Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Musiciens de studio · 1973–1974

Ringo Starr et Chuck Findley : les cuivres de Devil Woman et Snookeroo

Deux albums, deux sessions documentées et deux équipes de cuivres différentes : l’apport du trompettiste Chuck Findley, sans confondre exécution et arrangement.

Le nom de Chuck Findley se trouve à deux reprises dans la discographie des premières années solo de Ringo Starr. En 1973, il participe aux cuivres de « Devil Woman », sur l’album Ringo ; en 1974, il fait partie de la section réunie pour « Snookeroo », sur Goodnight Vienna. Ces deux crédits, parfois noyés dans les listes de personnel des albums, méritent d’être rapprochés. Ils documentent le retour d’un musicien professionnel dans deux productions successives de Richard Perry, mais aussi une modification importante de l’effectif instrumental. L’analyse permet de distinguer les cuivres joués par Findley du travail des arrangeurs qui conçoivent leurs parties.

Dans cette période, les disques de Ringo associent des compositeurs célèbres, des invités venus du cercle des Beatles et des instrumentistes californiens capables de travailler rapidement en studio. Une notice sérieuse ne doit pas confondre ces catégories. Findley n’est crédité ni comme auteur de « Devil Woman » ni comme compositeur de « Snookeroo ». Il participe à l’enregistrement des cuivres de deux chansons, selon les génériques détaillés, mais son rôle ne se transfère pas à l’ensemble des titres enregistrés en 1973 et 1974. Sa notoriété ultérieure comme trompettiste ne suffit pas non plus à identifier avec certitude le registre instrumental exact joué lors de chaque prise.

Chuck Findley : un trompettiste venu des orchestres et des studios de Los Angeles

Charles « Chuck » Findley appartient à la génération des instrumentistes américains pour lesquels la carrière ne se limite ni à un groupe permanent ni à un seul répertoire. Né en Pennsylvanie, il se forme à la musique avant de jouer dans des ensembles de jazz et des orchestres de spectacle. Les années de travail dans les studios de Los Angeles lui apportent une compétence recherchée : lire vite, adapter son phrasé, passer d’un accompagnement discret à une partie énergique de section et dialoguer avec les autres cuivres. Sa carrière inclut des disques de pop, de soul et de jazz, ainsi que des enregistrements pour la télévision.

Cette polyvalence est essentielle pour comprendre sa place chez Ringo. Il ne s’agit pas d’un duo vedette ni d’une collaboration de composition comparable à celles de George Harrison ou de John Lennon. Findley appartient aux équipes de studio dont la contribution peut être limitée à une chanson, tout en influant sur son caractère sonore. Un crédit de section, même lorsqu’il tient en une ligne, doit être traité comme un fait musical distinct : il indique un interprète, un instrument ou une famille instrumentale et un master. Il ne raconte pas forcément le détail du geste artistique ni le temps passé à la séance.

« Devil Woman » (1973) : Findley et Tom Scott dans une section de cuivres réduite

« Devil Woman », cosignée Richard Starkey et Vini Poncia, occupe la neuvième place de l’album Ringo. Son enregistrement est associé à des travaux des 8 mars, 12 mai et 11 juillet 1973. La batterie y est partagée entre Ringo Starr et Jim Keltner, Klaus Voormann tient la basse, Jimmy Calvert joue la guitare, Tom Hensley le piano et Milt Holland les percussions. Les crédits de cuivres nomment Chuck Findley et Tom Scott. Les arrangements de cette section sont attribués à Tom Scott.

La lecture de ces données montre immédiatement pourquoi une histoire centrée sur Findley apporte autre chose qu’une simple énumération des invités de Ringo. Sur ce master, Scott apparaît à la fois comme instrumentiste et comme arrangeur ; Findley est mentionné comme membre des cuivres, non comme arrangeur. Attribuer à Findley l’écriture des parties serait donc injustifié. À l’inverse, parler uniquement de la « section de Tom Scott » sans citer Findley effacerait l’un des musiciens chargés de son exécution. Leurs contributions appartiennent à deux dimensions complémentaires de la production.

