Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Saxophone, clarinettes et arrangements · 1973

Ringo Starr et Tom Scott : saxophone, cuivres et clarinettes sur Ringo (1973)

De « Have You Seen My Baby » à « You and Me (Babe) » : cinq titres et plusieurs fonctions qui ne doivent pas être confondues dans les crédits du saxophoniste-arrangeur.

On décrit souvent Ringo (1973) comme l’album des retrouvailles musicales entre les quatre anciens Beatles. Une telle présentation masque une partie de sa richesse instrumentale : le disque doit aussi beaucoup aux professionnels des studios américains capables de concevoir une couleur sonore pour chaque chanson. Le saxophoniste et arrangeur Tom Scott fait partie de ces collaborateurs déterminants. Son nom apparaît sur plusieurs titres, mais avec des attributions qui varient : solo de saxophone, participation aux cuivres, arrangements de cuivres ou de clarinettes. Ces tâches proches en apparence ne sont pas synonymes.

Pour une discographie de niveau encyclopédique, la distinction entre jouer et arranger est essentielle. Une partie de saxophone entendue sur un disque correspond à une prestation instrumentale ; un arrangement de cuivres correspond à une activité de conception, qui peut être interprétée par plusieurs musiciens. Dans le cas de Tom Scott, les notes de l’album et les relevés critiques permettent de distinguer précisément ces fonctions, notamment sur « Have You Seen My Baby », « Oh My My », « Step Lightly », « Devil Woman » et « You and Me (Babe) ».

Tom Scott dans l’entourage de Richard Perry

Né en 1948 à Los Angeles, Tom Scott se construit une carrière de saxophoniste, compositeur et arrangeur. Au début des années 1970, il travaille dans les studios de la côte Ouest américaine et dans des formations où se rencontrent jazz, pop et rock. Son activité dépasse le simple emploi de saxophoniste soliste : elle comprend l’organisation de sections de cuivres, l’écriture et l’adaptation de parties pour des ensembles à vent. Cette polyvalence correspond au modèle des grandes productions de Richard Perry, où l’accompagnement instrumental change avec l’identité de chaque chanson.

L’album Ringo est enregistré en plusieurs phases et dans plusieurs lieux, parmi lesquels Sunset Sound et Producers Workshop à Los Angeles. La diversité des studios et le recours à différents spécialistes permettent à Perry de combiner les instruments de base d’un groupe rock, des choristes de rhythm and blues, des arrangements orchestraux et les invités venus de l’entourage des Beatles. Scott n’est pas le seul arrangeur : Jim Horn, Jack Nitzsche et Paul McCartney sont notamment cités pour des interventions sur d’autres chansons ou sur d’autres sections. Un registre historique précis doit donc conserver les limites de chaque attribution.

« Have You Seen My Baby » : les cuivres autour de Bolan, Booker et deux batteries

La deuxième chanson du disque, « Have You Seen My Baby », est une composition de Randy Newman que Ringo reprend dans une version rock portée par la guitare de Marc Bolan, le piano de James Booker et les batteries de Ringo Starr et Jim Keltner. Klaus Voormann assure la basse, Milt Holland les percussions et Tom Scott les cuivres. Le relevé de The Beatles Bible, confronté aux notes de pochette, identifie expressément Scott à cette famille instrumentale. Il serait inexact de réserver ses participations à la seule seconde face de l’album.

Le morceau commence à Sunset Sound le 5 mars 1973, avec des ajouts datés du 15 mai puis du 11 juillet. Comme pour les autres chansons, ces dates sont celles des travaux sur le master et non des présences confirmées de chaque instrumentiste à chaque séance. On retrouve ici la difficulté d’une discographie exigeante : savoir que Tom Scott joue des cuivres n’autorise pas à affirmer quel pupitre, quelle partie ni à quel jour de la session il intervient sans document complémentaire.

Un autre piège concerne le titre de l’œuvre : des exemplaires initiaux de Ringo emploient « Hold On », et certaines éditions retiennent « Have You Seen My Baby (Hold On) ». Il ne s’agit pas nécessairement d’une autre chanson, d’un autre mix ou d’un autre enregistrement. Le crédit de Scott se rattache au master, tandis que les graphies successives relèvent du catalogage des éditions. Cette distinction empêche de créer de fausses notices concurrentes à partir d’un intitulé imprimé sur un disque.

« Oh My My » : le saxophone de Tom Scott dans un arrangement de Jim Horn et Tom Scott

Composée par Ringo Starr et Vini Poncia, « Oh My My » occupe la sixième place du programme original de Ringo. Elle associe la voix de Ringo aux instruments de Billy Preston, qui joue le piano et l’orgue, à la section rythmique avec Klaus Voormann et les deux batteurs Ringo et Jim Keltner, et aux chœurs de Martha Reeves et Merry Clayton. Tom Scott est identifié au saxophone. Les relevés du livret attribuent les arrangements de cuivres à Jim Horn et Tom Scott conjointement.

