Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

← Time Takes Time : dix chansons

Yellow-Sub.net · 1990–1994 · The Posies · Peter Asher · 4 journées de studio

Golden Blunders : Ringo Starr reprend les Posies, l’histoire des sessions et des musiciens

Les interviews de Ringo et du groupe permettent de reconstituer le choix de la chanson, les séances de septembre 1991 et le rôle de Waddy Wachtel, Andrew Gold, Bob Glaub et Peter Asher.

De Dear 23 à Time Takes Time : deux époques de la power pop

« Golden Blunders » est créée par Jon Auer et Ken Stringfellow, membres des Posies, et publiée sur leur deuxième album Dear 23 en 1990. Lorsqu’elle est reprise par Ringo Starr sur Time Takes Time en 1992, elle a déjà une identité propre : les Posies relisent à leur manière une tradition de pop mélodique qui doit beaucoup aux Beatles, aux Byrds et à Big Star. C’est donc un renversement historique intéressant : un musicien des Beatles interprète une chanson d’un groupe qui s’est lui-même inspiré de leur catalogue.

Il ne s’agit pas d’une coécriture avec Ringo ni d’une nouvelle chanson du producteur Peter Asher. Les auteurs restent Auer et Stringfellow ; le changement porte sur l’interprétation, l’arrangement et l’équipe de studio. Une encyclopédie doit établir la généalogie de l’œuvre avant d’aborder les célébrités présentes sur le master.

Le témoignage des Posies en 1994 : Peter Asher découvre la chanson

Dans un entretien de 1994 conservé par le site d’archives officiel des Posies, le groupe explique que Peter Asher avait entendu « Golden Blunders » à la radio au cours d’un déplacement en voiture aux États-Unis. Le producteur identifie le morceau, retrouve le disque et propose la reprise à Ringo. Celui-ci n’est pas immédiatement convaincu par le son de l’enregistrement original, qu’il juge plus aventureux qu’il ne le souhaite pour son album.

Ce témoignage est précieux parce qu’il décrit la sélection d’une chanson avant le studio. Il ne prouve pas que les Posies aient personnellement participé aux séances de Ringo, ni que Peter Asher ait composé une nouvelle mélodie. La source révèle une décision de répertoire et l’importance d’un producteur capable de transformer une chanson déjà publiée pour un autre interprète.

Ringo en 1992 : une réticence qu’il exprime lui-même

Dans une interview de Music Connection datée du 25 mai 1992, Ringo explique que Peter Asher lui a proposé « Golden Blunders » et que la version originale lui semblait au premier abord trop agitée. Il ajoute avoir apprécié la chanson et compris qu’il pouvait l’adapter à sa personnalité d’interprète. Ce propos contemporain apporte une confirmation indépendante au récit des Posies.

L’affirmation permet d’éviter une construction mythologique : rien ne montre qu’Auer et Stringfellow aient écrit ce titre spécialement pour Ringo. La reprise naît au contraire d’une circulation de musique contemporaine à la radio, d’un choix de producteur puis de l’accord d’un chanteur qui souhaitait trouver son propre équilibre.

9, 11, 12 et 13 septembre 1991 : les quatre journées documentées

The Beatles Bible situe l’enregistrement de la version Starr au 9 septembre 1991 à Conway Studios, Los Angeles, puis répertorie des overdubs les 11, 12 et 13 septembre. Peter Asher produit la prise. La date du premier jour ne suffit pas à placer toutes les guitares, tous les chœurs et les mixages au même moment ; les quatre journées doivent être distinguées lorsque l’on élabore une véritable sessionographie.

Les documents publics ne proposent pas une bande piste par piste indiquant quel musicien est entré à quelle heure. Le niveau d’information certain est donc la période de travail, le studio principal, la production et les musiciens crédités sur la version commercialisée. Les rôles plus fins peuvent être ajoutés ultérieurement lorsque des notes d’ingénieur ou des bandes séparées deviennent accessibles.

Ringo Starr : chant, batterie et percussions

Sur « Golden Blunders », Ringo assure le chant principal, la batterie et les percussions selon les crédits de The Beatles Bible. L’important n’est pas seulement qu’il s’agit du batteur des Beatles : il chante une chanson écrite par une génération plus jeune tout en conservant une partie rythmique personnelle. Il serait trompeur de lui attribuer d’autres instruments qui ne figurent pas dans les crédits spécifiques.

