John Lennon à la basse : la Fender Bass VI des Beatles, de Helter Skelter à The Long and Winding Road, l’histoire complète séance par séance
Le 25 août 2026, le Custom Shop de Fender a dévoilé une réplique de la Fender Bass VI des Beatles, vendue 9 500 dollars sous le nom de George Harrison. Sur la fiche officielle, un autre nom revient pourtant à chaque ligne : celui de John Lennon. Car si cette étrange basse à six cordes, accordée comme une guitare mais une octave plus bas, est entrée dans l’histoire, c’est d’abord parce que Lennon l’a empoignée chaque fois que Paul McCartney quittait son poste pour le piano, la guitare ou la batterie. De Rocky Raccoon à Helter Skelter, de Back in the U.S.S.R. à Dig It, jusqu’à la fameuse basse de The Long and Winding Road que Phil Spector a recouverte d’un orchestre, voici l’histoire complète, séance par séance, des parties de basse jouées par John Lennon chez les Beatles, avec ce qui est documenté, ce qui reste discuté et ce que ces prises disent de la fin du groupe.
L’essentiel en 30 secondes
- L’instrument : une Fender Bass VI, basse à six cordes lancée en 1961, accordée une octave sous la guitare, offerte par Fender aux Beatles en 1968.
- Les titres où Lennon joue la basse : Rocky Raccoon (15 août 1968), Back in the U.S.S.R. (22 août 1968), Helter Skelter (18 juillet et 9 septembre 1968), Dig It (26 janvier 1969) et The Long and Winding Road (26 janvier 1969), selon les ouvrages de référence.
- Le cas Let It Be : Lennon tient la Bass VI lors de la prise du 31 janvier 1969, visible dans le film, mais sa partie a ensuite été remplacée par celle de McCartney sur les versions publiées.
- La polémique : le critique Ian MacDonald a jugé que la basse de Lennon sur The Long and Winding Road équivalait à un “sabotage” lorsqu’elle était présentée comme un travail achevé ; Phil Spector a dit avoir ajouté l’orchestre en partie pour la masquer.
- Pourquoi Lennon ? Parce qu’à partir de 1968, McCartney passe de plus en plus souvent au piano ou à la batterie, et que la Bass VI permet à un guitariste de tenir le grave sans changer de technique.
- Actualité : la réplique Custom Shop de la Bass VI des Beatles a été annoncée le 25 août 2026.
Sommaire
2026 : la Bass VI des Beatles revient chez Fender
L’histoire commence par une actualité. Le 25 août 2026, Fender a annoncé une édition limitée de son Custom Shop, baptisée George Harrison 1967 Bass VI, proposée en précommande au prix de 9 500 dollars. L’instrument reproduit, dans une finition sunburst trois tons vieillie, la basse que la marque américaine avait offerte aux Beatles en 1968 et qui a servi pendant les séances de l’Album blanc, de Let It Be et d’Abbey Road.
Une basse au nom de George, jouée par John
Le choix du nom de George Harrison s’explique : c’est lui qui apparaît avec la Bass VI dans le film promotionnel de Hey Jude, tourné le 4 septembre 1968 aux studios de Twickenham, l’image la plus célèbre de l’instrument. Mais la fiche de présentation relayée par la presse spécialisée rappelle que John Lennon l’a jouée sur Helter Skelter, Back in the U.S.S.R., Rocky Raccoon et Let It Be, en ajoutant Honey Pie et Birthday, deux attributions qui ne figurent pas dans tous les ouvrages de référence. Cette liste, comme souvent avec les crédits des Beatles, mérite d’être examinée de près. C’est l’objet de cet article.
Pourquoi l’instrument fascine encore
La Bass VI des Beatles est l’un des rares instruments du groupe qui n’appartienne à aucun d’eux en particulier. Elle passe de main en main selon les besoins de la séance. Elle est donc le témoin idéal d’une période où les rôles se brouillent, où McCartney délaisse la basse pour le piano, où Harrison et Lennon se relaient au grave, et où le groupe, au bord de la rupture, continue malgré tout à produire des chefs-d’œuvre.
La Fender Bass VI, l’instrument hybride
Pour comprendre les basses de Lennon, il faut d’abord comprendre l’instrument qu’il tenait entre les mains.
Une basse accordée comme une guitare
Fender lance la Bass VI en 1961. Elle comporte six cordes accordées mi-la-ré-sol-si-mi, exactement comme une guitare, mais une octave plus bas. Son diapason est de 30 pouces, soit environ 76 centimètres, contre 34 pouces pour les Precision Bass et Jazz Bass de la marque. Le manche est donc plus court et les cordes plus serrées qu’une basse classique. Elle est équipée de trois micros simples de type Jaguar et, à partir de 1963, d’un panneau de quatre commutateurs à glissière. Fender en arrête la production en 1975 avant de la rééditer à plusieurs reprises, chez Fender Japan dans les années 1990, au Custom Shop dans les années 2000, puis dans les gammes Pawn Shop et Squier en 2013, Squier Classic Vibe en 2019 et Vintera II en 2023.
Un outil pour guitaristes
Ce dessin a une conséquence directe : un guitariste peut jouer de la Bass VI presque sans réapprendre. Les positions des accords et des gammes sont les mêmes que sur sa guitare. Les cordes, plus épaisses que des cordes de guitare, demandent seulement d’étouffer soigneusement celles que l’on ne joue pas, et l’écartement serré invite à jouer au médiator plutôt qu’aux doigts. C’est précisément ce qui en fait, pour John Lennon et George Harrison, une porte de secours idéale : tenir le grave sans devenir bassiste.
