Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · ÉTUDE D’UNE CHANSON · 1976

Let ‘Em In (1976) : composition, sessions, interprétation et analyse

Œuvre : « Let ‘Em In ». Auteurs : Paul McCartney. Première parution : album Wings at the Speed of Sound (1976), puis single du 23 juillet 1976. Sources de l’enregistrement : Abbey Road, 3 février 1976 selon la sessionographie de Luca Perasi ; overdubs ultérieurs.

Une sonnette, une pulsation de marche, quelques noms familiers et une orchestration patiente : « Let ‘Em In » semble d’une simplicité radicale. Pourtant, ses couches de claviers, de percussions et de vents composent une des productions les plus caractérisées des Wings de 1976, durant leur grande période de tournée.

L’album le plus collectif des Wings

Wings at the Speed of Sound paraît en mars 1976 avec l’ambition de montrer un véritable groupe, et non un Paul McCartney exclusivement entouré d’accompagnateurs. Plusieurs musiciens prennent le chant principal sur d’autres pistes ; « Let ‘Em In » conserve la voix de Paul au centre, mais l’arrangement et les timbres témoignent de cette capacité de la formation à penser un morceau ensemble.

Le single est publié le 23 juillet 1976, après l’immense succès de « Silly Love Songs » et dans le sillage de la tournée américaine. Cette chronologie rend compréhensible le choix d’un morceau très différent : plutôt qu’une nouvelle chanson de danse fondée sur la basse, McCartney propose un accueil presque cérémoniel avec une écriture très répétitive.

3 février 1976 : Abbey Road et le travail d’orchestration

La sessionographie établie par Luca Perasi situe une séance le 3 février 1976 à Abbey Road, suivie d’overdubs dans les premiers mois de l’année. Pete Henderson est identifié comme ingénieur, avec Mark Vigars aux fonctions d’assistance. Ces informations devront être distinguées des dates de mixage final et de publication, car la fabrication d’un single implique plusieurs étapes.

Le personnel indiqué pour la version studio inclut Paul McCartney au piano et au chant, Linda aux harmonies, Denny Laine aux chœurs et à une percussion de marche dont le crédit reste assorti d’un point d’interrogation, Jimmy McCulloch à la basse et Joe English à la batterie. La section de vents rassemble Howie Casey, Thaddeus Richard, Steve Howard et Tony Dorsey. Il serait erroné d’attribuer systématiquement à McCartney toutes les basses du disque alors que cette piste a une répartition particulière.

Le thème du seuil et les noms : garder leur statut

Le texte fait entrer une succession de personnes nommées, réelles, imaginées ou évocatrices de l’entourage de McCartney. La force de la chanson repose sur ce geste d’ouverture très ordinaire. Il n’est pas nécessaire de transformer chaque prénom en révélation biographique pour comprendre sa fonction : le procédé rapproche l’auditeur d’une maison où l’on accueille les visiteurs.

La notice officielle fait référence à plusieurs proches et personnalités. Paul McCartney a raconté plus tard avoir découvert que deux prénoms correspondaient aussi à des membres de la famille de Nancy Shevell. Il s’agit d’une coïncidence signalée des décennies après 1976, non d’une influence ayant présidé à la composition du morceau. Cette précaution évite un anachronisme biographique fréquent.

Une pulsation de marche sans véritable musique militaire

La structure repose sur la répétition de motifs de piano, une battue presque de défilé et l’ajout progressif d’autres instruments. Le rythme donne une sensation de marche qui participe à la mise en scène de l’accueil, mais l’ensemble reste une chanson pop, non une marche militaire au sens strict. C’est le travail sur les intensités, les superpositions et les entrées de timbre qui crée une progression.

Les vents ne viennent pas simplement ajouter un solo. Ils colorent les transitions et soutiennent le crescendo général. Cette approche rappelle que Wings avait acquis l’habitude de travailler avec une section de cuivres pendant les grandes tournées : l’enregistrement peut ainsi prolonger une palette orchestrale déjà développée pour la scène, même lorsque la chanson conserve un caractère intime.

Une autre voix pour la face B : Beware My Love

Le single couple « Let ‘Em In » à « Beware My Love ». La deuxième face appartient également à Wings at the Speed of Sound ; c’est une pièce beaucoup plus tendue, qui progresse vers un sommet d’intensité rock. Elle montre l’autre visage d’un album parfois réduit à ses succès sentimentaux.

Une version alternative de « Beware My Love » faisant intervenir John Bonham a été publiée dans les archives. Il serait cependant faux d’attribuer à Bonham la batterie de la face B commerciale de 1976 sans vérification du master choisi. Une encyclopédie sépare les interventions de musiciens sur un état alternatif de celles de la version vendue initialement.

Les versions scéniques et la diffusion

La chanson rejoint le répertoire de concert de Wings pendant les grandes tournées. La version enregistrée à Los Angeles le 23 juin 1976 est identifiée dans les recherches de session sur le programme de Wings Over America. L’indication du lieu constitue une piste précise d’attribution, à maintenir distincte du triple album dans son ensemble, qui mélange les prises de plusieurs soirées.

En 1978, le morceau réapparaît sur Wings Greatest ; en 2022, une pochette allemande est retenue dans le coffret de singles. Le passage d’un master de studio à un single, puis à une compilation ou un concert, ajoute des versions et des objets distincts autour de la même composition. Les pressages nationaux et les différences de durée feront l’objet de fiches matérielles séparées.

Versions, crédits et méthode de vérification

Album studio 1976 ; 45 tours du 23 juillet 1976 ; version live de 1976 sur Wings Over America ; compilation Wings Greatest et rééditions ultérieures ; éditions de singles par territoires. Les attributions de tambour militaire et d’instruments secondaires restent soumises à vérification par les crédits de séance.

Dans cette encyclopédie, la date de composition, la date des prises et la première publication constituent trois champs distincts. Un musicien crédité dans une version live ne doit pas être ajouté sans preuve au personnel de l’original ; une publication sur une réédition ne change pas l’appartenance du titre au programme initial.

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