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Yellow-Sub.net · Percussions et marimba · 1973

Ringo Starr et Milt Holland : percussions et marimba sur trois chansons de Ringo (1973)

« Have You Seen My Baby », « Devil Woman » et « You and Me (Babe) » : trois masters, deux familles de crédits instrumentaux et une place singulière au sein des séances de Richard Perry.

La carrière de Ringo Starr est intimement liée à la batterie, mais l’étude de ses albums solo révèle aussi l’importance des percussionnistes de studio qui travaillent autour de lui. Sur Ringo, son disque de novembre 1973, le nom de Milt Holland apparaît sur trois chansons. Il est crédité aux percussions de « Have You Seen My Baby » et de « Devil Woman », puis au marimba sur « You and Me (Babe) ». Ces trois apparitions constituent un ensemble limité et clairement documenté, suffisamment riche pour raconter la diversité des pratiques musicales d’un album réputé avant tout pour les retrouvailles de ses invités célèbres.

L’activité de Holland ne saurait être réduite à une simple décoration rythmique. Ce percussionniste a travaillé dans les studios de Los Angeles sur des disques, des bandes originales et des programmes de télévision ; sa formation s’est nourrie de nombreuses traditions de percussion. Mais son parcours général ne doit pas être confondu avec les détails précis de ses interventions pour Ringo. Un crédit « percussion » ne désigne pas automatiquement des congas, des tablas ou des bongos. Lorsqu’une source ne précise pas l’instrument, la notice doit conserver cette incertitude. À l’inverse, le crédit « marimba » de « You and Me (Babe) » permet une attribution instrumentale beaucoup plus précise.

Milt Holland : le percussionniste qui élargit le langage de la section rythmique

Milt Holland, né en 1917 et disparu en 2005, est un musicien américain dont la longue carrière couvre le jazz, la chanson, les productions de studio et les musiques de film. Il apprend la batterie et les percussions au sein d’orchestres avant de travailler dans le milieu très actif des studios de Los Angeles. Son intérêt pour les musiques de l’Inde, notamment l’étude du tabla, et pour d’autres traditions rythmiques contribue à faire de lui un instrumentiste recherché. Ce profil explique sa faculté à passer d’un contexte musical à l’autre, mais il ne permet pas d’identifier sans preuve l’instrument qu’il emploie dans chaque chanson.

Dans les studios californiens, la place du percussionniste diffère de celle du batteur chargé de soutenir le tempo et l’architecture d’un morceau. Il peut renforcer certains accents, ajouter une contre-pulsation, proposer une couleur de timbre ou utiliser des instruments accordés. La construction d’une prise s’organise alors autour de plusieurs couches : batterie, basse, piano, guitares, cuivres et percussions. L’existence d’un crédit supplémentaire n’enlève rien à la prestation de Ringo, et une session rassemblant deux batteurs ne rend pas superflue l’intervention d’un spécialiste de percussions.

Le rôle de Richard Perry, producteur de l’album, est précisément de coordonner de tels ensembles au gré des compositions. Les chansons ne sont pas toutes enregistrées dans la même configuration. « Have You Seen My Baby » fait intervenir un guitariste et un pianiste invités ; « Devil Woman » associe des cuivres et deux batteries ; « You and Me (Babe) » possède une construction plus orchestrée. La capacité de Holland à intervenir dans ces trois contextes ne signifie pas qu’il ait joué sur les sept autres titres du programme de 1973.

« Have You Seen My Baby » : percussions auprès de Marc Bolan et James Booker

La deuxième chanson de l’album est une reprise de Randy Newman, également parfois imprimée sous le titre « Have You Seen My Baby (Hold On) » ou simplement « Hold On ». Sa distribution se distingue par deux personnalités : Marc Bolan, de T. Rex, à la guitare électrique et James Booker au piano. Klaus Voormann assure la basse ; Ringo et Jim Keltner sont crédités à la batterie ; Tom Scott contribue aux cuivres ; Milt Holland intervient aux percussions. La présence d’un pianiste au style très affirmé et d’un guitariste connu pour sa sonorité rock ne remplace donc pas les fonctions rythmiques assurées par les autres musiciens.

La documentation de l’enregistrement indique un début de séance le 5 mars 1973 à Sunset Sound Recorders, à Los Angeles. Des ajouts sont ensuite réalisés le 15 mai, puis le 11 juillet à Producers Workshop, avec une éventuelle étape ultérieure dans un autre studio. Cette succession ne prouve pas que Holland ait joué à chacune des dates. Elle situe la période de construction du master commercial, auquel son crédit de percussion est rattaché. Pour fixer la journée exacte d’enregistrement de sa partie, il faudrait un relevé de piste ou une feuille de séance identifiant le personnel présent.