Le travail de Peter Asher consiste à organiser autour de lui des guitaristes et des choristes professionnels. L’arrangement de Ringo n’est donc pas l’exécution du groupe Posies avec un simple changement de chanteur, mais un nouveau master complet, produit deux ans après la première publication de l’œuvre.

Waddy Wachtel, Andrew Gold, Bob Glaub et Robbie Buchanan

Le générique du titre identifie Waddy Wachtel à la guitare, Andrew Gold aux guitares acoustique et électrique et aux voix, Bob Glaub à la basse et Robbie Buchanan aux claviers. Cette formation témoigne du réseau de Peter Asher, proche des grandes productions californiennes de Linda Ronstadt et d’autres artistes majeurs. Elle ne doit pas être remplacée par le personnel de Jellyfish qui joue sur certaines autres chansons de l’album.

Wachtel avait déjà participé aux travaux de Ringo au début des années 1980, notamment à Old Wave. Cette continuité biographique n’explique pourtant pas à elle seule les choix de jeu sur « Golden Blunders » : pour analyser une partie précise, il faudrait écouter les bandes isolées plutôt que projeter son style de guitariste sur tout le mix.

Peter Asher : production, tambourin et voix

Peter Asher occupe trois fonctions attestées : producteur, tambourin et chœurs. Cette pluralité illustre l’implication pratique d’un réalisateur artistique qui ne s’est pas contenté de sélectionner une chanson. Son passé au sein de Peter and Gordon et chez Apple permet de comprendre sa proximité avec le milieu des Beatles, mais ne fait pas de lui un compositeur ou un membre des Posies.

Il est important de distinguer son rôle de celui de Jeff Lynne, Don Was ou Phil Ramone, les trois autres producteurs de Time Takes Time. Peter Asher n’assure que « Golden Blunders » parmi les dix titres publiés, même si des bandes écartées, notamment « Angel In Disguise », ont également été travaillées sous sa direction.

Les choristes : un générique plus large que les notices courtes

La synthèse de Progrography signale notamment Andrew Gold, Rosemary Butler, Valerie Carter, Wendy Fraser, Raven Kane, Bobbie Page, Andrea Robinson, Stephanie Spruill, Carmen Twillie et Terri Wood parmi les voix associées à la quatrième plage. Les fiches abrégées comme The Beatles Bible ne nomment pas tous les choristes, et certaines se bornent à indiquer un ensemble non identifié.

Dans la base encyclopédique, les attributions issues de la liste détaillée peuvent être consignées avec leur source, sans supposer que chacun chante toutes les harmonies ni qu’il est présent durant les quatre journées de septembre. Une telle liste est précieuse pour les spécialistes des séances de Los Angeles, mais ne remplace pas une répartition des pistes vocales sur multipiste.

Comparaison artistique : qu’est-ce qui change entre 1990 et 1992 ?

La version des Posies relève de leur esthétique de guitare pop, avec une énergie plus nerveuse. Ringo lui donne une production de studio américaine, un chant à la diction caractéristique et un arrangement confié à des musiciens de session expérimentés. Cette différence doit être discutée comme une comparaison d’interprétations et non comme une preuve que les Posies auraient abandonné leur version ou participé à la réécriture.

Une étude d’écoute ultérieure pourrait mesurer le tempo, le placement de la batterie, les tonalités, les harmonies de chœurs, les parties de guitare et la structure des transitions. Les sources consultées permettent déjà d’exposer les auteurs et les équipes ; elles ne justifient pas de prétendre connaître les interventions exactes de chaque overdub.

La critique de 1992 : un indice contemporain de réception

La presse américaine accueille la reprise dans un album où Ringo renoue avec une pop assumant l’héritage des Beatles. La critique publiée par le Washington Post le 13 juin 1992 insiste sur le travail des quatre producteurs et le caractère mélodique du disque. L’article de Music Connection montre, lui, que Ringo s’interroge sur la proximité sonore de certains passages avec les années 1960.

Ces sources contemporaines sont plus utiles à l’histoire de la réception qu’une évaluation actuelle présentée comme l’avis du public de 1992. Elles ne doivent pas être converties en chiffres de ventes ou en positions de classement d’une chanson qui n’a pas été publiée comme single autonome standard.

Les éditions : une plage stable, des supports différents

« Golden Blunders » occupe la quatrième position de l’album standard américain et européen de 1992. Le programme japonais BVCP-202 ajoute « Don’t Be Cruel » à la fin et ne remplace pas ce morceau. Les rééditions de Time Takes Time doivent être examinées par numéro de catalogue et matrice, notamment lorsque le livret reproduit plus ou moins de musiciens.