D’autres mains célèbres
Les Beatles ne sont pas les seuls à l’avoir adoptée. Jet Harris, l’ancien bassiste des Shadows, l’utilise pour ses succès instrumentaux du début des années 1960. Jack Bruce en joue avant de fonder Cream, Glen Campbell s’en sert en studio, et des musiciens aussi différents que John Entwistle, Peter Green, Robert Smith, de The Cure, les membres de Placebo ou le compositeur Gustavo Santaolalla l’ont employée. Mais aucun groupe ne lui a donné une visibilité comparable à celle des Beatles.
Avant la Bass VI : la basse chez les Beatles, de Stuart Sutcliffe à Paul
La place de la basse chez les Beatles n’a pas toujours été celle d’un trône. À l’origine, c’est un poste que personne ne veut.
Stuart Sutcliffe, le bassiste choisi par Lennon
En 1960, John Lennon convainc son ami Stuart Sutcliffe, étudiant comme lui au Liverpool College of Art, d’acheter une basse avec l’argent de la vente d’un de ses tableaux, exposé lors de l’exposition John Moores à la Walker Art Gallery. Stuart n’est pas un musicien accompli, mais il a l’allure, et Lennon le veut dans le groupe. Il joue sur une basse Höfner, souvent dos au public pour cacher ses hésitations. Nous avons raconté son destin, jusqu’à sa mort à Hambourg en avril 1962, dans notre article Pauline Sutcliffe, la sœur de Stuart, et la gardienne du “Beatle perdu”.
1961 : Paul “hérite” de la basse
Lorsque Stuart quitte le groupe en 1961 pour rester à Hambourg avec Astrid Kirchherr et reprendre la peinture, il faut un bassiste. Personne n’en veut : à l’époque, la basse est l’instrument que l’on confie au moins bon guitariste. Paul McCartney, qui jouait alors de la guitare et du piano, se retrouve avec le poste. Il a souvent raconté, avec humour, qu’il en avait “hérité” par défaut, parce qu’aucun des deux autres guitaristes ne voulait le prendre. Il achète à Hambourg une basse Höfner 500/1 en forme de violon, symétrique, ce qui lui permet de la jouer en gaucher. Cette “violin bass” devient l’un des instruments les plus célèbres de l’histoire du rock. Égarée au début des années 1970, la basse Höfner d’origine de McCartney a été retrouvée et lui a été rendue en 2024, grâce à une enquête lancée par des passionnés.
Paul invente la basse mélodique
Ce poste subi, McCartney le transforme en territoire d’invention. Influencé par les bassistes de la Motown, notamment James Jamerson, et par Brian Wilson, il développe à partir de 1965 des lignes mélodiques qui dialoguent avec le chant au lieu de simplement marquer les fondamentales. Avec la Rickenbacker 4001S qu’il reçoit en 1965, puis avec la Fender Jazz Bass offerte en 1968, il signe des parties devenues des modèles : Paperback Writer, Rain, Taxman, Something, Come Together. Nous avons évoqué la basse de Taxman dans notre article sur les sessions de Revolver prise par prise. Pour Lennon, prendre la basse à la place d’un tel musicien n’a rien d’une évidence.
Le premier remplaçant : George Harrison en 1966
Le premier Beatle à remplacer McCartney à la basse n’est pas Lennon mais Harrison. Le 21 juin 1966, lors de l’enregistrement de She Said She Said, McCartney quitte la séance après une dispute, la première fois qu’un Beatle quitte ainsi le studio. Selon la plupart des sources, Harrison joue la basse sur la version finale. McCartney lui-même s’est souvenu que George avait “sans doute” joué la basse ce jour-là, même si certains spécialistes pensent qu’une partie de McCartney a pu être conservée. L’épisode annonce les chaises musicales de 1968.
Qui a joué la basse chez les Beatles, à part Paul ?
Avant d’entrer dans le détail des séances, voici l’état des connaissances, établi à partir des ouvrages de Mark Lewisohn et d’Ian MacDonald et des crédits les plus souvent retenus. Les attributions des Beatles ne sont pas toujours certaines : les feuilles de séance d’EMI notent rarement qui joue quoi, et les souvenirs des témoins divergent parfois.
| Titre | Date | Bassiste autre que Paul | Statut |
|---|---|---|---|
| She Said She Said | 21 juin 1966 | George Harrison | Admis par la plupart des sources, discuté par certains |
| Helter Skelter (versions longues) | 18 juillet 1968 | John Lennon (Bass VI) | Documenté |
| Rocky Raccoon | 15 août 1968 | John Lennon (Bass VI), avec une partie de basse créditée à Harrison | Documenté |
| Back in the U.S.S.R. | 22-23 août 1968 | John Lennon et George Harrison (Bass VI), avec McCartney | Documenté, part exacte discutée |
| Hey Jude (film promotionnel) | 4 septembre 1968 | George Harrison (Bass VI) | Visible à l’image |
| Helter Skelter (version de l’album) | 9-10 septembre 1968 | John Lennon (Bass VI), avec McCartney à la Jazz Bass | Documenté |
| Dig It | 26 janvier 1969 | John Lennon (Bass VI) | Documenté |
| The Long and Winding Road | 26 et 31 janvier 1969 | John Lennon (Bass VI) | Documenté |
| Let It Be | 31 janvier 1969 | John Lennon (Bass VI) pendant la prise | Remplacée par la basse de McCartney sur les versions publiées |
| Golden Slumbers / Carry That Weight | 2 juillet 1969 | George Harrison (Bass VI) | Documenté |
Le tableau fait apparaître une évidence : Lennon n’a tenu la basse que sur une poignée de titres, tous enregistrés entre juillet 1968 et janvier 1969, la période la plus tendue de l’histoire du groupe. Ces quelques prises sont donc moins une curiosité technique qu’un sismographe de la crise.
