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(Prochainement disponible)
Écrit par : T Bone Burnett
Enregistré : 2024
Producteurs : T Bone Burnett, Daniel Tashian, Bruce Sugar
Sortie : 10 janvier 2025
Disponible sur :
Look Up
Ringo Starr : chant, batterie
Molly Tuttle : chant, guitare acoustique
T Bone Burnett : guitare électrique
Dennis Crouch : contrebasse
« Can You Hear Me Call », que l’on peut traduire naturellement par « Est-ce que tu m’entends t’appeler ? », est la septième chanson du 21e album studio solo de Ringo Starr, Look Up, paru en 2025.
Avec « Look Up », « I Live For Your Love » et « String Theory », elle est l’une des quatre chansons de l’album auxquelles participe la musicienne de bluegrass Molly Tuttle.
« Can You Hear Me Call » a été écrite par T Bone Burnett, également coproducteur de Look Up. Burnett a écrit ou coécrit l’essentiel de l’album, une seule chanson du disque n’étant pas de sa composition.
« Can You Hear Me Call » repose sur l’une des associations les plus intéressantes de Look Up : celle de Ringo Starr et Molly Tuttle. Loin d’être cantonnée à un simple rôle d’invitée, la musicienne américaine intervient ici au chant et à la guitare acoustique, créant avec Starr un véritable dialogue vocal.
Cette configuration convient particulièrement bien au titre de la chanson. « Can You Hear Me Call? » — « Est-ce que tu m’entends t’appeler ? » — implique déjà l’existence d’un interlocuteur, d’une personne que l’on cherche à atteindre. La présence de deux voix donne donc au morceau une dimension presque narrative : l’appel n’est plus lancé dans le vide, il semble appartenir à une conversation entre deux êtres séparés par une distance émotionnelle ou physique.
La chanson se situe ainsi au croisement de plusieurs thèmes qui parcourent Look Up : l’amour, l’absence, la fidélité et le besoin de maintenir un lien malgré l’éloignement.
Le titre peut se traduire littéralement par « Peux-tu m’entendre appeler ? », mais « Est-ce que tu m’entends t’appeler ? » rend mieux en français l’idée d’une personne cherchant précisément à joindre quelqu’un.
Le verbe « call » possède en anglais une ambiguïté utile. Il peut signifier appeler quelqu’un par la voix, l’interpeller à distance ou simplement tenter d’attirer son attention. Dans le cadre d’une chanson country, cette simplicité laisse une grande place à l’interprétation.
L’appel peut être celui d’un amoureux vers la personne qu’il a perdue, celui d’un être éloigné qui espère encore être entendu, ou plus largement la tentative de préserver un lien qui menace de disparaître.
Cette ouverture donne au morceau une portée universelle.
Molly Tuttle joue un rôle central dans plusieurs chansons de Look Up, mais « Can You Hear Me Call » permet particulièrement bien de mesurer ce qu’elle apporte à l’album.
Sa voix claire contraste avec celle de Ringo Starr, plus grave et marquée par l’âge. Cette différence de timbre crée une complémentarité naturelle.
Ringo n’essaie pas de rivaliser techniquement avec elle. Leur association fonctionne précisément parce que leurs voix racontent deux histoires différentes : celle d’un artiste qui possède plus de six décennies de carrière discographique et celle d’une musicienne qui appartient à la nouvelle génération du bluegrass américain.
Ce contraste générationnel devient l’une des signatures de Look Up.
Les crédits de « Can You Hear Me Call » sont remarquablement courts.
Ringo Starr assure le chant et la batterie. Molly Tuttle chante et joue de la guitare acoustique. T Bone Burnett tient la guitare électrique et Dennis Crouch la contrebasse.
Quatre musiciens seulement sont crédités.
Cette économie instrumentale est significative. Là où une production pop contemporaine pourrait multiplier les couches de guitares, claviers, programmations et chœurs, « Can You Hear Me Call » choisit l’espace et la sobriété.
Chaque instrument possède ainsi une fonction clairement identifiable.
La guitare acoustique apporte l’assise folk et country. La contrebasse de Dennis Crouch donne au morceau sa profondeur. La guitare électrique de Burnett apporte quelques nuances supplémentaires sans envahir l’arrangement. Et la batterie de Ringo maintient le mouvement avec la retenue qui caractérise depuis toujours son jeu.
« Can You Hear Me Call » permet également de retrouver Ringo Starr dans son rôle historique de batteur.
Depuis les Beatles, son jeu repose rarement sur la démonstration. Sa force réside dans sa capacité à servir la chanson, à installer un rythme immédiatement identifiable et à éviter les interventions inutiles.
Cette conception de la batterie convient parfaitement à la musique roots de Look Up.
Sur un morceau aussi dépouillé, chaque coup de batterie possède davantage de poids. Il n’existe pas de production massive derrière laquelle se dissimuler : le rythme doit respirer avec les guitares, la contrebasse et les voix.
C’est précisément le terrain sur lequel Ringo a toujours été particulièrement à l’aise.
