Dossier historique · Yellow-Sub.net · Octobre 2026
Sommaire
La onzième formation du All-Starr Band : les sept musiciens et le programme de 2010–2011
Une analyse transversale des voix, guitares, claviers, basses, compositions originales et reprises du All-Starr Band de 2010–2011, destinée à remettre chaque chanson entre les mains de son auteur et de son interprète.
Le principe musical du All-Starr Band
Depuis 1989, Ringo Starr préfère la logique de la troupe à celle d’un ensemble de musiciens anonymes. Chaque All-Starr apporte un répertoire propre et devient tour à tour chanteur principal et accompagnateur. En 2010 et 2011, cette formule est particulièrement lisible grâce à une équipe resserrée de sept personnes et à une succession de succès connus des années 1960 aux années 1980.
On retrouve Ringo Starr, Wally Palmar des Romantics, Rick Derringer des McCoys et de la scène rock américaine, Edgar Winter, Gary Wright de Spooky Tooth et de sa carrière solo, Richard Page de Mr. Mister, et Gregg Bissonette. Le septième nom compte autant que les autres : le batteur accompagne les chanteurs invités et renforce l’énergie de l’ensemble.
Ringo : trois périodes de sa carrière
Le répertoire de Ringo combine des succès solo historiques — It Don’t Come Easy, Photograph, Back Off Boogaloo —, des chansons qu’il a chantées avec les Beatles — Boys, I Wanna Be Your Man, Yellow Submarine, With a Little Help from My Friends — et des œuvres contemporaines de ses albums Choose Love et Y Not.
La présence de The Other Side of Liverpool et de Peace Dream est importante : ces chansons ont été publiées en 2010 et permettent à Ringo de ne pas être réduit à son propre passé. Dans les crédits, Peace Dream relie même le disque studio aux autres All-Starrs grâce à Gary Wright et Edgar Winter. La basse de Paul McCartney relève toutefois de la séance de studio, non de la distribution régulière de scène.
Rick Derringer, l’histoire des McCoys et de Johnny Winter
Rick Derringer chante My Girl Sloopy, version issue de la tradition des Vibrations et de son succès avec les McCoys sous le titre Hang On Sloopy. Il présente aussi Rock and Roll, Hoochie Koo, qu’il a écrit et d’abord enregistré dans l’univers Johnny Winter And avant de l’imposer en solo.
Ce binôme raconte à lui seul le passage du rhythm and blues repris par les groupes de garage au hard rock américain des années 1970. Un bon catalogue doit éviter deux erreurs : faire de Derringer l’auteur de Hang On Sloopy, ou oublier que Hoochie Koo existait avant son enregistrement d’All American Boy.
Edgar Winter et Gary Wright : virtuosité et mélodie
Edgar Winter apporte Free Ride et Frankenstein, deux chansons liées au Edgar Winter Group. Frankenstein, instrumental qui met les claviers et les démonstrations instrumentales au premier plan, produit un effet théâtral très différent des couplets chantés de ses partenaires.
Gary Wright présente Dream Weaver et Love Is Alive. Ces titres issus de sa carrière solo racontent l’essor d’une écriture fondée sur les claviers et sur des climats harmoniques reconnaissables. Leur place à côté de morceaux très guitaristiques rappelle la diversité des esthétiques que le All-Starr Band doit réunir sans perdre l’unité du spectacle.
Wally Palmar, Richard Page : deux visages de la pop des années 1980
Wally Palmar propose Talking in Your Sleep et What I Like About You. Le second titre a été principalement chanté sur le disque d’origine par le batteur Jimmy Marinos : la version All-Starr de Wally est une nouvelle exécution d’un morceau auquel il a participé en tant que coauteur.
Richard Page apporte Kyrie et Broken Wings de Mr. Mister. Ces deux chansons, écrites avec Steve George et John Lang, ont atteint la première place des ventes américaines. Page occupe par ailleurs le poste de bassiste permanent de la formation, une contribution musicale que l’attention portée à ses deux grands tubes ne doit pas faire oublier.
Gregg Bissonette et l’équilibre de l’ensemble
Gregg Bissonette joue de la batterie, ce qui permet à Ringo de se lever, de chanter et d’assurer une présence au centre de la scène sans interrompre la pulsation. Sa fonction est donc structurelle. Parler d’un second batteur qui ferait simplement doublon reviendrait à méconnaître la construction même des spectacles All-Starr.
La présence de deux batteries rend possible une alternance souple des rôles. Cependant, l’attribution précise d’un roulement, d’une cymbale ou d’un solo dans une exécution particulière nécessite une vidéo datée ou une documentation spécialisée. Une liste de membres n’a pas la valeur d’une transcription instrumentale.
Les 22 entrées du programme type
Les principaux relevés recensent habituellement une vingtaine de titres, parfois autour de vingt-deux, avec une répartition entre les chansons de Ringo et celles de ses six partenaires. Il faut distinguer les morceaux musicaux des annonces, reprises partielles et rappels : le décompte peut varier selon les sources.
Le programme s’ouvre fréquemment sur It Don’t Come Easy, puis organise une alternance régulière. Les chansons personnelles de Ringo maintiennent la cohésion, et les grands succès des invités deviennent des scènes à l’intérieur de la scène. Un festival comme Bospop en juillet 2011 montre qu’un set abrégé peut modifier cet équilibre : la setlist type ne vaut pas preuve d’un programme immuable.
Le rôle du catalogue dans l’encyclopédie
Chaque chanson du dossier doit être décrite à quatre niveaux : œuvre et auteurs, premier enregistrement, autres enregistrements remarquables, interprétations scéniques datées. Le classement des concerts n’est qu’une couche documentaire ; il ne remplace ni les pochettes ni les crédits figurant sur les disques.
En distinguant les versions, les auteurs et les artistes en tournée, cette méthode évite les contradictions. Elle permet aussi de relier What I Like About You au premier album des Romantics, Broken Wings à Mr. Mister, My Girl Sloopy aux Vibrations et aux McCoys, et Peace Dream aux séances de Y Not sans multiplier les œuvres artificiellement.
Sources et documentation
Les archives de concert, la presse contemporaine et les crédits des enregistrements sont confrontés afin de distinguer la date de représentation, les musiciens et les œuvres jouées. Les setlists ne remplacent pas la preuve d’une édition discographique.
À lire également
Une analyse complémentaire replace ce musicien, cette tournée et ces chansons dans leur contexte : Étude comparative 2006–2011.












