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Yellow-Sub.net · Trompette et sections de cuivres · 1974

Ringo Starr et Steve Madaio : des cuivres de Goodnight Vienna au solo de All by Myself

Cinq chansons de 1974 : quatre interventions de section et un solo de trompette qu’il faut conserver comme crédit individuel.

Les arrangements de cuivres de Goodnight Vienna, publié en 1974, occupent une place essentielle dans la couleur de l’album de Ringo Starr. Leurs interprètes constituent une équipe souvent citée collectivement, mais les crédits par chanson permettent de distinguer des fonctions que les index discographiques amalgament parfois. Steve Madaio apparaît parmi les vents sur quatre titres et se voit attribuer un solo de trompette sur « All by Myself ». Ce dernier crédit est particulièrement important : il ne se limite pas à une présence dans une section ; il individualise la prestation d’un instrumentiste.

La contribution de Madaio n’est pas celle de Trevor Lawrence, responsable de plusieurs arrangements de cuivres. Elle n’est pas davantage celle de Bobby Keys, associé à de nombreux morceaux comme membre des sections. L’objectif de cette étude est de conserver les cinq participations documentées de Madaio à leur juste niveau, sans lui attribuer toutes les chansons de Goodnight Vienna, sans compter la reprise du thème final comme un nouvel enregistrement et sans transformer un crédit générique « horns » en un solo de trompette lorsqu’aucune source ne l’établit.

Le travail de section : de la partition à la prise enregistrée

Steve Madaio fait partie des instrumentistes de cuivres travaillant dans les studios américains de l’époque. La documentation de Goodnight Vienna l’associe, selon les chansons, à Bobby Keys, Trevor Lawrence, Lou McCreery et Chuck Findley. Il faut différencier une liste de personnes créditées sous la rubrique « horns » des identifications plus précises, par exemple « trumpet solo ». Le premier libellé atteste une intervention dans un ensemble de cuivres ; le second désigne explicitement une prestation de trompette mise en avant.

Une section de cuivres peut être enregistrée pour colorer un refrain, introduire un morceau, répondre au chant ou ponctuer une phrase musicale. L’arrangement indique les rôles écrits pour l’ensemble, mais la présence du nom de Madaio ne suffit pas à lui attribuer personnellement chaque intervention entendue. À l’inverse, lorsque le livret et les relevés de crédits mentionnent un solo, cette spécificité doit être conservée. Les données des albums et des masters doivent donc utiliser une terminologie assez précise pour faire apparaître les différences entre les tâches.

Les chansons de l’album de Ringo ne partagent pas toutes la même équipe instrumentale. Les productions de Richard Perry réunissent des musiciens selon les besoins du morceau, et les sections de vents peuvent changer de composition d’un titre à l’autre. Il serait trompeur de considérer Madaio comme un membre permanent d’un groupe accompagnateur de Ringo et d’étendre sa présence aux ballades ou aux prises qui ne le mentionnent pas. Son activité s’analyse à partir des titres où le crédit est conservé.

« (It’s All Down to) Goodnight Vienna » : aux cuivres d’une chanson de John Lennon

La chanson-titre de l’album a été écrite par John Lennon pour Ringo Starr. Le personnel de l’enregistrement associe Lennon au piano, Billy Preston au clavinet, Ringo et Jim Keltner aux batteries, Jesse Ed Davis et Lon Van Eaton aux guitares, ainsi que des choristes. Les cuivres comprennent notamment Bobby Keys, Lon Van Eaton, Trevor Lawrence et Steve Madaio. Lawrence est crédité comme arrangeur de la section. Madaio doit donc être cité parmi ses exécutants, sans recevoir le crédit d’arrangeur qui appartient à Lawrence.

Les enregistrements de la chanson-titre comportent plusieurs étapes de l’été 1974. Les notices de MusicBrainz les situent entre août et septembre, mais cette plage ne suffit pas à déterminer le jour exact de l’intervention de Madaio. La production suit un processus d’ajouts successifs, et la date de l’enregistrement de base n’est pas nécessairement celle des cuivres. Le recours à un instrumentiste de section n’autorise pas davantage à affirmer qu’il aurait assisté à toutes les séances conduites par Lennon ou par Richard Perry.

L’album comporte aussi une reprise finale du thème « Goodnight Vienna ». Cette disposition du programme ne doit pas automatiquement être décomptée comme une seconde séance de trompette. Il faut comparer les masters ou consulter leurs crédits spécifiques pour établir l’existence éventuelle d’une intervention distincte. Le simple retour de la mélodie à la fin du disque ne constitue pas une preuve suffisante.