1968 : l’Album blanc, ou la chaise musicale des instruments
Les séances de l’Album blanc commencent le 30 mai 1968 à Abbey Road avec Revolution 1 et s’achèvent à la mi-octobre. Elles occupent près de cinq mois, une durée inédite pour le groupe, et donnent naissance à trente chansons. Elles sont aussi les plus conflictuelles que les Beatles aient connues jusque-là.
Un studio divisé
Au retour d’Inde, chacun arrive avec une brassée de chansons, souvent écrites à Rishikesh, et veut les enregistrer à sa manière. Les séances se dédoublent : il arrive que deux ou trois studios d’Abbey Road soient occupés en même temps par des Beatles travaillant chacun de son côté. Yoko Ono, désormais présente en permanence aux côtés de Lennon, bouscule la règle tacite qui tenait les compagnes à l’écart du studio. Le 16 juillet 1968, l’ingénieur Geoff Emerick, qui avait façonné le son de Revolver et de Sgt. Pepper, jette l’éponge, épuisé par l’atmosphère. George Martin lui-même s’accorde des vacances et laisse la production à son assistant Chris Thomas.
Paul au piano, à la guitare et à la batterie
Dans ce contexte, McCartney s’éloigne de plus en plus souvent de la basse. Il joue du piano sur Martha My Dear ou Honey Pie, de la guitare acoustique sur Blackbird, Mother Nature’s Son ou Rocky Raccoon, de la batterie sur Back in the U.S.S.R. et Dear Prudence. Chaque fois qu’il quitte son poste en direct, pendant la prise de base, quelqu’un doit tenir le grave. C’est là qu’intervient la Bass VI, arrivée chez les Beatles au cours de l’année 1968, en même temps que la Fender Jazz Bass de McCartney.
Lennon, guitariste dans l’âme
Pour Lennon, la Bass VI présente un avantage décisif : elle se joue comme une guitare. Lennon n’a jamais aimé l’idée d’être cantonné à une fonction ; il se voit en chanteur et en auteur, et considère la guitare rythmique comme un prolongement de sa voix. Avec la Bass VI, il peut tenir le bas du spectre en gardant ses réflexes de guitariste : jouer au médiator, attaquer franchement, penser en positions d’accords. Ce confort a son revers : la Bass VI invite à jouer comme un guitariste, à frapper plusieurs cordes, à négliger les étouffements, et sa sonorité plus “cordée” n’a pas l’assise d’une basse à quatre cordes.
Helter Skelter : la Bass VI dans le vacarme
La première trace documentée de Lennon à la Bass VI concerne la chanson la plus bruyante du disque.
18 juillet 1968 : les versions de vingt-sept minutes
McCartney a raconté avoir écrit Helter Skelter après avoir lu une déclaration de Pete Townshend présentant un titre des Who comme le morceau le plus sauvage jamais enregistré. Il veut faire plus fort. Le 18 juillet 1968, les Beatles enregistrent une première série de versions lentes et lourdes, dont une prise de 27 minutes et 11 secondes, l’une des plus longues de leur carrière. Ce jour-là, McCartney chante et joue de la guitare, Harrison tient une Gibson SG, Starr est à la batterie, et Lennon joue de la Bass VI. Une autre prise du même jour, longue à l’origine de près de treize minutes, a été réduite à 4 minutes 35 et publiée en 1996 sur Anthology 3. On y entend un Lennon qui martèle des notes graves, au médiator, dans un tempo lent et pesant, très éloigné de la frénésie de la version finale.
9 et 10 septembre 1968 : deux basses pour un chaos
Le 9 septembre 1968, les Beatles reprennent la chanson à un tempo beaucoup plus rapide et enregistrent dix-huit prises d’environ cinq minutes. C’est la dernière qui figure sur l’album. Selon les crédits établis par les historiens, McCartney y joue d’une Fender Jazz Bass de 1966 et du solo de guitare, tandis que Lennon tient la Bass VI, en plus des chœurs et de quelques effets. Harrison joue les guitares, Starr la batterie, et l’assistant Mal Evans souffle dans une trompette. À la fin de la dix-huitième prise, Ringo Starr jette ses baguettes à travers le studio et crie qu’il a des ampoules aux doigts, une exclamation conservée uniquement dans le mixage stéréo. Certaines sources l’attribuent à tort à Lennon, que l’on entend en réalité demander juste avant comment c’était. Le lendemain, Lennon ajoute un effet de saxophone en soufflant dans une embouchure.
Une basse “sale” au service du bruit
Sur Helter Skelter, la présence de deux basses n’a rien d’un hasard. Le but n’est pas la précision mais la masse sonore, la saturation, l’impression d’un mur qui s’effondre. Le jeu de Lennon, rugueux et percussif, sert parfaitement cette ambition. C’est l’un des rares cas où sa différence de style avec McCartney devient un atout. La chanson, considérée comme l’un des ancêtres du heavy metal, a ensuite été entraînée dans une légende sinistre par Charles Manson, comme nous l’avons raconté dans “Helter Skelter” à la barre. Nous avons aussi consacré une fiche à la chanson : Helter Skelter, paroles, traduction et histoire.
Rocky Raccoon : la basse discrète d’un western miniature
À l’autre extrémité du spectre, Rocky Raccoon est un petit récit de western chanté par McCartney, accompagné de sa guitare acoustique, dans l’esprit des ballades narratives américaines.
