Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

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Gonna Need Someone (2024) : Johann Rashid, Nick Valensi et les archives personnelles de Ringo

Johann Rashid, Nick Ventura et les images personnelles de Ringo

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Johann Rashid, Nick Ventura et les images personnelles de Ringo : étude des images, des auteurs et des sources.

Pochette de l’EP Crooked Boy : document graphique distinct du clip, crédité à Kii Arens et Harry Benson.
Pochette de l’EP Crooked Boy : document graphique distinct du clip, crédité à Kii Arens et Harry Benson.
Sommaire de cette étude (9 sections)
  1. Avril 2024 : une nouvelle fiction d’archive
  2. Johann Rashid et les crédits de production
  3. Ringo et Nick Valensi à l’écran
  4. Pourquoi l’archive change la perception du rockeur
  5. Un clip au sein de la stratégie « Crooked Boy »
  6. Du psychédélisme au documentaire personnel
  7. La documentation audiovisuelle au-delà du communiqué
  8. Une place distincte parmi les clips de 2024
  9. Sources et vérifications

Avril 2024 : une nouvelle fiction d’archive

La diffusion de « Gonna Need Someone », le 26 avril 2024, accompagne la publication numérique de l’EP « Crooked Boy ». L’œuvre musicale est produite et écrite par Linda Perry ; le film est un objet différent, dont les crédits ont heureusement été communiqués de façon très précise. Il mêle des images contemporaines de Ringo Starr et de Nick Valensi à des documents pris dans les archives personnelles du batteur. Dans l’histoire de son image, ce mélange signale une nouvelle étape : les films promotionnels ne se contentent plus d’inviter Ringo à poser devant une caméra. Ils exploitent son propre patrimoine visuel comme matière de montage.

Il ne faut pas traiter les plans anciens comme une décoration sans intérêt. Leur présence rattache un morceau récent à une longue carrière et aux multiples personnages que l’artiste a incarnés. Cependant, leur apparition ne signifie pas que Ringo a lui-même tourné les images originales. L’archive privée peut contenir des photographies réalisées par des professionnels, des vidéos familiales ou des documents de production dont les droits et auteurs demeurent distincts.

Johann Rashid et les crédits de production

Le communiqué diffusé sur le site officiel de Ringo le 26 avril 2024 attribue explicitement la réalisation du clip à Johann Rashid. Il nomme Nick Ventura à la production, Peter Savieri pour la création et Sophie Hur ainsi que Ventura pour une photographie additionnelle. Ces crédits sont précieux parce que l’histoire des vidéoclips de Ringo a souvent été racontée par les seuls noms des musiciens. Ici, les métiers de l’image sont clairement identifiés par l’équipe qui publie le film.

Un catalogue rigoureux devra reproduire les fonctions avec exactitude. Peter Savieri est crédité à la création ; ce titre ne doit pas être transformé arbitrairement en « réalisateur ». De même, les deux personnes citées pour la photographie additionnelle ne sont pas nécessairement responsables de l’ensemble des prises contemporaines. Le crédit d’un chef opérateur principal, s’il existe, doit être recherché dans une source spécifique. La possibilité de citer les collaborateurs attestés ne dispense jamais de signaler les lacunes restantes.

Ringo et Nick Valensi à l’écran

Nick Valensi, guitariste des Strokes, participe à l’EP et figure à l’écran dans « Gonna Need Someone ». Ce point distingue le film d’une vidéo construite autour du seul chanteur ou de silhouettes interchangeables. Le guitariste permet de donner à la chanson une incarnation visuelle partagée. Le cadrage d’un duo fait surgir une énergie de groupe sans prétendre filmer l’intégralité des musiciens du disque.

La presse de sortie décrit un montage alternant les nouvelles prises et des séquences plus anciennes. Le film débute par une courte intervention de Ringo invitant à lancer le film, rapportée par uDiscover Music. Cette mise en abyme est caractéristique de son humour : le musicien apparaît comme celui qui donne le signal, tout en abandonnant à l’équipe de montage la responsabilité de construire le récit. L’effet est léger, mais il rappelle son parcours d’acteur et sa capacité à jouer de l’image qu’on attend de lui.

Pourquoi l’archive change la perception du rockeur

Les images anciennes fonctionnent comme des condensés de réputation. Un visage jeune, une pose familière, un geste de paix peuvent rappeler des épisodes déjà vus sans qu’une légende s’affiche. Ce procédé est particulièrement efficace lorsqu’un clip ne dispose que de quelques minutes pour inscrire un titre nouveau dans une histoire longue. Le danger est de transformer ces images en un passé indifférencié, où toutes les décennies se vaudraient. Pour le spectateur, le souvenir immédiat prime ; pour le chercheur, le classement des plans doit rester plus précis.