Le fait que plusieurs premiers pressages utilisent « Hold On » est un point important pour le catalogage. Un changement de titre imprimé ne correspond pas à une nouvelle composition de Newman ni à une nouvelle partie de percussion. Il faut relier les variantes de libellé à la même œuvre et, lorsque les sources le confirment, au même master. Cette méthode évite la création de doublons et préserve la recherche par les différents titres sous lesquels les collectionneurs connaissent la chanson.

À l’écoute, les éléments rythmiques paraissent nombreux, mais une interprétation sonore seule ne permet pas d’isoler chaque percussion de Holland. Ringo et Keltner produisent déjà des frappes de batterie différentes ; les parties de cuivres accentuent elles aussi certains temps. Une analyse de timbre peut formuler des hypothèses, pas dresser un inventaire technique des instruments joués par Holland sans la bande multipiste ou les notes de studio.

« Devil Woman » : une seconde intervention au sein des deux batteries

« Devil Woman », écrite par Ringo Starr et Vini Poncia, constitue le neuvième titre du programme original. Les crédits associent Ringo au chant et à la batterie, Jim Keltner à une seconde batterie, Klaus Voormann à la basse, Jimmy Calvert à la guitare et Tom Hensley au piano. Tom Scott et Chuck Findley figurent aux cuivres, dont Scott signe l’arrangement ; Milt Holland est crédité aux percussions. Les chœurs de Richard Perry et de Klaus Voormann montrent encore combien la frontière entre équipe technique, instrumentistes et interprètes vocaux peut devenir poreuse dans ce type de production.

Holland rejoint ici une section rythmique déjà particulièrement fournie. Ses percussions doivent être étudiées sans les confondre avec les batteries de Ringo et de Keltner. Les termes du livret ne permettent pas d’affirmer qu’il aurait joué un instrument identifié dans une mesure particulière, ni de lui attribuer les solos de cuivres. Le travail de Scott sur les arrangements et celui de Hensley au piano sont des fonctions différentes. Une fiche de master suffisamment précise doit pouvoir faire apparaître ces noms ensemble tout en conservant une attribution propre à chacun.

Les séances connues débutent le 8 mars 1973 à Sunset Sound ; une étape ultérieure est documentée le 11 juillet à Producers Workshop. Il faut distinguer ces dates de la sortie du LP et des diverses rééditions. La présence de Holland sur le master est attestée au niveau du générique de personnel ; la date précise de sa prise isolée demeure non établie par les données consultées. Transformer l’intervalle mars-juillet en une présence quotidienne serait aussi fautif que dater l’enregistrement d’une édition numérique publiée plusieurs décennies plus tard.

« Devil Woman » apparaît également dans certains programmes de singles et de compilations. Le déplacement d’un master entre supports n’implique pas une nouvelle séance instrumentale. C’est particulièrement important pour une encyclopédie de Ringo : un site qui décompterait une collaboration de Holland à chaque impression du 45-tours aboutirait à une discographie artificiellement gonflée.

« You and Me (Babe) » : le marimba identifié de la chanson finale

La troisième intervention de Milt Holland est d’une autre nature. Sur « You and Me (Babe) », dernière chanson de Ringo, son instrument est explicitement désigné : le marimba. Il s’agit d’un instrument de percussion à lames accordées qui appartient à une tradition sonore différente de celle d’une batterie ou d’un simple accessoire rythmique. Il peut produire des hauteurs et des lignes mélodiques, ce qui élargit le vocabulaire de l’arrangement. Le crédit permet donc d’être beaucoup plus précis que sur les deux précédents masters.

La chanson est composée par George Harrison et Mal Evans. Les relevés identifient Harrison à la guitare électrique, Vini Poncia à la guitare acoustique, Klaus Voormann à la basse, Nicky Hopkins au piano électrique et Ringo à la batterie ainsi qu’au chant. Les arrangements de cuivres sont associés à Tom Scott et les cordes à Jack Nitzsche. Le marimba de Holland se situe ainsi au sein d’une orchestration dans laquelle les familles d’instruments doivent rester séparées. On ne doit pas attribuer le marimba à Hopkins parce qu’il joue du clavier, ni les cordes à Holland parce qu’il figure dans la même chanson.

