Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Les cuivres des sessions de 1974

Ringo Starr et Lew McCreery : trois sections de cuivres sur Goodnight Vienna

Occapella, Oo-Wee et All by Myself : une enquête sur le tromboniste Lew (Lou) McCreery, les arrangements de Trevor Lawrence et les crédits par chanson.

La confection de Goodnight Vienna en 1974 repose sur une succession d’équipes de studio dont les effectifs changent avec les chansons. Parmi les musiciens les moins connus du grand public, Lew McCreery, souvent orthographié Lou McCreery dans les génériques imprimés, contribue aux sections de cuivres de trois titres du programme original : « Occapella », « Oo-Wee » et « All by Myself ». Il ne s’agit pas d’un auteur des chansons ni du producteur du disque, mais d’un instrumentiste de studio intervenant aux côtés de Bobby Keys, Trevor Lawrence et d’autres spécialistes des cuivres. Son parcours au sein de cet album illustre la précision nécessaire pour documenter les réseaux professionnels qui entouraient Ringo Starr.

La distinction entre les différentes graphies de son nom mérite d’être signalée sans provoquer de double notice. Lew et Lou désignent ici le même musicien ; un moteur de recherche ou un catalogue discographique ne doit pas interpréter ces deux formes comme deux collaborateurs distincts. Le présent article emploie Lew McCreery pour l’identification biographique et conserve l’orthographe rencontrée dans certains livrets lorsqu’il est question d’une édition précise. Ce principe est le même que pour les variantes de titres ou les noms d’artistes crédités sous un pseudonyme.

Lew McCreery : un instrumentiste de pupitre dans l’industrie musicale de Los Angeles

Lew McCreery est associé à de nombreuses séances de la côte Ouest américaine au cours des années 1970. Il est surtout connu comme tromboniste, un instrument qui joue un rôle important dans les ensembles de soul et de pop orchestrale. Lorsqu’un disque emploie une section de cuivres, les musiciens doivent suivre des figures qui s’imbriquent avec le chant, la batterie et la basse, tout en laissant un espace aux interventions solistes. Le nom de l’instrumentiste peut être mentionné au générique général sans qu’on puisse, pour chaque mesure, isoler sa voix dans le mixage final.

Cette différence entre biographie professionnelle et crédit individuel est fondamentale. Le fait que McCreery pratique le trombone ne prouve pas que chaque ligne de la rubrique « horns » dans Goodnight Vienna corresponde exclusivement à cet instrument. Les notes de l’album le placent dans les sections de cuivres ; un document supplémentaire, tel qu’une feuille de session indiquant le pupitre ou une partition originale, serait nécessaire pour fixer les détails de chaque prise. Une étude de qualité doit conserver ce niveau de prudence plutôt que réinterpréter une liste générale comme un relevé de multipistes.

« Occapella » : une composition d’Allen Toussaint réarrangée pour Ringo

« Occapella » figure en deuxième position sur Goodnight Vienna. C’est une composition d’Allen Toussaint, l’une des grandes figures de la musique de La Nouvelle-Orléans, dont Ringo reprend le morceau dans le cadre de ses sessions californiennes. La distribution du master mentionne Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries, Klaus Voormann à la basse, Dr. John au piano électrique, et des guitares associées notamment à Jesse Ed Davis et Lon Van Eaton. La section de cuivres comprend Bobby Keys, Trevor Lawrence, Lew McCreery et Steve Madaio. L’arrangement des cuivres est attribué à Trevor Lawrence.

La présence simultanée de Lawrence dans le pupitre et parmi les arrangeurs ne transforme pas McCreery en co-arrangeur. La composition demeure celle de Toussaint, tandis que la version chantée par Ringo et réalisée par Richard Perry comporte une distribution particulière d’instrumentistes. Dans cette version, les cuivres contribuent au caractère rythmé du morceau, mais leur emploi ne suffit pas à établir de manière sûre la partie exacte jouée par McCreery sans partition ou audition des pistes séparées.