15 août 1968 : une séance éclair
La chanson est enregistrée le 15 août 1968 à Abbey Road, en une seule séance. McCartney chante et joue de la guitare acoustique. Lennon joue de l’harmonium, de l’harmonica et de la Bass VI. Ringo Starr tient la batterie, et George Martin ajoute une partie de piano de saloon, aigrelette et désaccordée à souhait. Les crédits établis par Ian MacDonald attribuent aussi une partie de basse à George Harrison, sans que l’on sache précisément comment les deux parties se répartissent.
Une basse fonctionnelle
Rocky Raccoon ne demande pas une ligne de basse spectaculaire. Elle demande une pulsation simple, presque une marche, qui soutienne le récit sans lui faire de l’ombre. Lennon s’acquitte de cette tâche avec sobriété. La chanson montre qu’il pouvait être un bassiste efficace lorsque le cadre était clair et le morceau léger. Nous avons consacré une fiche à la chanson : Rocky Raccoon, paroles, traduction et histoire.
Back in the U.S.S.R. : la basse du jour où Ringo est parti
La chanson qui ouvre l’Album blanc est aussi celle dont l’enregistrement raconte le mieux la crise de l’été 1968.
22 août 1968 : Ringo claque la porte
Le 22 août 1968, pendant les répétitions de Back in the U.S.S.R., Ringo Starr, lassé des remarques de McCartney sur son jeu de batterie et de l’ambiance générale, quitte le studio avec l’intention de quitter le groupe. Il se sent, dira-t-il plus tard, mis à l’écart par les trois autres. Les Beatles décident de continuer sans lui. McCartney passe à la batterie, Harrison à la guitare électrique, et Lennon prend la Bass VI. Cinq prises de base sont enregistrées dans cette configuration, et la cinquième est retenue.
23 août 1968 : une basse à plusieurs mains
Le lendemain, les Beatles complètent la chanson par des ajouts successifs. McCartney et Harrison ajoutent des parties de basse et de guitare solo, Harrison ajoute de la batterie, et Lennon un tambour supplémentaire. Le résultat est une basse construite par plusieurs mains, et la part exacte de Lennon dans le mixage final reste difficile à établir à l’oreille. Les crédits de référence mentionnent la Bass VI à la fois pour Lennon et pour Harrison, ainsi qu’une basse de McCartney. La batterie elle-même est un assemblage de fragments de plusieurs prises jouées par les trois Beatles présents.
Le retour de Ringo
Ringo Starr revient le 4 septembre 1968, pour le tournage du film promotionnel de Hey Jude, et trouve sa batterie couverte de fleurs disposées par Mal Evans. Ce jour-là, c’est George Harrison qui tient la Bass VI dans le film, McCartney étant au piano. L’épisode du départ de Ringo, raconté dans notre biographie complète de Ringo Starr, montre que la Bass VI était devenue, à l’été 1968, l’instrument de dépannage du groupe. Nous avons consacré une fiche à la chanson : Back in the U.S.S.R., paroles, traduction et histoire.
Les autres attributions de l’Album blanc
D’autres titres de l’Album blanc sont parfois associés à Lennon à la Bass VI, notamment Honey Pie et Birthday, cités dans la présentation de la réplique Fender de 2026. Ces attributions ne sont pas retenues par tous les historiens : sur Honey Pie, Lennon est généralement crédité à la guitare solo, et la basse est attribuée à d’autres membres du groupe. Faute de documents de séance précis, la prudence s’impose.
Janvier 1969 : Get Back, la basse au milieu des caméras
Après l’Album blanc, les Beatles veulent revenir à l’essentiel. Le projet Get Back, qui deviendra Let It Be, repose sur une idée simple : apprendre de nouvelles chansons et les jouer en direct, sans artifices de studio, devant les caméras du réalisateur Michael Lindsay-Hogg, en vue d’un concert et d’une émission de télévision.
De Twickenham à Savile Row
Les répétitions commencent le 2 janvier 1969 dans les vastes studios de cinéma de Twickenham, froids et impersonnels. L’ambiance se dégrade vite. Le 10 janvier, George Harrison quitte le groupe après une dispute, avant de revenir quelques jours plus tard à condition que le projet de concert dans un lieu exotique soit abandonné et que les séances se déplacent dans le studio du sous-sol d’Apple, au 3 Savile Row. Le travail reprend là à partir du 22 janvier, avec l’arrivée du claviériste Billy Preston, dont la présence détend immédiatement l’atmosphère. Le 30 janvier, le groupe joue sur le toit de l’immeuble, et le 31 janvier il enregistre en studio les chansons qu’il n’a pas pu jouer sur le toit.
Paul au piano, John à la Bass VI
Plusieurs des nouvelles chansons de McCartney, comme Let It Be et The Long and Winding Road, sont écrites au piano. Lorsqu’il les joue en direct, quelqu’un doit tenir la basse. Billy Preston étant aux claviers et Harrison à la guitare, c’est Lennon qui prend la Bass VI. Le documentaire The Beatles: Get Back, de Peter Jackson, diffusé en novembre 2021, montre de longues séquences où Lennon, la Bass VI en bandoulière, cherche ses notes sur des chansons qu’il découvre presque en même temps que la caméra. Sur le concert du toit, en revanche, McCartney reprend sa basse Höfner, et Lennon joue de la guitare, comme nous l’avons rappelé dans notre article sur One After 909, la chanson réussie sur un toit en 1969.
Apprendre en direct
La difficulté est réelle. Le principe du projet interdit de corriger les erreurs par des ajouts : chaque prise doit être jouée d’un bout à l’autre, comme en concert. Or Lennon apprend les lignes de basse au fur et à mesure, sur un instrument qui n’est pas le sien, pendant que McCartney, au piano, chante et dirige. Les images de Get Back montrent un Lennon tour à tour appliqué, distrait, blagueur et fatigué. Cette réalité éclaire les imperfections des prises publiées.