Le morceau appartient au registre des adieux et des remerciements, ce qui lui donne un rôle formel distinct des titres rock précédents. Sa production mobilise plusieurs étapes, dont une prise du 8 mars 1973 à Sunset Sound, des ajouts le 12 mai et un travail le 10 juillet à Producers Workshop. Là encore, ces dates décrivent l’histoire du master et non une feuille de présence particulière de Milt Holland. La documentation suffit à attester l’instrument sur l’enregistrement, mais non à préciser à quel moment il a été ajouté.

Le mot « marimba » importe pour la précision de l’index. Les percussions accordées peuvent être classées trop vite dans un ensemble « percussion » indifférencié, alors que le crédit source fournit une désignation plus informative. Une notice encyclopédique doit conserver le terme marimba, puis éventuellement faire apparaître l’artiste dans une catégorie plus large destinée à la navigation. L’indexation et la description musicologique ne sont pas obligées de partager exactement le même degré de granularité.

Trois masters et plusieurs dates : ce qui est établi

Les documents disponibles donnent trois périodes de travail sur les enregistrements : « Have You Seen My Baby », entre le 5 mars et juillet 1973 ; « Devil Woman », entre le 8 mars et le 11 juillet ; « You and Me (Babe) », entre le 8 mars et le 10 juillet, avec plusieurs journées de réalisation et d’overdubs. Cette chronologie suffit à replacer Holland dans le calendrier de l’album, mais elle ne produit pas un journal personnel des venues du musicien au studio. Le fait que deux chansons aient une première date commune, le 8 mars, n’établit pas que toutes les parties de percussion aient été enregistrées cette même journée.

Le producteur Richard Perry et l’ingénieur Bill Schnee sont des repères communs, tandis que les autres collaborateurs varient selon les titres. L’enjeu est donc de distinguer la continuité d’une équipe de production et la spécificité de chaque master. Une liste d’intervenants au niveau de l’album est utile pour connaître l’étendue du personnel, mais seule une ventilation par piste autorise un décompte sérieux des chansons auxquelles Holland participe.

Pourquoi il ne faut pas lui attribuer tous les rythmes de Ringo

Les collaborateurs de 1973 comprennent également les frères Lon et Derrek Van Eaton, crédités aux percussions de « Photograph », ainsi que les membres des groupes invités sur « Sunshine Life for Me ». Ringo joue lui-même des percussions sur diverses chansons. Les attributions de ces musiciens doivent être conservées indépendamment. Le fait que Holland possède une grande expérience de la percussion dans le jazz et les studios ne justifie pas de lui attribuer l’ensemble des instruments rythmiques que l’on entend sur le disque.

Un second piège tient aux catalogues qui mentionnent simplement « Milt Holland : percussion, marimba » sous une fiche générale de l’album, sans nommer les chansons concernées. Une telle notice n’est pas fausse, mais elle devient insuffisante si elle conduit à lier automatiquement Holland à toutes les plages. Ici, la recherche a été ramenée à trois unités documentaires : un morceau de Randy Newman, une chanson de Ringo et Poncia, puis la conclusion écrite par Harrison et Evans. Les crédits par titre permettent de spécifier son instrument et la configuration de chaque prise.

Une dernière frontière est celle de l’analyse sonore. Même une écoute attentive ne permet pas toujours de distinguer une percussion jouée par Holland d’une partie de batterie ou d’un ajout anonyme. L’existence d’un crédit de musicien ne fournit ni photographie de son instrument ni plan de disposition des micros. Les instruments non précisés doivent rester non précisés ; la précision « marimba » ne doit pas non plus être étendue aux deux autres chansons.

Discographie critique et parcours de lecture

Les trois enregistrements appartiennent au programme original de Ringo, édité en 1973 sur Apple Records. « Have You Seen My Baby » est connu sous plusieurs graphies de titre, « Devil Woman » a circulé sur différents supports et « You and Me (Babe) » clôt le disque. Des rééditions ultérieures peuvent modifier la présentation, la séquence ou les chansons supplémentaires ; elles ne modifient pas d’elles-mêmes le crédit initial de Holland sur ces trois masters. Il convient de garder les variations d’édition dans les fiches de disques et de maintenir les crédits instrumentaux au niveau de l’enregistrement.

Pour replacer la contribution de Holland dans l’encyclopédie, l’analyse gagne à être lue avec les notices de James Booker et de Marc Bolan sur « Have You Seen My Baby », de Tom Hensley et Tom Scott sur « Devil Woman », puis de Nicky Hopkins et Jack Nitzsche sur « You and Me (Babe) ». Il ne s’agit pas de créer trois nouvelles fiches concurrentes : les études transversales décrivent les parcours des musiciens, tandis que les fiches de chansons restent les références pour les auteurs, les paroles, les versions et les supports.

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