Le travail sur « Occapella » est documenté à partir du 30 mai 1974, avec des opérations supplémentaires durant l’été et jusqu’en septembre. Cette plage de dates décrit l’évolution du master, non le calendrier de présence de chacun des exécutants. Pour une chronologie de studio, il convient d’inscrire la période de l’enregistrement et de laisser ouverte la date individuelle des cuivres si aucun relevé direct n’en confirme la journée.

« Oo-Wee » : des cuivres autour de Dennis Coffey et Dr. John

« Oo-Wee » constitue le troisième titre de l’album. Il est signé Richard Starkey et Vini Poncia. Les crédits de la version publiée associent Dennis Coffey à la guitare, Dr. John au piano, Klaus Voormann à la basse, Ringo et Jim Keltner aux batteries, et plusieurs choristes dont Clydie King. Dans la section de cuivres se retrouvent Bobby Keys, Trevor Lawrence, Steve Madaio et Lew McCreery. Lawrence demeure responsable de l’arrangement. La continuité du personnel de cuivres avec « Occapella » est donc réelle, même si le matériau musical, les guitares et une partie du dispositif vocal diffèrent.

Les premières prises de « Oo-Wee » sont situées au 5 août 1974 à Sunset Sound, puis des overdubs sont réalisés le mois suivant. Il serait excessif d’affirmer que McCreery participe à toutes ces étapes. Les crédits attribuent sa contribution au master définitif, mais ne datent pas isolément l’intervention de son instrument. La distinction est importante pour qu’une encyclopédie ne multiplie pas les dates précises là où les sources ne donnent qu’une période de réalisation.

Le guitariste Dennis Coffey a laissé un témoignage sur l’atmosphère de ses séances avec Ringo et Richard Perry. Il raconte son arrivée en studio après un séjour dans les montagnes californiennes. Cette anecdote éclaire le contexte humain d’un morceau où l’on retrouve McCreery, mais elle ne constitue pas un témoignage sur la partie de trombone ou sur la présence du cuivriste à ce moment précis. Il importe de ne pas transférer d’un musicien à l’autre des souvenirs qui ne les concernent pas directement.

« All by Myself » : trois musiciens aux cuivres et une trompette soliste distincte

Sur la seconde face originale de Goodnight Vienna, « All by Myself » est la sixième chanson et la seconde composition de Richard Starkey avec Vini Poncia. Ringo Starr et Jim Keltner occupent les batteries, Klaus Voormann la basse, Dr. John le piano, tandis que John Lennon et Alvin Robinson jouent les guitares électriques. Les cuivres sont assurés par Bobby Keys, Trevor Lawrence et Lew McCreery, et un solo de trompette est attribué séparément à Steve Madaio.

Cette distribution est particulièrement intéressante pour le catalogage des rôles. McCreery est crédité dans une section de cuivres, sans indication d’un solo propre. Madaio, au contraire, reçoit un crédit instrumental soliste précis. La présence de Lawrence parmi les cuivres s’accompagne de sa responsabilité d’arrangement, mais cela ne signifie pas qu’il ait exécuté les trois parties. Une base musicale qui regrouperait les quatre noms sous une unique rubrique « trompette » effacerait les différences et pourrait produire de fausses attributions.

Les séances de « All by Myself » ont lieu le 8 août 1974 à Sunset Sound, avec des ajouts le 17 septembre. Richard Perry signe la production et Bill Schnee le travail d’enregistrement. Alvin Robinson rejoint le groupe des instrumentistes en cours de séance, dans un épisode que Perry a raconté par la suite. Cette précision biographique sur le guitariste n’est pas une preuve chronologique de présence pour McCreery : la documentation globale décrit le master achevé, mais ne détaille pas le recrutement ni le jour exact de chaque partie de cuivres.

Ce que révèlent trois équipes de cuivres légèrement différentes

Les trois chansons n’emploient pas une section totalement uniforme. Sur « Occapella » et « Oo-Wee », Steve Madaio figure dans la liste des cuivres aux côtés de Keys, Lawrence et McCreery. Sur « All by Myself », il possède un rôle séparé de trompettiste soliste, alors que les trois autres musiciens demeurent associés au pupitre collectif. Cette modification de crédit est une information historique importante : elle indique que le dispositif d’arrangement distingue les fonctions selon les besoins de la chanson et que les artistes ne se voient pas attribuer mécaniquement les mêmes tâches sur chaque master.