« Occapella » : un arrangement de cuivres pour une reprise d’Allen Toussaint

Deuxième chanson du programme original, « Occapella » est une composition d’Allen Toussaint. Ringo l’interprète avec une équipe associant notamment Dr. John au piano électrique, Jesse Ed Davis et Lon Van Eaton aux guitares, Klaus Voormann à la basse et les deux batteurs Ringo Starr et Jim Keltner. Le pupitre de cuivres est composé de Bobby Keys, Trevor Lawrence, Lou McCreery et Steve Madaio. L’arrangement est attribué à Lawrence. Il n’est donc pas correct d’assimiler Madaio à Toussaint comme auteur, à Lawrence comme arrangeur ou à Dr. John comme claviériste.

La présence de plusieurs vents sert une esthétique marquée par le rhythm and blues et les pratiques orchestrales du studio. L’intérêt de la fiche ne tient toutefois pas à une tentative d’identifier à l’oreille chaque note de Madaio ; elle consiste à restituer précisément les personnes créditées et leur fonction. Le timbre d’une trompette pourrait se prêter à des hypothèses d’écoute, mais le terme collectif « horns » ne permet pas de convertir chaque hypothèse en attribution nominative.

Les relevés de sessions associent la chanson à des travaux commencés le 30 mai 1974 et prolongés jusqu’en septembre. La présence du nom de Madaio dans les crédits du master ne fournit pas le registre individuel de ses venues au studio. Un inventaire des sessions doit garder ces deux niveaux de preuve séparés, surtout lorsque les enregistrements comportent plusieurs étapes de réenregistrement et d’overdub.

« Oo-Wee » : même équipe de vents, autre composition

« Oo-Wee » est une chanson de Ringo Starr et Vini Poncia. Elle réunit une section rythmique où Ringo et Jim Keltner tiennent les batteries, Klaus Voormann la basse, Dr. John le piano et Dennis Coffey la guitare. Les cuivres sont crédités à Bobby Keys, Trevor Lawrence, Lou McCreery et Steve Madaio, comme sur « Occapella », et Lawrence assure leur arrangement. Cette ressemblance de personnel ne signifie pas que les deux chansons ont été enregistrées au même moment ou qu’elles utilisent exactement les mêmes figures instrumentales.

Le crédit de Madaio est ici celui d’un membre du pupitre. Aucun élément du générique cité n’autorise à isoler un solo comparable à celui qui lui est attribué sur « All by Myself ». La conservation des libellés d’origine permet de ne pas aplatir les différences musicales et documentaires entre les deux morceaux. Les sections jouent au service d’une chanson signée Ringo et Poncia, et les responsabilités de composition et d’arrangement restent séparées.

Le morceau figure sur l’album de 1974 et dans des éditions ultérieures de son programme. Cette circulation ne représente pas plusieurs collaborations distinctes pour Madaio. Les travaux du master, datés de l’été 1974, doivent être comptés une seule fois dans le répertoire des participations tant qu’aucune prise indépendante du même instrumentiste n’est démontrée.

« Snookeroo » : Elton John, Bernie Taupin et un pupitre réuni pour le morceau

« Snookeroo » est l’une des chansons les plus singulières de Goodnight Vienna, puisqu’elle est écrite par Elton John et Bernie Taupin. Elton John joue du piano sur la version de Ringo. Robbie Robertson est crédité à la guitare, James Newton Howard au synthétiseur, Klaus Voormann à la basse et Ringo ainsi que Jim Keltner aux batteries. Dans les vents, Steve Madaio figure aux côtés de Chuck Findley, Bobby Keys et Trevor Lawrence. La présence de Findley marque une différence par rapport aux pupitres de « Occapella » et « Oo-Wee ».

L’arrangement des cuivres est encore attribué à Lawrence. La distinction entre ce travail et l’intervention de Madaio est une donnée centrale : le premier organise les parties du pupitre, le second appartient à l’équipe qui les interprète. Les auteurs Elton John et Taupin ne doivent pas être ajoutés au personnel des vents, pas plus que le compositeur ou le pianiste ne devient automatiquement producteur de l’enregistrement. Richard Perry reste le producteur de l’album.

La chanson paraît également en single au Royaume-Uni en février 1975, après sa publication sur le LP. Il ne s’agit pas d’un nouveau master de 1975 joué par Madaio du seul fait de cette sortie. Pour conserver une chronologie exacte, il faut distinguer la session de l’été 1974 du support commercial de l’année suivante, puis rattacher les éventuels pressages territoriaux à la même bande jusqu’à preuve d’une version différente.

« All by Myself » : le solo de trompette qui distingue Steve Madaio

Sur « All by Myself », chanson de Ringo Starr et Vini Poncia, la documentation passe du crédit général de section à une attribution plus précise : « trumpet solo » pour Steve Madaio. Le personnel de l’enregistrement comporte les batteries de Ringo et Jim Keltner, la basse de Klaus Voormann, les guitares de John Lennon et Alvin Robinson, ainsi que le piano de Dr. John. Les cuivres réunissent Bobby Keys, Trevor Lawrence et Lou McCreery ; Madaio est nommé pour la partie soliste de trompette. Le travail d’arrangement demeure associé à Lawrence.

