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Encyclopédie des collaborations · 1977 · New York et Los Angeles
Lew Hahn et Ringo Starr : l’ingénieur des dix masters de Ringo the 4th
Atlantic Studios, Cherokee Studios et la chaîne des métiers techniques : un album à deux pôles géographiques, enregistré au début de 1977.
Un ingénieur présent au cœur de la fabrication du disque
Lorsque Ringo Starr prépare Ringo the 4th en 1977, il travaille avec le producteur Arif Mardin, dans un contexte musical très différent de celui de ses premières aventures solo. Les crédits détaillés des dix chansons publiées attribuent à Lew Hahn les fonctions d’ingénieur d’enregistrement et de mixeur. Il intervient donc comme un fil conducteur technique entre des titres réalisés avec des personnels et dans des studios différents. Son travail est une composante majeure de la cohérence matérielle de l’album, mais il faut éviter de le confondre avec la responsabilité de production de Mardin, l’écriture des chansons ou le mastering final.
Le crédit global d’ingénieur ne rend pas les dix séances identiques. La plupart des prises sont associées à Atlantic Studios, à New York, tandis que d’autres passent par les Cherokee Studios de Los Angeles et que certains mixes sont effectués dans d’autres installations. Une monographie d’ingénieur est précisément le bon lieu pour documenter la circulation de ces bandes et leur finition, plutôt que de recopier sans commentaire les paroles et l’histoire de chaque chanson.
Atlantic Studios : le noyau des séances de janvier
Les séances de New York commencent notamment avec « Wings » le 11 janvier 1977 et « Tango All Night », dont une séance d’enregistrement est située au 17 janvier. « It’s No Secret » est associé au 25 janvier et « Drowning in the Sea of Love » au 26. Les registres poursuivent avec « Gave It All Up » le 27, « Gypsies in Flight » le 28, puis « Out on the Streets » et « Can She Do It Like She Dances » le 31. Les dates ne forment pas un programme quotidien continu : elles sont les repères de prises conservés dans les documentations de session.
Cette chronologie permet de distinguer les chansons enregistrées avec la section habituelle de Tony Levin, Steve Gadd, David Spinozza et Don Grolnick de celle, « Gypsies in Flight », qui mobilise David Bromberg, Dick Fegy, Hugh McDonald et Jeff Gutcheon, avec Ringo aux balais. Lew Hahn demeure lié aux opérations techniques, mais l’identité de l’équipe musicale change. Une discographie qui juxtaposerait seulement les noms de tous les musiciens perdrait la compréhension de ces configurations distinctes.
Cherokee Studios : une autre équipe pour deux titres
« Sneaking Sally Through the Alley », reprise d’Allen Toussaint, est enregistrée le 13 avril 1977 aux Cherokee Studios, à Los Angeles. Ringo et Steve Gadd se retrouvent à la batterie, avec Chuck Rainey à la basse, Richard Tee aux claviers, Cornell Dupree et Lon Van Eaton aux guitares, David Foster au clavinet et Nicky Marrero aux percussions. Le répertoire et les musiciens diffèrent de l’équipe des séances de janvier à New York. Lew Hahn demeure crédité aux fonctions d’enregistrement et de mixage sur le master publié.
« Simple Love Song » relève également du secteur des séances californiennes, avec Chuck Rainey, Danny Kortchmar, Lon Van Eaton et David Foster. Les données de mixage donnent un repère précis au 21 mars 1977 à Cherokee Studios. Cette articulation entre deux environnements de studio est essentielle pour éviter de réduire l’album de 1977 à une seule formation musicale.
Le mixage : de New York à Hollywood
« Out on the Streets », enregistré le 31 janvier à Atlantic Studios, est associé à une opération de mixage aux studios A&M de Hollywood le 2 février. « Gypsies in Flight », fixé le 28 janvier à New York, est associé à un mixage aux Cherokee Studios le 3 février. Les dates montrent que les bandes peuvent être déplacées ou retravaillées hors du lieu de leur enregistrement initial. Elles ne prouvent pas que Ringo était présent physiquement à toutes les opérations de mixage.
Un crédit de mixeur doit être distingué du mastering, dernière étape préparant le disque à sa fabrication. L’édition de Ringo the 4th crédite Dennis King au mastering. Il serait incorrect d’attribuer à Hahn tous les traitements de copie et de gravure simplement parce qu’il apparaît au mixage des titres. La valeur documentaire de l’album tient à la précision avec laquelle on peut séparer enregistrement, finitions, mix et mastering.
Gene Paul et les assistants : un travail collectif
Les crédits de l’album mentionnent Gene Paul comme ingénieur supplémentaire, ainsi que Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon comme assistants. Une étude sérieuse de l’ingénierie ne doit pas faire disparaître ces collaborateurs sous le nom de Lew Hahn : les tâches d’installation, de gestion des bandes, d’assistance à la console ou de finition peuvent être distribuées au sein d’une équipe technique. Néanmoins, la documentation générale n’indique pas précisément quelle personne a placé tel microphone ou manipulé tel magnétophone à chaque prise.
L’ensemble des crédits définit donc une équipe plutôt qu’une fonction miraculeusement assumée par une seule personne. Le rôle de Hahn demeure central, mais rien ne permet de le transformer en producteur de Ringo the 4th, ni d’effacer Mardin ou Gene Paul. Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’on compare les informations de pochettes et les bases de données musicales : les catégories « engineer », « additional engineer » et « assistant engineer » ne désignent pas une même responsabilité.
