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Portrait de musicien · Sessionographie · 1991–1992
Neil Stubenhaus et Ringo Starr : le bassiste des deux productions Phil Ramone
Deux chansons, un même producteur et une section rythmique distincte des autres ateliers de Time Takes Time.
Pourquoi la basse doit être ventilée par chanson
Les crédits de Time Takes Time distinguent trois bassistes selon les équipes. James « Hutch » Hutchinson intervient sur les cinq chansons produites par Don Was, Bob Glaub tient la basse sur « Golden Blunders », et Neil Stubenhaus est crédité sur « All in the Name of Love » et « Runaways », les deux productions de Phil Ramone. Jeff Lynne assume lui-même des parties de basse sur les chansons qu’il produit. Cette distribution offre un exemple particulièrement clair de l’erreur que provoquerait une liste d’album non ventilée : tous les participants ne jouent pas sur toutes les plages.
Stubenhaus appartient au monde des instrumentistes professionnels des studios de Los Angeles. Sa présence dans les deux chansons de Ramone ne constitue pas une anecdote secondaire, car la relation entre la basse et la batterie représente une composante structurante de l’accompagnement de Ringo. Il faut pourtant distinguer les faits de personnel de l’analyse de l’interprétation : son crédit atteste une prestation, mais ne suffit pas à préciser le matériel employé, la durée de la prise ou le choix de chaque ligne.
« All in the Name of Love » : une chanson de Jerry Lynn Williams
« All in the Name of Love », cinquième titre de l’album, est une composition de Jerry Lynn Williams. Ringo Starr en assure le chant et la batterie. Autour de Stubenhaus à la basse, l’accompagnement réunit Michael Thompson et Jeff Baxter aux guitares, Jeffrey « C. J. » Vanston aux claviers et Mark Hart à des interventions supplémentaires aux claviers et à la guitare de synthèse. Le dispositif comprend aussi des chœurs et des percussions additionnelles. Il s’agit d’un ensemble de studio construit pour cette réalisation plutôt que d’une formation de scène.
La basse trouve naturellement sa fonction dans la liaison entre les accents de batterie et les changements harmoniques. Il serait néanmoins abusif de déduire du seul crédit l’écriture exacte de la partie : le musicien peut avoir créé son accompagnement, suivi une proposition d’arrangement ou adapté un guide préexistant. Le livret ne tranche pas nécessairement entre ces procédés. Une monographie responsable présente donc la contribution instrumentale attestée et peut proposer une lecture de l’interaction rythmique sans inventer les instructions reçues.
« Runaways » : Richard Starkey et Johnny Warman
« Runaways » figure en huitième position sur Time Takes Time. La chanson est signée Richard Starkey et Johnny Warman, ce qui la distingue d’« All in the Name of Love » sur le plan de l’écriture. Phil Ramone produit les deux enregistrements et sollicite un personnel qui se recoupe largement. Neil Stubenhaus retrouve les guitares de Michael Thompson et Jeff Baxter ainsi que les claviers de Vanston. La voix de Ringo est entourée de plusieurs choristes, et Mark Hudson joue un rôle dans les arrangements vocaux.
La même équipe de basse et de guitares peut accompagner des compositions de provenances différentes. C’est là une des caractéristiques d’un atelier de studio : les musiciens ne sont pas forcément liés aux auteurs des chansons avant les séances, mais doivent rendre leur écriture convaincante dans la réalisation finale. L’étude de Stubenhaus ne doit donc pas effacer l’auteur Johnny Warman ou assimiler les deux titres à une seule œuvre.
La relation avec les autres musiciens de l’équipe
Le travail d’un bassiste est indissociable du batteur, mais les guitares influencent aussi la place harmonique et rythmique de l’instrument. Dans ces séances, Michael Thompson et Jeff Baxter apportent deux sources de guitare ; Jeffrey Vanston et Mark Hart contribuent à la texture de claviers. Ringo assure le socle rythmique et le chant, configuration caractéristique de sa carrière solo. Il serait tentant de classer ces instrumentistes comme un groupe constitué, mais aucun nom de formation commune n’apparaît dans les crédits des deux masters.
Les échanges entre les instruments se lisent à l’écoute dans la façon de ménager des espaces pour la voix et les chœurs. L’historien peut commenter le fonctionnement de l’arrangement, à condition de ne pas attribuer des directives particulières à Ramone, Stubenhaus ou Baxter sans témoignage direct. Le travail collectif doit être décrit comme une organisation de fonctions documentées.
Deux bassistes différents sous un même album : comparaison avec Hutchinson
L’opposition entre Neil Stubenhaus et James Hutchinson ne correspond pas à deux périodes distinctes de la carrière de Ringo, mais à deux équipes engagées sur le même projet commercial. Hutchinson accompagne les productions de Don Was ; Stubenhaus intervient sur les deux titres de Phil Ramone. Cette différence n’indique aucune rivalité, aucun remplacement ni aucune insatisfaction de l’artiste. Elle découle de l’organisation d’un disque construit avec plusieurs producteurs et des personnels de studio distincts.