Dig It : la basse comme terrain de jeu
Dig It est l’exemple d’une situation où Lennon se sent parfaitement à l’aise à la basse.
26 janvier 1969 : une jam d’un quart d’heure
Le 26 janvier 1969, au studio d’Apple, les Beatles se lancent dans une longue improvisation autour d’une idée de Lennon. La jam dure plus de douze minutes, environ quinze selon certaines sources. Lennon chante et joue de la Bass VI. McCartney est au piano, Harrison à la guitare Telecaster, Ringo Starr à la batterie et Billy Preston à l’orgue Hammond. George Martin agite un shaker, et Heather, la fille de Linda Eastman, alors âgée de six ans, ajoute quelques vocalises que l’on n’entend pas sur la version publiée.
Cinquante et une secondes sur l’album
Sur l’album Let It Be, publié le 8 mai 1970, Dig It est réduit à un extrait de 51 secondes, choisi par Phil Spector et accompagné de commentaires de Lennon. Sur ce morceau sans structure fixe, la basse n’a pas besoin d’être précise : elle donne simplement un socle à l’improvisation. Lennon, qui chante et invente ses paroles en direct, peut jouer grave sans se sentir prisonnier d’une partition. C’est sans doute sa prestation de bassiste la plus détendue.
The Long and Winding Road : la basse la plus critiquée des Beatles
The Long and Winding Road est à l’opposé de Dig It. C’est une ballade lente, intime, qui demande une précision absolue. C’est aussi la partie de basse de Lennon qui a fait couler le plus d’encre.
26 et 31 janvier 1969 : deux séances, deux prises
Les Beatles enregistrent la chanson au studio d’Apple les 26 et 31 janvier 1969. McCartney chante et joue du piano, Lennon tient la Bass VI, Harrison la guitare électrique, Ringo Starr la batterie, et Billy Preston joue du piano électrique. La version publiée en 1970 sur l’album Let It Be repose sur la prise du 26 janvier. Celle du 31 janvier sera utilisée, plus de trente ans plus tard, sur Let It Be… Naked.
Le verdict d’Ian MacDonald
Sur la prise du 26 janvier, la basse de Lennon trébuche à plusieurs reprises : notes approximatives, hésitations, attaques mal placées. Dans Revolution in the Head, son analyse des chansons des Beatles, le critique britannique Ian MacDonald relève plusieurs erreurs et juge sévèrement que cette partie de basse “équivaut à un sabotage” lorsqu’elle est présentée comme un travail achevé. Le mot est fort et a été discuté : rien ne prouve que Lennon ait volontairement mal joué. Il découvrait la chanson, sur un instrument qui n’était pas le sien, dans une ambiance tendue, et la prise n’était pas destinée, au départ, à être publiée telle quelle. Mais le verdict a durablement marqué la réputation de Lennon bassiste.
1er avril 1970 : Phil Spector et l’orchestre
Les bandes de Get Back restent dans un tiroir pendant plus d’un an, après deux tentatives de montage avortées par l’ingénieur Glyn Johns. Au printemps 1970, Lennon, Harrison et le manager Allen Klein confient les bandes au producteur américain Phil Spector. Le 1er avril 1970, aux studios EMI, Spector ajoute à The Long and Winding Road un orchestre arrangé et dirigé par Richard Hewson, avec des cordes, des cuivres, une harpe et un chœur de quatorze voix féminines arrangé par John Barham. Ringo Starr, seul Beatle présent, rejoue de la batterie. C’est la dernière séance d’enregistrement de l’histoire des Beatles. Spector a expliqué avoir ajouté l’orchestre en partie pour masquer les faiblesses de la basse. Nous avons consacré une page à Phil Spector.
14 avril 1970 : “Ne refaites jamais ça”
Paul McCartney découvre le résultat et le rejette. Le 14 avril 1970, il envoie à Allen Klein une lettre sèche dans laquelle il demande de supprimer la harpe et de réduire les autres instruments et les voix ajoutés, et qui se termine par une injonction restée célèbre : ne plus jamais recommencer. Sa demande n’est pas prise en compte. L’album sort le 8 mai 1970 avec la version de Spector, et le single, publié le 11 mai aux États-Unis, atteint la première place du Billboard Hot 100 en juin 1970. McCartney citera ce traitement de sa chanson parmi les griefs exposés dans la procédure qu’il engage contre les trois autres Beatles à la fin de l’année 1970, comme nous l’avons raconté dans Le procès de 1971 : ce que Paul McCartney a vraiment demandé aux juges.
2003 : Let It Be… Naked rend la chanson à Paul
Le 17 novembre 2003, Let It Be… Naked propose une version de l’album débarrassée des ajouts de Spector, conformément au souhait de McCartney. The Long and Winding Road y apparaît dans la prise du 31 janvier 1969, sans orchestre. La basse de Lennon y est plus assurée que sur la prise du 26 janvier, preuve qu’en quelques jours il avait mieux appris sa partie. Cette version permet d’entendre, enfin, ce que les Beatles jouaient réellement dans la pièce. Nous avons consacré une fiche à la chanson : The Long and Winding Road, paroles, traduction et histoire.
Let It Be : la basse que l’on voit mais que l’on n’entend pas
Let It Be est sans doute la chanson où l’image de Lennon à la Bass VI est la plus célèbre. C’est aussi celle où sa basse a disparu des disques.
