Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · TOURNEE AMERICAINE · 4 JUIN 1976

Wings à Saint Paul le 4 juin 1976 : concert, chansons et archives

Monographie du concert donné au St. Paul Civic Center, Minnesota : histoire du spectacle, musiciens, répertoire, versions live et intérêt pour les collectionneurs.

Contexte historique et salle

Wings se produit le 4 juin 1976 au Civic Center de Saint Paul. L’étape est particulièrement intéressante dans l’histoire audiovisuelle : des fragments filmés dans la salle ou à ses abords ont été conservés sous forme d’actualités et de Super 8 d’amateurs.

La représentation et son public

Des montages contemporains de redécouverte rapprochent parfois ces fragments de plusieurs bandes sonores. Leur qualité documentaire est considérable, mais ils ne constituent pas un film original intégral et continu du spectacle. Il faut préserver la différence entre les images d’arrivée, les essais et le concert.

Particularités musicales et interprétations

La visibilité des changements d’instruments, des claviers de Linda et de la section de cuivres permet de compléter ce que la simple liste de chansons ne dit pas. Saint Paul constitue ainsi un bon point de départ pour une histoire des images amateurs des Wings.

Programme de référence des Wings en Amérique du Nord

Les vingt-neuf numéros suivants constituent la trame largement documentée de la tournée. Leur présence et leur ordre exacts sur une soirée donnée doivent être vérifiés dans les documents locaux ; les fragments, interventions orales et reprises peuvent varier.

  1. Venus and Mars
  2. Rock Show
  3. Jet
  4. Let Me Roll It
  5. Spirits of Ancient Egypt
  6. Medicine Jar
  7. Maybe I’m Amazed
  8. Call Me Back Again
  9. Lady Madonna
  10. The Long and Winding Road
  11. Live and Let Die
  12. Picasso’s Last Words (Drink to Me)
  13. Richard Cory
  14. Bluebird
  15. I’ve Just Seen a Face
  16. Blackbird
  17. Yesterday
  18. You Gave Me the Answer
  19. Magneto and Titanium Man
  20. My Love
  21. Listen to What the Man Said
  22. Let ‘Em In
  23. Time to Hide
  24. Silly Love Songs
  25. Beware My Love
  26. Letting Go
  27. Band on the Run
  28. Hi, Hi, Hi
  29. Soily

Formation : un groupe de cinq, un ensemble scénique de neuf

Paul McCartney assure chant, basse, piano et guitare selon les chansons. Linda McCartney joue des claviers et contribue aux harmonies. Denny Laine intervient aux guitares, parfois à la basse et au chant. Jimmy McCulloch joue la guitare solo et chante Medicine Jar. Joe English tient la batterie. Les quatre cuivres sont Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard et Thaddeus Richard.

Ce personnel distingue le spectacle américain du groupe des débuts : Henry McCullough et Denny Seiwell ne sont plus présents. De même, les musiciens de Back to the Egg en 1979 n’ont pas à être crédités sur les concerts de 1976. Les différences instrumentales ont des effets concrets sur les solos et les arrangements.

Analyse de l’ouverture : Venus and Mars, Rock Show, Jet

Venus and Mars, bref prélude, met en place une attente volontaire que Rock Show libère par son entrée électrique. Jet permet une mélodie plus immédiatement reconnaissable, puis Let Me Roll It ralentit le mouvement autour d’un riff persistant. La succession construit une dramaturgie et ne résulte pas d’un classement arbitraire des succès.

Spirits of Ancient Egypt ajoute une coloration différente, et Medicine Jar introduit un autre chanteur. Le programme prend donc très tôt la forme d’une représentation du groupe entier plutôt que d’un récital réservé à Paul.

Un répertoire où les autres membres existent

Richard Cory, composition de Paul Simon, est chantée par Denny Laine. Time to Hide est une œuvre de Laine. Medicine Jar, écrite avec Colin Allen, est interprétée par Jimmy McCulloch. Ces morceaux sont nécessaires à l’équilibre de la soirée et donnent un visage propre au groupe.

La présence de Linda aux chœurs et aux claviers devient également essentielle lorsque les arrangements associent plusieurs lignes mélodiques. Les noms des musiciens doivent correspondre aux contributions effectivement présentes et non à des crédits génériques repris d’une autre tournée.

Le legs des Beatles dans un concert des Wings

Lady Madonna, The Long and Winding Road, I’ve Just Seen a Face, Blackbird et Yesterday sont réinterprétées par les Wings au milieu de leurs propres succès. Le contraste avec les premières tournées universitaires de 1972, qui évitaient ce patrimoine, explique le changement d’attitude de McCartney à l’égard de son passé musical.

La section acoustique prend une fonction spécifique : la voix, les guitares et les interventions plus intimistes offrent une pause après les morceaux de pleine puissance. Une chanson connue n’est pas pour autant interprétée exactement comme sa version des Beatles.

Wings at the Speed of Sound devant le public américain

Let ‘Em In, Silly Love Songs, Beware My Love et Time to Hide représentent plusieurs directions de l’album de 1976. La basse de Silly Love Songs occupe un rôle véritablement moteur, les cuivres et les voix construisent des contrepoints, tandis que Beware My Love privilégie l’expression rock et la tension vocale.

Le set permet ainsi de mesurer la diversité d’une œuvre parfois réduite à ses singles les plus radiophoniques. Il fait également apparaître la différence entre la version studio d’un morceau et ses adaptations sur scène.

La force des contrastes et du final

Live and Let Die, chanson de film, demande un dispositif spectaculaire d’intensité et de lumière. Maybe I’m Amazed ou My Love agissent à l’inverse par la force du chant et l’expressivité. Le groupe passe plusieurs fois au cours de la soirée entre ces deux modèles.

À la fin, Letting Go et Band on the Run conduisent aux rappels Hi, Hi, Hi et Soily. Cette dernière chanson, longtemps essentielle au répertoire de scène, ne possède pas la même histoire discographique que les grands singles de McCartney.

Les enjeux de la collection et des enregistrements

Les archives de concert peuvent prendre la forme de billets, affiches, photographies, bandes de spectateurs, prises professionnelles ou montages récents. Chacune renseigne différemment sur le spectacle. Un billet date un événement annoncé mais ne fournit pas une setlist ; une bande fragmentaire n’atteste pas l’absence des chansons coupées.

La provenance des pistes de Wings Over America doit être analysée séparément de la chronologie des concerts. Ce triple album est un montage à partir de plusieurs représentations, et non l’enregistrement complet d’une seule soirée. Les différences de mixage et d’édition comptent autant que le lieu d’origine.

Wings Over the World : maturation depuis 1972

Le spectacle de 1976 procède de plusieurs étapes : les apparitions universitaires de février 1972, les concerts européens du même été, la tournée britannique de 1973, puis la formation du groupe définitif de 1975. À chaque étape, le personnel et l’organisation ont changé.

La cohérence du grand show américain repose ainsi sur plusieurs années de travail collectif. Le récit ne se réduit ni à la notoriété d’un ex-Beatle ni à une nostalgie des années soixante : il témoigne de la construction d’un groupe de rock à l’échelle internationale.

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