Il y a, dans la discographie des Beatles, ces chansons que l’histoire a rangées un peu vite dans le tiroir commode des morceaux secondaires. Non pas des ratages, non pas des scories, mais des titres de fin de face, coincés entre deux évidences, que l’on traverse souvent sans prendre le temps de les écouter vraiment. What You’re Doing, enregistrée à l’automne 1964 pour Beatles for Sale, appartient à cette catégorie passionnante. Paul McCartney lui-même n’en gardera pas le souvenir d’une grande composition, et l’on comprend ce qu’il veut dire : la chanson n’a ni la grâce immédiate de Eight Days A Week, ni le poids intime des futurs chefs-d’œuvre, ni le destin glorieux des grands singles. Mais c’est précisément là qu’elle devient précieuse. Car sous ses airs de remplissage, elle dit quelque chose d’essentiel des Beatles en pleine mutation : la fatigue de la Beatlemania, l’inquiétude amoureuse d’un McCartney moins lisse qu’on ne l’a dit, la batterie de Ringo qui ouvre la porte d’un coup sec, la Rickenbacker 12 cordes de George Harrison qui fait déjà scintiller le futur folk-rock, et ce sens collectif de l’arrangement qui transforme une chanson modeste en petit laboratoire pop. What You’re Doing n’est pas un sommet caché. C’est mieux : une charnière, un morceau imparfait où les Beatles, même pressés, même épuisés, avancent encore.
On aime croire que les Beatles n’ont fabriqué que des évidences, une suite ininterrompue de miracles. Sauf que même dans une cathédrale, il y a des pierres de service, des raccords, des angles qu’on ne montre pas aux visiteurs. Et Paul McCartney, depuis 1970, vit avec cette cathédrale sur le dos : à la fois ancien bâtisseur et conservateur malgré lui, obligé de protéger l’œuvre tout en se souvenant de la sueur, des disputes, de la chaîne de montage et des jours où “il fallait juste remplir une face”. C’est là que la question devient passionnante : quels morceaux le perfectionniste lumineux regardait-il avec moins d’amour ? Pas forcément des “mauvaises chansons”, plutôt des titres associés à la fatigue, au bouche-trou, à une tentative de single qui ne décolle pas, à une friction de studio (ou à un choix esthétique qui lui semblait dangereux pour l’identité Beatles). De Little Child à Revolution 9, de Tell Me What You See aux tensions de She Said, She Said, cette liste dessine une carte intime : ce que Paul attend d’une chanson, ce qu’il redoute quand le groupe s’éparpille, et pourquoi il critique rarement au couteau. Ici, pas de tribunal : juste une autopsie douce des non-amours, et ce qu’elles racontent du rôle le plus lourd de sa vie — garder vivant un mythe qui l’a parfois blessé.
Depuis leur séparation en 1971, les Beatles fascinent toujours autant grâce à leur créativité audacieuse et leur héritage musical unique. Paul McCartney a récemment évoqué les « fillers », ces morceaux moins mémorables créés pour compléter des albums, comme « Hold Me Tight » et « What You’re Doing ». Ces chansons, bien que critiquées, témoignent des débuts laborieux du groupe, marqués par une quête de perfection et des contraintes de l’industrie. Elles rappellent l’humanité derrière le génie et les étapes cruciales qui ont forgé leur légende intemporelle.
Les Beatles n’ont pas vraiment eu le luxe de vérifier leurs chansons. À l’apogée de la Beatlemania, chaque jour nouveau était synonyme d’autre chose à faire. S’il ne s’agissait pas de concerts, il s’agissait d’apparitions promotionnelles. S’il ne s’agissait pas de séances en studio, il s’agissait de séances de photographie. S’il ne s’agissait pas de […]
Il est difficile de cerner Sir Paul McCartney. L’auteur-compositeur magnétique et créateur en série ne s’est jamais senti à l’aise sous l’œil éblouissant des médias. Bien qu’il se montre lorsqu’on a besoin de matériel promotionnel pour soutenir sa dernière sortie, il les aborde différemment de son ex-partenaire et ancien Beatle John Lennon. Le Beatle à […]
Le quatrième album EMI des Beatles a été enregistré au sommet de leur gloire. En 1964, ils enregistrent et sortent deux nouveaux albums et un EP, jouent dans leur premier long métrage, donnent d’innombrables interviews, sessions de radio et apparitions à la télévision, et font le tour du monde. Ils étaient plutôt fatigués pendant Beatles […]
Bande originale du spectacle du Cirque du Soleil du même nom, Love est un album de remixes produit par George Martin et son fils Giles. Love contient 37 chansons nommées des Beatles, mais avec des éléments de beaucoup d’autres. Le remix est un mashup combinant des éléments provenant des enregistrements multipistes des Beatles de 1963 […]
Informations sur l’album Pays : International Support : CD Label : Capitol Mixage : Mono Date de publication : 21/01/2014 Track-listing de l’album Kansas City / Hey, Hey, Hey, Hey Eight Days a Week You Like Me Too Much Bad Boy I Don’t Want to Spoil the Party Words of Love What You’re Doing Yes […]