Le générique emploie la catégorie générale de cuivres, qui ne détaille pas la ligne précise de chaque instrument dans l’enregistrement. Bien que Findley soit principalement connu pour la trompette et le bugle, ses activités comprennent aussi le trombone. Sans feuille de studio ou partition de séance propre à « Devil Woman », il convient de conserver le libellé attesté plutôt que de déclarer qu’il exécute nécessairement un solo de trompette. Aucun document consulté ne permet d’identifier un tel solo comme une prestation individuelle de Findley sur cette chanson.

La période mars–juillet 1973 décrit les étapes d’élaboration du master, pas la présence quotidienne des instrumentistes. La date exacte d’enregistrement de la section de cuivres devrait être établie par un document plus spécifique. Le dossier peut toutefois relier avec certitude Findley à la version publiée sur Ringo, sans créer de séances fictives lorsque ce master est repris sur des disques ultérieurs.

« Snookeroo » (1974) : une autre section, Elton John au piano

Pour Goodnight Vienna, l’équipe de Richard Perry fait appel à Findley sur « Snookeroo », cinquième chanson du programme original. Cette composition d’Elton John et Bernie Taupin est chantée par Ringo Starr, avec Elton John au piano, Robbie Robertson à la guitare, Klaus Voormann à la basse et James Newton Howard au synthétiseur. La batterie réunit de nouveau Ringo et Jim Keltner. Les crédits des cuivres nomment Bobby Keys, Chuck Findley, Trevor Lawrence et Steve Madaio. L’arrangement de la section est attribué à Trevor Lawrence.

Le changement entre les deux albums est significatif. En 1973, Findley figure avec Tom Scott sur « Devil Woman » ; en 1974, il s’inscrit dans une section plus fournie dirigée par Lawrence pour « Snookeroo ». Il ne s’agit pas d’un effectif identique reconduit d’une séance à l’autre. La stabilité relative du producteur et de certains musiciens ne doit pas masquer le renouvellement des spécialistes recrutés en fonction de la chanson. Les interventions de Bobby Keys et de Steve Madaio demandent elles aussi des attributions individuelles lorsqu’elles sont documentées.

La création de « Snookeroo » appartient à Elton John et Bernie Taupin. Cette donnée concerne l’œuvre, tandis que le piano d’Elton John et les cuivres de Findley concernent la version enregistrée par Ringo. Robbie Robertson est un autre invité identifié au niveau de la piste ; sa guitare ne constitue pas un arrangement de cuivres. Le producteur Richard Perry supervise la réalisation du disque, mais l’écriture des parties de vents est attribuée à Lawrence. Ces fonctions sont liées dans le résultat musical tout en restant distinctes dans la documentation.

Les relations de musiciens associées au master situent les travaux de « Snookeroo » entre juillet et août 1974 à Sunset Sound, Los Angeles. Ce calendrier ne suffit pas à fixer le jour où Findley a enregistré. Il faut donc présenter la période du master comme une borne de recherche, sans transformer une fourchette de dates en agenda personnel du trompettiste. Cette précision évite de fabriquer une session individualisée dont les archives consultées ne donnent pas le détail.

Le point commun : jouer les cuivres n’est pas arranger les cuivres

Le rapprochement de « Devil Woman » et de « Snookeroo » permet de mettre en évidence deux organisations orchestrales distinctes. En 1973, Tom Scott est crédité comme arrangeur des cuivres ; en 1974, ce rôle revient à Trevor Lawrence. Findley est présent dans les deux cas parmi les exécutants. On peut ainsi documenter la continuité d’un instrumentiste sans lui attribuer un rôle de direction ou d’orchestration que les pochettes ne lui donnent pas.

La distinction intéresse aussi la recherche par instrument. Le mot « horn » apparaît fréquemment dans les catalogues anglo-saxons, alors qu’une traduction automatique en « cor » ferait croire à un instrument très particulier, qui n’est pas nécessairement celui enregistré. Dans ce contexte de musique populaire américaine, « horns » désigne généralement une section de vents et de cuivres. Le catalogage français doit privilégier la rubrique « cuivres » lorsque le livret ne spécifie pas trompette, saxophone ou trombone pour chaque participant. Une attribution plus fine ne saurait venir seulement de la carrière générale de l’interprète.

Dans « Snookeroo », Steve Madaio et Trevor Lawrence possèdent une histoire instrumentale propre ; leur présence dans la même liste ne réduit pas Findley à un figurant ni ne démontre qu’il a écrit les contrechants. Chaque participant mérite une mention de crédit avec la qualification exacte. Les pages d’ensemble sur les arrangeurs et celles sur les musiciens individuels doivent rester complémentaires, pour éviter la concurrence SEO entre articles aux contenus redondants.

