Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · 1991–1992 · Don Was · Jeff Lynne · Peter Asher · Phil Ramone

Time Takes Time (1992) : les dix chansons, les quatre producteurs et les collaborations de Ringo Starr

Brian Wilson, Harry Nilsson, Jellyfish, Mark Hudson, Jeff Lynne et Paul McCartney : dix masters publiés, plusieurs bandes écartées, les vrais crédits par chanson et les éditions Private Music.

1992, la renaissance discographique de Ringo et l’équipe des quatre producteurs

Neuf années séparent la première publication de Old Wave et celle de Time Takes Time. Entre les deux, Ringo Starr a retrouvé la scène avec son All-Starr Band et renouvelé une partie de ses contacts professionnels. L’album de 1992, son dixième album solo studio, est élaboré par étapes entre mars et septembre 1991, puis complété en février 1992. L’histoire des collaborations impose de le regarder non comme une séance unique, mais comme quatre mini-projets : cinq titres confiés à Don Was, deux à Jeff Lynne, un à Peter Asher et deux à Phil Ramone.

Cette distribution est confirmée par les notes de l’album reprises par Sessiondays : Don Was produit les pistes 1, 2, 7, 9 et 10 ; Jeff Lynne les pistes 3 et 6 ; Peter Asher la piste 4 ; Phil Ramone les pistes 5 et 8. Un répertoire qui attribuerait l’ensemble du disque à Jeff Lynne, du seul fait de son amitié avec George Harrison et Tom Petty, serait erroné. L’intérêt du disque tient au contraire à la comparaison de quatre méthodes de travail réunies autour du même chanteur-batteur.

Le programme accueille des auteurs extérieurs : les Posies, Jellyfish, Diane Warren ou encore Jerry Lynn Williams. Ringo ne cosigne que trois des dix titres de l’édition originale, avec Johnny Warman et, pour l’un d’eux, Gary Grainger. L’équilibre entre créations personnelles et chansons reçues est beaucoup moins proche de l’album de 1973 que ne le suggèrent certaines présentations promotionnelles du « grand retour ».

Le tableau de production : cinq titres Don Was, deux Lynne, un Asher et deux Ramone

Don Was travaille sur « Weight Of The World », « Don’t Know A Thing About Love », « I Don’t Believe You », « In A Heartbeat » et « What Goes Around ». Les équipes correspondantes comprennent notamment Benmont Tench, James « Hutch » Hutchinson, Mark Goldenberg, Michael Landau, Roger Manning et Andy Sturmer. Ces noms ne sont pas nécessairement présents sur toutes les cinq chansons : les crédits doivent être ventilés par piste.

Jeff Lynne prend en charge les morceaux écrits avec Johnny Warman, « Don’t Go Where The Road Don’t Go » et « After All These Years ». Il y multiplie les instruments, basse, guitare, piano, claviers et chœurs. Peter Asher produit « Golden Blunders », avec Waddy Wachtel, Andrew Gold et Bob Glaub. Phil Ramone produit « All In The Name Of Love » et « Runaways », qui marquent la première apparition discographique de Mark Hudson aux côtés de Ringo. Ces répartitions de producteurs permettent d’expliquer des distributions instrumentales très différentes dans une même liste de dix pistes.

Les studios et les ingénieurs : pourquoi la chronologie se lit par bande

Les crédits techniques rassemblés par Sessiondays désignent Ed Cherney pour une partie des productions Don Was, Richard Dodd autour de Jeff Lynne, Frank Wolf pour la séance Peter Asher, Bill Drescher pour une des productions Phil Ramone et plusieurs ingénieurs associés au mixage ou aux compléments. Les lieux cités comprennent notamment Conway, Rumbo, Capitol, Westlake et Ocean Way à Los Angeles. Aucune de ces adresses ne doit être affectée indistinctement aux dix titres.

Le répertoire chronologique consigne des prises entre mars et septembre 1991, ainsi que des interventions en janvier et février 1992. La date de sortie américaine, le 22 mai 1992, n’est ni la date de l’enregistrement de chaque partie de batterie ni celle de tous les mixages. Certains masters comportent des opérations de finition quelques mois avant l’édition. Dans une base de collectionneur, les événements « séance », « overdub », « mixage », « master » et « pressage » sont distincts.