Il est important de ne pas fusionner « horn section » et « trumpet solo » dans un seul champ. La fiche doit conserver la présence des membres du pupitre et nommer séparément celui qui est identifié pour l’intervention soliste. Si une indexation simplifiée range tous les instruments sous « cuivres », le contenu principal doit garder la précision « trompette soliste ». Cette granularité est utile aux lecteurs comme aux chercheurs qui suivent la carrière de Madaio hors de ses emplois d’ensemble.

La période de production du master se situe, selon les relevés MusicBrainz, entre le 8 août et la mi-septembre 1974. Cette plage de dates ne démontre pas quel jour le solo a été capté. On ne doit pas en déduire qu’il a été enregistré en présence physique de Lennon, dont la guitare peut relever d’une autre étape. Une reconstitution détaillée exige les documents de suivi des séances, différents des crédits publiés au niveau de l’enregistrement final.

La voix de Ringo s’entoure ici de plusieurs accompagnements vocaux, parmi lesquels Clydie King, Joe Greene, Linda Lawrence, Richard Perry et Vini Poncia. La présence du producteur parmi les chœurs illustre l’organisation souple de ces sessions, mais n’établit aucun lien direct avec la partie de trompette de Madaio. Les acteurs du même master accomplissent des tâches complémentaires ; une encyclopédie doit résister à la tentation de les transformer en une unique performance collective indifférenciée.

La singularité du solo de « All by Myself » parmi les cinq participations

Les crédits de Steve Madaio sur Goodnight Vienna ne sont pas tous de même nature. Sur « (It’s All Down to) Goodnight Vienna », « Occapella », « Oo-Wee » et « Snookeroo », il apparaît dans des contextes de section de cuivres où d’autres instrumentistes participent à la texture de l’ensemble. « All by Myself » se distingue par un crédit de solo de trompette. Dans une sessionographie critique, une partie soliste nommément attribuée possède une valeur documentaire différente d’une mention collective « horns » : la seconde établit la présence au sein du pupitre, tandis que la première permet d’identifier une intervention mise en avant sur le master.

Cette hiérarchie n’est pas un jugement artistique. Le travail de section exige précision d’attaque, cohérence d’intonation et respect de l’écriture orchestrale ; un solo attire simplement davantage l’attention de l’auditeur. Les arrangements de Trevor Lawrence constituent un autre niveau de contribution, qu’il ne faut pas attribuer à Madaio faute de crédit spécifique. L’inventaire doit conserver trois rubriques indépendantes : interprète du pupitre, soliste identifié et responsable de l’arrangement.

La diffusion de « Snookeroo » sur disque single, en album ou dans une compilation ne crée pas plusieurs performances de Madaio. De même, une variation de titre imprimé — par exemple l’abréviation de « (It’s All Down to) Goodnight Vienna » — ne correspond pas forcément à une nouvelle bande. Pour établir un dénombrement sûr, le critère déterminant reste l’identité de l’enregistrement publié plutôt que le nombre de supports commerciaux.

Cinq chansons de Steve Madaio : éviter la multiplication des crédits

Le bilan documentaire concerne cinq morceaux de l’album original de 1974 : « Goodnight Vienna », « Occapella », « Oo-Wee », « Snookeroo » et « All by Myself ». Sur les quatre premiers, Steve Madaio apparaît dans le personnel des cuivres ; sur le cinquième, un solo de trompette lui est attribué. Les autres titres de l’album ne doivent pas être ajoutés à cette liste sans nouvelle attestation. Même lorsqu’un livret de réédition donne une liste globale de musiciens, celle-ci ne saurait remplacer les crédits individualisés des masters.

Les sections comprennent des combinaisons variables de Bobby Keys, Lou McCreery, Chuck Findley, Lon Van Eaton et Trevor Lawrence. Les noms ne sont pas interchangeables : une section peut réunir des interprètes différents selon la chanson et contenir un instrument soliste identifié. Le rôle de l’arrangeur, en particulier, doit être conservé comme tâche distincte. Cette méthode protège la recherche contre deux erreurs fréquentes : compter une contribution sur tous les titres parce qu’un musicien figure au générique général, et décompter plusieurs sessions parce qu’une chanson a été publiée sur plusieurs supports.

En 1974, la variété des cuivres contribue à l’identité du disque, mais l’histoire de Steve Madaio ne peut être écrite en lui attribuant indistinctement tous les arrangements de l’album. La précision des crédits disponibles autorise une notice de collaborateur autonome qui complète les fiches de chansons sans leur disputer leur sujet principal. Elle laisse ouverte la possibilité d’un enrichissement futur si des journaux de studio ou des prises inédites fournissent des informations plus détaillées sur les instruments et les dates.

Accès aux fiches des cinq chansons