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Étude encyclopédique · 1977–1978 · Métiers de studio
Doug Riley et James Newton Howard : les orchestrations de Bad Boy
Deux professionnels associés aux cordes de l’album de 1978, avec des attributions de titres qui appellent une lecture critique des crédits.
Un disque de pop où l’orchestre reste présent
Bien que Bad Boy tranche par son esthétique avec les grands arrangements de Sentimental Journey, l’album de Ringo Starr publié en 1978 ne renonce pas à l’écriture pour orchestre. Les génériques et les inventaires spécialisés citent Doug Riley et James Newton Howard parmi les responsables d’arrangements et de direction de cordes. Leurs contributions s’insèrent dans une production de Vini Poncia où des chœurs, des cuivres et différentes couches de claviers entourent les parties de batterie et la voix principale de Ringo.
Il serait trompeur de décrire cette collaboration comme un enregistrement commun des deux arrangeurs sur toutes les chansons. Les documents ne leur attribuent pas une seule partition collective et certains inventaires se contredisent sur la ventilation par numéro de titre. Une étude commune est donc plus utile qu’une multiplication de biographies isolées : elle examine les fonctions orchestrales, les titres concernés et les limites des preuves disponibles.
Doug Riley : arranger et diriger les cordes
Doug Riley apparaît dans plusieurs crédits de l’album comme arrangeur et chef de cordes. Certaines bases lui attribuent les pistes 5 et 10 du programme original, soit « Where Did Our Love Go » et « A Man Like Me ». Ces numéros constituent des indices de catalogage mais ne doivent pas être considérés, sans confrontation aux éditions et aux données de séance, comme une table définitive couvrant toutes les interventions de l’arrangeur.
La fonction d’arrangeur consiste à transformer la chanson pour les pupitres retenus, en précisant notamment les harmonies, les entrées, les réponses et les mouvements des voix instrumentales. Le chef dirige ensuite les interprètes pendant la prise. Une œuvre d’Holland–Dozier–Holland peut recevoir une nouvelle écriture de cordes sans que Riley devienne coauteur de la chanson. Ces métiers doivent rester identifiés séparément.
James Newton Howard : un autre crédit d’orchestration
James Newton Howard figure également parmi les professionnels chargés de l’orchestration de Bad Boy. Certaines compilations de personnel lui attribuent les pistes 4 et 7, « Heart on My Sleeve » et « Tonight ». D’autres informations discographiques le relient expressément à « A Man Like Me », notamment pour une séance du 8 mars 1978 aux Burbank Studios. Cette discordance est un fait documentaire important : le même nom apparaît dans plusieurs systèmes de description sans qu’une concordance simple puisse être imposée.
La prudence ne revient pas à nier sa présence. Elle consiste à distinguer un crédit certain d’arrangeur du détail encore discutable des pistes sur lesquelles chaque travail de cordes a été fixé. Une édition ou un registre de séance explicite doit primer sur la recopie d’un générique global. En attendant un document supplémentaire, le dossier peut exposer la divergence sans inventer de solution.
« A Man Like Me » : le lien avec Scouse the Mouse
« A Man Like Me » occupe la dixième position de Bad Boy. La chanson est créditée à Ruan O’Lochlainn et possède une histoire liée au projet Scouse the Mouse, où Ringo participe comme interprète. Les métadonnées de session publiées par MusicBrainz associent explicitement le master du 8 mars 1978 aux Burbank Studios et citent James Newton Howard comme orchestrateur. Il s’agit d’une information de piste particulièrement précise qu’il faut conserver, tout en signalant l’existence d’autres distributions d’arrangements trouvées dans les listes générales.
Ce cas permet de comprendre pourquoi les bonus, variantes de mix et réenregistrements d’une même chanson ne peuvent pas être fusionnés. Une interprétation différente doit être identifiée par son master et sa date ; l’appartenance d’une œuvre au dessin animé ou à une bande sonore n’implique pas automatiquement que tous les crédits de ces supports valent pour l’album de 1978.
« Heart on My Sleeve » et « Tonight » : deux répertoires britanniques
« Heart on My Sleeve » vient du duo Gallagher & Lyle et « Tonight » est signé Ian McLagan et John Pidgeon. Les deux chansons sont adaptées par Ringo avec la production de Poncia, puis diffusées sur Bad Boy. Les fonctions de cordes, lorsqu’elles sont créditées à des arrangeurs, appartiennent à la réalisation du phonogramme et ne changent pas l’identité de ces auteurs. Le fait qu’un titre fasse l’objet d’un single ou d’une prestation télévisée peut aussi introduire des versions différentes sans nouvelle séance orchestrale.
