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Yellow-Sub.net · 14 mars et 6 août 1982 · Clapton · Entwistle · Walsh · Stainton

Everybody’s In A Hurry But Me : Ringo Starr, Eric Clapton et John Entwistle dans la jam de 1982

Le morceau instrumental de Old Wave : six musiciens identifiés, une improvisation à Tittenhurst Park, des overdubs et une version achevée à Santa Barbara.

Enregistrement et mixage : Jim Nipar et les studios de Old Wave (1982–1983), étude complémentaire des personnels techniques, des prises et des versions.

Une véritable réunion d’instrumentistes, pas un simple générique de pochette

Parmi les collaborations tardives de Ringo Starr, « Everybody’s In A Hurry But Me » est une pièce remarquable parce qu’elle possède un contexte d’enregistrement daté et un personnel peu commun. Eric Clapton et Joe Walsh sont aux guitares, John Entwistle à la basse, Chris Stainton au piano, Ray Cooper aux percussions et Ringo à la batterie. Cette réunion se déroule lors des travaux préparatoires de Old Wave, mais il faut immédiatement distinguer la performance instrumentale du 14 mars 1982 des retouches entreprises au cours des mois suivants.

Le morceau n’est pas une création des Beatles, ni un enregistrement des Who ou des Eagles. Il est publié sous le nom de Ringo Starr, et les crédits d’écriture répartis entre Richard Starkey, Joe Walsh, John Entwistle, Eric Clapton et Chris Stainton rendent compte de la genèse collective. La présence réelle des instrumentistes est attestée par les notices de séance, mais celle-ci ne signifie pas que les musiciens apparaissent sur l’ensemble de l’album, dont les autres chansons emploient des formations très différentes.

14 mars 1982 : le studio Startling à Tittenhurst Park

La jam est enregistrée le dimanche 14 mars 1982 aux studios Startling, aménagés dans la propriété de Tittenhurst Park, à Ascot. Ce lieu est connu pour avoir appartenu à John Lennon avant d’être acquis par Ringo. Il permet au musicien d’enregistrer dans un cadre qui reste associé à l’histoire postérieure des Beatles sans être une dépendance des studios EMI. Le site spécialisé The Beatles Bible consigne la présence des six instrumentistes et rappelle que Pattie Boyd, alors épouse de Clapton, était sur place.

Le fait que Boyd ait assisté à la séance ne doit pas conduire à la créditer comme choriste ou musicienne. C’est une présence de témoin, non une partie sur le master. On ignore, dans les documents accessibles, la disposition exacte des micros, le nombre de prises de répétition conservées et les minutages de toutes les bandes. Les notices évoquent plusieurs essais et une évolution de l’arrangement avant la mise au point d’une base exploitable.

Ringo joue de la batterie : ce que les crédits permettent réellement d’affirmer

Ringo est identifié à la batterie ; c’est l’un des morceaux d’Old Wave où il occupe effectivement son instrument de prédilection. Le crédit doit être conservé en face des pistes sur lesquelles il ne joue que des percussions ou chante, comme « I Keep Forgettin’ » et « She’s About A Mover ». Un index fiable n’applique jamais la mention générale « drums » à tous les titres simplement parce que la vedette est un batteur célèbre.

L’écoute du master peut permettre de décrire la pulsation, le rapport à la basse et les respirations de l’improvisation, mais elle ne suffit pas à reconstituer la position de tous les instruments sur la multipiste. On ne dispose pas ici du registre nominatif des prises rejetées. Une batterie attribuée à Ringo est une donnée de source ; le détail de chaque interruption et relance doit rester une analyse d’écoute plutôt qu’une chronologie imaginée.

Eric Clapton et Joe Walsh : deux guitares distinctes

Les deux guitaristes ne jouent pas sous un nom de formation fictive : Eric Clapton et Joe Walsh sont tous deux explicitement crédités. Walsh est de surcroît le producteur principal de l’album et intervient dans l’écriture de la jam. La relation de production ne doit pas effacer sa présence comme guitariste ni être transférée à Clapton, qui n’est pas présenté comme producteur d’Old Wave.