1 — Weight Of The World : le single de Brian O’Doherty et Fred Velez

Le premier titre est une chanson écrite par Brian O’Doherty et Fred Velez, et non par Lennon–McCartney. Produit par Don Was, il appartient aux enregistrements achevés au début de 1992. Ringo chante, joue de la batterie et des percussions. Le noyau instrumental comprend Mark Goldenberg à la guitare, James Hutchinson à la basse et Benmont Tench aux claviers, avec Andy Sturmer et Roger Manning parmi les choristes. Les sources donnent aux membres de Jellyfish une participation vocale, qu’il ne faut pas confondre avec une cosignature de cette œuvre.

« Weight Of The World » devient le premier single international de la campagne, annoncé avant la sortie de l’album. Sa version allemande et ses supports CD peuvent comporter « Don’t Be Cruel », reprise d’Elvis Presley issue des séances et retenue comme bonus japonais. Le couplage exact dépend du pays et du support. L’illustration de pochette et les formes de promotion relèvent de la discographie commerciale ; elles ne prouvent pas de nouvelles interprétations instrumentales.

Les comptes rendus de l’époque soulignent le caractère accessible du refrain et l’énergie du groupe. Il serait trop rapide d’en déduire une orientation imposée exclusivement par la maison de disques. La présence de Don Was à la production et du duo Manning–Sturmer dans les chœurs est établie ; le détail des décisions de sélection et de montage réclamerait les dossiers de Private Music.

2 — Don’t Know A Thing About Love : Stan Lynch, Richard Feldman et Don Was

La deuxième plage est signée Richard Feldman et Stan Lynch. L’ancien batteur des Heartbreakers apporte ici son nom au crédit d’auteur, ce qui ne doit pas être converti en prestation à la batterie : c’est Ringo qui est crédité à cet instrument sur le disque. Mark Goldenberg joue de la guitare, Benmont Tench des claviers et James Hutchinson de la basse. La documentation vocale cite notamment Doug Fieger, Berton Averre, Andy Sturmer et Roger Manning parmi les chœurs.

La chanson illustre les liens entre Ringo et le milieu californien de la power pop et du rock radiophonique. Stan Lynch est connu pour son association avec Tom Petty, tandis que Tench est également membre des Heartbreakers. Ce réseau professionnel éclaire le choix des invités, sans justifier qu’on attribue la chanson à Tom Petty lui-même. Les producteurs et instrumentistes doivent rester identifiés en fonction du générique de la prise.

3 — Don’t Go Where The Road Don’t Go : un trio d’auteurs, un producteur multi-instrumentiste

« Don’t Go Where The Road Don’t Go » est cosignée Richard Starkey, Johnny Warman et Gary Grainger. La séance est confiée à Jeff Lynne, qui fournit guitares, basse, piano, claviers et voix de complément. Les crédits citent également Jim Horn au saxophone et Suzie Katayama au violoncelle. Ces instruments ne sont pas un embellissement anonyme : ils montrent la manière dont Lynne construit un arrangement de pop dense autour de la voix de Ringo.

Le morceau est enregistré au cours du travail de Lynne de mai 1991 et devient le second single international envisagé. Les sorties allemandes de septembre 1992 sont essentielles : le sept pouces utilise notamment « Don’t Know A Thing About Love » en face B, tandis qu’un CD single comprend « Everybody Wins », autre pièce enregistrée pendant la période mais absente du LP original. Il faut donc distinguer les supports avant d’établir l’inventaire des faces.

Pour une sessionographie, le crédit de composition Starkey–Warman–Grainger ne doit pas être généralisé à « After All These Years », signé seulement Starkey–Warman. Ce détail est important : les deux titres sont produits par Lynne, mais leur statut juridique n’est pas identique.

4 — Golden Blunders : les Posies, Peter Asher et les musiciens de studio

Le morceau « Golden Blunders » est écrit par Jon Auer et Ken Stringfellow des Posies. Il figure déjà sur Dear 23, album du groupe paru en 1990. Ringo enregistre une reprise à Conway Studios à Los Angeles les 9, 11, 12 et 13 septembre 1991, selon The Beatles Bible. Peter Asher en assure la production et joue du tambourin en ajoutant des chœurs. Waddy Wachtel et Andrew Gold tiennent les guitares, Bob Glaub la basse et Robbie Buchanan des claviers.