« Devil Woman » et « Snookeroo » : deux chansons, plusieurs pressages

« Devil Woman » paraît d’abord sur Ringo en novembre 1973 et figure également au verso de certains singles « You’re Sixteen » en 1974. Son passage du LP au 45-tours ne démontre pas une nouvelle intervention de Findley. Le catalogue des pressages peut recenser les pays, les numéros de référence et les dates de diffusion, mais la sessionographie ne doit conserver qu’un seul master, sauf preuve d’une prise, d’un montage ou d’un mixage distinct.

« Snookeroo » apparaît sur Goodnight Vienna à l’automne 1974, puis en single britannique en février 1975, avec « Oo-Wee » en face B. Les crédits de Findley concernent « Snookeroo », non automatiquement « Oo-Wee ». La seconde chanson comporte une autre équipe de cuivres, dont le personnel est établi séparément. L’association des deux titres sur un support commercial ne fusionne ni les séances ni les musiciens. Cette remarque est importante dans les bases de données qui regroupent parfois le personnel d’un disque entier sous un seul titre de publication.

Les rééditions sur CD, les compilations et les versions numériques multiplient les occasions de retrouver la même prestation sans créer de nouvelles collaborations. Le travail encyclopédique consiste donc à rattacher chaque support à son enregistrement d’origine et à indiquer clairement l’année de prise, l’année de parution et l’année de la réédition. Pour Findley, deux titres indépendants restent ainsi documentés à ce stade dans le corpus précis de Ringo Starr.

« Devil Woman » et « Snookeroo » : deux formations à ne pas amalgamer

Le rapprochement de « Devil Woman » et de « Snookeroo » illustre la permanence de Chuck Findley dans le paysage des musiciens de studio de Ringo Starr sans constituer une seule séance prolongée. Le premier titre figure sur l’album Ringo de 1973 et implique une section de cuivres où apparaît également Tom Scott. Le second appartient à Goodnight Vienna, paru en 1974 : le générique fait notamment intervenir Chuck Findley, Bobby Keys, Steve Madaio et Trevor Lawrence, ce dernier étant également désigné comme arrangeur des cuivres. L’identité d’un trompettiste ne suffit donc pas à conclure à la permanence d’un arrangement, d’une formation complète ou d’une méthode de travail.

Sur « Snookeroo », Elton John est crédité au piano et James Newton Howard au synthétiseur, ce qui situe les cuivres de Findley dans un environnement instrumental différent de celui de « Devil Woman ». Le titre a été composé par Elton John et Bernie Taupin ; cette contribution d’auteurs doit être séparée du rôle des interprètes de la session. Les crédits de pupitre n’indiquent pas nécessairement l’instrument exact joué par chaque membre à chaque mesure, et la mention générale « horns » ne peut être convertie sans preuve en attribution d’un solo de trompette.

Pour prolonger cette enquête, les pages consacrées à Tom Scott, Trevor Lawrence et Bobby Keys distinguent les fonctions d’arrangement, de section et de soliste, sans dupliquer la discographie des morceaux.

État de preuve et perspectives de recherche

Les éléments établis sont les suivants : Findley participe aux cuivres de « Devil Woman » sur Ringo et de « Snookeroo » sur Goodnight Vienna ; les arrangeurs de ces sections sont respectivement Tom Scott et Trevor Lawrence. Les crédits de chansons, les auteurs et les périodes de travail sont distingués. En revanche, la documentation consultée ne permet pas d’assigner une date précise de présence à Findley, un instrument de cuivre exact sur chacune des prises ni un solo individuel identifiable dans le mixage.

La précision de ce bilan importe davantage qu’une énumération spectaculaire. Chuck Findley est un musicien dont la discographie générale est considérable, mais cette richesse extérieure ne justifie pas de multiplier ses contributions à Ringo sans générique propre à chaque master. Toute future découverte de feuilles de studio, de multipistes ou d’un témoignage direct sur ces séances pourrait permettre d’enrichir la présente notice. En l’état, elle constitue une synthèse distincte des fiches par chanson : un parcours de musicien entre deux albums, avec des responsabilités instrumentales rigoureusement limitées.

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