31 janvier 1969 : la prise filmée
McCartney avait joué Let It Be seul au piano dès le 3 janvier 1969 à Twickenham. Le 31 janvier, au studio d’Apple, le groupe enregistre la prise maîtresse, la 27-A, tandis que la 27-B est utilisée dans le film. McCartney est au piano, Harrison à la guitare, Ringo Starr à la batterie, Billy Preston à l’orgue, et Lennon à la Bass VI. Ces images, reprises dans le clip officiel de la chanson et dans le film Let It Be, restauré et diffusé sur Disney+ en mai 2024, ont fixé dans la mémoire collective la silhouette de Lennon, barbu, penché sur sa basse à six cordes.
Une partie remplacée par McCartney
Pourtant, la basse de Lennon n’est pas celle que l’on entend sur les versions publiées. Lors des travaux ultérieurs sur la chanson, George Martin fait remplacer la partie de Lennon par une partie de basse de McCartney. Le 30 avril 1969, Harrison enregistre un nouveau solo de guitare utilisé sur le single, publié le 6 mars 1970 sous la production de Martin. Le 4 janvier 1970, il en enregistre un second, plus agressif, retenu sur l’album produit par Spector, qui ajoute aussi des cuivres et des chœurs. Le paradoxe est complet : la chanson qui montre le plus Lennon bassiste est l’une de celles où sa basse a été effacée. Nous avons consacré une fiche à Get Back, l’autre grande chanson de ces séances.
Précision : quatre idées reçues sur Lennon bassiste
“Lennon joue la basse sur la version disque de Let It Be.” Non : il la tient pendant la prise filmée du 31 janvier 1969, mais sa partie a été remplacée par celle de McCartney sur les versions publiées.
“Lennon a joué la basse sur le toit d’Apple.” Non : lors du concert du 30 janvier 1969, McCartney joue sa basse Höfner et Lennon la guitare.
“Lennon a joué la basse sur une dizaine de titres de l’Album blanc.” Les ouvrages de référence n’en retiennent que trois avec certitude : Helter Skelter, Rocky Raccoon et Back in the U.S.S.R. D’autres attributions, comme Honey Pie ou Birthday, restent discutées.
“Lennon a saboté volontairement The Long and Winding Road.” Le mot “sabotage” est celui du critique Ian MacDonald pour qualifier le résultat, pas une intention démontrée. Rien n’indique que Lennon ait délibérément mal joué ; il découvrait la chanson sur un instrument inhabituel, et la prise du 31 janvier, publiée en 2003, est nettement plus propre.
Comment joue Lennon à la basse ?
Au-delà des crédits, que peut-on dire du style de Lennon bassiste ? Les quelques prises disponibles permettent de dégager plusieurs traits.
Un jeu de guitariste
Lennon joue la Bass VI au médiator, avec une attaque franche et un son percussif. Il marque surtout les fondamentales des accords, souvent en croches régulières, et s’autorise peu de notes de passage. Là où McCartney construit des lignes qui ont leur propre mélodie, Lennon pense en accords : sa basse suit l’harmonie plutôt qu’elle ne la commente. Sur Helter Skelter, cette approche brute renforce la lourdeur du morceau. Sur Rocky Raccoon, elle assure une pulsation sobre. Sur The Long and Winding Road, en revanche, elle manque de la souplesse et de la retenue qu’exige une ballade lente.
Les pièges de la Bass VI
L’instrument lui-même explique une partie des imperfections. Les cordes de la Bass VI sont rapprochées, ce qui rend difficile le jeu propre d’une note isolée sans effleurer les cordes voisines. Les cordes graves vibrent longtemps et doivent être étouffées à la main. Sur un morceau rapide et saturé, ces défauts disparaissent dans la masse. Sur une ballade dépouillée, chaque frottement, chaque note qui traîne s’entend. C’est exactement ce qui se produit sur la prise du 26 janvier 1969 de The Long and Winding Road.
La comparaison impossible
Comparer Lennon à McCartney à la basse n’a guère de sens. McCartney est l’un des bassistes les plus inventifs de l’histoire de la pop, qui pratique l’instrument tous les jours depuis 1961. Lennon le prend en main occasionnellement, pour dépanner, sans s’y être jamais exercé. Ce qui frappe, au contraire, c’est qu’il s’en sorte honorablement sur la plupart des titres, et que ses parties servent la chanson lorsque le contexte s’y prête.
Pourquoi Lennon a-t-il joué la basse ?
La question revient souvent : pourquoi confier la basse à Lennon dans un groupe qui compte l’un des meilleurs bassistes du monde ?
La logique du direct
La première raison est pratique. À partir de 1968, et plus encore en janvier 1969, les Beatles privilégient l’enregistrement en direct, tous ensemble, plutôt que la superposition de pistes. Si McCartney est au piano, à la guitare ou à la batterie pendant la prise de base, il ne peut pas jouer la basse en même temps. Il faut donc qu’un autre membre la tienne, quitte à la remplacer ensuite. Lennon et Harrison, guitaristes tous les deux, se relaient sur la Bass VI.
La logique des circonstances
La deuxième raison tient aux circonstances. Le départ de Ringo Starr, le 22 août 1968, oblige McCartney à passer à la batterie sur Back in the U.S.S.R. La décision de jouer en direct en janvier 1969, devant les caméras, impose que chaque chanson soit jouée dans sa configuration complète. Dans les deux cas, Lennon prend la basse parce qu’elle est le poste libre, pas parce qu’il l’a choisie.
La logique du son
La troisième raison est esthétique. Sur Helter Skelter, la superposition de deux basses, la Jazz Bass de McCartney et la Bass VI de Lennon, participe au mur de son recherché. Le jeu brut de Lennon, différent de celui de McCartney, apporte une couleur. Les Beatles, toujours à l’affût de sons nouveaux, n’ont jamais considéré la répartition des instruments comme figée.