Une anecdote de Waddy Wachtel, rapportée dans un entretien publié en 2021, concerne la reconnaissance du son du charleston de Ringo. Elle montre combien la continuité du style de l’ancien Beatle frappait des musiciens qui l’avaient écouté adolescents. Ce témoignage doit être présenté comme un souvenir personnel, non comme la preuve que tous les accessoires de batterie étaient exactement ceux des séances de Sgt Pepper. L’essentiel reste la participation attestée de Ringo à la batterie de la nouvelle version.

La présence de Peter Asher possède aussi une portée historique : ancien membre de Peter and Gordon et ancien responsable A&R chez Apple, il se retrouve en 1991 producteur d’un Beatle qu’il connaît depuis les années 1960. Son rôle n’est pas celui de co-auteur de la chanson, qui demeure l’œuvre des deux membres des Posies.

5 — All In The Name Of Love : l’entrée de Mark Hudson dans le réseau de Ringo

« All In The Name Of Love » est écrite par Jerry Lynn Williams et produite par Phil Ramone. Le personnel comprend notamment Michael Thompson et Jeff « Skunk » Baxter aux guitares, Neil Stubenhaus à la basse, Mark Hart aux claviers et à la guitare synthétiseur selon les éditions, ainsi que des chœurs nombreux. Mark Hudson figure au chant de soutien et aux percussions ou aux arrangements vocaux de cette partie de l’album. Il deviendra par la suite un partenaire important de Ringo pendant de nombreuses années.

Il faut cependant éviter une lecture rétrospective : Mark Hudson ne produit pas Time Takes Time. Son rôle se limite à certaines interventions vocales et instrumentales dans les titres enregistrés sous Phil Ramone. La chronologie des futures collaborations Hudson–Starr doit donc commencer par la fonction réellement occupée en 1991, et non lui attribuer d’emblée les responsabilités qu’il assumera sur des albums ultérieurs.

6 — After All These Years : un duo d’écriture Starkey–Warman sous Jeff Lynne

La sixième plage réunit Richard Starkey et Johnny Warman au crédit de composition. Jeff Lynne revient à la production et à la plupart des instruments d’accompagnement, comme sur « Don’t Go Where The Road Don’t Go ». La présence de Ringo au chant et à la batterie s’inscrit dans une approche sonore qui rapproche l’univers solo de Starr des productions de Lynne pour les Wilburys et George Harrison, sans faire de cette chanson un titre des Traveling Wilburys.

Pour les collectionneurs, il est utile de comparer la distribution par morceau plutôt que de dupliquer exactement le personnel du titre 3. Les notices précises peuvent distinguer des overdubs ou une place différente de chaque clavier. À défaut de feuille de bande, on conservera le crédit de Lynne en plusieurs fonctions et la cosignature Warman–Starkey, sans inventer une présence d’autres anciens Beatles.

7 — I Don’t Believe You : Jellyfish écrit et accompagne Ringo

Les auteurs sont Andy Sturmer et Roger Manning, deux membres de Jellyfish. Ils interviennent également sur la version de Ringo, notamment à la guitare acoustique et aux voix. Don Was assure la production. Michael Landau tient une guitare électrique, David Grissom une guitare acoustique, James Hutchinson la basse et Benmont Tench le piano et l’orgue Hammond selon les relevés de personnel. Une part importante de l’intérêt historique vient donc de la double fonction auteur-interprète du duo Sturmer–Manning.

Il ne faut pas confondre cette chanson avec « Weight Of The World », où les deux musiciens chantent mais ne sont pas les auteurs. Leur participation sur deux œuvres de statuts différents montre précisément l’utilité d’un inventaire distinguant « composition », « instrument » et « chœurs ». Une identification globale de Jellyfish comme « groupe de Ringo » serait tout aussi trompeuse : Sturmer et Manning sont des collaborateurs invités sur des bandes sélectionnées.

8 — Runaways : Harry Nilsson, Phil Ramone et Ringo

« Runaways » est cosignée Richard Starkey et Johnny Warman. La notice spécialisée de The Beatles Bible date l’enregistrement du 7 juin 1991 et nomme Phil Ramone comme producteur. Harry Nilsson et Mark Hudson sont crédités aux chœurs ; Jeffrey Vanston joue des claviers, Michael Thompson et Jeff Baxter des guitares, Neil Stubenhaus la basse. Ringo chante, joue de la batterie et des percussions. C’est une vraie collaboration vocale avec Nilsson, et non une simple proximité entre deux artistes qui se fréquentaient depuis les années 1970.

