Deux minutes. Pas de guitares, pas de chœurs, presque rien — et pourtant un gouffre. Avec « Eleanor Rigby », les Beatles ouvrent en 1966 une porte dérobée dans la pop : celle des vies minuscules, des dimanches qui collent aux murs, des rites qui continuent alors que la chaleur s’est retirée. Eleanor ramasse le riz après les mariages, Father McKenzie recoud ses chaussettes en écrivant des sermons que personne n’entendra, et la chanson se termine comme elle a commencé : dans le silence, sans consolation, sans rédemption. C’est justement là que le morceau devient dangereux. Parce qu’on voudrait le qualifier de « religieux » — une église, un prêtre, des funérailles — alors qu’il raconte surtout l’échec du religieux à réchauffer le monde moderne. En août 1966, à Chicago, en pleine tempête du « plus populaire que Jésus », un journaliste tend ce piège à John Lennon. Sa réponse, devenue culte, dit tout de son rapport au sacré : fascination, blasphème, refus de jouer le bon élève. Que voulait-il vraiment dire en affirmant que Jésus ne s’intéresserait pas tant à « Eleanor Rigby » ? Retour sur une phrase qui éclaire autant le scandale que la chanson — et notre propre peur de mourir invisibles.
En 1970, John Lennon publie Plastic Ono Band, un album radical et bouleversant où il se libère de ses blessures personnelles et du mythe Beatles. Avec une production dépouillée, des textes crus et une sincérité rare, il signe un manifeste intime considéré par Lennon lui-même comme égal aux meilleurs titres des Beatles.
En 1970, John Lennon signe avec Plastic Ono Band un chef-d’œuvre intime et radical. Cinq chansons emblématiques — Working Class Hero, Love, God, Hold On, Mother — révèlent une mise à nu émotionnelle rare, entre cri primal, tendresse nue et rupture spirituelle. Porté par une esthétique minimaliste, l’album marque une renaissance artistique et une quête de vérité, où Lennon se libère des idoles et du mythe Beatles.
En 1970, John Lennon publie Plastic Ono Band, un album radical et intimiste, tournant décisif après les Beatles. Porté par une mise à nu émotionnelle et une esthétique minimaliste, ce disque-manifeste explore la douleur, la mémoire et l’amour, influencé par la thérapie primale et la complicité avec Yoko Ono. Refusant les artifices, Lennon y affirme une vérité brute et bouleversante qui résonne encore aujourd’hui.
Paul McCartney confirme en 2025 que la chanson qu’il aurait aimé écrire est « Just The Way You Are » de Billy Joel. Un hommage cohérent avec son culte de la mélodie et des harmonies raffinées : Rhodes soyeux, iv mineur emprunté, solo d’alto de Phil Woods, Grammys à la clé. L’article replace ce choix dans l’estime réciproque McCartney–Joel, de l’onde Ed Sullivan à la poignée de main de Shea Stadium (2008).
En 1968, dans une Amérique en crise, Tiny Tim surgit comme un ovni musical. Soutenu par Lennon, McCartney et Dylan, cet artiste à l’ukulélé ressuscite les chansons oubliées du début du siècle avec ferveur et ironie. Son style rétro assumé fascine autant qu’il déroute, redéfinissant les frontières de la modernité musicale. Avec « Tiptoe Through the Tulips » et l’album culte « God Bless Tiny Tim », il devient une icône inattendue, admirée pour sa sincérité et son engagement.
En 1971, John Lennon compose « God Save Oz » en soutien à la revue britannique Oz et à ses éditeurs accusés d’obscénité. Le morceau devient un hymne à la liberté d’expression, soutenant la lutte contre la censure et l’oppression. Enregistré avec des musiciens comme Klaus Voormann et Jim Keltner, la chanson, bien que commercialement un échec, demeure un symbole politique de la musique de Lennon. Son message de résistance à l’injustice et de solidarité continue d’inspirer aujourd’hui.
L’œuvre solo de John Lennon révèle un artiste à la fois viscéral, engagé et mélodique. De « Give Peace A Chance » à « Imagine », en passant par « Jealous Guy » ou « (Just Like) Starting Over », cette sélection de 20 titres explore ses influences, sa quête de vérité et son génie pop. Chaque chanson témoigne d’une recherche de sincérité, d’une production exigeante et d’une voix qui traverse les décennies.
Avec Plastic Ono Band (1970), John Lennon livre un album cru, direct, influencé par la thérapie primale. Soutenu par Ringo Starr et Klaus Voormann, il expose sa douleur, ses doutes et ses convictions. Entre cri et silence, ce disque marque une rupture avec les Beatles et fonde une nouvelle grammaire de l’honnêteté musicale. Gêné par son intensité, Lennon en changera souvent l’avis, là où Ringo y verra un sommet de son art.
Paul McCartney a révélé que « God Only Knows » des Beach Boys est la chanson qui le bouleverse le plus. Admiratif du talent de Brian Wilson, il a eu la chance d’interpréter ce chef-d’œuvre à ses côtés, un moment si émouvant qu’il en a pleuré. Son respect pour les grands artistes se manifeste aussi dans son amour pour « Brainwashed » de George Harrison, une chanson qui lui rappelle son ami disparu.












