Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · DENNY LAINE · SESSION DE 1972 · JAPANESE TEARS 1980

I Would Only Smile (1972) : Denny Laine, Wings et Japanese Tears

Chanté et composé par Denny Laine, « I Would Only Smile » apporte un contrepoint essentiel au répertoire de Paul McCartney. La chanson fut enregistrée par Wings en 1972, puis publiée dans la carrière solo de Laine avant de revenir dans la reconstitution du double Red Rose Speedway.

Denny Laine, un compositeur au sein de Wings

Au moment de la création de Wings, Denny Laine possède déjà un passé majeur comme chanteur des premiers Moody Blues. En 1972, il ne se contente pas d’accompagner McCartney à la guitare ou aux harmonies : il possède un répertoire et propose également ses chansons au collectif. « I Would Only Smile » incarne cette dimension souvent négligée par les récits exclusivement centrés sur les succès commerciaux du groupe. Sa composition est attribuée à Denny Laine, et non à Paul et Linda McCartney.

22 mars 1972 : l’enregistrement à Olympic Studios

La chanson est enregistrée à Londres, aux studios Olympic, le 22 mars 1972. La formation comprend Denny Laine à la guitare et au chant, Paul McCartney à la basse, Linda McCartney aux claviers, Henry McCullough à la guitare électrique et Denny Seiwell à la batterie. Le personnel explique la sonorité collective de la pièce. Le groupe travaille alors à accumuler un répertoire qui deviendra en partie celui de Red Rose Speedway, mais l’album final ne retiendra pas toutes les prises réalisées.

Anvers, 22 août 1972 : la chanson existe aussi en concert

Wings interprète « I Would Only Smile » pendant sa tournée européenne. La prestation du Cine Roma d’Anvers, datée du 22 août 1972, figure sur le CD Wings Over Europe publié en 2018. Cette captation est distincte de la version studio enregistrée au printemps. La batterie, les guitares et le chant réagissent à la scène, et l’on doit éviter de confondre le même titre joué en public avec la bande enregistrée à Olympic.

Red Rose Speedway : place dans la quatrième face

La reconstitution du double Red Rose Speedway place « I Would Only Smile » en deuxième position de la quatrième face, entre « Mama’s Little Girl » et « One More Kiss ». Cette localisation est capitale, car elle permet de comprendre le projet initial : un album où Denny Laine et Linda McCartney pouvaient occuper une place vocale et créative plus visible. Le disque simple finalement publié en mai 1973 abandonne ce morceau.

1980 : une sortie sur Japanese Tears

Denny Laine finit par publier la chanson sur son propre album Japanese Tears, sorti en 1980. La date de cette première publication commerciale est différente de celle de la prise de Wings, enregistrée huit ans auparavant. La présence du titre sur un album solo ne signifie donc pas que l’enregistrement aurait été composé exclusivement pour ce disque. La réédition Red Rose Speedway Archive de 2018 restitue au contraire sa place dans l’histoire commune des Wings.

Les trois objets à séparer dans une discographie

Une encyclopédie doit distinguer la prise studio réalisée à Olympic en mars 1972, la performance d’Anvers d’août 1972 et la publication de 1980 sur Japanese Tears. À cela s’ajoutent les différentes présentations de 2018. Pour les collectionneurs, les numéros d’édition et les supports doivent être relevés séparément. Pour l’histoire du groupe, la chanson apporte une preuve concrète du rôle de Denny Laine comme auteur et chanteur, et pas seulement comme accompagnateur.

22 mars 1972 : les cinq Wings et les crédits de l’enregistrement

La prise de studio communément retenue pour I Would Only Smile est datée du 22 mars 1972 aux Olympic Sound Studios de Londres. La distribution des instruments indique Paul McCartney à la basse, Linda McCartney aux claviers, Denny Laine à la guitare et au chant, Henry McCullough à la guitare électrique et Denny Seiwell à la batterie. Glyn Johns est crédité à la prise de son, assisté de Phil Ault. Cette attribution doit être rapportée à ce master particulier : la présence de cinq musiciens dans les crédits d’un disque d’archives ne démontre pas automatiquement que chacun d’eux a joué sur toutes les chansons enregistrées au cours de la même période.

Du programme double abandonné au LP personnel de Denny Laine

La chanson figurait dans le projet de double Red Rose Speedway, mais n’apparaît pas sur le LP simple effectivement commercialisé en 1973. Elle est publiée sur Japanese Tears de Denny Laine en 1980, avant d’être réintégrée au récit officiel des Wings avec les éditions d’archives de 2018. Trois objets discographiques doivent être catalogués séparément : le master issu des séances de 1972, l’édition sur l’album personnel de Laine et la reconstitution patrimoniale du double album. Une mention « 1980 » dans une discographie indique ici une date de commercialisation, pas la création de la chanson ni l’entrée du groupe en studio.