Un crédit complémentaire : la photographie de l’édition
Les crédits de publication de l’album attribuent également à Lew Hahn une contribution photographique. Cette présence à la fois technique et iconographique mérite d’être notée, car elle montre qu’un professionnel de studio peut intervenir au-delà de son activité principale. Il faut toutefois distinguer la photographie créditée à Hahn du concept graphique général de la pochette et des autres travaux de photographie : un même support peut réunir plusieurs auteurs d’images.
La présente monographie conserve donc une place pour cette activité complémentaire sans la transformer en récit fictif de prises de vues. Un crédit photographique de pochette ne renseigne pas, à lui seul, sur la date, le lieu ou l’appareil utilisé. L’histoire matérielle du disque comprend aussi les objets imprimés, mais l’étude de ces derniers relève d’une enquête différente de celle des prises musicales.
L’ingénierie d’un Ringo plus proche de la soul et du funk
Le choix de chansons comme « Drowning in the Sea of Love », de Gamble et Huff, ou « Sneaking Sally Through the Alley », d’Allen Toussaint, situe une partie du programme dans l’univers de la soul et du rhythm and blues. Les musiciens de session viennent de ce monde musical, avec des approches rythmiques différentes des productions de rock qui ont fait connaître Ringo. Lew Hahn doit capter cette diversité et permettre à la voix du chanteur d’occuper sa place dans des arrangements parfois denses.
La nature exacte des techniques employées ne peut être déduite d’une écoute seule. Une grosse caisse mise en avant, une réverbération particulière ou un certain niveau de basse sont des propriétés audibles ; attribuer leur origine à un modèle de console ou de compresseur exigerait des archives de studio. L’histoire du son doit conserver la distinction entre l’observation et la preuve matérielle.
Bilan et liens vers l’atlas de 1977
Lew Hahn apparaît comme l’un des principaux artisans techniques de Ringo the 4th : enregistrement et mixage sur les dix masters, travail réparti entre New York et Los Angeles, collaboration avec l’équipe de Gene Paul et des assistants, et crédit photographique additionnel. Cette combinaison est suffisamment spécifique pour justifier une page autonome, différente de celle du producteur Arif Mardin et des études par chanson.
Pour prolonger la lecture, consulter l’atlas des dix chansons de Ringo the 4th, la chronologie critique des sessions, le parcours d’Arif Mardin et la sessionographie générale. L’album reste l’unité discographique ; cette monographie suit la personne et ses métiers.
La cohérence sonore de Ringo the 4th : un travail réparti entre studios
Lew Hahn intervient au cœur de la fabrication de Ringo the 4th comme ingénieur et mixeur. Le projet, conduit par Arif Mardin, associe un noyau de séances à Atlantic Studios, New York, à des enregistrements complémentaires réalisés en Californie. Cette circulation explique pourquoi le crédit de l’ingénieur ne suffit pas à reconstituer une date unique pour chaque titre. La prise initiale, les doublages, les corrections éventuelles et le mixage peuvent appartenir à plusieurs journées ; les ateliers techniques ne s’assemblent pas nécessairement dans l’ordre de la liste publiée sur le 33-tours.
La production mêle chansons soul, ballades et orientations funk ou disco de la seconde moitié des années 1970. Les parties de batterie de Ringo rencontrent celles de Steve Gadd, tandis que les basses et guitares varient selon les équipes. Le travail du mixage consiste à rendre ces combinaisons audibles dans un programme continu. Cette responsabilité ne doit être confondue ni avec la production de Mardin, ni avec les arrangements et performances des musiciens. Gene Paul ainsi que Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon participent à l’environnement technique et apparaissent dans les crédits détaillés.
Les nuances d’une discographie de studio
Le lieu d’une première prise et celui d’un mixage final doivent être indiqués séparément lorsqu’ils sont attestés. Une pochette photographique ne permet pas de trancher les questions d’enregistrement. Pour retrouver l’organisation de l’équipe, lire les métiers du studio ; pour une séance californienne distincte, voir l’étude de « Sneaking Sally Through the Alley ».
De New York à Hollywood : une production répartie entre deux environnements
Lew Hahn est associé à l’enregistrement et au mixage de Ringo the 4th, album produit par Arif Mardin. Les prises commencées dans les studios Atlantic de New York puis les interventions californiennes à Cherokee ne doivent pas être ramenées à une seule séance. Un titre peut passer par une prise instrumentale, plusieurs overdubs et des opérations de mixage sur des journées distinctes. Le travail de Hahn donne une continuité technique à cette production, mais il ne remplace ni les choix artistiques de Mardin ni les prestations des musiciens.
La distribution des batteries entre Ringo et Steve Gadd, l’alternance de bassistes et la présence de formations différentes imposent un examen par chanson. Gene Paul ainsi que Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon apparaissent dans la chaîne des ingénieurs et assistants. Il faut garder cette répartition visible : un assistant de prise, un ingénieur principal et un mixeur ne sont pas des crédits interchangeables. Une photographie de pochette ou la date commerciale du disque ne suffit pas à localiser les opérations qui ont conduit au master final.
Une cartographie du son
La page sur les assistants techniques détaille l’équipe de régie ; celle sur « Sneaking Sally Through the Alley » permet de suivre une formation distincte de la série new-yorkaise.












