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2019 : la séquence Boys, Don’t Pass Me By, Yellow Submarine
Cette étude approfondit le déroulement musical de Le Greek Theatre le 1er septembre 2019 dans le cadre de l’encyclopédie de Ringo Starr et son All-Starr Band. Elle sépare la preuve d’une interprétation, le crédit de l’œuvre et les décisions de montage discographique.
Ce que l’archive de concert établit
Trois chansons chantées par Ringo se suivent entre Down Under et Cut the Cake. Ce renseignement provient d’une liste publique attribuée au spectacle concerné. Sa précision est importante parce que la formule du All-Starr Band ne fonctionne pas comme le concert d’un chanteur accompagné par des anonymes : les personnalités se succèdent au premier plan, tandis que leurs partenaires assurent l’accompagnement des œuvres des autres. La relation entre le titre, l’artiste qui le présente et sa position dans le programme constitue donc une information de recherche à part entière.
Un répertoire distribué entre plusieurs carrières
La distribution régulière de la période associe Hamish Stuart, Colin Hay, Gregg Rolie, Steve Lukather, Warren Ham et Gregg Bissonette. Elle croise les souvenirs des Beatles et les succès que plusieurs instrumentistes ont contribué à créer ou à populariser. La place accordée à cette séquence témoigne de la construction d’un programme collectif plutôt que d’une simple compilation de tubes. L’historien doit cependant distinguer le musicien qui chante lors de cette tournée de l’interprète de la toute première version enregistrée, ainsi que du compositeur éventuellement différent.
Œuvre originale, exécution et support
Boys vient des Shirelles, Don’t Pass Me By est signée Starkey et Yellow Submarine porte le crédit Lennon–McCartney. Il faut donc décrire au minimum trois niveaux : l’œuvre musicale sous son crédit réel, les bandes historiques qui l’ont fait connaître, et la performance effectuée dans la formation de Ringo. Les instrumentistes du concert ne remplacent pas rétroactivement ceux des studios où la chanson a été conçue ; à l’inverse, les musiciens de la prise ancienne ne peuvent être affichés comme présents sur la scène actuelle. Cette séparation reste valable lorsqu’un musicien a participé à deux époques.
La limite documentaire des setlists
Une liste de chansons permet d’établir un ordre de morceaux rapporté par son auteur, mais elle ne donne pas nécessairement toutes les introductions parlées, les durées, les reprises improvisées et les transitions instrumentales. Lorsqu’un intitulé représente un medley ou un fragment, il convient de noter à la fois le nombre de séquences scéniques et le nombre d’œuvres qu’elles contiennent. Une absence sur un relevé incomplet n’est pas non plus une preuve d’absence sur scène. L’approche encyclopédique conserve ces degrés de certitude.
Pour les collectionneurs et le maillage des concerts
Les éléments de collection attendus comprennent les billets datés, les affiches imprimées, les programmes de salle, les photographies correctement légendées et les enregistrements officiellement commercialisés lorsqu’ils existent. Une captation amateur, même complète, doit rester identifiée comme telle, sans recevoir une référence de catalogue inventée. Pour un inventaire chronologique sérieux, les éventuelles rééditions et variantes de support sont rattachées à la performance de départ et non confondues avec une nouvelle représentation. Les notices du dossier permettent de retrouver les salles et les années correspondantes.
Boys : une reprise des Shirelles devenue l’un des chants de Ringo
Boys est une chanson enregistrée par les Shirelles avant les Beatles, qui la placent sur Please Please Me en 1963 avec Ringo au chant. Sa présence au concert de 2019 conserve la mémoire de cette époque tout en rappelant l’origine américaine de l’œuvre. La voix associée à la version des Beatles appartient au même musicien, mais l’orchestre qui l’accompagne est celui de la quatorzième formation All-Starr.
Il serait donc incorrect d’inscrire Boys parmi les compositions de Ringo ou de la présenter comme une chanson écrite par Lennon et McCartney. Le spectacle célèbre une interprétation rendue célèbre par les Beatles, non une propriété exclusive du groupe de Liverpool.
Don’t Pass Me By : la composition personnelle sur le disque blanc
Don’t Pass Me By est une chanson écrite par Ringo et publiée avec les Beatles sur l’album double de 1968. Elle possède un statut très différent de Boys : l’interprète en est également le compositeur. Lors du concert du Greek Theatre en 2019, elle suit Boys dans le programme, puis prépare Yellow Submarine. Trois œuvres chantées par Ringo avec les Beatles sont ainsi rapprochées malgré des histoires d’écriture distinctes.
La version de 2019 ne doit pas être assimilée à l’enregistrement de 1968. Les musiciens et l’instrumentation ont changé. La chanson demeure toutefois un jalon dans l’histoire de Ringo auteur, trop souvent réduite aux morceaux interprétés par lui mais composés par ses partenaires.
Yellow Submarine : un troisième statut d’œuvre
Yellow Submarine est une composition Lennon–McCartney publiée en 1966, associée au chant de Ringo et devenue l’un des refrains les plus reconnaissables du groupe. Dans le programme du Greek Theatre, elle conclut cette séquence de trois chansons avant que Hamish Stuart prenne le relais avec Cut the Cake. Le passage permet au public de retrouver Ringo dans son identité Beatles, sans transformer l’intégralité du concert en hommage à cette période.
Le triptyque Boys, Don’t Pass Me By, Yellow Submarine représente trois provenances : une reprise américaine, une composition de Ringo et une chanson Lennon–McCartney. Les réunir dans une étude permet de comprendre les différences de crédits tout en expliquant leur fonction commune dans la représentation de 2019.
Repères de classement
Les dates de concerts, les formations, les chansons interprétées et leurs éditions sont des catégories distinctes ; chaque performance doit rester associée à sa propre date.
Trois statuts d’œuvres derrière la même voix
Boys est une composition de Luther Dixon et Wes Farrell, enregistrée par les Shirelles avant l’interprétation des Beatles avec Ringo. Don’t Pass Me By est, au contraire, une composition de Richard Starkey sortie sur l’Album blanc en 1968. Yellow Submarine est créditée à Lennon–McCartney et publiée sur Revolver en 1966. La succession de ces titres raconte trois fonctions musicales d’un même chanteur : repreneur, auteur et interprète d’une œuvre écrite par ses partenaires.
L’arrangement de concert raconte autre chose que le studio
La section rythmique moderne permet à Ringo de se présenter davantage au micro pendant que Gregg Bissonette maintient le groupe en place. Ce fonctionnement pratique n’autorise pourtant pas à créditer Bissonette d’une partie précise pour chacune des trois chansons sans visionnage synchronisé. Une photographie isolée d’une batterie n’est pas une preuve de son rôle dans un passage déterminé.
À rapprocher de Don’t Pass Me By — la première composition de Ringo, des Beatles au Ryman pour distinguer l’œuvre et l’interprétation de cette formation. la tournée de 2019.












