Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Apple Records et musiciens de studio · 1972–1976

Ringo Starr, Lon et Derrek Van Eaton : du disque Brother aux albums des années 1970

Deux frères signés par Apple, des parties de batterie de Ringo sur leur album, puis le chemin inverse : percussions, guitares, cuivres et chœurs dans l’entourage du batteur.

Les collaborations des anciens Beatles ne se limitent pas aux célébrités affichées sur les pochettes. L’histoire de Ringo Starr avec Lon et Derrek Van Eaton en donne un exemple instructif. Ces deux frères américains publient chez Apple Records un album intitulé Brother en 1972, avec George Harrison et Klaus Voormann dans l’entourage de la production. Ringo contribue à deux titres du disque. L’année suivante, les Van Eaton participent aux enregistrements de Ringo ; en 1974, Lon apparaît dans les crédits de Goodnight Vienna, et son nom se retrouve dans le personnel de Ringo’s Rotogravure en 1976. Cette circulation entre productions Apple et séances de Los Angeles éclaire un réseau de musiciens beaucoup plus vaste que le seul cercle des quatre Beatles.

Pour établir les rôles, il faut distinguer Lon, Derrek et le duo « Lon & Derrek Van Eaton ». Les crédits individuels de Lon à la guitare, aux cuivres ou aux chœurs ne doivent pas être automatiquement attribués à son frère ; réciproquement, une mention collective des deux frères ne fournit pas toujours la répartition exacte de leurs instruments. La présente notice privilégie les éditions d’origine et les listes de personnel titre par titre, avec conservation des divergences rencontrées dans les bases discographiques.

Du New Jersey à Apple Records : un duo de musiciens, pas une simple signature prestigieuse

Lon et Derrek Van Eaton se font connaître comme un duo vocal et multi-instrumentiste. Leur trajectoire est associée au label Apple, qui continue après la séparation des Beatles à publier des disques d’artistes extérieurs au groupe. Dans le cas des Van Eaton, le soutien des anciens Beatles n’est pas seulement une affaire de contrat : des liens concrets se nouent avec les producteurs et instrumentistes de leur entourage. Leurs propres compositions alternent des arrangements de guitare, de claviers, de cuivres et de voix, ce qui explique leur capacité à se retrouver ensuite comme musiciens de studio auprès de Ringo.

La notice du duo dans les archives consacrées au catalogue A&M rappelle les compétences instrumentales distinctes des deux frères : Lon est notamment cité aux claviers, guitares, clarinette et saxophone, tandis que Derrek joue de la basse, de la guitare, de la flûte et des percussions, en plus de chanter. Ce portrait ne constitue pas en lui-même une fiche de sessionographie : être capable de jouer de la clarinette ne prouve pas que Lon l’ait enregistrée sur chacun des morceaux de Ringo auxquels son nom est associé.

Les crédits et la chronologie de Brother distinguent une édition américaine en septembre 1972, référence Apple SMAS 3390, d’une parution britannique au début de 1973, référence SAPCOR 25. L’identité de l’œuvre ne doit pas être confondue avec les éditions nationales ni avec les rééditions ultérieures. Cette précision importe pour un catalogue de collaborations : une réédition du même master ne constitue pas une nouvelle participation de Ringo Starr.

Brother (1972) : Ringo accompagne les frères Van Eaton sur deux titres

Les crédits de Brother attribuent à Ringo Starr la batterie sur « Sweet Music » et « Another Thought ». Ce sont deux prestations d’accompagnement sur le disque d’un autre artiste : leur statut éditorial diffère des albums où Ringo est le chanteur principal. Le répertoire est celui du duo, et la participation du batteur des Beatles s’inscrit dans une production collective. La composition « Sweet Music », sixième piste du programme original, est produite par George Harrison ; le reste du disque est généralement crédité à Klaus Voormann.

Le cas de « Sweet Music » réclame une vigilance particulière. Le personnel détaillé cite aussi Jim Gordon à la batterie et Peter Frampton à la guitare acoustique. Ringo n’y apparaît donc pas nécessairement comme l’unique batteur ; les sources disponibles ne permettent pas de répartir avec certitude chaque frappe entre les pistes instrumentales. Le parallèle avec l’usage de deux batteries chez Ringo et Jim Keltner est musicalement intéressant, mais ne suffit pas à identifier un dispositif strictement identique lors de cette séance précise.

