Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

All-Starr Band › 2012–2017 › Analyse historique

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2012 : la douzième formation de Ringo Starr, de Matchbox à Africa et Broken Wings

En juin 2012, une nouvelle équipe installe une formule appelée à durer : Toto, Santana, Mr. Mister et Todd Rundgren entrent dans le même concert.

Une nouvelle ossature de tournée

Le 14 juin 2012 débute à Niagara Falls une nouvelle étape de l’histoire du All-Starr Band. La douzième formation réunit Ringo, Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page, Mark Rivera et Gregg Bissonette. Warren Ham lui succédera au cours du cycle 2012–2017. Vingt-six concerts sont documentés pour la première année, jusqu’au Greek Theatre de Los Angeles le 21 juillet.

La longévité de cette équipe jusqu’en 2017 en fera l’une des formations les plus importantes de l’histoire du groupe. Néanmoins, il faut distinguer le noyau stable de la liste globale des musiciens ayant participé au cours des six années.

Une ouverture qui raconte trois âges de Ringo

Le programme-type commence par Matchbox, It Don’t Come Easy et Wings. Matchbox renvoie à Carl Perkins et à la version des Beatles avec Ringo ; It Don’t Come Easy à ses succès solo du début des années 1970 ; Wings à une chanson de Ringo publiée d’abord en 1977, puis retravaillée sur l’album Ringo 2012.

Cette succession montre que les concerts ne reposent pas seulement sur les succès du groupe des Beatles. Ils embrassent différentes phases de la trajectoire personnelle de Starr, y compris une relecture contemporaine de sa propre discographie.

Steve Lukather : trois visages de Toto

Rosanna, Africa et Hold the Line mettent en avant Steve Lukather. Ces œuvres viennent des disques de Toto mais leurs auteurs ne se confondent pas : David Paich et Jeff Porcaro sont associés à certaines compositions, et Africa est signée Paich et Porcaro. Lukather incarne une continuité instrumentale avec le groupe d’origine sans être automatiquement l’unique auteur de chacune des chansons.

Rosanna et Africa sont présentes dans le programme de 2012 à des positions différentes, séparées par de nombreux numéros. Le spectacle ne transforme donc pas le All-Starr Band en séquence consacrée exclusivement à Toto.

Gregg Rolie et Santana

Evil Ways, Black Magic Woman / Gypsy Queen et Everybody’s Everything rappellent Gregg Rolie et ses années avec Santana. Evil Ways a été popularisée par Santana, après une version antérieure de Willie Bobo ; Black Magic Woman a été écrite par Peter Green et d’abord enregistrée par Fleetwood Mac ; Gypsy Queen est une œuvre de Gábor Szabó.

Le medley Black Magic Woman / Gypsy Queen est une démonstration de la nécessité de compter deux compositions au sein d’un même numéro. Le crédit d’interprète de Rolie sur scène ne modifie pas les auteurs historiques.

Todd Rundgren et Richard Page, deux contrepoints

Hello It’s Me, Bang the Drum All Day et I Saw the Light permettent à Todd Rundgren de représenter ses nombreuses orientations pop et rock. Richard Page assure la basse et chante Kyrie, You Are Mine et Broken Wings, dont une partie renvoie à son histoire avec Mr. Mister.

Ces passages complètent une formation capable de faire tenir rock, ballade, soul latine et refrains de stadium rock dans une même soirée. Les chansons de Ringo servent de fil narratif, tandis que les autres voix composent une véritable histoire transversale de la musique populaire.

Niagara Falls, 14 et 15 juin : une nouvelle formule entre en scène

Le lancement du 14 juin 2012 se déroule à l’Avalon Theatre, à l’intérieur du Fallsview Casino Resort de Niagara Falls, dans l’Ontario canadien. Un deuxième concert s’y tient le 15 juin. Il faut donc distinguer les deux représentations, même si l’ouverture d’une tournée conduit souvent les chronologies abrégées à les regrouper. Leur voisinage est important : l’ensemble ne découvre pas son répertoire devant le public pour une seule soirée, mais revient dès le lendemain dans le même théâtre.

Les pages Niagara Falls, 14 juin 2012 et Niagara Falls, 15 juin 2012 conservent les informations propres à chaque date. Une variante d’interprétation, un rappel ou une intervention d’invité ne peut être reporté de l’une à l’autre par simple analogie. La période s’achève le 21 juillet au Greek Theatre de Los Angeles : les vingt-six concerts recensés forment une tournée relativement courte, mais décisive dans la stabilisation d’une nouvelle identité musicale.