Pour les collectionneurs et les chercheurs, ce partage impose de consulter les crédits propres à chaque plage. L’édition japonaise avec titre supplémentaire, les rééditions CD et les différents supports du programme standard ne constituent pas de nouvelles sessions de Stubenhaus simplement parce qu’ils reprennent les mêmes morceaux. Une prestation instrumentale doit être comptée au niveau de l’enregistrement, puis reliée aux supports qui la reproduisent.
Producteur, ingénieur et bassiste : les trois responsabilités
Phil Ramone assume le crédit de production des pistes 5 et 8. Le travail technique autour des morceaux implique notamment Bill Drescher sur « All in the Name of Love », des assistants, des mixeurs et une étape de mastering attribuée à Doug Sax pour l’album. La présence de Stubenhaus correspond, elle, à la prestation de basse. Un grand discographe peut relier ces métiers dans une notice de master tout en préservant leurs responsabilités distinctes.
Le récit gagnerait peu à désigner Stubenhaus comme « producteur du son » ou à attribuer à Ramone chaque note de basse. Une production peut prendre la décision de conserver une interprétation, choisir une direction ou demander une reprise, sans être elle-même la performance de l’instrumentiste. L’approche encyclopédique doit décrire cette chaîne sans prétendre connaître, en l’absence d’archives, le détail des échanges entre les participants.
Pourquoi les autres chansons de Time Takes Time ne lui appartiennent pas
Ni « Golden Blunders » ni les cinq productions de Don Was ne créditent Neil Stubenhaus à la basse. Sur la reprise des Posies, cette fonction revient à Bob Glaub ; pour les chansons de Was, elle est attribuée à James Hutchinson. Les deux chansons dirigées par Jeff Lynne constituent encore une autre configuration. Cette vérification réduit le risque de recopier une distribution générale erronée dans les fiches consacrées aux guitaristes ou aux choristes.
Elle évite également de transformer la présence d’un même album dans une discographie professionnelle en participation à ses dix masters. La différence entre crédit au niveau album et crédit au niveau piste est fondamentale pour l’histoire des collaborations. Elle permet d’éviter des attributions artificielles et d’expliquer pourquoi les collaborateurs apparaissent parfois dans plusieurs notices de la même année sans avoir joué ensemble.
Bilan et place dans le dossier
Neil Stubenhaus est le bassiste de deux enregistrements clairement identifiés de Ringo Starr au début des années 1990. Ces deux titres, produits par Phil Ramone, réunissent un personnel proche mais des œuvres de compositeurs différents. L’histoire mérite une page autonome parce qu’elle répond à la question « qui tient la basse dans l’atelier Ramone ? », distincte de l’histoire des chansons ou de la carrière du producteur.
Le maillage dirige vers Phil Ramone, Jeffrey Vanston, James Hutchinson et l’atlas de Time Takes Time. Ce dernier demeure la référence pour les titres, leurs numéros de plage et les autres membres des séances.
Deux bassistes dans un album, mais pas dans les mêmes chansons
La place de Neil Stubenhaus dans Time Takes Time doit être distinguée de celle de James « Hutch » Hutchinson. Stubenhaus joue dans les deux productions de Phil Ramone, « All in the Name of Love » et « Runaways ». Hutchinson tient la basse sur plusieurs morceaux associés à l’équipe de Don Was. Cette distinction, souvent effacée dans les crédits abrégés, change pourtant l’histoire que raconte le disque : Ringo ne réunit pas un orchestre unique auquel quatre producteurs auraient donné des directives successives, il assemble des sessions dotées de personnels et de signatures sonores différents.
Les deux chansons de Stubenhaus ont également des auteurs distincts. « All in the Name of Love » est écrite par Jerry Lynn Williams ; « Runaways » est signée Richard Starkey et Johnny Warman. La continuité de la basse et de la production ne doit donc pas masquer les différences du matériau musical. Avec Jeff Baxter et Michael Thompson aux guitares, C. J. Vanston aux arrangements et aux claviers, l’équipe peut travailler tantôt sur une composition apportée à Ringo, tantôt sur une chanson liée à l’interprète lui-même.
La basse n’est pas un crédit de production
La mention « basse » correspond à une performance instrumentale. Elle ne permet pas de faire du bassiste l’auteur de la ligne de chant, le réalisateur du mixage ou le coproducteur du morceau. Les différentes couches du disque sont étudiées dans la monographie Phil Ramone et celle de C. J. Vanston. Ensemble, ces trois pages décrivent deux masters, et non trois projets autonomes.












