écourtés, les rappels et les improvisations.

16. Pourquoi les cuivres changent le récit des derniers Wings

L’histoire des Wings est parfois simplifiée en une succession de changements de guitaristes et de batteurs. La continuité des quatre instrumentistes à vent entre la grande tournée de 1975–1976 et le British Tour de 1979 nuance ce récit. Alors que les membres officiels du quintette changent, une partie de la sonorité de scène reste reconnaissable. Ce paradoxe explique la cohérence d’un répertoire pourtant composite, allant de la musique des Beatles à Back to the Egg. Étudier les cuivres conduit finalement à reconsidérer l’identité de Wings : non une formation figée, mais une organisation musicale adaptable qui associe stabilité de quelques personnalités, renouvellement des instrumentistes et arrangements au service des chansons.

Qui joue quoi en décembre 1979 ? Une règle à appliquer aux vingt titres habituels

La formation de la dernière tournée britannique comprend Paul McCartney, Linda McCartney, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holley, auxquels s’ajoute un groupe de quatre souffleurs. Le rôle de chacun n’est pourtant pas identique d’une chanson à l’autre. Juber apporte une autre écriture de guitare aux compositions issues des précédents albums ; Holley interprète à la batterie des morceaux enregistrés par des batteurs différents ; Linda participe aux claviers et au chant et devient chanteuse principale sur Cook of the House. Denny Laine défend plusieurs chansons de son répertoire, dont Go Now et Again and Again and Again. Dans les fiches de concerts, il est donc important d’indiquer le chanteur principal lorsque celui-ci n’est pas McCartney, et de distinguer l’auteur de la composition des musiciens présents sur scène.

La place des instruments à vent dans les arrangements de la dernière tournée

Les quatre souffleurs permettent de reprendre Got to Get You into My Life et plusieurs pièces de la période Wings dans un cadre scénique très différent de celui des enregistrements originaux. Mais la présence des vents ne doit pas conduire à leur attribuer une partie audible sur tous les morceaux. Les séquences au piano, les chansons plus anciennes ou les passages acoustiques peuvent demander qu’une grande partie de la formation se taise ou intervienne brièvement. L’étude des arrangements doit donc comparer les instruments réellement entendus, plutôt que copier des crédits de groupe sur toute la setlist.

Du quintette à Rockestra : distinguer la dernière soirée de la formation officielle

La soirée caritative du 29 décembre termine l’activité scénique des Wings et propose ensuite un rassemblement de musiciens invités autour de Rockestra. Cette succession ne fait pas de tous les participants au final des membres du groupe. Une photographie de scène montrant plusieurs bassistes ou batteurs peut illustrer le rassemblement caritatif, sans correspondre au personnel des chansons des Wings interprétées auparavant. Les crédits de Rockestra doivent donc être séparés de ceux du quintette et des quatre vents, à la fois pour respecter l’histoire des musiciens et pour éviter d’attribuer les parties d’une prise officielle à un invité qui n’y figurait pas.

Fiches individuelles à consulter

Chaque représentation possède sa propre notice historique : les liens ci-dessous complètent le présent essai en permettant de retrouver le calendrier, les salles, les morceaux joués et les archives.

Liverpool, 23 novembre

Londres, 7 décembre

Édimbourg, 15 décembre

Glasgow, 17 décembre

Londres, 29 décembre

La section de cuivres pendant la tournée mondiale de 1975–1976 · Les dix-neuf concerts du British Tour · Les chansons des Wings