Ringo a expliqué dans un entretien de 1992 avoir tiré son idée d’un documentaire consacré à des adolescents en fugue et aux familles qui tentent de les retrouver. Cette origine déclarée donne un contexte à la chanson, mais elle ne permet pas de reconstituer son écriture ligne par ligne. La présence de Nilsson est établie par le crédit du master ; on ne doit pas lui attribuer la coécriture de « Runaways », ni le rôle de producteur.

Le document permet enfin d’identifier la période où Mark Hudson commence à travailler dans l’entourage de Ringo. Les chœurs de Nilsson et ceux de Hudson sont deux prestations distinctes : leur réunion sur le disque n’implique pas qu’ils aient composé ensemble le morceau.

9 — In A Heartbeat : Brian Wilson avec Ringo, Don Was et Diane Warren

La neuvième chanson est écrite par Diane Warren et produite par Don Was. La formation comprend Michael Landau et Mark Goldenberg aux guitares, James Hutchinson à la basse, Benmont Tench à l’orgue Hammond et à l’harmonium, Jamie Muhoberac et Robbie Buchanan aux claviers. Les chœurs réunissent Brian Wilson, Brian O’Doherty, Andrew Gold, Roger Manning et Andy Sturmer. Ces attributions sont importantes car elles situent une collaboration authentique entre le chanteur-batteur des Beatles et le cofondateur des Beach Boys.

Brian Wilson n’est pas pour autant coproducteur du disque ni auteur de la chanson de Diane Warren. Son intervention relève des voix additionnelles. Une lecture historique peut s’intéresser à ce rapprochement symbolique entre deux groupes majeurs des années 1960, à condition de laisser les fonctions originales intactes. L’instrument principal de Ringo reste la batterie, avec le chant principal et les percussions.

La fiche spécialisée de The Beatles Bible situe l’enregistrement au début de 1992 chez Conway Studios à Los Angeles. Un témoignage du guitariste Michael Landau, cité en 2023, se souvient de Ringo à sa batterie Gretsch pendant la séance. C’est un document de mémoire intéressant qui complète les livrets, mais ne remplace pas leur détail de prise.

10 — What Goes Around : Don Was, la liberté de la batterie et une voix de science-fiction

« What Goes Around », composition de Rick Suchow, ferme l’album dans une version produite par Don Was. Ringo tient le chant, la batterie et les percussions ; Michael Landau est à la guitare électrique, David Grissom à l’acoustique, James Hutchinson à la basse, Benmont Tench au piano et à l’orgue. Andrew Gold, Roger Manning et Andy Sturmer ajoutent des chœurs. Le titre est enregistré en janvier et février 1992 aux studios Conway de Los Angeles selon la notice spécialisée.

Don Was a expliqué que le groupe n’avait pas joué sur une piste de clic imposant un tempo mécanique ; il appréciait précisément les mouvements naturels de la batterie de Ringo. Ce témoignage ne prouve pas qu’aucun montage rythmique n’a été réalisé en postproduction, mais il indique une philosophie de séance : conserver les variations expressives du batteur.

La longue conclusion présente également un échantillon sonore issu de la série télévisée américaine The Outer Limits. La voix du personnage nommé « Galaxy Being » est attribuée à Leslie Stevens dans la notice de The Beatles Bible. Cette donnée doit être classée comme extrait sonore incorporé, non comme apparition de Stevens en studio au début des années 1990.

Chansons écartées : Angel In Disguise, Call Me et Love Is Going To Get You

Les séances de Time Takes Time produisent davantage de morceaux que les dix finalement retenus. Le cas le plus connu est « Angel In Disguise », composé d’abord par Paul McCartney puis complété d’un couplet de Ringo. La chanson est travaillée sous Peter Asher, mais écartée de la sélection finale. Une cassette de démonstration réunissant une maquette de McCartney et une version chantée par Ringo sera vendue lors d’une vente aux enchères en 2020 : cela atteste deux enregistrements de travail, et non une publication commerciale.

