Yellow-Sub.net · Archive de collaboration · 1970–1972
Bobby Keys (1972) : les huit titres du LP, les pressages et les crédits instrumentaux
Annexe discographique au dossier Ringo Starr et Bobby Keys : faces A et B, variantes de titres, références Warner et tableau critique des crédits non ventilés.
État du crédit documenté
Ringo Starr, Jim Gordon et Corky Laing : batteurs présents au générique du LP ; Bobby Keys : saxophone principal ; Warner Bros. 46141 ; rééditions ultérieures.
Un album de saxophoniste, pas une réunion des Beatles
Le premier album solo éponyme de Bobby Keys réunit des instrumentistes bien connus de la scène rock, parmi lesquels Ringo Starr, George Harrison, Dave Mason, Klaus Voormann et Nicky Hopkins. La présence au générique de ces noms est attestée, mais ne démontre pas que tous jouent ensemble sur une plage déterminée.
Trois batteurs à identifier
AllMusic mentionne Ringo Starr, Jim Gordon et Corky Laing comme batteurs de l’album. Sans feuille de personnel chanson par chanson, il n’est pas possible de répartir de manière sûre les huit plages entre eux. Toute liste attribuant les huit batteries à Ringo serait une fabrication.
Le programme commercial
Les catalogues répertorient les titres Steal from a King, Smokefoot, Bootleg ou Boot-Leg, Altar Rock et les autres morceaux de la face B. Les variations de graphie d’un titre ne correspondent pas forcément à une prise alternative. Le LP Warner Bros. 46141 est la référence du programme de 1972.
Rééditions et recherche de matrices
Des éditions CD en 2012, 2015 et 2016 et un LP de 2013 apparaissent dans les catalogues. Il faudrait examiner le livret de ces éditions pour découvrir d’éventuelles ventilations nouvelles, sans confondre date de réédition et date d’enregistrement.
Les huit plages du LP et leur ordre de première édition
La musique de l’album éponyme de Bobby Keys a été publiée en 1972 sur Warner Bros. ; les pressages britanniques portent la référence K 46141, et les exemplaires allemands présentent notamment WB 46 141. Le premier contrôle d’une sessionographie doit porter sur le programme exact, qui comporte huit plages. Le catalogue 45cat et les collections discographiques donnent le même ordre, sans permettre à eux seuls d’identifier quel batteur participe à une chanson déterminée.
Face A
A1. « Steal from a King » — composition créditée à Dave Mason, Jim Gordon et Jim Price ; A2. « Smokefoot » — Jim Price, Jim Gordon et Bobby Keys ; A3. « Bootleg » (également « Boot-Leg ») — Estelle Axton, Donald « Duck » Dunn, Al Jackson Jr. et Isaac Hayes ; A4. « Altar Rock » — Felix Pappalardi.
Face B
B1. « Key West » — Jim Price, Leslie West, Felix Pappalardi et Bobby Keys ; B2. « Command Performance » — Jim Price ; B3. « Crispy Duck » — Jim Gordon, Dave Mason et Jim Price ; B4. « Sand & Foam » (parfois « Sand and Foam ») — Jim Gordon.
La graphie « Bootleg »/« Boot-Leg » et les variations « Sand & Foam »/« Sand and Foam » renvoient à des usages éditoriaux ; elles ne démontrent pas deux enregistrements différents. Les durées retrouvées dans certains catalogues ne doivent pas être confondues avec des mesures effectuées sur un exemplaire matériel identifié : les sources modernes donnent des durées totales légèrement différentes selon leur méthode de calcul.
Les trois batteurs : pourquoi le personnel de l’album n’est pas un relevé piste par piste
AllMusic recense trois batteurs parmi les collaborateurs de Bobby Keys : Ringo Starr, Jim Gordon et Corky Laing. Ce générique permet d’affirmer que Ringo a participé au projet, mais il ne permet pas de distribuer ses parties entre les huit compositions. L’intervention de Jim Gordon se complique de son rôle de producteur et de coauteur de plusieurs pièces ; cela n’autorise cependant pas à lui attribuer toutes celles dont il signe la musique. À l’inverse, la notoriété de Ringo ne permet pas de le désigner comme batteur principal par défaut.
Pour résoudre le problème, il faudrait une liste de personnel par prise, des feuilles de studio, une édition comportant un relevé détaillé des titres ou une déclaration explicite d’un musicien présent. La simple comparaison du style rythmique à l’oreille peut susciter une hypothèse ; elle ne transforme pas cette hypothèse en crédit démontré, tant les instrumentistes sont capables de varier leur jeu selon la séance. La notice classe donc la présence de Ringo à la batterie dans la catégorie album attesté, piste non attribuée.