Des compléments de guitare de Walsh sont signalés après la prise instrumentale de mars. Il faut donc distinguer la bande collective d’origine de l’état sonore publié en 1983. Sans pistes séparées, aucune liste responsable ne saurait assigner une phrase précise à Clapton puis une autre à Walsh à la seule vue des noms sur la pochette. Cette limite constitue un axe de recherche, non une lacune à remplir arbitrairement.

John Entwistle : la basse d’un Who sur un disque de Ringo

L’intervention de John Entwistle représente l’une des rares rencontres documentées entre l’ancien batteur des Beatles et le bassiste des Who dans un master de la discographie personnelle de Starr. Le crédit de basse est explicite, tout comme sa participation au groupe de signataires du morceau. Il serait fautif de traiter cette rencontre comme un enregistrement des Who ou de remplacer Entwistle par Mo Foster, pourtant très présent ailleurs sur l’album.

La ligne de basse joue un rôle structurel dans une improvisation de rock où les guitares occupent une large place. Une analyse musicale peut observer comment le registre grave soutient les changements de motifs ; elle ne peut pas, sans bande ni partition, renseigner le détail de chaque improvisation abandonnée. L’attribution individuelle d’Entwistle reste néanmoins l’un des faits les plus solides du morceau.

Chris Stainton et Ray Cooper : deux rôles indispensables

Chris Stainton est crédité au piano et participe au générique de composition. Son nom est souvent associé au travail avec Joe Cocker et Eric Clapton, mais ici sa fonction est bien identifiée sur le master de Ringo. Ray Cooper apporte les percussions ; il n’est pas un second batteur à la batterie complète. Les confusions entre piano, percussion et batterie tendent à aplatir la complexité de ce genre de séance.

Contrairement à certaines chansons orchestrées d’Old Wave, cette piste s’appuie sur une formation compacte de six personnes, sans section de cuivres nommée dans la notice individuelle. Le caractère collectif se comprend donc à partir des instrumentistes présents plutôt que d’un grand ensemble de choristes. La participation de chacun doit être indexée selon la source de l’enregistrement, non selon les tournées ultérieures auxquelles il a participé.

Le nom de Chris Stainton fait partie des cinq auteurs officiellement mentionnés pour l’œuvre, aux côtés de Ringo Starr, Joe Walsh, Eric Clapton et John Entwistle. Il doit être conservé même si certains relevés abrégés de personnel ne détaillent pas son piano. Ce cas illustre la différence entre un crédit d’auteur, qui décrit la contribution à la création de l’œuvre, et un crédit de musicien, qui concerne l’interprétation enregistrée. Les deux niveaux peuvent se recouper, mais ils ne sont pas interchangeables. L’étude sur Stainton et les claviers d’Old Wave situe cette double attribution dans l’ensemble des séances de 1982.

Ray Cooper, un percussionniste à identifier séparément de Ringo

Ray Cooper est crédité aux percussions sur la prise collective du 14 mars 1982. La distinction avec la batterie de Ringo n’est pas simplement terminologique : dans une sessionographie, elle empêche d’inventer deux batteurs à la batterie complète lorsque les documents décrivent deux fonctions instrumentales différentes. Le même Cooper apparaît, vingt ans plus tard, parmi les percussionnistes du Concert for George, où Ringo assure notamment le chant et la batterie. Cette continuité vérifiable est développée dans son portrait transversal.

6 août 1982 : la finition du master à Santa Barbara

La session ne s’achève pas le 14 mars. Les chronologies de The Beatles Bible signalent des compléments au printemps et pendant l’été, puis fixent au 6 août 1982 l’achèvement du travail au studio Santa Barbara Sound Recording en Californie. Une notice de séance évoque une partie vocale de Ringo enregistrée ce jour-là, alors que la distribution abrégée du morceau le présente surtout comme une improvisation instrumentale.