Ce que l’on ne sait pas
Certains commentateurs ont vu dans ces échanges d’instruments une manière, pour Lennon, de contester l’autorité grandissante de McCartney sur les séances, ou, à l’inverse, pour McCartney, de garder le contrôle en dirigeant depuis le piano. Ces lectures psychologiques sont séduisantes, mais aucune déclaration des intéressés ne les confirme directement. Il est plus prudent de s’en tenir à ce que montrent les documents : une solution pratique, imposée par la méthode de travail et par les crises du moment.
Après les Beatles : Lennon rend la basse
Une fois le groupe séparé, Lennon ne reprend pas la basse sur ses disques. Pour Plastic Ono Band, en 1970, et Imagine, en 1971, il confie le poste à Klaus Voormann, son ami de l’époque de Hambourg, auteur de la pochette de Revolver, qui devient son bassiste de référence au début des années 1970. Lennon revient à ce qu’il préfère : la voix, la guitare et le piano. La parenthèse de la Bass VI n’aura duré que quelques mois, entre juillet 1968 et janvier 1969.
McCartney, bassiste pour toujours
McCartney, lui, ne lâchera jamais la basse. Avec Wings, il joue surtout la Rickenbacker, puis il retrouve la Höfner en solo, au point qu’elle est redevenue son emblème sur scène. Les deux trajectoires résument la répartition des rôles : la basse, que Paul avait reçue par défaut en 1961, est devenue son identité ; pour John, elle n’a jamais été qu’un instrument d’emprunt.
Ce que les basses de Lennon disent de la fin des Beatles
Ces quelques parties de basse sont des documents précieux sur la manière dont le groupe fonctionnait à la fin des années 1960.
Un sismographe de la crise
Toutes les prises où Lennon tient la basse ont été enregistrées entre juillet 1968 et janvier 1969, pendant les deux périodes les plus conflictuelles de l’histoire du groupe : le départ d’Emerick puis celui de Ringo pendant l’Album blanc, le départ de Harrison pendant Get Back. La Bass VI est l’instrument des moments où le groupe ne joue plus dans sa configuration naturelle. Elle porte la trace des absences, des tensions et des improvisations.
Un groupe qui continue malgré tout
Ces prises montrent aussi la capacité des Beatles à continuer, quoi qu’il arrive. Ringo parti, ils enregistrent quand même Back in the U.S.S.R., et le résultat ouvre l’un de leurs plus grands albums. Harrison parti puis revenu, ils trouvent dans le studio d’Apple et la présence de Billy Preston l’énergie de terminer Get Back. Lennon à la basse, c’est l’image d’un groupe qui se répartit les tâches comme il peut, sans renoncer à l’ambition.
L’imperfection comme vérité
La basse imparfaite de The Long and Winding Road est devenue, avec le temps, un symbole : celui d’une époque où les Beatles n’avaient plus l’envie ou l’énergie de retourner ensemble dans la pièce pour corriger leurs erreurs. Le débat qu’elle a suscité, de la lettre de McCartney à Klein jusqu’à Let It Be… Naked, montre que ces détails techniques étaient en réalité des enjeux de pouvoir et de vision artistique. Écouter Lennon à la basse, c’est écouter la fin des Beatles par en dessous.
Guide d’écoute : où entendre Lennon à la basse
- Helter Skelter, version de l’album (1968) : deux basses, celle de Lennon à la Bass VI et celle de McCartney à la Jazz Bass, dans le vacarme de la prise du 9 septembre.
- Helter Skelter, prise 2 du 18 juillet 1968 (Anthology 3, 1996) : la version lente et lourde, où la Bass VI de Lennon s’entend nettement.
- Rocky Raccoon (1968) : une basse discrète, presque une marche, sous le récit de McCartney.
- Back in the U.S.S.R. (1968) : une basse construite par plusieurs mains, enregistrée le jour du départ de Ringo.
- Dig It (1970) : l’extrait de 51 secondes de l’album Let It Be ; une version plus longue figure dans le montage de Glyn Johns de 1969, publié dans l’édition spéciale de Let It Be en 2021.
- The Long and Winding Road (1970) : la prise du 26 janvier 1969, recouverte par l’orchestre de Phil Spector.
- The Long and Winding Road (Let It Be… Naked, 2003) : la prise du 31 janvier 1969, sans orchestre, où la basse de Lennon est plus assurée.
- The Beatles: Get Back (2021) et Let It Be (film restauré, 2024) : les images de Lennon à la Bass VI pendant les séances de janvier 1969.
À voir et à écouter
- Let It Be, le clip officiel, tiré du film de 1970, où l’on voit John Lennon à la Fender Bass VI le 31 janvier 1969.
- Hey Jude, le film promotionnel du 4 septembre 1968, avec George Harrison à la Bass VI.
- Back in the U.S.S.R., mixage de 2018, la chanson enregistrée le jour du départ de Ringo Starr.
- Helter Skelter, la version lente d’Anthology 3, enregistrée le 18 juillet 1968.
- The Long and Winding Road, version Let It Be… Naked, sans l’orchestre de Phil Spector.
- Dig It, versions longues de la jam du 26 janvier 1969.
- The Beatles: Get Back, la bande-annonce officielle du documentaire de Peter Jackson.
- Don’t Let Me Down, sur le toit d’Apple, avec McCartney à la basse Höfner et Lennon à la guitare.
- La réplique Fender Custom Shop de la Bass VI des Beatles, présentée en août 2026.