Avec « Can You Hear Me Call », la domination créative de T Bone Burnett sur Look Up apparaît une nouvelle fois évidente.
Burnett ne se contente pas de produire l’album. Il en écrit ou coécrit presque tous les morceaux et participe directement aux sessions comme musicien.
Son rôle consiste surtout à replacer Ringo Starr dans un univers qui correspond profondément à ses goûts musicaux.
Au lieu de tenter de fabriquer un disque « moderne » au sens commercial du terme, Burnett choisit les racines : country, bluegrass, folk et Americana.
Cette direction peut sembler rétrograde au premier abord, mais elle possède en réalité une véritable logique historique.
La rencontre entre Ringo Starr et Molly Tuttle symbolise particulièrement bien la philosophie de Look Up.
Ringo a découvert la country américaine lorsqu’il était encore adolescent à Liverpool, bien avant les Beatles. Molly Tuttle appartient quant à elle à une génération d’artistes qui ont redonné au bluegrass une visibilité importante au XXIe siècle.
Plus de cinquante ans séparent leurs parcours artistiques, mais ils se retrouvent autour d’un même langage musical.
C’est précisément ce qui empêche Look Up de devenir un album purement nostalgique.
Ringo ne cherche pas simplement à reproduire la musique country qu’il écoutait dans les années 1950. Il la fait dialoguer avec des artistes qui continuent aujourd’hui à la transformer.
Le thème contenu dans le titre de « Can You Hear Me Call » possède une résonance particulière.
Demander « Est-ce que tu m’entends t’appeler ? » suppose qu’une distance existe déjà.
Cette distance peut être physique, sentimentale ou symbolique.
La question contient également une incertitude : celui qui appelle ne sait pas si son message atteint encore l’autre personne.
C’est ce doute qui donne au titre sa force émotionnelle.
Dans une chanson country, le manque et l’éloignement constituent des thèmes presque fondateurs. Depuis les débuts du genre, les chansons racontent des départs, des voyages, des ruptures, des attentes et des tentatives de renouer des relations.
« Can You Hear Me Call » s’inscrit naturellement dans cette tradition.
Placée après « Come Back », « Can You Hear Me Call » forme presque une continuité narrative avec le morceau précédent.
« Come Back » exprimait une demande directe : « Reviens ».
« Can You Hear Me Call » pose désormais la question : « Est-ce que tu m’entends t’appeler ? »
Cette succession donne à la partie centrale de Look Up une cohérence émotionnelle intéressante. Plusieurs morceaux semblent tourner autour d’une même idée : comment préserver une relation lorsque le temps, la distance ou la vie ont installé une séparation ?
À travers cette approche, l’album dépasse son simple statut de disque country.
Les instruments traditionnels sont importants, mais ils servent avant tout des thèmes humains universels.
Comme sur plusieurs morceaux de Look Up, l’âge de Ringo modifie naturellement la perception du texte.
Lorsqu’un artiste de 84 ans demande si quelqu’un peut encore l’entendre appeler, il est difficile pour l’auditeur de ne pas percevoir une dimension supplémentaire.
Cela ne signifie pas que la chanson parle de la vieillesse ou de la disparition. Il serait excessif de lui imposer une telle lecture.
Mais l’histoire personnelle de Starr accompagne inévitablement son interprétation.
Sa voix porte avec elle Liverpool, les Beatles, John Lennon, George Harrison, des décennies de tournées et une carrière qui traverse pratiquement toute l’histoire moderne du rock.
Cette mémoire collective donne aux paroles les plus simples une densité inhabituelle.
L’une des réussites de « Can You Hear Me Call » tient justement au fait que T Bone Burnett ne surcharge pas l’enregistrement.
L’arrangement reste suffisamment discret pour permettre au dialogue vocal entre Ringo Starr et Molly Tuttle de demeurer au centre.
C’est une approche particulièrement adaptée à une chanson fondée sur l’idée d’appel et de réponse.
La production ne cherche jamais à impressionner. Elle laisse entendre les individus.
Dans le contexte de Look Up, ce choix devient presque une philosophie : revenir à une époque où une chanson pouvait reposer essentiellement sur quelques musiciens, une mélodie et des voix capables de transmettre une émotion.
La présence de Molly Tuttle donne enfin à la chanson une dimension de transmission.
Ringo Starr appartient à une génération qui a découvert la country américaine depuis l’Angleterre des années 1950 avant de participer quelques années plus tard à une révolution mondiale de la musique populaire.
Tuttle appartient à une époque où ces traditions ont été assimilées, renouvelées et diffusées auprès d’un nouveau public.
Les entendre ensemble montre que la musique de Look Up n’appartient pas uniquement au passé.
Elle constitue au contraire un langage toujours vivant.
Et c’est peut-être le sens le plus intéressant que l’on puisse donner à « Can You Hear Me Call » : un musicien qui joue depuis plus de soixante ans lance encore son appel, et une nouvelle génération lui répond.
In the morning
When I call your name
In the morning
When I call your name
When I call your name, when I call your name
In the morning

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