« Call Me » est un autre inédit, produit par Jeff Lynne, avec une participation de Tom Petty signalée dans les chronologies. Il faut éviter de le confondre avec la chanson homonyme figurant sur Goodnight Vienna en 1974 : même titre, œuvre distincte. « Love Is Going To Get You » est associé à Phil Ramone ; « Thank You For Being A Friend », chanson d’Andrew Gold, est signalée sous Peter Asher. Ces titres méritent chacun un identifiant de bande provisoire plutôt qu’un numéro de master inventé.

Deux pièces parues hors album : Don’t Be Cruel et Everybody Wins

« Don’t Be Cruel », œuvre d’Otis Blackwell et Elvis Presley, a été enregistrée pendant les séances avec Jeff Lynne. Elle est publiée sur certains supports de « Weight Of The World » et retenue comme onzième piste de l’édition japonaise de l’album. Un même enregistrement peut donc être absent du programme standard américain et exister sur le marché japonais sans constituer une version pirate.

« Everybody Wins » devient une face B du CD single allemand « Don’t Go Where The Road Don’t Go » en septembre 1992. C’est une publication officielle d’un titre non retenu sur les dix plages du LP original. Il faut distinguer la simple mise à disposition d’un outtake de l’existence d’une nouvelle séance enregistrée le jour de sortie du single. La liste des inédits ne doit pas conserver cette chanson comme « jamais parue » après 1992.

Le programme physique : édition standard, cassette, CD et version japonaise

L’édition standard de Time Takes Time comporte dix titres. Les catalogues Private Music reproduits par JPGR donnent notamment 262 902 pour le CD et 412 902 pour la cassette dans certaines éditions européennes, tandis que Progrography recense 82097-2/4 pour le marché américain. Les codes exacts doivent être attribués à des exemplaires et à des territoires plutôt que fusionnés dans une seule fiche internationale.

Le marché japonais se distingue par « Don’t Be Cruel » en bonus. En Allemagne, un 45-tours et un CD single « Don’t Go Where The Road Don’t Go » paraissent en septembre 1992 avec des versos qui ne sont pas identiques : le CD ajoute « Everybody Wins ». Des rééditions ultérieures présentent parfois un programme allongé. La présence d’un bonus n’établit pas qu’il ait été enregistré ou remixé à la date du nouveau pressage.

1991–1992 : un premier contact entre Ringo Starr et Mark Hudson sous la direction de Phil Ramone

La première rencontre discographique n’est pas la première coproduction

Les sessions de Time Takes Time permettent de déplacer le point de départ de l’histoire de Ringo Starr et Mark Hudson. Ce dernier intervient pendant les travaux conduits par Phil Ramone aux Capitol Studios de Los Angeles le 7 juin 1991. Les chansons de ce groupe de séances comprennent « All in the Name of Love », « Runaways » et un titre demeuré inédit au programme original. Hudson est associé à des contributions vocales et rythmiques ; il ne signe pas alors la direction artistique du disque. Cette distinction est essentielle car une lecture rapide de la carrière des Roundheads pourrait attribuer à 1998 la première collaboration des deux hommes, puis faire de l’album de 1992 un simple préalable sans rapport. Les crédits démontrent au contraire une relation qui commence modestement au sein de l’équipe d’un autre producteur.

Phil Ramone représente ici une forme de discipline propre aux grands studios de Los Angeles. Il dirige des enregistrements qui ne sont pas nécessairement ceux de Don Was, Peter Asher ou Jeff Lynne, autres responsables de Time Takes Time. Chaque producteur arrive avec ses habitudes d’arrangement et ses accompagnateurs. Hudson découvre donc Ringo dans une situation où la voix et la personnalité du chanteur doivent être intégrées à une équipe déjà constituée. Il serait imprudent de supposer que cette première expérience a provoqué immédiatement une décision de collaboration durable : les archives démontrent la séance, pas le contenu de toutes les conversations qui ont suivi.

La voix de Ringo comme souvenir technique

Dans un entretien donné en 2003, Hudson revient sur la façon dont Ramone avait enregistré la voix de Ringo, en mentionnant le soin apporté au choix d’un microphone. Son récit laisse entendre que Starr avait gardé une forte estime pour le résultat vocal obtenu pendant ces séances. Cette déclaration est significative : un producteur futur conserve le souvenir des méthodes d’un producteur antérieur. Elle permet de comprendre que les collaborations artistiques sont aussi une transmission de savoir-faire technique, mais elle ne remplace pas une fiche de prise de son attestant le numéro du microphone, son emplacement et la chaîne d’enregistrement réellement utilisée.

