Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · 1975 · COMPOSITION, CRÉDITS ET DISCOGRAPHIE

Medicine Jar : histoire, auteur, versions et analyse musicale

Auteur : Jimmy McCulloch et Colin Allen. Publication : album Venus and Mars, 30 mai 1975. Les distinctions entre l’enregistrement original, la publication et les rééditions sont conservées.

Une chanson de Jimmy McCulloch constitue une pièce indispensable dans l’encyclopédie Wings : elle prouve que l’écriture du groupe ne repose pas sur une seule personnalité. Coécrite avec Colin Allen, « Medicine Jar » offre en 1975 une voix rock plus âpre, avec un message de mise en garde contre les drogues. Son histoire exige surtout de séparer la biographie ultérieure de Jimmy de l’analyse du disque telle qu’il existe au moment de sa sortie.

Les auteurs : Jimmy McCulloch et Colin Allen

Le catalogue officiel MPL attribue sans ambiguïté la neuvième plage de Venus and Mars à Jimmy McCulloch et Colin Allen, ancien batteur de Stone the Crows. La chanson n’est donc pas écrite par Paul McCartney, même si Paul produit le disque et participe au master. Pour saisir l’identité d’un groupe, ces différences doivent figurer en bonne place dans les notices de chansons et les discographies.

McCulloch, alors guitariste de Wings, assure le chant principal. Ce changement de voix transforme immédiatement le son du morceau. Denny Laine et Linda McCartney contribuent aux chœurs, et Paul McCartney intervient à la basse et sur plusieurs autres parties selon la sessionographie. L’ensemble montre un groupe qui accepte de laisser un musicien exposer son propre univers créatif.

11 et 13 novembre 1974 : la prise de base à Abbey Road

Les travaux de session du Paul McCartney Project documentent un travail sur « Medicine Jar » dès le 11 novembre 1974, puis une séance le 13 novembre dans les studios EMI d’Abbey Road. Le personnel de la prise commerciale comprend Geoff Britton à la batterie, contrairement à ce qu’une lecture trop rapide de la formation de 1975 pourrait suggérer.

Le dossier doit donc distinguer les crédits du LP, qui met en avant Joe English dans la formation définitive, des crédits de la plage. Britton est précisément l’un des batteurs souvent oubliés de Wings. L’évolution de l’effectif entre l’automne 1974 et le printemps 1975 explique pourquoi sa présence demeure audible sur certains masters sans correspondre au groupe photographié pour la tournée.

La Nouvelle-Orléans et Los Angeles : les overdubs de 1975

Les recherches de Luca Perasi situent des interventions supplémentaires les 3 et 6 février 1975 au Sea-Saint Recording Studio de La Nouvelle-Orléans, puis le 2 mars aux studios Wally Heider de Los Angeles. Le mixage est daté du 22 mars 1975. La chanson n’est donc pas un enregistrement unique réalisé de bout en bout au même endroit.

Le travail à plusieurs étapes permet d’affiner les guitares, les voix et les claviers sans perdre la force de la prise originale. La présence de Joe English parmi les chœurs sur la sessionographie ne doit pas effacer le fait que Geoff Britton est crédité à la batterie du master. Chaque piste appelle une liste de contributions individualisée plutôt qu’un générique uniforme.

Un rock nerveux au message d’avertissement

Musicalement, « Medicine Jar » se distingue par une attaque rock directe, une guitare électrique affirmée et une ligne vocale plus rude que celle de Paul McCartney sur les ballades du même album. Le refrain agit comme un avertissement répété, et la densité du jeu collectif renforce le sentiment d’urgence.

McCartney a expliqué en 1988 que Jimmy souhaitait écrire une chanson contre les drogues. Il interprète rétrospectivement ce message à la lumière de la mort ultérieure de McCulloch. Il s’agit d’un témoignage personnel tardif : on peut l’utiliser pour comprendre comment Paul a relu la chanson, mais non prétendre que les paroles ont été conçues comme une prophétie. Une lecture encyclopédique doit respecter l’œuvre de 1975 sans réduire le compositeur à son décès.

La place de Medicine Jar sur Venus and Mars

Le titre apparaît après « Spirits of Ancient Egypt », chanté par Denny Laine, et avant « Call Me Back Again », où Paul adopte un registre vocal proche de la soul. Cet emplacement met en valeur les trois voix et les personnalités de la formation. La variété de l’album ne tient donc pas seulement à la juxtaposition de styles musicaux, mais aussi au partage d’interprétation entre plusieurs Wings.

Le master original dure environ trois minutes trente-huit selon les recherches de session, tandis que certaines éditions et remasters peuvent afficher une durée légèrement différente. Les numéros de pistes et de faces physiques doivent être contrôlés sur les éditions initiales ; les bonus de 2014 appartiennent à une chronologie de publication distincte.

La scène et Wings Over America

« Medicine Jar » passe sur scène pendant la tournée mondiale de 1975–1976. Le Paul McCartney Project identifie notamment une version donnée à Cincinnati le 27 mai 1976 pour le catalogue live. La version de concert montre comment la chanson de McCulloch existe hors du cadre de studio et devient un véritable morceau de répertoire.

Ce point est important pour la manière de présenter les Wings. L’album live ne constitue pas seulement un grand spectacle interprétant des chansons de Paul : il permet d’entendre aussi un compositeur et guitariste du groupe défendre une œuvre propre devant un vaste public. L’enregistrement scénique, son éventuel montage et son master de LP doivent être référencés indépendamment du studio.

Notes de discographie et de méthode

Les personnels des prises sont identifiés lorsque les documents et les recherches de session permettent de les établir. Une différence entre les crédits généraux d’un album et ceux d’une piste est conservée, et une chanson interprétée en concert peut posséder des musiciens différents de ceux du master original. Les variantes des éditions nationales, numéros de matrice et travaux de remasterisation feront l’objet de vérifications indépendantes.

Lire une autre chanson des Wings