Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

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Making of Zoom In (2021) : les séances de Ringo filmées pendant la pandémie

Douze minutes d’images de travail et de rencontres musicales en pleine pandémie.

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Sommaire de cette étude (9 sections)
  1. Un film de douze minutes dans l’atelier privé de Ringo
  2. Avril à octobre 2020 : les séances, mars 2021 : leur récit
  3. « Here’s to the Nights » occupe le cœur du film
  4. Cinq morceaux, cinq petits récits de fabrication
  5. Un documentaire de fabrication n’est pas une preuve de simultanéité
  6. Le studio comme scène et comme autoportrait
  7. Crédits audiovisuels : ne pas confondre avec la production du disque
  8. Un film de la pandémie sans prétendre tout raconter
  9. Sources et vérifications
Pochette de Zoom In (2021), distincte des prises du documentaire consacré à l'EP.
Pochette de Zoom In (2021), distincte des prises du documentaire consacré à l’EP.

Un film de douze minutes dans l’atelier privé de Ringo

Le 22 mars 2021, la chaîne officielle de Ringo Starr publie The Making of the Zoom In EP!, court documentaire montrant la création des cinq chansons d’un disque enregistré pendant la pandémie. Le film dure environ douze minutes selon le compte rendu contemporain d’ABC Audio, repris par plusieurs radios américaines. Il se distingue clairement du clip « Here’s to the Nights » : au lieu de bâtir une réunion d’artistes séparés par des images synchronisées, il invite le spectateur dans les situations de travail et les échanges liés aux séances.

Cette différence justifie une notice autonome. Le film ne se contente pas d’annoncer l’EP ; il construit une image de Ringo comme organisateur d’un groupe changeant, interlocuteur de ses amis et témoin de sa propre pratique. Les images du studio deviennent un récit de production, même si toutes les étapes de l’enregistrement n’y figurent pas.

Avril à octobre 2020 : les séances, mars 2021 : leur récit

Zoom In est enregistré dans le studio domestique de Ringo à Los Angeles entre avril et octobre 2020. La publication de l’EP intervient le 19 mars 2021 ; le film apparaît trois jours plus tard sur la chaîne officielle. Une prise de vue réalisée pendant l’enregistrement et une compilation montée pour la sortie n’appartiennent donc pas au même moment historique. La première documente une activité de 2020, la seconde est une œuvre audiovisuelle diffusée en 2021.

Le label précise que certaines contributions sont effectuées dans le respect des précautions sanitaires et que d’autres arrivent à distance. Cela ne signifie pas que tous les invités visibles dans un film ont participé à une séance commune, ni qu’une image de vidéoconférence résume l’ensemble des échanges. La pandémie fournit le contexte, mais l’étude doit prendre garde à ne pas transformer chaque image en preuve d’une méthode unique de travail.

« Here’s to the Nights » occupe le cœur du film

Les comptes rendus décrivent une place particulièrement importante accordée au premier single, « Here’s to the Nights », écrit par Diane Warren. Le film montre Ringo commentant la tonalité de la chanson et saluant le travail de Benmont Tench pour l’adapter à sa voix. Cette anecdote explique, avec humour, un problème concret d’interprétation : une chanson réussie sur le papier doit encore être chantable par la personne qui l’enregistre.

Dave Grohl et Ben Harper apparaissent également dans les séquences liées au morceau. Il faut néanmoins distinguer les personnalités dont la participation sonore est attestée par le disque et celles que le documentaire montre effectivement. Une liste de choristes ne devient pas mécaniquement une distribution de film.

Cinq morceaux, cinq petits récits de fabrication

Après la séquence principale, Ringo aborde « Zoom In Zoom Out », « Waiting for the Tide to Turn », « Teach Me to Tango » et « Not Enough Love in the World ». Cette progression suit approximativement l’organisation du disque et permet d’attribuer à chaque chanson un temps de commentaire. Le film est donc un montage éditorial, et non une captation en continu d’une journée complète d’enregistrement.

La séquence reggae de « Waiting for the Tide to Turn » met notamment en avant Tony Chin, guitariste lié à l’histoire du reggae. Celle de « Teach Me to Tango » évoque le travail de Sam Hollander. On comprend que le studio de Ringo n’est pas un lieu isolé : c’est un point de rencontre où des traditions musicales diverses peuvent entrer dans un même projet.

Un documentaire de fabrication n’est pas une preuve de simultanéité

Les spectateurs associent naturellement le geste filmé et le son entendu. Pourtant, un musicien peut être montré en train de jouer lors d’une prise différente de celle retenue dans le mixage final. Les commentaires de Ringo peuvent être enregistrés après les séances auxquelles ils se rapportent. Une coupe peut rapprocher deux personnes filmées à des jours différents. Aucune de ces méthodes ne retire sa valeur au film, mais elles compliquent le statut de preuve que l’on veut lui donner.

Il faudrait comparer les rushes, les dates de session et les documents de montage pour distinguer les prises contemporaines, les démonstrations et les entretiens rétrospectifs. Les sources accessibles confirment l’existence du documentaire et décrivent plusieurs séquences ; elles ne fournissent pas les feuilles de tournage. Le vocabulaire critique doit préserver cette différence.

Le studio comme scène et comme autoportrait

Ringo a participé à de nombreux films de fiction et documentaires, mais les images de studio occupent un endroit à part. Elles le montrent moins comme vedette offerte à l’admiration que comme praticien qui écoute, discute, plaisante, accepte des idées et joue de la batterie. Le lieu privé devient un espace semi-public dès que la caméra y entre et que les plans sont diffusés sur la chaîne de l’artiste.

Cette apparente intimité est construite par un montage et un choix de scènes. Les moments de plaisanterie donnent de la chaleur ; les gestes sur les instruments fournissent des preuves d’activité ; les paroles de Ringo relient les séquences. C’est un portrait au travail plutôt qu’une simple visite immobilière de son studio.

Crédits audiovisuels : ne pas confondre avec la production du disque

Le communiqué musical attribue la production de l’EP à Ringo et plusieurs collaborations à des musiciens, auteurs et ingénieurs connus. La documentation consultée n’identifie pas suffisamment les responsables de réalisation, photographie et montage du documentaire de douze minutes. Il serait donc faux de placer automatiquement Bruce Sugar ou Sam Hollander dans ces fonctions parce qu’ils apparaissent au générique de morceaux.

La vidéothèque officielle fournit un titre d’œuvre et une date de publication ; les articles de mars 2021 précisent sa durée et sa construction. Les crédits d’image restent à rechercher dans la copie originale, les fichiers de la société productrice et les éventuels écrans de fin. Cette méthode permet de donner à un « making-of » la même rigueur qu’à un vidéoclip narratif.

Un film de la pandémie sans prétendre tout raconter

Le documentaire appartient à la mémoire d’une période où les collaborations à distance et la présence au studio devaient être négociées avec soin. Mais il ne fonctionne pas comme un reportage médical ou social. Son objectif est de présenter cinq chansons et les personnes qui les ont rendues possibles. Ce choix lui donne sa force et sa limite : la caméra enregistre une aventure musicale, pas toutes les conditions de vie de 2020.

Son intérêt pour l’histoire visuelle de Ringo vient de la relation entre création musicale et production d’images. À quelques mois du clip collaboratif « Let’s Change the World », il montre déjà le studio comme lieu de dialogue intergénérationnel. En le conservant comme film distinct, l’encyclopédie évite que les coulisses d’une œuvre disparaissent derrière sa seule version commerciale.

Sources et vérifications