Sept partenaires et une précision sur les crédits

La formation ordinaire du lancement est identifiée par les noms de Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page, Mark Rivera et Gregg Bissonette aux côtés de Ringo Starr. Les listes rétrospectives couvrant la totalité de la période 2012–2017 citent également Warren Ham, qui succède à Rivera à partir de 2014. Certains relevés englobant l’ensemble de cette douzième génération mentionnent cependant les deux multi-instrumentistes sans distinguer les années : les employer comme une feuille de présence pour le 14 juin 2012 serait une erreur de méthode.

Il ne faut pas, pour autant, réduire les deux batteurs à des rôles indistincts. Gregg Bissonette maintient le socle rythmique lorsque Ringo chante en avant-scène ; Ringo retrouve ensuite sa batterie sur certaines chansons. La répartition exacte des frappes, contretemps et interventions de percussion dépend des morceaux et doit être analysée à partir d’une captation. La place de Rivera est tout aussi structurante : ses cuivres et ses interventions d’accompagnement permettent à un groupe de sept personnes de faire coexister des arrangements créés à l’origine pour des formations très différentes.

Ringo 2012 : pourquoi Wings et Anthem changent la physionomie de la tournée

La présence de Wings et Anthem relie la scène de 2012 à un disque contemporain et rappelle que le All-Starr Band n’est pas seulement une collection de tubes anciens. Wings renvoie d’abord à une composition enregistrée pour Ringo the 4th en 1977, puis retravaillée trente-cinq ans plus tard. Le public entend ainsi une chanson qui possède deux périodes d’enregistrement, deux esthétiques de production et une troisième vie sur scène. Le traitement du morceau ne doit pas faire croire que la version ancienne et celle de 2012 ont exactement les mêmes crédits ou le même arrangement.

Anthem, écrit avec Glen Ballard pour Ringo 2012, appartient au contraire à la création récente. Dans un même programme, ces deux œuvres dessinent une trajectoire allant de la fin des années 1970 au nouvel album. On trouvera les analyses croisées dans Wings : deux enregistrements et Anthem : l’album et le concert. La chronologie des parutions ne doit jamais être remplacée par celle des concerts.

Toto, Santana et Mr. Mister : la transmission de trois répertoires

La diversité de cette formation ne s’explique pas uniquement par sa célébrité collective. Steve Lukather apporte Rosanna, Africa et Hold the Line : trois titres de Toto, mais trois histoires d’écriture et de studio qu’il faut étudier séparément. Gregg Rolie apporte des œuvres popularisées par Santana, notamment Evil Ways et Black Magic Woman. Pour cette dernière, l’association à Gypsy Queen produit une séquence de scène réunissant deux compositions distinctes. Richard Page apporte les grandes chansons de Mr. Mister ; Todd Rundgren, enfin, joue dans une autre tradition de pop sophistiquée, allant de Nazz à sa carrière solo.

Chaque invité demeure aussi membre de l’orchestre de ses partenaires. Lukather accompagne le chant de Ringo, Page soutient les passages de Rolie, et Bissonette conserve le fil rythmique lorsque la musique change de décennie. Le principe esthétique du All-Starr Band se révèle ici plus clairement que dans un inventaire de noms : le groupe transforme plusieurs répertoires individuels en une expérience collective, sans effacer les œuvres originales. Le lecteur peut croiser Africa, Black Magic Woman / Gypsy Queen et Broken Wings.

Pour les collectionneurs : distinguer tournée, film et édition commerciale

Le fait qu’une formation ait joué en 2012 n’établit pas qu’un disque officiellement publié restitue intégralement ses vingt-six soirées. Un film de concert, une captation amateure, un disque souvenir, une bande radio et une édition commerciale possèdent des provenances différentes. Le Ringo at the Ryman, lié au concert anniversaire du 7 juillet, constitue un dossier spécifique au sein de cette tournée. Sa liste de pistes et ses éventuels bonus ne doivent pas servir de substitut aux programmes des concerts de juin ou de juillet.

L’encyclopédie conserve donc trois entrées documentaires distinctes : la performance du 7 juillet, le montage audiovisuel qui en est tiré et les objets physiques diffusés ultérieurement. La notice Ringo at the Ryman : concert et DVD permet de reconstruire cette filiation sans attribuer aux autres étapes des images ou chansons qui ne leur appartiennent pas.

Méthode de classement

Dates et répertoires historiques documentés. Les œuvres sont distinguées des enregistrements originaux, des interprétations et des montages commercialisés.

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