Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Monographie · Guitariste et choriste · 1991–1992

Andrew Gold et Ringo Starr : trois chansons, deux équipes de production

De Golden Blunders aux harmonies d’In a Heartbeat et What Goes Around : une participation qui relie Peter Asher, Don Was et les réseaux pop de Los Angeles.

Un musicien entre deux équipes de production

Andrew Gold occupe une place singulière dans la réalisation de Time Takes Time. Il est crédité pour une intervention instrumentale et vocale sur « Golden Blunders », produit par Peter Asher, et pour des chœurs sur « In a Heartbeat » et « What Goes Around », deux titres produits par Don Was. La présence d’un même musicien à la jonction de ces équipes permet de nuancer l’idée selon laquelle les quatre producteurs de l’album auraient travaillé dans des univers totalement étanches. Les crédits montrent des réseaux qui se recoupent, sans prouver une séance commune à l’ensemble des participants.

Gold possède lui-même une histoire importante dans la pop américaine en tant que chanteur, auteur, guitariste et musicien de studio. Ses succès personnels ne suffisent cependant pas à définir sa collaboration avec Ringo : il faut revenir aux pistes réellement publiées, aux instruments indiqués et aux responsabilités qui lui sont attribuées. Cette monographie ne réécrit pas sa biographie générale ; elle explique sa contribution spécifique à un disque de Ringo et les connexions que ce travail rend visibles.

« Golden Blunders » : guitares et voix avec Peter Asher

La reprise des Posies, signée Jonathan Auer et Kenneth Stringfellow, est enregistrée à Los Angeles en septembre 1991 sous la direction de Peter Asher. Andrew Gold est crédité à la guitare acoustique, à la guitare soliste et aux chœurs. Ringo Starr chante et joue de la batterie, Waddy Wachtel tient une autre guitare, Bob Glaub la basse, Robbie Buchanan les claviers, tandis qu’Asher intervient au tambourin et aux voix. Le rôle de Gold dépasse donc ici celui d’un simple choriste : il participe aussi à l’ossature instrumentale de la version de 1992.

Une étude rigoureuse doit néanmoins distinguer le crédit « guitare soliste » de l’identification détaillée d’un solo à la seconde près. Les différents formats de livret et inventaires peuvent préciser le poste général sans indiquer de feuille de piste. On peut analyser à l’écoute la place des guitares dans l’arrangement ; affirmer le modèle d’instrument ou les réglages de Gold réclamerait des sources de séance indépendantes.

Les enregistrements de septembre 1991

Les séances de « Golden Blunders » se déroulent aux Conway Recording Studios à partir du 9 septembre, avec des ajouts signalés les 11, 12 et 13 septembre. Peter Asher est producteur, Frank Wolf responsable de l’enregistrement et du mixage, Brett Swain et Nathaniel Kunkel assistants à la prise. Ed Cherney apparaît au remix. Andrew Gold est l’un des musiciens, non l’ingénieur du son ; il faut préserver cette différence de métier.

Le travail préparatoire lié à Asher comprend aussi des projets non retenus sur l’édition standard, parmi lesquels « Thank You for Being a Friend », chanson qu’Andrew Gold avait écrite et rendue célèbre dans sa propre carrière. Cette présence dans les inventaires de séances ne signifie pas que le public dispose d’un master commercial de Ringo pour ce titre. La relation entre une composition connue de Gold et le projet de Ringo doit rester présentée comme un élément d’archive et non comme une sortie discographique certaine.

« In a Heartbeat » : la rencontre avec Brian Wilson

Sur « In a Heartbeat », composition de Diane Warren produite par Don Was, Andrew Gold participe aux chœurs. Le morceau rassemble notamment Brian Wilson, Andy Sturmer, Roger Manning et Doug Fieger parmi les voix additionnelles, tandis que Ringo assure le chant principal, la batterie et les percussions. James « Hutch » Hutchinson tient la basse, Michael Landau et Mark Goldenberg les guitares, Benmont Tench l’orgue et l’harmonium, Jamie Muhoberac et Robbie Buchanan les claviers. La contribution de Gold est ainsi clairement différente de celle qu’il apporte à « Golden Blunders ».

Le caractère collectif de cette réalisation est particulièrement riche pour l’histoire des réseaux musicaux : la voix d’un membre des Beach Boys se combine avec celle d’un ancien Beatle, accompagnées par des auteurs et musiciens venus de plusieurs générations de pop américaine. Cette réunion de crédits ne prouve toutefois pas que tous aient chanté ensemble dans le studio. Pour documenter l’ordre des overdubs vocaux, il faudrait disposer de témoignages ou de feuilles de prise. La liste de personnel ne se convertit pas automatiquement en scène de rencontre.