Disques, livres et instruments pour aller plus loin
- The Beatles (Album blanc), édition du 50e anniversaire, avec les prises de séance de 1968.
- The Beatles, Let It Be, édition spéciale de 2021, avec le montage de Glyn Johns de 1969.
- The Beatles, Let It Be… Naked, la version sans les ajouts de Phil Spector.
- The Beatles, Anthology 3, avec la version lente de Helter Skelter.
- The Beatles: Get Back, le documentaire de Peter Jackson.
- The Beatles: Get Back, le livre, avec les transcriptions des séances de janvier 1969.
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions, la chronique séance par séance.
- Ian MacDonald, Revolution in the Head, l’analyse chanson par chanson.
- Andy Babiuk, Beatles Gear, l’inventaire des instruments du groupe.
- Squier Classic Vibe Bass VI, la version abordable de l’instrument.
- Fender Vintera II 60s Bass VI, la réédition de 2023.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1960 | Stuart Sutcliffe devient le bassiste du groupe, à l’initiative de John Lennon |
| 1961 | Lancement de la Fender Bass VI ; Paul McCartney reprend la basse après le départ de Stuart |
| 21 juin 1966 | She Said She Said : George Harrison remplace McCartney à la basse |
| 1968 | Fender offre aux Beatles une Bass VI et une Jazz Bass |
| 30 mai 1968 | Début des séances de l’Album blanc |
| 16 juillet 1968 | Départ de l’ingénieur Geoff Emerick |
| 18 juillet 1968 | Helter Skelter, versions lentes : Lennon à la Bass VI |
| 15 août 1968 | Rocky Raccoon : Lennon à la Bass VI |
| 22 août 1968 | Départ de Ringo Starr ; Back in the U.S.S.R. avec Lennon à la Bass VI |
| 4 septembre 1968 | Retour de Ringo ; film de Hey Jude avec Harrison à la Bass VI |
| 9-10 septembre 1968 | Helter Skelter, version de l’album : deux basses |
| 22 novembre 1968 | Sortie de l’Album blanc |
| 2 janvier 1969 | Début des répétitions de Get Back à Twickenham |
| 10 janvier 1969 | George Harrison quitte provisoirement le groupe |
| 22 janvier 1969 | Reprise au studio d’Apple, arrivée de Billy Preston |
| 26 janvier 1969 | Dig It et The Long and Winding Road : Lennon à la Bass VI |
| 30 janvier 1969 | Concert sur le toit, McCartney à la basse Höfner |
| 31 janvier 1969 | Let It Be et The Long and Winding Road filmés, Lennon à la Bass VI |
| 2 juillet 1969 | Golden Slumbers : Harrison à la Bass VI |
| 6 mars 1970 | Sortie du single Let It Be, produit par George Martin |
| 1er avril 1970 | Phil Spector ajoute l’orchestre sur The Long and Winding Road, dernière séance des Beatles |
| 14 avril 1970 | Lettre de McCartney à Allen Klein |
| 8 mai 1970 | Sortie de l’album Let It Be |
| 17 novembre 2003 | Let It Be… Naked, avec la prise du 31 janvier 1969 |
| Novembre 2021 | The Beatles: Get Back sur Disney+ |
| Mai 2024 | Le film Let It Be restauré sur Disney+ |
| 25 août 2026 | Fender annonce la réplique Custom Shop de la Bass VI des Beatles |
Questions fréquentes
John Lennon a-t-il joué de la basse dans les Beatles ?
Oui, mais rarement. Il a joué d’une Fender Bass VI à six cordes sur quelques titres enregistrés entre juillet 1968 et janvier 1969, lorsque Paul McCartney était au piano, à la guitare ou à la batterie.
Sur quelles chansons John Lennon joue-t-il de la basse ?
Les ouvrages de référence retiennent Helter Skelter, Rocky Raccoon, Back in the U.S.S.R., Dig It et The Long and Winding Road. Il tient aussi la basse lors de la prise filmée de Let It Be, mais sa partie a été remplacée sur les versions publiées.
Qu’est-ce que la Fender Bass VI ?
Une basse à six cordes lancée par Fender en 1961, accordée comme une guitare mais une octave plus bas, avec un diapason court de 30 pouces. Elle permet à un guitariste de jouer la basse sans changer de technique.
Pourquoi la basse de The Long and Winding Road est-elle critiquée ?
Sur la prise du 26 janvier 1969, retenue pour l’album, Lennon commet plusieurs erreurs. Le critique Ian MacDonald a jugé que cette partie “équivalait à un sabotage” une fois présentée comme un travail achevé, et Phil Spector a dit avoir ajouté l’orchestre en partie pour la masquer.
Lennon joue-t-il la basse sur le concert du toit ?
Non. Lors du concert du 30 janvier 1969 sur le toit d’Apple, Paul McCartney joue sa basse Höfner et John Lennon la guitare.
Qui d’autre que Paul McCartney a joué la basse chez les Beatles ?
George Harrison, sur She Said She Said en 1966, sur Golden Slumbers et Carry That Weight en 1969 et dans le film promotionnel de Hey Jude, ainsi que John Lennon sur les titres cités plus haut.
Sources
- Fender Bass VI, Wikipedia.
- Fender unveils limited edition George Harrison Bass VI, Guitar World, août 2026.
- The Long and Winding Road, Wikipedia.
- Helter Skelter (song), Wikipedia.
- Back in the U.S.S.R., Wikipedia.
- Rocky Raccoon, Wikipedia.
- Let It Be (song), Wikipedia.
- Dig It (Beatles song), Wikipedia.
- She Said She Said, Wikipedia.
- Which five Beatles songs did John Lennon play bass on?, Far Out Magazine.
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