Cette différence mérite d’être conservée dans les notes : la nature précise des interventions vocales éventuelles et leur présence sur le mix commercial ne doivent pas être exagérées. L’essentiel est la distinction géographique entre base instrumentale en Angleterre et finitions américaines. Ni Clapton ni Entwistle ne doivent être automatiquement placés dans le studio californien en août : la présence de leurs instruments dans le master final ne démontre pas qu’ils ont assisté aux overdubs tardifs.

Un crédit d’écriture collectif qui ne décrit pas une composition traditionnelle

Les cinq noms Starkey, Walsh, Entwistle, Clapton et Stainton apparaissent comme auteurs. Le générique ne détaille cependant pas si les droits ont été répartis entre mélodie, riff, progression harmonique ou montage final de l’improvisation. Ray Cooper est bien crédité comme interprète aux percussions, mais ne figure pas parmi les cinq auteurs dans la notice publiée. On doit respecter cette distinction juridique sans inventer les raisons d’une répartition contractuelle.

Le format du titre, proche d’une jam de studio, fait de l’enregistrement une contribution créative collective. Mais une participation musicale n’entraîne pas automatiquement un crédit de composition : il faut utiliser les mentions de l’édition et, si besoin, les dépôts de droits. C’est un excellent cas d’étude pour le chapitre méthodologique consacré aux collaborations de Ringo.

Pressages et statut du morceau sur Old Wave

La chanson occupe la neuvième position du programme original de dix titres. Les premières éditions documentées sont le LP Bellaphon 260 16 029 paru en Allemagne le 16 juin 1983 et RCA DXL 1-3233 publié au Canada le 24 juin 1983. Le disque n’est pas initialement distribué comme album domestique courant au Royaume-Uni ou aux États-Unis, ce qui explique la faible visibilité historique de cette rencontre pourtant spectaculaire.

Le CD américain The Right Stuff T2-29675 de 1994 propose la chanson au sein de la réédition de l’album, mais sa plage bonus concerne « As Far As We Can Go » et non cette jam. Une réédition seule n’établit pas un nouveau master de « Everybody’s In A Hurry But Me ». Les variantes matérielles doivent être identifiées par matrices et numéros de catalogue avant de parler de prise différente.

Fiche critique et références

Œuvre : « Everybody’s In A Hurry But Me ». Auteurs crédités : Richard Starkey, Joe Walsh, John Entwistle, Eric Clapton et Chris Stainton. Enregistrement de base : 14 mars 1982, Startling Studios, Tittenhurst Park. Finitions : séances complémentaires d’avril et de juillet, puis 6 août 1982 à Santa Barbara Sound Recording. Interprètes documentés : Ringo Starr (batterie), Joe Walsh et Eric Clapton (guitares), John Entwistle (basse), Chris Stainton (piano), Ray Cooper (percussions). Producteur principal du disque : Joe Walsh ; ingénieur : Jim Nipar. Première publication : Old Wave, Allemagne et Canada, juin 1983.

Sources : The Beatles Bible, notice individuelle du morceau et article de séance daté du 6 août 1982 ; JPGR, programme et crédits d’Old Wave ; MusicBrainz, relations de l’édition 1983 ; 45cat, réédition CD de 1994. https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/everybodys-in-a-hurry-but-me/ ; https://www.beatlesbible.com/1982/08/06/recording-everybodys-in-a-hurry-but-me-ringo-starr-2/ ; https://www.jpgr.co.uk/t229675.html ; https://musicbrainz.org/release/3634abfd-ca6d-4fb2-bf83-6d9f404aa561 . Points ouverts : prises de répétition conservées, détail des guitares successives et nature de l’ajout vocal d’août 1982.