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Monographie encyclopédique · 1977 · Collaborations en studio
Chuck Rainey et Ringo Starr : deux basses de l’atelier californien
De « Sneaking Sally Through the Alley » à « Simple Love Song » : deux masters, une même basse et des formations différentes de l’équipe Atlantic.
Une participation courte mais identifiable
Le bassiste Chuck Rainey apparaît sur deux chansons de Ringo the 4th, album publié en 1977 sous la production d’Arif Mardin. Les titres sont « Sneaking Sally Through the Alley », reprise d’Allen Toussaint enregistrée le 13 avril à Cherokee Studios, et « Simple Love Song », composition de Richard Starkey et Vini Poncia associée aux sessions californiennes et à un mixage du 21 mars. Il s’agit de deux masters distincts, et non de deux noms d’une même chanson. Les crédits lui attribuent la basse sur chacun d’eux.
Ce périmètre distingue Chuck Rainey de Tony Levin, bassiste des sept titres principalement enregistrés à Atlantic Studios, ainsi que de Hugh McDonald, crédité sur « Gypsies in Flight ». Une discographie qui assignerait un seul bassiste aux dix chansons ferait disparaître cette circulation des professionnels. La monographie de Rainey est donc conçue comme un complément spécifique à l’atlas de l’album, et non comme une seconde fiche des paroles d’une des chansons.
« Sneaking Sally Through the Alley » : avril 1977
Le 13 avril 1977, la séance de « Sneaking Sally Through the Alley » se déroule aux Cherokee Studios, à Hollywood. Chuck Rainey tient la basse avec Ringo et Steve Gadd à la batterie, Richard Tee au piano électrique et au clavinet, David Foster au clavinet, Cornell Dupree et Lon Van Eaton aux guitares, Nicky Marrero aux percussions. L’enregistrement réunit donc des instrumentistes expérimentés issus des traditions de soul et de rhythm and blues.
La chanson demeure une œuvre d’Allen Toussaint, dont le titre apparaît sur d’autres disques avant sa reprise par Ringo. Le fait que Rainey et ses partenaires apportent un nouvel accompagnement ne leur donne pas la paternité de la composition. Les crédits permettent d’identifier leur contribution au phonogramme réalisé en 1977 ; ils ne prouvent pas la présence du compositeur lors de cette séance.
« Simple Love Song » : une formation modifiée
« Simple Love Song » est signée par Ringo Starr et Vini Poncia. La participation de Chuck Rainey à la basse y est documentée avec les guitares de Danny Kortchmar et Lon Van Eaton ainsi que les claviers et le piano de David Foster. Ringo assure la batterie et le chant principal. Cette distribution comporte moins de participants instrumentaux que la séance de « Sneaking Sally », et Richard Tee ou Cornell Dupree n’y figurent pas dans les crédits de master retenus.
Le rapprochement des deux chansons montre un mode de travail fréquent dans les studios : un producteur peut retrouver le même bassiste tout en adaptant l’ensemble de guitare et de claviers aux exigences d’une composition. Pour une étude d’instrumentiste, la continuité de Rainey est significative, mais elle ne doit pas servir à inventer une formation permanente couvrant l’intégralité du disque.
L’ingénierie des sessions de Cherokee Studios
Lew Hahn apparaît au crédit d’enregistrement et de mixage des deux masters, Gene Paul comme ingénieur supplémentaire, et plusieurs assistants au sein de l’équipe générale du disque. Le travail de « Simple Love Song » comporte un repère de mixage au 21 mars 1977 aux Cherokee Studios. « Sneaking Sally » est associée à l’enregistrement du 13 avril. L’ordre de ces deux opérations n’a rien d’incohérent : les enregistrements ne sont pas nécessairement réalisés dans l’ordre du programme de l’album.
Il serait toutefois infondé d’étendre à Rainey les responsabilités de l’ingénieur ou du producteur. Sa contribution attestée est instrumentale, tandis que la chaîne technique relève d’autres métiers. Le fait que les deux séances soient associées à la même installation ne prouve pas un enregistrement en une seule journée ou une méthode d’équilibrage identique.
Deux traditions, de la soul à la pop personnelle
« Sneaking Sally » appartient au répertoire d’Allen Toussaint et porte une identité de rhythm and blues ; « Simple Love Song » est une composition du duo Starkey–Poncia. Rainey intervient donc sur deux œuvres de provenance différente. Ce passage d’une reprise à une chanson écrite pour le programme éclaire la place des musiciens de studio : ils fournissent une interprétation et un accompagnement adaptés, sans nécessairement appartenir à l’équipe d’écriture.