Une réédition ou un remaster d’album ne prouve pas un mix inédit de « Golden Blunders ». La première comparaison pour les collectionneurs doit porter sur le master de Dear 23 par les Posies et celui de Time Takes Time par Ringo, deux enregistrements distincts de la même œuvre. La variété des supports de Ringo vient ensuite.

Peter Asher en 1991 : une chanson des Posies et les limites d’une production unique

La présence de Peter Asher dans Time Takes Time se concentre sur « Golden Blunders », reprise d’une œuvre de Jon Auer et Ken Stringfellow, membres des Posies. Ce seul titre permet pourtant de retrouver un réseau de musiciens particulièrement étendu, avec Andrew Gold, Waddy Wachtel, Bob Glaub, Robbie Buchanan et plusieurs choristes. Le rôle de Peter Asher est celui de producteur, auquel s’ajoutent des participations de tambourin et de voix selon les crédits. Il n’est pas coauteur de la chanson simplement parce qu’il l’a réalisée pour Ringo.

Le traitement de la composition met face à face deux générations de pop : des auteurs ayant grandi dans un environnement marqué par l’héritage des Beatles, et un chanteur dont la voix et la batterie appartiennent à l’histoire originelle de cette esthétique. L’influence ne doit pourtant pas se transformer en attribution. Le fait que les Posies aient intégré des références de pop classique à leur écriture ne confère aucun droit d’auteur supplémentaire à un ancien Beatle interprétant ensuite leur chanson.

Une séance, plusieurs métiers et un grand chœur

Asher coordonne une formation de studio ; les ingénieurs enregistrent et mixent, les instrumentistes jouent les parties et les choristes apportent la texture vocale. Une liste générale d’invités ne dit pas qui chante chaque note du refrain ou qui a suggéré une transition. Les personnes présentes à l’enregistrement de base ne sont pas nécessairement les mêmes que celles venues ajouter les chœurs. La distribution par master doit conserver ces incertitudes lorsque les documents ne fournissent pas le détail des overdubs.

Le projet voisin Everybody Wins

Les séances dirigées par Peter Asher comprennent aussi « Everybody Wins », composition de Richard Starkey et Johnny Warman enregistrée en septembre 1991 mais écartée du LP original. La chanson paraît néanmoins sur un single avant de faire l’objet d’un nouvel enregistrement sous la forme « Everyone Wins » en 2010. Cette évolution est instructive : un morceau refusé pour le programme d’un album peut devenir une œuvre publiée sous d’autres conditions, puis être repris avec une nouvelle équipe près de vingt ans après.

Il ne faut donc pas décrire Asher comme producteur de la version de 2010, réalisée dans un autre contexte, ni présenter l’édition hors album de 1992 comme une session nouvelle. Le catalogue doit établir l’identité de la composition, des deux masters et de leurs supports. L’atlas de Time Takes Time conserve les sessions de 1991 ; la fiche « Everyone Wins » décrit les crédits de la réinterprétation de 2010.

Fiche normalisée et bibliographie

Œuvre : « Golden Blunders ». Auteurs : Jonathan Auer et Kenneth Stringfellow. Première publication : The Posies, Dear 23, 1990. Enregistrement de Ringo : Conway Studios, Los Angeles, 9, 11, 12 et 13 septembre 1991 ; production Peter Asher. Ringo Starr : chant, batterie, percussions ; Waddy Wachtel : guitare ; Andrew Gold : guitares, voix ; Bob Glaub : basse ; Robbie Buchanan : claviers ; Peter Asher : tambourin et chœurs ; autres choristes nommés dans les relevés étendus. Publication : Time Takes Time, 22 mai 1992 aux États-Unis, quatrième titre.

Sources : The Beatles Bible, « Golden Blunders », dates et personnel ; entretien Posies de 1994 conservé par theposies.net ; Music Connection, entretien Ringo du 25 mai 1992 ; Progrography, album et crédits par plage ; Washington Post, critique du 13 juin 1992. https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/golden-blunders/ ; https://www.theposies.net/press/the-posies-1994/ ; https://www.worldradiohistory.com/Archive-All-Music/Music-Connection/90/1992/Music-Connection-1992-05-25.pdf ; https://progrography.com/ringo-starr/ringo-starr-time-takes-time-1992/ ; https://www.washingtonpost.com/archive/lifestyle/style/1992/06/14/pop-recordings/480efd1c-ff36-4a57-b2be-746957bfec12/ .