Les trois titres sont produits par Richard Perry, mais le rôle d’arrangeur des cuivres revient à Trevor Lawrence. Ringo et Jim Keltner constituent le noyau des batteries, tandis que les guitares, les claviers et les choristes varient d’une piste à l’autre. McCreery appartient donc à un réseau d’instrumentistes de session dont les membres se retrouvent sur plusieurs enregistrements sans former pour autant un groupe officiel nommé. Cette nuance protège l’histoire des collaborations d’une simplification abusive.

Il est également utile de comparer ce personnel avec celui de « Snookeroo ». Ce dernier titre présente Chuck Findley dans les cuivres, mais ne fait pas apparaître Lew McCreery dans les crédits détaillés couramment reproduits. La proximité des deux chansons sur le LP ne signifie pas que leurs sections soient identiques. C’est précisément pourquoi chaque fiche de chanson doit disposer de son personnel spécifique, tandis que les études par musicien servent à reconstituer les continuités et les changements de distribution.

Éditions d’origine, singles et rééditions : trois contributions à ne pas multiplier

Les onze titres du programme original de Goodnight Vienna paraissent en novembre 1974. Différentes éditions LP, bandes, singles et CD répartissent ou complètent ensuite ce programme. « Oo-Wee » figure notamment sur la face B du single britannique « Snookeroo » en février 1975 et sur certains pressages du single américain « Goodnight Vienna » en juin 1975. Ces supports permettent de retrouver le master avec McCreery, mais leur date de parution ultérieure ne transforme pas sa partie en nouvel enregistrement.

La difficulté devient plus grande avec les rééditions enrichies, qui ajoutent des chansons provenant de sessions d’autres années. Un livret de CD peut regrouper des collaborateurs de plusieurs époques sous un même titre d’album. Pour maintenir une chronologie exacte, il faut distinguer la chanson, son enregistrement initial, les prises alternatives, le mixage publié et les supports ayant reproduit ce dernier. Une réédition numérique ou un remaster ne justifie pas à elle seule une nouvelle entrée dans l’inventaire des prestations instrumentales.

Le nom même du musicien appelle une vigilance complémentaire. Les graphies « Lew McCreery » et « Lou McCreery » ne doivent pas générer deux fiches distinctes, deux URL concurrentes ou deux personnes artificielles dans le balisage. On peut utiliser un intitulé canonique et conserver la variante dans le texte, tout en pointant les crédits documentaires vers une seule notice. La cohérence du catalogue dépend autant de la normalisation des noms que de celle des titres de chansons.

En définitive, trois participations de McCreery se dégagent avec précision de Goodnight Vienna : « Occapella », « Oo-Wee » et « All by Myself ». Les instruments sont mentionnés comme cuivres, la fonction d’arrangement est séparément attribuée à Trevor Lawrence et les dates individuelles de chaque partie de pupitre demeurent incertaines. Cette limite n’empêche pas d’établir un dossier encyclopédique utile ; elle en fixe simplement le degré de certitude.

Lire les fiches détaillées des trois enregistrements

Lew McCreery et Bobby Keys : un même pupitre, des crédits séparés

Sur « Occapella » et « Oo-Wee », les crédits mettent en présence Lew ou Lou McCreery et Bobby Keys avec Trevor Lawrence et Steve Madaio. Le voisinage de leurs noms ne permet pas de conclure qu’ils jouaient le même instrument ni qu’ils avaient des interventions interchangeables. McCreery est associé au trombone et Keys à la pratique du saxophone ; le générique collectif « horns » ne détaillant pas chaque note, une attribution précise doit s’appuyer sur des feuilles de séance ou des partitions plutôt que sur l’écoute seule. Cette précaution éclaire également « All by Myself », où la section ne se confond pas avec celle de « Snookeroo ».

Lire aussi : Bobby Keys, de « Photograph » à Goodnight Vienna.