« Another Thought », dernier morceau de l’album, réunit Ringo à la batterie, Klaus Voormann à la basse et T. J. Tindall à la guitare électrique, d’après les listings de personnel détaillés. Cette chanson permet d’observer un autre réseau d’Apple : Voormann, collaborateur de Lennon et Harrison, intervient ici au service du duo Van Eaton. Le fait que les mêmes musiciens se retrouvent sur des disques différents ne doit pas faire disparaître les auteurs, producteurs et interprètes principaux des œuvres auxquelles ils participent.

Une fiche discographique complète doit conserver la graphie anglaise « Another Thought », les références de chaque pressage et la distinction entre album original et compilations. Elle doit également éviter de transformer les crédits d’un disque de onze pistes en affirmation selon laquelle Ringo aurait joué sur l’ensemble de ces chansons. Les deux participations identifiées suffisent à documenter la collaboration sans la gonfler artificiellement.

1973 : le retour des Van Eaton dans l’entourage de Ringo, avec Photograph

La direction des échanges s’inverse l’année suivante. Le single « Photograph », cosigné Ringo Starr et George Harrison, est enregistré pour l’album Ringo sous la production de Richard Perry. Les crédits du master comportent George Harrison à la guitare douze cordes et aux harmonies, Klaus Voormann à la basse, Nicky Hopkins au piano, Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie. Les Van Eaton se rattachent à cette production par les percussions, leurs noms étant mentionnés ensemble dans plusieurs synthèses, tandis que certaines notices de master individualisent Lon Van Eaton.

Cette différence mérite d’être conservée et expliquée. MusicBrainz rattache nommément une partie de percussion de Lon Van Eaton à « Photograph » ; les listes générales de musiciens et plusieurs récits de l’album parlent de « Lon & Derrek Van Eaton ». La prudence consiste à décrire la présence des deux frères dans l’environnement des sessions et à réserver l’attribution individuelle instrument par instrument aux sources qui la documentent explicitement. Il serait excessif d’inférer une répartition précise des instruments uniquement d’après une mention de duo.

Le rapprochement entre Brother et « Photograph » montre aussi la circulation de musiciens entre Londres et Los Angeles. Plusieurs contributions au master de « Photograph » sont associées à des dates différentes de l’année 1973. La musique enregistrée et le disque publié sont une réalité collective assemblée dans le temps ; une étiquette unique de « session » peut masquer des overdubs et un travail d’orchestration ultérieur.

1974 : Lon Van Eaton sur Goodnight Vienna, entre guitare et cuivres

Sur Goodnight Vienna, Lon Van Eaton reçoit des crédits plus nettement individualisés. La documentation officielle publiée pour la chanson de John Lennon « (It’s All Down to) Goodnight Vienna » mentionne Lon à la guitare et aux cuivres. Parmi les autres participants figurent Lennon au piano, Billy Preston au clavinet, Ringo et Jim Keltner aux batteries, Jesse Ed Davis à la guitare, ainsi que Bobby Keys, Steve Madaio et Trevor Lawrence aux cuivres. Cette source, issue du site officiel consacré à Lennon, donne un point d’ancrage solide à la notice.

La double présence de Lon sous les rubriques « guitar » et « horns » doit être transcrite telle qu’elle apparaît dans les notes ; il serait imprudent de la traduire automatiquement par un instrument à vent déterminé sans autre preuve. Le terme générique de cuivres utilisé par les génériques anglophones ne permet pas toujours d’identifier si une personne a joué de la trompette, du saxophone ou un instrument additionnel. On peut néanmoins établir qu’il ne s’agit pas seulement d’un guitariste de passage.

Sur « Occapella », la liste des participants comprend Lon Van Eaton parmi les guitaristes aux côtés de Jesse Ed Davis, dans un arrangement où la basse de Klaus Voormann, le piano électrique de Dr. John et les cuivres jouent un rôle important. La qualité d’une discographie ne tient pas à une multiplication de qualificatifs, mais à la précision de cette fonction sur la chanson concernée. La mention de Lon à la guitare sur « Occapella » ne doit pas être extrapolée à l’ensemble des plages de l’album.

« Call Me », composition de Ringo, apporte une autre facette : des notes de personnel associent Lon et Derrek Van Eaton aux chœurs avec Klaus Voormann, Richard Perry et Vini Poncia. Ici, le poste musical n’est ni la percussion ni la guitare. Ce changement de fonction entre les titres illustre le caractère multi-instrumentiste des deux frères et les limites des index qui ne leur attribuent qu’une seule spécialité permanente.