Versions 1980 et 2018 : même œuvre, deux durées publiées

Les fiches discographiques détaillées attribuent à l’édition de Japanese Tears une durée d’environ 3 min 18 s, et à la version d’archives de Red Rose Speedway de 2018 environ 3 min 23 s. Cette différence de chronométrage peut provenir de limites de plages, de silences ou de traitements éditoriaux ; elle ne permet pas, à elle seule, d’affirmer qu’une nouvelle prise instrumentale a été réalisée. Le programme Wings Over Europe, paru également en 2018, propose une interprétation de concert distincte, donnée autour de 3 min 34 s. Comparer un master studio avec une prestation publique ne revient donc pas à comparer deux pressages du même enregistrement.

Une chanson de Denny Laine dans le paysage collectif de 1972

La composition porte le crédit individuel de Denny Laine. Sa présence en studio, dans les spectacles européens et dans un projet d’album commun permet de constater que les Wings ne sont pas une simple succession de chansons de McCartney interprétées avec un accompagnement interchangeable. Mais elle pose aussi une question économique et éditoriale : un morceau enregistré par un groupe peut être publié pour la première fois dans la discographie solo d’un de ses membres. Les index de participants doivent donc relier l’œuvre à son auteur, ses musiciens, son master d’origine et ses parutions, sans attribuer arbitrairement la production ou l’intégralité des instruments à Denny Laine sous prétexte que son nom figure sur la pochette de 1980.

Pour prolonger le dossier

Retrouvez cette chanson dans le contexte des sessions, de la discographie, des formations et des archives de 2018. Les attributions instrumentales et l’histoire des supports sont à distinguer du seul crédit commercial imprimé au moment de la sortie.

Japanese Tears : le disque et ses variantes physiques

Cette chanson est replacée dans les quatorze titres et les éditions de Japanese Tears de Denny Laine (1980), avec les premiers pressages britanniques Scratch, les éditions américaines Takoma et les rééditions internationales. Le catalogue doit distinguer la bande enregistrée avec les Wings de la date de publication du LP solo.

20 janvier 1973 : overdubs, chant et quatre mixages

La prise initiale de I Would Only Smile est enregistrée le 22 mars 1972 aux Olympic Sound Studios de Londres. Denny Laine assure le chant et la guitare, avec Paul McCartney à la basse, Linda McCartney aux claviers, Henry McCullough à la guitare électrique et Denny Seiwell à la batterie. Les crédits de la séance d’origine attribuent l’enregistrement à Glyn Johns, assisté de Phil Ault. Cette formation est celle des premiers Wings et non celle des concerts de 1975–1976.

Le travail ne se termine pas en mars 1972. Le 20 janvier 1973, à Abbey Road, Laine enregistre de nouvelles parties de chant et de guitare électrique, tandis que lui, Paul McCartney et Henry McCullough ajoutent des harmonies vocales. La séance, sous la responsabilité d’Alan Parsons, donne ensuite lieu à quatre tentatives de mixage stéréo. Il faut cataloguer cette étape comme overdub et mixage d’une bande existante, et non comme une composition ou un master entièrement réenregistré le 20 janvier.

Un candidat pour Red Rose Speedway puis une sortie sur Japanese Tears

La chanson appartient aux nombreux morceaux envisagés à un stade de la préparation du double album Red Rose Speedway. Sa disparition du programme simple commercialisé en 1973 contribue à donner une image tronquée de la place créative de Denny Laine pendant cette période. Des concerts de 1972 témoignent pourtant de l’existence du titre dans le répertoire avant l’achèvement du LP.

Le public découvre finalement une version officielle sur Japanese Tears, album de Denny Laine publié en 1980, dont la plage est annoncée autour de 3 min 18 s. L’édition patrimoniale de Red Rose Speedway publiée en 2018 replace le morceau dans le contexte des bandes des Wings. Il faut donc distinguer la prise initiale de 1972, ses overdubs de 1973 et les événements commerciaux de 1980 et 2018. Le fait que Japanese Tears soit un album signé Laine ne transforme pas nécessairement en enregistrement de 1980 une prise où jouaient les Wings de 1972.

Laine en tant qu’auteur, chanteur et guitariste

I Would Only Smile porte le nom de Denny Laine au crédit de composition. Ce détail est essentiel à l’histoire des Wings : Paul McCartney demeure l’auteur dominant du répertoire, mais des œuvres personnelles des autres membres existent dès les premières campagnes de studio. Le rôle de Laine ne se limite donc pas à interpréter les chansons de son partenaire. Les arrangements et les enregistrements de 1972 témoignent d’une collaboration collective, même si le titre reste une création de l’auteur-chanteur.