Un carrefour de la communauté musicale britannique et américaine
Le projet réunit le saxophoniste Bobby Keys, dont la carrière croise les Rolling Stones et plusieurs anciens Beatles, et le trompettiste-arrangeur Jim Price. Les cuivres constituent l’un des fils conducteurs de l’album : les arrangements sont associés à Price, avec une exception signalée pour « Altar Rock ». Les producteurs annoncés sont Bobby Keys, Jim Gordon et Andy Johns. Cette architecture explique le son d’un album de musiciens de studio, construit autour des instruments et des motifs plutôt qu’autour d’un chanteur vedette.
Le générique global fait aussi apparaître George Harrison à la guitare, Nicky Hopkins et Mike Utley aux claviers, ainsi que plusieurs bassistes, parmi lesquels Klaus Voormann, Jack Bruce, Carl Radle et Felix Pappalardi. D’autres guitares sont attribuées notamment à Dave Mason, Leslie West, John Uribe et Charlie Freeman. Il serait erroné de placer tous ces musiciens simultanément dans la même séance ou sur chacun des huit titres : l’album a été constitué à partir de plusieurs rencontres et formations d’enregistrement.
Studios et production : indications plutôt qu’horaires inventés
La documentation du LP mentionne Command Island, Olympic Studios et des séances en France, sous la supervision technique d’Andy Johns, Chris Kimsey et Andy Hendrikson. Ces indications dessinent une géographie générale du disque, mais aucune n’autorise à localiser précisément la batterie de Ringo sur une plage donnée. Sans document complémentaire, il faut conserver l’absence de date exacte de séance. Les attributions de mixage et de prise devront elles aussi être liées au master identifié plutôt qu’à l’album dans son ensemble.
Le cas de l’ingénieur Andy Johns illustre une difficulté fréquente des notices rétrospectives : un nom peut être présent au générique d’un album sans que son rôle corresponde automatiquement à toutes les sessions. Un inventaire par studio doit donc rester indépendant des crédits par instrument et des crédits de production. L’édition originale peut servir de base, mais elle ne résout pas toutes ces questions.
Les éditions physiques à comparer avant d’affirmer un nouveau master
Pour les collectionneurs, le LP britannique Warner K 46141 et l’édition allemande WB 46 141 constituent deux points de départ raisonnables. L’examen du catalogue AllMusic fait ensuite apparaître des éditions CD autour de 2012, 2015 et 2016, ainsi qu’une réédition vinyle de 2013. Ces dates caractérisent des supports publiés, pas de nouvelles séances de batterie. Un changement de couleur d’étiquette, de numéro de catalogue ou de pays ne constitue pas en soi un nouveau master.
Les documents utiles sont les étiquettes des deux faces, les matrices gravées dans le sillon de sortie, les crédits imprimés au verso, les inserts éventuels et les livrets des éditions récentes. Un livret moderne reproduisant le personnel général de 1972 ne fournirait pas une identification nouvelle des huit morceaux. En revanche, une réédition mentionnant explicitement le personnel de chaque plage serait une avancée documentaire réelle, à condition de pouvoir confronter ses informations à une source identifiable.
Tableau de vérification des huit titres : état au 20 octobre 2026
« Steal from a King » — attribution du batteur : à déterminer ; « Smokefoot » : à déterminer ; « Bootleg » : à déterminer ; « Altar Rock » : à déterminer ; « Key West » : à déterminer ; « Command Performance » : à déterminer ; « Crispy Duck » : à déterminer ; « Sand & Foam » : à déterminer. Album : participation de Ringo Starr à la batterie établie au niveau du personnel publié.
Cette distinction est volontaire. Attribuer huit titres à Ringo parce qu’il figure parmi les batteurs de l’album créerait potentiellement plusieurs erreurs de discographie. Conserver huit crédits individuels « non répartis » est une situation documentaire précise et révisable. Lorsque de nouvelles informations apparaîtront, elles pourront être ajoutées sans modifier rétroactivement ce qu’affirmait le pressage.
Sources complémentaires et hiérarchie documentaire
Warner Bros., Bobby Keys (1972), références K 46141 / WB 46 141 ; 45cat, fiche Warner Bros. WB 46 141 avec tracklisting et crédits d’édition ; AllMusic, « Bobby Keys », critique et personnel par Sean Westergaard ; The Penguin Discography, fiche « Bobby Keys (1972) » avec programme complet et éditions ; catalogues de collectionneurs pour les matrices et pressages. Le crédit de Ringo est sûr au niveau de l’album ; la ventilation par plage reste une question ouverte.
Conclusion provisoire
La participation de Ringo à l’album est réelle à l’échelle du générique ; le titre exact ou les titres auxquels il joue restent à confirmer. La notice ne crée volontairement pas huit fausses fiches de batterie. C’est une priorité d’enquête, pas une lacune à masquer.
Sources et limites de preuve
Warner Bros., Bobby Keys (1972), LP 46141 ; AllMusic, album Bobby Keys, personnel ; dossier Bobby Keys et Ringo de Yellow-Sub.net. Les attributions incertaines sont conservées comme telles jusqu’au contrôle des éditions et bandes.