1976 : Ringo’s Rotogravure et les crédits de l’époque Atlantic / Polydor

Le nom de Lon Van Eaton figure à nouveau parmi les guitaristes associés à l’album Ringo’s Rotogravure, paru en 1976. Les notes d’édition et les reprises de la pochette originalement publiée par Polydor comportent une précision révélatrice : Lon Van Eaton et Peter Frampton sont signalés comme artistes intervenant avec l’autorisation d’A&M Records. Cette formule de « courtesy credit » reflète les contrats des musiciens ; elle ne constitue ni une preuve qu’ils jouent sur chaque piste ni une indication sur l’instrument exact présent dans chaque mixage.

Les sessions réunissent de nombreux noms, dont Jim Keltner, Klaus Voormann, Danny Kortchmar, Peter Frampton, Eric Clapton, John Lennon, Paul et Linda McCartney ou les frères Brecker. Leur simple voisinage dans la liste de personnel ne signifie pas qu’ils se sont tous trouvés ensemble dans le même studio à la même date. Lon doit être situé parmi les contributeurs du disque, et son éventuelle attribution à une chanson particulière doit être vérifiée à partir des crédits du titre, non d’un résumé général.

Cette distinction est d’autant plus importante que plusieurs contributions à Rotogravure ont une forte valeur médiatique : les chansons offertes par les anciens Beatles, la guitare de Frampton ou celle de Clapton occupent les récits les plus connus. La présence des musiciens de studio, dont Lon Van Eaton, aide toutefois à reconstituer la réalité des arrangements. Leur rôle ne se mesure pas à la taille du nom imprimé sur la couverture.

Deux frères, plusieurs fonctions : les précautions nécessaires

La chronologie vérifiable peut être résumée en quatre moments documentaires. En 1972, Ringo joue de la batterie sur deux titres de Brother. En 1973, les Van Eaton sont liés aux percussions de « Photograph ». En 1974, Lon est crédité à la guitare et aux cuivres sur « Goodnight Vienna », tandis que les deux frères apparaissent dans les chœurs de « Call Me ». En 1976, Lon figure parmi les instrumentistes associés à Ringo’s Rotogravure. Chacun de ces faits concerne une œuvre ou un niveau de crédit différent.

Une notice de sessionographie n’a pas vocation à inventer les dates exactes de chaque overdub ni à déduire de l’identité d’un duo la contribution individuelle de ses membres. Quand une source mentionne le duo, la transcription doit rester collective ; quand le livret cite Lon seul, l’index doit se limiter à Lon. Cette séparation évite une forme subtile de cannibalisation encyclopédique, dans laquelle deux pages très similaires s’attribueraient mutuellement des crédits non prouvés.

Cette étude ne remplace donc ni la fiche de Brother, ni l’atlas de Ringo, ni celui de Goodnight Vienna. Elle propose un fil conducteur : celui d’un réseau Apple devenant progressivement un réseau de studio à Los Angeles, sans perdre ses liens avec les anciens Beatles. Les prestations de Ringo sur les œuvres des Van Eaton et celles des frères sur les disques de Ringo en sont les deux faces.

Continuer l’enquête

Les deux interventions attestées de Ringo sur Brother font aussi l’objet de fiches autonomes : « Sweet Music » (1972), George Harrison à la production et Jim Gordon aux côtés de Ringo ; « Another Thought » (1972), la chanson finale du disque et les crédits de Klaus Voormann. Ces notices conservent les particularités des deux masters, sans que cette étude transversale les remplace.

Sources et références discographiques

Livret et crédits de l’édition Apple Records de Brother (1972, référence américaine SMAS 3390 ; édition britannique SAPCOR 25) ; notice discographique Lon & Derrek Van Eaton – Brother, relevés des pistes et musiciens ; MusicBrainz, « Photograph » et éditions de Ringo, crédits de percussion attribués à Lon Van Eaton ; JohnLennon.com, Goodnight Vienna, notes de personnel originales ; MusicBrainz, Goodnight Vienna, crédits par chanson ; Sessiondays, Goodnight Vienna (1974), distribution détaillée ; On A&M Records, dossier « Lon & Derrek », profil instrumental du duo ; édition Polydor de Ringo’s Rotogravure (1976), personnel et mentions contractuelles des artistes invités. Les interprétations concurrentes sont signalées lorsqu’elles ne permettent pas un crédit univoque.