Le musicien peut se souvenir d’un certain confort de chant, du caractère de l’écoute au casque ou de la place donnée à sa voix, tandis que les techniciens auraient des explications différentes sur les mêmes sensations. Une encyclopédie doit conserver la valeur de l’expérience rapportée par Hudson sans transformer un souvenir en relevé d’ingénierie. Cette méthode sera précieuse pour comparer Time Takes Time à Vertical Man, dont les modalités de production sont plus proches d’un atelier d’écriture permanent.

Le passage de la séance invitée à l’équipe durable

Le fait que Hudson retrouve Starr plusieurs années plus tard ne permet pas de projeter rétroactivement sur 1991 le fonctionnement des Roundheads. En 1991, le personnel de Ramone appartient à une configuration discographique particulière. En 1997–1998, Hudson et Ringo bâtissent une méthode où l’écriture, les essais instrumentaux et l’enregistrement sont davantage pris en charge par un noyau stable. Ces deux phases illustrent la manière dont une première contribution peut déboucher, après un intervalle, sur une relation de production bien plus vaste. Le passage doit être documenté comme une évolution, pas comme une continuité ininterrompue de séances.

La grande étude consacrée à Mark Hudson et aux Roundheads met ces étapes en perspective. La présente fiche conserve les informations propres aux dix titres, aux quatre producteurs et aux enregistrements de 1991–1992 sans multiplier les crédits de chaque séance dans plusieurs dossiers.

Quatre producteurs, quatre ateliers : comprendre la véritable fabrication de Time Takes Time

Le programme publié n’est pas le journal des séances

Le disque de 1992 comprend dix chansons, réparties entre quatre producteurs. Don Was signe la production de « Weight Of The World », « Don’t Know A Thing About Love », « I Don’t Believe You », « In A Heartbeat » et « What Goes Around » ; Jeff Lynne dirige « Don’t Go Where The Road Don’t Go » et « After All These Years » ; Phil Ramone réalise « All In The Name Of Love » et « Runaways » ; Peter Asher est responsable de « Golden Blunders ». Cette distribution doit être préservée dans les fiches et dans les données structurées. Le simple fait que Was signe la moitié des masters ne fait pas de lui le producteur des cinq autres, et l’expérience antérieure de Lynne avec George Harrison ne lui confère aucune responsabilité sur les bandes d’Asher.

La séquence de l’album n’est pas un ordre de travail : une chanson placée en ouverture peut être enregistrée après une autre, et un titre gardé pour la fin peut provenir de séances antérieures. Les chansons travaillées mais écartées, les faces B et le bonus japonais doivent recevoir des entrées distinctes. Un catalogue qui présente onze ou douze morceaux sans expliquer les éditions ne fournit pas un récit exact du LP original.

Don Was et Jeff Lynne : deux formes de présence du producteur

Was réunit autour de Ringo des instrumentistes et des choristes provenant de plusieurs réseaux de pop américaine : Benmont Tench, Hutch Hutchinson, Mark Goldenberg, Andy Sturmer, Roger Manning et d’autres selon les titres. Lynne construit au contraire lui-même une grande partie de l’accompagnement des deux chansons qu’il produit, cumulant guitares, basse, piano, claviers et voix. Cette différence de méthode est observable dans les crédits, mais ne permet pas de prétendre connaître la décision précise à l’origine de chaque son audible. Un producteur peut donner une direction tandis que des ingénieurs réalisent la prise ou le mix.

Peter Asher et Phil Ramone : les projets périphériques qui ne sont pas marginaux

Le seul titre retenu de Peter Asher, « Golden Blunders », fait intervenir les auteurs des Posies et une équipe de musiciens de studio distincte. Son importance ne se mesure pas au nombre de chansons produites. Ramone, quant à lui, dirige deux enregistrements réunissant notamment Harry Nilsson et Mark Hudson ; il crée ainsi un contexte où de futurs partenaires de Ringo peuvent se rencontrer longtemps avant la formation des Roundheads. L’histoire des collaborations doit traiter ces séances comme des événements complets plutôt que comme des exceptions statistiques.