Il faudrait identifier le support original de chaque fragment : film amateur, promotion télévisée, photographie publiée, documentaire ou extrait conservé dans une collection familiale. Une capture provenant du vidéoclip 2024 ne prouve pas que l’image a été créée cette année-là. Inversement, le travail de montage, de recadrage et de traitement colorimétrique réalisé en 2024 est une œuvre nouvelle. L’étude iconographique doit garder ces deux temporalités simultanément.

Un clip au sein de la stratégie « Crooked Boy »

L’EP sort d’abord pour le Record Store Day le 20 avril 2024, sous une édition limitée, avant sa diffusion numérique le 26 avril. La sortie du clip suit donc un calendrier distinct de la simple disponibilité des chansons. Le support physique crée un premier événement ; la vidéo prolonge l’opération au moment où la musique atteint les plateformes. L’articulation entre disque, image et diffusion est un élément essentiel de la campagne contemporaine.

La production de Linda Perry est souvent mise en avant à juste titre pour la musique. Il serait néanmoins inexact de conclure que la productrice a nécessairement conçu la forme du clip : le communiqué attribue cette responsabilité aux professionnels nommés plus haut. De la même façon, la photographie de Harry Benson utilisée dans l’univers visuel du disque appartient à un autre chantier que les prises de vues de Rashid. L’identité d’une campagne peut être cohérente tout en résultant de contributions très diverses.

Du psychédélisme au documentaire personnel

Les commentaires de presse évoquent des effets visuels psychédéliques et des archives. L’association mérite analyse sans inventaire imaginaire de séquences. Les effets de couleurs et de déformation peuvent produire une sensation de voyage temporel, tandis que les documents réels fournissent un ancrage biographique. Le résultat oscille entre deux genres : le clip rock à l’énergie contemporaine et un autoportrait construit à partir d’images du passé.

Il serait facile de qualifier chaque plan rétro de « nostalgique ». Cette notion doit pourtant être nuancée. Ringo ne se contente pas d’évoquer une jeunesse perdue ; il affirme sa présence actuelle avec un collaborateur plus jeune et de nouvelles chansons. L’archive n’est pas seulement un objet de mélancolie. Elle peut également servir à installer une continuité visuelle : le personnage public traverse les supports, les modes et les décennies tout en demeurant immédiatement reconnaissable.

La documentation audiovisuelle au-delà du communiqué

Pour établir un catalogue exhaustif, il conviendrait de conserver le fichier diffusé le 26 avril 2024, relever ses caractéristiques et identifier toute éventuelle version verticale ou coupe courte. Les réseaux sociaux peuvent diffuser des extraits dont le montage n’est pas celui de la vidéo complète. Une édition recadrée, même officielle, doit être distinguée d’une version narrative comportant des plans réellement différents.

Le communiqué du site de Ringo est une source primaire sur les crédits, mais il n’est pas un inventaire plan par plan des images d’archives. Il fournit le point de départ de la recherche. Des archives de production de Rashid, Ventura et Savieri, des listes d’autorisation de plans ou une version sous-titrée du générique permettraient d’aller plus loin. En leur absence, il faut résister à la tentation d’attribuer chaque fragment familier à un photographe célèbre uniquement parce que celui-ci a travaillé avec les Beatles.

Une place distincte parmi les clips de 2024

Quelques semaines plus tard paraît une vidéo pour la chanson « Crooked Boy » elle-même. Les deux objets appartiennent à la même campagne, mais ils ne sont pas interchangeables. « Gonna Need Someone » dispose de crédits de réalisation détaillés ; pour « Crooked Boy », les sources de première diffusion décrivent surtout une composition de photos anciennes et de scènes psychédéliques. Le catalogue doit créer des notices séparées plutôt que de fondre les deux films en une seule œuvre au titre de l’EP.

Dans la carrière visuelle de Ringo, l’importance de « Gonna Need Someone » réside autant dans la liste des métiers identifiables que dans l’usage des archives. Elle révèle un chanteur qui accepte d’être recomposé à l’écran tout en conservant son humour. Le film existe parce qu’une équipe contemporaine donne forme à des images de provenances multiples ; c’est cette équipe, avec ses crédits, que l’histoire de l’art promotionnel doit enfin rendre visible.

Sources et vérifications