Une enquête complète devra comparer les livrets de l’édition britannique Polydor, l’édition américaine Portrait et les rééditions numériques, afin d’identifier les fonctions enregistrées sur chaque master. La comparaison n’est pas une formalité : lorsque deux bases répartissent différemment les arrangeurs, il faut conserver une hiérarchie de preuve plutôt que choisir arbitrairement le tableau qui paraît le plus complet.
Les instruments et la chaîne technique
Les orchestrations de l’album ne se comprennent qu’en relation avec le travail de Bob Schaper à l’enregistrement, les parties de claviers associées à Dr. John ou au nom de pochette « Morris Lane », ainsi qu’avec les guitares et la basse. Les arrangements de cordes doivent s’insérer dans des chansons où Ringo reste au chant et à la batterie. Leur poids peut être variable d’un titre à l’autre, sans que cette variation prouve la présence d’un orchestre différent dans chaque pays mentionné au dossier de production.
La direction d’une séance de cordes est également distincte du mixage : l’ingénieur capte et équilibre les prises, tandis que le responsable de la partition prépare les parties instrumentales. Une description des sons entendus ne permet pas d’attribuer à Doug Riley ou à James Newton Howard le choix d’un traitement de réverbération ou d’un format de mastering.
Des partitions aux éditions : pourquoi la précision importe
Le nom d’un arrangeur peut être repris par des bases de données au niveau de l’album, puis automatiquement distribué à toutes les plages. Dans le cas de Bad Boy, cette pratique serait particulièrement trompeuse, car certaines sources proposent des numéros de piste précis et d’autres une attribution divergente à « A Man Like Me ». L’enjeu n’est pas seulement une question de biographie : ces informations conditionnent les recherches de collectionneurs, les crédits de production et les études sur les collaborations de Ringo.
Les documents utiles seraient les feuilles de session, les partitions conductrices, les notes de bande et les livrets d’origine. Tant qu’ils ne sont pas disponibles dans un format permettant la comparaison, il faut éviter d’ajouter des dates quotidiennes ou des effectifs orchestraux inventés. Le caractère encyclopédique du dossier repose aussi sur l’explicitation des questions non résolues.
Bilan et navigation historique
Doug Riley et James Newton Howard représentent deux contributions orchestrales identifiables autour de Bad Boy, mais la distribution intégrale de leurs arrangements par piste doit encore être arbitrée. Le dossier conserve les informations existantes, souligne la séance documentée de « A Man Like Me » et distingue l’œuvre, la prestation orchestrale et la publication. Il ne transforme pas les données contradictoires en certitudes.
À lire avec l’atlas de Bad Boy, la notice « A Man Like Me », la chronologie des sessions et l’ingénierie de Bob Schaper. Cette étude relève des métiers d’arrangement et non d’une seconde discographie des dix chansons.
Cordes et claviers : l’album Bad Boy entre pop orchestrale et chansons de répertoire
Les arrangements de cordes de Bad Boy prolongent une tradition déjà présente dans la carrière solo de Ringo Starr, mais dans un contexte musical différent de Sentimental Journey. Doug Riley et James Newton Howard apportent leur savoir-faire à un programme enregistré sous la direction de Vini Poncia. Les partitions doivent accompagner une voix au phrasé direct, sans l’écraser sous un habillage symphonique. Elles participent aussi à l’unité d’un disque dont les chansons proviennent de sources variées. « A Man Like Me », associée à l’univers de Scouse the Mouse, n’a pas la même histoire que « Heart on My Sleeve » ou « Tonight », reprises issues d’autres catalogues.
La différence entre arranger, orchestrer et interpréter est essentielle. Une signature d’arrangement indique la responsabilité d’organiser le discours instrumental ; elle ne révèle pas automatiquement les noms de tous les exécutants de l’orchestre. De même, la présence de James Newton Howard dans la documentation ne signifie pas qu’il ait écrit les chansons de Ringo ni supervisé le mixage. Pour chaque piste, il convient de distinguer l’œuvre et ses auteurs, le travail de préparation des cordes, l’exécution des parties et les étapes techniques réalisées par l’équipe de Bob Schaper.
Des partitions qui peuvent varier selon la version
Le 33-tours, les versions destinées au 45-tours et les supports ultérieurs n’offrent pas forcément un document sonore identique. La notice d’un arrangeur doit donc renvoyer à une version précise lorsqu’elle avance un détail de durée ou d’instrumentation. À ce titre, l’étude des cuivres complète celle des cordes, et celle du mastering prolonge la chaîne jusqu’au disque commercial.