Les quatre enregistrements tentés avec Lynne

Lynne a évoqué quatre chansons travaillées avec Starr en 1991. Deux sont sur l’album, « Don’t Be Cruel » a été publié sur d’autres supports et « Call Me » demeure classé parmi les travaux non officiellement édités. Cette distinction s’ajoute au cas de « Everybody Wins », enregistré dans le cadre des séances Asher puis publié hors du programme principal, avant d’être réinterprété bien plus tard. Les enregistrements, les compositions et les pressages constituent donc des objets distincts qui ne doivent pas être additionnés comme des sessions identiques.

Deux monographies permettent maintenant de suivre les relations sans répliquer l’atlas : Don Was et Ringo, de 1991 à 2017 et Jeff Lynne et Ringo, de 1991 à 2017. Les notices de chansons restent les documents de référence pour les instruments et les variantes de master.

Sources, classement de certitude et tâches d’archive

Références principales : The Beatles Bible, fiche d’album « Time Takes Time » et études individuelles « Golden Blunders », « Runaways », « In A Heartbeat », « What Goes Around » ; Sessiondays, « 1992 Ringo Starr – Time Takes Time », génériques techniques par piste ; Progrography, description du programme, auteurs et éditions ; JPGR, Private Music 262 902 et 412 902 ; The Paul McCartney Project, « Angel In Disguise », archives de la cassette mise en vente en 2020.

URLs documentaires : https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/albums/time-takes-time/ ; https://sessiondays.com/2023/03/10/1992-ringo-starr-time-takes-time/ ; https://progrography.com/ringo-starr/ringo-starr-time-takes-time-1992/ ; https://www.jpgr.co.uk/pm262902.html ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/golden-blunders/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/runaways/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/in-a-heartbeat/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/what-goes-around/ ; https://www.the-paulmccartney-project.com/song/angel-in-disguise/ . Les crédits chœur par chœur doivent encore être confrontés à l’insert de chaque pressage ; les dates individuelles d’overdubs ne sont pas toutes publiées. Aucun des titres inédits n’est déclaré officiellement publié tant qu’une référence de support ne l’atteste.

Dix monographies pour comprendre les métiers de Time Takes Time

Les quatre producteurs de l’album de 1992 composent quatre ensembles de séances, dont l’histoire ne doit pas se limiter aux noms affichés sur la pochette. Les monographies de Don Was, Jeff Lynne, Phil Ramone et Peter Asher fournissent un premier niveau de lecture, celui de la direction artistique et du choix des chansons. Le second niveau concerne les opérations techniques : Ed Cherney est associé aux cinq productions de Don Was et à des remixes, Frank Wolf à l’enregistrement et au mixage de « Golden Blunders » et Bill Drescher à l’ingénierie d’« All in the Name of Love ». Les assistants crédités, les techniciens de mix et le mastering de Doug Sax complètent cette chaîne de fabrication. Tous ces métiers n’ont ni le même pouvoir de décision ni le même rapport au phonogramme.

La section de Don Was : une continuité de basse et de claviers

Les cinq titres produits par Don Was — « Weight of the World », « Don’t Know a Thing About Love », « I Don’t Believe You », « In a Heartbeat » et « What Goes Around » — associent James « Hutch » Hutchinson à la basse et Benmont Tench aux claviers, avec des instruments précisés chanson par chanson. Cette continuité est remarquable dans un album enregistré avec différents collectifs. Elle n’exclut pas une rotation des guitaristes : Mark Goldenberg joue sur les titres 1, 2 et 9, tandis que Michael Landau est crédité sur les titres 7, 9 et 10. « In a Heartbeat » constitue donc l’intersection documentée de ces deux parcours. Les autres chansons doivent conserver leurs propres distributions de guitares. Les inventaires non ventilés des participants ne suffisent jamais pour attribuer une prestation à une piste.

Andrew Gold : du travail instrumental aux chœurs

Le cas d’Andrew Gold fait apparaître une circulation entre l’équipe Peter Asher et celle de Don Was. Sur « Golden Blunders », il joue de la guitare et participe aux chœurs ; sur « In a Heartbeat » et « What Goes Around », son crédit porte sur les voix. Cet exemple est intéressant parce qu’il relie des chansons d’auteurs différents sans transformer leur interprète secondaire en compositeur. La chanson des Posies reste signée Jonathan Auer et Kenneth Stringfellow ; « In a Heartbeat » demeure une œuvre de Diane Warren et « What Goes Around » une composition de Rick Suchow. Le fil conducteur est ici un artiste invité au studio, pas la création d’une nouvelle œuvre sous son nom.

