Commencée en Australie en marge du Grand Prix d’Adélaïde sous le titre Aussie Fab, coécrite avec Jeff Lynne, jouée avec Ringo Starr, When We Was Fab (1988) est le pastiche affectueux des Beatles de 1967 par George Harrison. Genèse, enregistrement à Friar Park, références, déclarations datées, clip de Godley et Creme, classements et correctifs : l’enquête complète.
Douze jours en août-septembre 1968 : pourquoi Ringo Starr a quitté les Beatles, ce que les trois autres ont enregistré sans lui, le télégramme, les fleurs de George Harrison et sa vraie rentrée.
Paul McCartney a créé la surprise il y a quelques jours, en se promenant en voiture dans Liverpool.
Il y a des albums qui se présentent comme des monuments, et d’autres qui finissent par le devenir précisément parce qu’ils refusent d’en avoir l’air. Le White Album appartient à cette seconde famille : une pochette blanche presque muette, trente chansons jetées dans le même brasier, quatre Beatles qui ne regardent déjà plus exactement dans la même direction, et pourtant une force collective encore assez puissante pour transformer la dispersion en chef-d’œuvre. Après Sgt. Pepper, le groupe aurait pu refaire la parade psychédélique, empiler les couleurs, consolider sa légende. Il choisit au contraire de tout retirer, de laisser les murs apparents, les nerfs visibles, les chansons bancales côtoyer les sommets absolus. C’est peut-être pour cela que ce double album continue de fasciner plus que les œuvres trop parfaites : il ne se laisse pas ranger. On y trouve la grâce de Blackbird, la douleur nue de Julia, le fracas de Helter Skelter, la noblesse blessée de While My Guitar Gently Weeps, le cauchemar sonore de Revolution 9 et cette tendresse étrange qui survit même au milieu des ruines. Le White Album n’est pas seulement un disque des Beatles. C’est une ville entière, avec ses avenues, ses caves, ses chambres fermées, ses éclats de rire et ses fantômes. Un album trop long, trop libre, trop contradictoire — donc absolument vivant.
On a souvent tendance à ranger “Glass Onion” parmi les morceaux mineurs du White Album, comme une plaisanterie de plus lancée par John Lennon au milieu du grand désordre créatif de 1968. Ce serait pourtant passer à côté de ce qui fait toute la beauté étrange de la chanson. Sous ses airs de jeu de piste moqueur, ce titre bref et nerveux dit beaucoup plus qu’il ne prétend. Lennon y règle certes ses comptes avec les chasseurs de messages cachés, ces décodeurs acharnés qui cherchaient dans chaque mot des Beatles une vérité ésotérique. Mais il y glisse aussi autre chose : un trouble, une lassitude, une ironie plus sombre qu’il n’y paraît, et peut-être même l’aveu détourné d’un éloignement déjà entamé avec Paul McCartney. En deux minutes à peine, “Glass Onion” résume ainsi une bonne part de la tension du White Album : un disque encore incandescent, encore collectif, mais déjà traversé de fissures. Derrière les références à “Strawberry Fields Forever”, “The Fool On The Hill” ou “I Am The Walrus”, Lennon brouille les pistes, sabote sa propre légende et transforme le mythe Beatles en galerie de glaces. Une chanson à la fois drôle, sèche, cruelle et bouleversante, où l’art du faux indice finit par révéler une vérité bien réelle.
Troisième piste du White Album, « Glass Onion » est une chanson malicieuse où John Lennon s’amuse à truffer ses paroles de références à d’autres morceaux des Beatles. Jeu de miroirs, fausses pistes et allusions cryptées composent ce titre ironique et rythmé, né d’un désir de tourner en dérision les fans obsédés par les lectures à clés. Derrière sa durée brève (2’17), le morceau révèle une richesse d’arrangements (flûte, cordes, effets sonores), une rythmique nerveuse et un humour acide, tout en marquant le retour de Ringo Starr à la batterie.
George Harrison considérait John Lennon comme l’auteur des meilleures chansons des Beatles, citant « I Am the Walrus », « Glass Onion » ou « Strawberry Fields Forever ». À travers cette admiration sincère, il révèle son propre chemin d’auteur, de « Don’t Bother Me » à « Something ». Cette reconnaissance entre deux géants des Beatles éclaire une alchimie unique et montre comment l’expérimentation de Lennon a influencé Harrison dans sa quête musicale.
Dans « Glass Onion », John Lennon tourne en dérision les fans qui surinterprètent les paroles des Beatles. Parue en 1968 sur l’Album Blanc, la chanson regorge de références à d’autres titres du groupe, mais c’est un piège volontaire. Lennon y glisse des fausses pistes, notamment la fameuse phrase « le morse, c’était Paul », relançant les spéculations. Cette ironie cache pourtant une note personnelle, presque un adieu masqué à McCartney. Plus qu’un délire cryptique, « Glass Onion » est une œuvre ambivalente, où sincérité et provocation se répondent, reflétant les tensions et la désunion croissante du groupe à la fin des années 1960.
Jeff Lynne, fondateur d’Electric Light Orchestra (ELO), est l’un des musiciens ayant le mieux assimilé l’influence des Beatles sans tomber dans l’imitation. Admirateur du groupe depuis son adolescence, il a façonné son propre style en mêlant rock et orchestrations sophistiquées. Collaborateur de George Harrison, il a produit Cloud Nine et cofondé les Traveling Wilburys. En 1995, il devient un acteur clé du projet Anthology, produisant Free as a Bird et Real Love. Véritable héritier du son Beatles, Lynne perpétue leur influence avec modernité et respect.
« Glass Onion », morceau phare de l’album The Beatles (1968), reflète l’humour espiègle de John Lennon face aux surinterprétations des fans. La chanson multiplie les allusions à des titres emblématiques comme « I Am The Walrus » ou « Strawberry Fields Forever », tout en jouant sur la symbolique et la légende Beatles. À travers des références subtiles et des paroles énigmatiques, Lennon brouille volontairement les pistes, mêlant nostalgie et autodérision. Ce titre, à la fois réflexion sur le passé et satire des analyses, illustre la complexité artistique des Fab Four.