Le travail de la basse peut être observé à travers l’appui des temps forts, les anticipations et les relations avec les parties de batterie. Mais il ne serait pas possible de dire, à partir du seul livret, qui a inventé chaque figure de basse ou quel instrument électrique Rainey tenait. L’analyse auditive et la preuve de session ne sont pas la même chose.
Rainey, Levin et McDonald : trois bassistes pour un disque
Le programme de Ringo the 4th présente une situation nette : Tony Levin tient la basse sur sept chansons, Chuck Rainey sur deux, et Hugh McDonald sur « Gypsies in Flight ». Ces chiffres correspondent aux masters de l’édition standard tels que les attribuent les crédits détaillés, non au nombre de séances de toutes les bandes ou à la somme des rééditions. Une variation de pressage ne transforme pas une partie de basse ancienne en collaboration supplémentaire.
Cette ventilation rappelle que le titre d’un album ne désigne pas un groupe permanent d’instrumentistes. Arif Mardin travaille avec plusieurs réseaux, notamment celui des studios de New York et celui des sessions californiennes. La comparaison de ces ensembles fait partie de l’histoire artistique du disque au même titre que ses paroles, ses producteurs et sa réception.
Un bassiste parmi les professionnels de la production
Les musiciens tels que Rainey sont des spécialistes de la rapidité d’adaptation. Dans un projet partagé entre plusieurs studios, le bassiste doit trouver une place face au chant, aux guitares et aux claviers sans imposer nécessairement son style de manière spectaculaire. La coopération avec Steve Gadd ou Ringo se lit dans les rapports de pulsation et d’accentuation du master, mais leur répartition de travail concrète ne peut être reconstruite sans documents complémentaires.
Une encyclopédie de collaborations ne doit pas privilégier uniquement les grandes personnalités dont le nom apparaît en couverture. Les métiers de studio et les interprètes engagés pour une seule chanson peuvent avoir une influence réelle et audible. Leur mérite documentaire tient à la précision des crédits, non à une histoire imaginaire de rencontre avec l’artiste principal.
Bilan : deux chansons, une trajectoire spécifique
Les collaborations de Chuck Rainey avec Ringo Starr en 1977 sont précisément localisées dans le secteur californien de Ringo the 4th : « Sneaking Sally Through the Alley » et « Simple Love Song ». Le bassiste relie deux réalisations instrumentales distinctes sans figurer sur les sept titres du noyau Tony Levin. Cette précision évite les attributions exagérées tout en mettant en lumière le rôle des professionnels du rhythm and blues.
La fiche se complète avec Richard Tee et Cornell Dupree, la session de « Sneaking Sally », la synthèse des trois bassistes de l’album et l’atlas général de 1977. Les rôles y sont séparés par personne, chanson et master.
Chuck Rainey : deux basses californiennes dans un disque à plusieurs formations
Le rôle de Chuck Rainey sur Ringo the 4th se concentre sur « Sneaking Sally Through the Alley » et « Simple Love Song ». Ces deux enregistrements appartiennent au volet californien du projet et se distinguent du noyau de sessions construit à New York pour d’autres chansons. L’identification par titre évite d’attribuer à Rainey des lignes de basse jouées par Tony Levin ou Hugh McDonald sur d’autres plages du disque. Sa contribution est d’autant plus intéressante qu’elle se trouve au croisement du funk et de la soul de studio, avec une section rythmique tournée vers une pulsation particulièrement souple.
« Sneaking Sally Through the Alley » est une composition d’Allen Toussaint dont l’histoire précède l’interprétation de Ringo. Elle est ici travaillée avec des instrumentistes tels que Richard Tee, Cornell Dupree et Steve Gadd. « Simple Love Song » mobilise un environnement différent, ce qui explique pourquoi deux chansons dotées d’un même bassiste ne doivent pas être considérées comme une prise unique. Les séances de Cherokee Studios ont leur chronologie et leurs crédits spécifiques, à comparer avec celles d’Atlantic. La basse ne sert pas seulement à soutenir le tempo : elle participe à l’orientation esthétique de chansons héritées de répertoires distincts.
Des crédits qui exigent une localisation
L’examen des livrets doit distinguer la prise instrumentale initiale, les doublages éventuels et les crédits de mixage. Pour cette période, consulter la formation de « Sneaking Sally » et l’étude du travail de Lew Hahn. Deux pages peuvent ainsi éclairer le même master sans compter deux publications.