Un album et plusieurs unités documentaires

La présente page doit demeurer l’atlas de l’album : elle conserve l’ordre des dix chansons, les producteurs et les distributions de personnel par master. Les portraits autonomes approfondissent les trajectoires personnelles et leurs métiers ; les fiches de chansons analysent les œuvres, les versions, les paroles et les éventuelles éditions. Cette organisation évite de multiplier des pages concurrentes sur les mêmes titres. Elle donne également au lecteur trois entrées complémentaires dans l’histoire d’un disque : par répertoire, par participant et par opération de studio. Une recherche rigoureuse ne confond pas l’album commercial, la prise enregistrée, le mix final et ses rééditions. La précision des attributions permet de faire cohabiter tous ces niveaux au sein d’une seule encyclopédie cohérente.

Les ingénieurs : trois ateliers, des attributions différentes

La répartition des producteurs de Time Takes Time entraîne une répartition comparable des métiers techniques. Richard Dodd est associé à l’enregistrement et au mixage de « Don’t Go Where the Road Don’t Go » et « After All These Years », les deux titres réalisés par Jeff Lynne. Son crédit doit coexister avec les mentions de remix impliquant Jeff Lynne et Mark Linett sur la troisième plage ; ces étapes ne constituent pas nécessairement des éditions commerciales distinctes. Frank Wolf travaille sur « Golden Blunders », produit par Peter Asher, tandis que Bill Drescher est associé à « All in the Name of Love » sous la direction de Phil Ramone. Ed Cherney intervient sur les productions Don Was et sur des opérations de remix. L’étude des ingénieurs ne peut donc se limiter à une liste générale de noms collés à un album : chaque fonction correspond à une étape ou à une piste précise.

L’atelier Phil Ramone : guitares, basse, claviers et arrangements

Les chansons « All in the Name of Love » et « Runaways » réunissent Neil Stubenhaus à la basse, Jeff « Skunk » Baxter et Michael Thompson aux guitares, et Jeffrey « C. J. » Vanston aux claviers, avec un crédit d’arrangement sur « Runaways ». La cohérence de l’équipe n’efface pas la différence entre les œuvres : « All in the Name of Love » est signée Jerry Lynn Williams, tandis que « Runaways » est écrite par Richard Starkey et Johnny Warman. Les claviers additionnels de Mark Hart, les interventions de Mark Hudson et le groupe de choristes doivent être attribués selon les titres. La biographie de chacun de ces instrumentistes ne doit pas remplacer l’analyse de la chanson, pas davantage que la popularité d’un nom ne permet de lui attribuer l’écriture de l’ensemble de l’arrangement.

L’atelier Don Was : le duo Jellyfish et le single d’ouverture

Andy Sturmer et Roger Manning, membres du groupe Jellyfish, participent aux cinq chansons produites par Don Was. Ils composent « I Don’t Believe You » et jouent de la guitare acoustique sur cette piste ; sur les autres titres, ils contribuent principalement aux voix d’accompagnement. La distinction entre auteurs et choristes est essentielle : les quatre autres œuvres de l’équipe Was sont signées par d’autres compositeurs. Bob Clearmountain apporte une autre compétence au premier single, « Weight of the World », dont le mixage est expressément crédité à son nom dans la promotion de 1992. Cette fonction ne doit être confondue ni avec la production de Don Was, ni avec les enregistrements d’Ed Cherney, ni avec le mastering de Doug Sax. L’histoire d’un disque à plusieurs producteurs repose sur ces distinctions au moins autant que sur la liste de ses musiciens célèbres.

Ces nouveaux parcours individuels ne changent ni l’ordre des dix chansons ni le nombre de masters de l’édition standard. Ils constituent un appareil de lecture supplémentaire qui permet de passer du titre à la personne, de la personne au métier, puis de revenir au master commercial. C’est la condition nécessaire pour qu’une encyclopédie accumule des informations sans créer une série de pages concurrentes consacrées au même objet.