Le même nom se trouve donc dans deux colonnes documentaires différentes : Scott est exécutant au saxophone et partage une responsabilité d’arrangement des cuivres avec Jim Horn. Dire que « Scott a arrangé tous les cuivres de l’album » serait excessif. Dire que Jim Horn joue nécessairement le solo de saxophone entendu sur « Oh My My » serait également erroné, puisque les notes créditent Scott pour cette intervention. Une fiche par piste doit conserver cette double attribution, sans transformer l’activité commune d’arrangement en un unique crédit de soliste.

La chanson paraît sur l’album en novembre 1973, puis comme single aux États-Unis en février 1974. Cette seconde publication n’implique pas une nouvelle prise de Tom Scott. Lorsqu’on reconstitue le catalogue des participations, le 45-tours et l’album doivent être reliés à un même enregistrement tant qu’une comparaison de supports ne révèle pas un montage ou un mixage spécifique. La variation de présentation d’une édition à l’autre n’autorise pas à inventer un deuxième solo enregistré.

« Step Lightly » : la différence entre partie de clarinette et arrangement de clarinettes

« Step Lightly », septième morceau de Ringo, est crédité à Richard Starkey seul pour la composition. Les guitaristes Steve Cropper et Jimmy Calvert, Nicky Hopkins au piano électrique, Klaus Voormann à la basse et Ringo au chant, à la batterie et aux percussions participent à son arrangement de revue. Le générique instrumental de certaines notices cite Tom Scott à la clarinette, tandis que le livret de l’album conserve plus précisément la mention d’un arrangement pour clarinettes confié à Scott.

Cette nuance mérite d’être maintenue. Une liste simplifiée de personnel peut indiquer « Tom Scott : clarinet » ; une reproduction du crédit de pochette peut mentionner « Arranged By [Clarinets] – Tom Scott ». Il n’est pas possible de conclure, à partir du seul crédit d’arrangement, que Scott aurait nécessairement joué toutes les parties de clarinette enregistrées sur le master. Le dossier doit transcrire fidèlement le document : « arrangements de clarinettes : Tom Scott » ; l’attribution de l’exécution, lorsqu’elle apparaît dans une source distincte, sera indiquée avec son propre niveau de preuve.

Le travail de Scott doit aussi être replacé dans la chronologie connue du morceau. La prise de base remonte au 9 mars 1973, à Sunset Sound, et des overdubs sont enregistrés le 10 juillet à Producers Workshop. Richard Perry a raconté les claquettes apportées par Ringo, et l’ingénieur Bill Schnee a lui aussi évoqué cette partie insolite. Ces témoignages éclairent l’habillage final ; ils ne permettent cependant pas de préciser quel jour Scott a écrit, dirigé ou éventuellement enregistré les clarinettes.

Une nouvelle version de « Step Lightly » paraît sur Ringo 2012 avec une autre distribution de musiciens. Il serait méthodologiquement trompeur de transférer le nom de Tom Scott, connu sur le master de 1973, dans le personnel de la version tardive. La composition reste la même œuvre ; l’enregistrement est nouveau. La distinction vaut autant pour le saxophoniste-arrangeur que pour Steve Cropper et Nicky Hopkins.

« Devil Woman » : une section de cuivres avec Chuck Findley

« Devil Woman », cosignée Ringo Starr et Vini Poncia, clôt presque le programme de l’album de 1973. Le générique fait apparaître les batteries de Ringo et Jim Keltner, Klaus Voormann à la basse, Jimmy Calvert à la guitare, Tom Hensley au piano et Milt Holland aux percussions. La section de cuivres comporte Tom Scott et Chuck Findley ; Scott est également crédité pour ses arrangements de cuivres.

L’attribution à Findley ne doit pas être remplacée par le seul nom de Scott. Le premier est un instrumentiste de la section, tandis que le second est à la fois cité parmi les cuivres et responsable de leur conception instrumentale. Le travail d’arrangement peut inclure le choix des entrées, des figures et de la disposition des voix instrumentales ; une fiche de personnel doit néanmoins rester sobre sur ces procédés lorsqu’aucune partition de séance n’a été consultée.

Les notes de MusicBrainz et de Sessiondays replacent les différentes interventions sur « Devil Woman » dans un calendrier allant de mars à juillet 1973. Les dates associées au master comprennent un travail à Sunset Sound et des étapes à Producers Workshop. Comme pour les autres titres, le crédit d’un musicien sur le master n’établit pas automatiquement sa présence physique au studio lors de chacune de ces étapes. Une prise de section de cuivres peut avoir été ajoutée après la bande rythmique ; encore faut-il une documentation précise pour attribuer le jour exact.