« What Goes Around » : des chœurs au service du dernier titre

Le dernier titre de Time Takes Time, « What Goes Around », est composé par Rick Suchow et produit par Don Was. Andrew Gold y est crédité dans les chœurs avec Andy Sturmer et Roger Manning. Les instruments comprennent la basse de Hutchinson, les claviers de Benmont Tench et les guitares de Michael Landau et David Grissom. Ringo garde le premier rôle au chant et à la batterie. On retrouve donc une partie de l’équipe Don Was, mais l’attribution de Gold demeure vocale sur ce master.

La continuité du nom de Gold entre les plages 4, 9 et 10 ne doit pas masquer la variation de ses fonctions. La première contient des guitares et des chœurs ; les deux suivantes présentent surtout des participations vocales. C’est la raison pour laquelle les listes générales de personnel, qui additionnent « guitare » et « voix » sous un même nom, doivent impérativement être ventilées par numéro de titre pour devenir de véritables données encyclopédiques.

Des répertoires et des générations qui se croisent

Une collaboration peut prendre la forme d’un morceau composé spécialement, d’une reprise choisie par un producteur, d’une participation instrumentale ou d’une contribution chorale. Les trois masters sur lesquels figure Gold réunissent ces situations sans les confondre. « Golden Blunders » vient des Posies ; « In a Heartbeat » est écrite par Diane Warren ; « What Goes Around » est signée Rick Suchow. Gold n’en est pas l’auteur sous prétexte qu’il y participe, et son rôle varie selon les enregistrements.

Cette distinction est précieuse pour comprendre comment Ringo a prolongé son activité artistique en collaborant avec des professionnels issus de la pop californienne. Le musicien n’est pas seulement entouré d’amis célèbres ; il fait appel à des artistes ayant des compétences de studio et des parcours complémentaires. Une encyclopédie peut décrire ces circulations sans transformer des affinités musicales en témoignages imaginaires d’amitié personnelle.

Les limites des preuves : éditions, masters et souvenirs

Le catalogue de Time Takes Time comprend des variations de pressages et quelques titres hors programme, mais il ne faut pas confondre une nouvelle édition avec une nouvelle prestation d’Andrew Gold. Pour établir une collaboration supplémentaire, il faudrait identifier une version distincte et disposer du crédit correspondant. La méthode rigoureuse consiste à travailler de l’édition d’origine vers les rééditions, non à reconstituer les enregistrements à partir de compilations de noms.

La même réserve s’applique aux récits de studios. On sait quelles plages créditent Gold, quels rôles lui sont attribués et quels producteurs dirigent les chansons. On ne peut pas déduire du seul disque à quelle heure il a enregistré ses voix, comment le musicien a été recruté ni quels échanges précis l’ont lié à Ringo. Reconnaître cette limite n’empêche pas une analyse musicale étoffée ; cela permet simplement de distinguer le document de l’interprétation.

Bilan et navigation entre les collaborateurs

Andrew Gold apparaît comme un passeur entre deux ateliers de Time Takes Time : celui de Peter Asher, où il joue aussi de la guitare, et celui de Don Was, où ses chœurs contribuent à la densité harmonique de deux chansons. Ce parcours de trois masters représente une histoire plus précise et plus intéressante qu’une simple mention « musicien invité sur l’album ». Il relie des répertoires d’origines diverses, des instrumentistes de studio et une esthétique de pop vocalement élaborée.

À lire pour approfondir : Peter Asher et « Golden Blunders », Frank Wolf et l’enregistrement, Don Was et les métiers du studio de 1980 à 1999. La présente monographie porte sur Gold, tandis que les autres suivent la chanson, l’ingénieur et la production.

Andrew Gold et trois façons d’apporter sa voix ou sa guitare

Dans Time Takes Time, Andrew Gold apparaît dans des contextes de production distincts. « Golden Blunders », enregistré sous la direction de Peter Asher, est une chanson de Jonathan Auer et Kenneth Stringfellow, membres des Posies. « In a Heartbeat », composée par Diane Warren, et « What Goes Around », signée Rick Suchow, appartiennent au groupe des cinq productions de Don Was. La présence de Gold sur ces trois titres ne représente donc pas un contrat unique avec un producteur ni une participation à l’écriture des chansons. Elle témoigne au contraire de sa souplesse comme instrumentiste et chanteur de studio.

La première de ces rencontres associe les guitares et les voix de Gold à une reprise puisée dans la pop américaine alors récente. Sur les deux autres, son apport s’insère dans une équipe différente : la guitare de Michael Landau est présente, et le dernier titre bénéficie d’un dispositif de chœurs particulièrement fourni. Dans ce cadre, affirmer qu’Andrew Gold aurait « dirigé » les voix ou créé seul l’arrangement réclamerait une preuve qui ne découle pas de son simple crédit de choriste. La diversité de ses contributions constitue précisément l’intérêt de cette monographie.

Une mémoire discographique à plusieurs entrées

Chaque chanson possède son auteur, son producteur, ses musiciens et sa version commercialisée. L’organisation par fonctions permet de comparer la direction de Peter Asher, les interventions de Michael Landau et celles de Don Was sans multiplier les fiches consacrées au même disque.