« You and Me (Babe) » : cuivres de Tom Scott et cordes de Jack Nitzsche

La dernière chanson de l’album, « You and Me (Babe) », est signée George Harrison et Mal Evans. La distribution instrumentale réunie dans les relevés comprend George Harrison à la guitare électrique, Vini Poncia à la guitare acoustique, Nicky Hopkins au piano électrique, Milt Holland au marimba, Klaus Voormann à la basse et Ringo Starr à la batterie et au chant. Les notes de pochette donnent à Tom Scott l’arrangement des cuivres et à Jack Nitzsche celui des cordes.

Cette séparation est un cas d’école pour l’histoire de la production. Les deux arrangeurs travaillent sur la même œuvre mais sur des familles instrumentales distinctes. Attribuer à Scott l’ensemble de l’orchestration ferait disparaître le travail de Nitzsche ; attribuer à ce dernier tous les vents gommerait la contribution de Scott. De plus, la mention d’un arrangement ne documente pas nécessairement le nom de chaque musicien appelé à interpréter les parties écrites. L’encyclopédie doit différencier ces trois champs : arrangeur, instrumentiste individuel et ensemble instrumental.

La chanson possède aussi une fonction narrative de conclusion, puisqu’elle remercie les auditeurs et les collaborateurs du disque. Sa place finale dans le programme lui donne un rôle particulier, mais ce caractère symbolique ne constitue pas une preuve supplémentaire sur les enregistrements. L’analyse musicale et le dépouillement des crédits doivent rester deux méthodes complémentaires, non deux versions interchangeables du même fait.

Cinq morceaux et plusieurs types de participation

Le relevé du personnel et des arrangements permet d’identifier au moins cinq chansons sur lesquelles Tom Scott est nommé : « Have You Seen My Baby », pour les cuivres ; « Oh My My », pour le saxophone et les cuivres ; « Step Lightly », pour l’arrangement de clarinettes ; « Devil Woman », pour l’interprétation et l’arrangement des cuivres ; « You and Me (Babe) », pour l’arrangement de cuivres. Les fiches instrumentales doivent cependant conserver leur granularité. Dans certains catalogues, Scott apparaît également dans le personnel général de l’album. Cette liste collective n’est pas suffisante pour attribuer un solo ou un arrangement précis à chaque plage.

Les éditions étrangères de Ringo compliquent parfois les index. Le programme original existe notamment en LP et sur d’anciens formats de bande dont l’ordre des morceaux peut être différent, et des compilations reprendront ensuite « Oh My My » et d’autres titres. Une modification de séquence n’est pas un nouvel arrangement de Tom Scott. L’index de Yellow-Sub doit conserver les informations de pressage dans la fiche discographique et les crédits de musicien au niveau du master, afin de ne pas compter plusieurs fois une même prise.

L’exigence encyclopédique : rendre visibles les métiers de l’ombre

Le cas de Tom Scott montre que l’histoire des collaborations de Ringo Starr n’est pas seulement une liste d’artistes célèbres. Elle raconte aussi la division du travail dans le studio : le saxophone solo, la direction d’une section de cuivres, les arrangements de clarinettes, les orchestrations de cordes et la mise en place des batteries. Un même musicien peut exercer plusieurs de ces activités ; chacune doit être documentée pour le morceau concerné.

Le crédit conservé dans un livret est généralement un point de départ plus probant qu’une liste composite recopiée par une base de données. Lorsque deux sources emploient des termes différents, par exemple « clarinet » et « clarinet arrangement », une bonne notice ne choisit pas arbitrairement l’une des formulations en effaçant l’autre. Elle retranscrit le document d’origine, précise les divergences et indique le degré de certitude de chaque attribution. Cette méthode laisse une place aux découvertes futures sans fausser l’état actuel des connaissances.

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Jim Horn et Tom Scott : le partage de l’arrangement

Sur « Oh My My », Tom Scott est crédité au saxophone solo, tandis que Jim Horn partage avec lui l’arrangement des cuivres. La différence est déterminante : le nom de Horn ne doit pas être ajouté automatiquement à la ligne « saxophone solo », et inversement, le solo de Scott ne le désigne pas comme l’unique concepteur des parties de vents. En rapprochant les deux crédits, on reconstitue un travail collectif sans transformer l’un des musiciens en simple accompagnateur. Cette observation complète la distinction entre les saxophones de « Oh My My » et celui de « Photograph », confié à Bobby Keys.

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