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Monographie · Guitariste de studio · 1991–1992
Michael Landau et Ringo Starr : trois guitares sur Time Takes Time
Trois titres produits par Don Was, une rencontre de studio avec Ringo et une comparaison des rôles de Landau, Goldenberg et Grissom.
Un guitariste dans le second ensemble de Don Was
La participation de Michael Landau à Time Takes Time se concentre sur trois chansons produites par Don Was : « I Don’t Believe You », « In a Heartbeat » et « What Goes Around ». Ces crédits individuels permettent de le distinguer de Mark Goldenberg, guitariste des plages 1, 2 et 9. Les deux musiciens se rencontrent sur « In a Heartbeat », sans être interchangeables dans le reste de l’album. La simple présence de leurs noms dans le livret général peut induire une fausse attribution des guitares si l’on néglige les numéros de piste.
Landau est un représentant de la génération des instrumentistes de studio américains qui, à partir des années 1980, ont contribué à des productions d’esthétiques très différentes. Dans le contexte du retour discographique de Ringo, son travail s’inscrit dans une équipe comprenant plusieurs auteurs de power pop, des claviéristes expérimentés, un bassiste régulier et un ingénieur du son, Ed Cherney. L’histoire de cette collaboration est donc celle d’un rôle instrumental précis au service de trois œuvres et d’un producteur, non celle d’une direction artistique générale.
« I Don’t Believe You » et les auteurs de Jellyfish
« I Don’t Believe You », septième chanson de l’album, est signée Andy Sturmer et Roger Manning. Les deux auteurs participent à l’interprétation, notamment aux guitares acoustiques et aux voix. Michael Landau joue de la guitare électrique ; David Grissom intervient à la guitare acoustique, James « Hutch » Hutchinson à la basse, Benmont Tench au piano et à l’orgue Hammond. Ringo Starr chante et joue de la batterie. Ce dispositif fait cohabiter une chanson issue d’auteurs de la scène power pop avec des instrumentistes de studio qui en façonnent la version enregistrée.
La distinction entre composition et participation est essentielle : Sturmer et Manning possèdent le crédit d’écriture ; Landau est l’interprète d’une partie de guitare du master de Ringo. Il peut contribuer de façon déterminante à l’attaque ou à la texture d’un arrangement sans recevoir automatiquement un crédit d’auteur. Le document commercial et l’analyse de la chanson répondent à des questions différentes, qu’une encyclopédie doit garder séparées.
L’ingénierie de la piste et le rôle de l’arrangement
Le titre figure parmi les productions de Don Was enregistrées et mixées par l’équipe d’Ed Cherney. Rik Pekkonen intervient aussi dans les crédits d’ingénierie et de mixage de cette piste, tandis que Brett Swain et Marnie Riley apparaissent parmi les assistants. Les responsabilités techniques ne peuvent être déduites du seul nom de Landau, mais le fait de disposer d’une liste détaillée permet de replacer son instrument au sein d’une véritable organisation de studio.
La guitare électrique peut jouer un rôle de contrepoint à l’acoustique dans « I Don’t Believe You ». Décrire les tensions et les complémentarités entre ces timbres relève de l’analyse musicale ; affirmer qui aurait conçu chaque voicing, chaque doublage ou le chemin des effets réclamerait les pistes séparées, un relevé de production ou des propos des participants. Cette nuance évite de faire passer une impression d’écoute pour un fait biographique.
« In a Heartbeat » : une rencontre marquante avec Ringo
Sur « In a Heartbeat », écrite par Diane Warren, Michael Landau et Mark Goldenberg sont les deux guitaristes crédités. Hutchinson assure la basse, Benmont Tench joue de l’orgue et de l’harmonium, et Jamie Muhoberac et Robbie Buchanan participent aux claviers. La distribution vocale rassemble notamment Brian Wilson, Andrew Gold, Andy Sturmer, Roger Manning et Doug Fieger. Cette abondance d’intervenants donne une dimension collective à un morceau pourtant clairement présenté comme une chanson de Ringo Starr.
Landau a évoqué rétrospectivement son émotion de travailler avec Ringo au cours de l’enregistrement, notamment la sensation de voir et d’entendre ce batteur jouer à faible distance dans le studio. Ce témoignage est précieux pour comprendre la valeur symbolique d’une collaboration avec un ancien Beatle pour un professionnel aguerri. Il n’indique cependant pas les réglages de l’instrument, l’identité de chaque piste de guitare ou l’organisation complète du planning des séances. Ces éléments exigeraient d’autres sources.
« What Goes Around » : terminer l’album
« What Goes Around » est la dixième et dernière chanson de l’album standard, composée par Rick Suchow. Elle réunit Ringo au chant et à la batterie, Hutchinson à la basse, Tench au piano et à l’orgue, David Grissom à la guitare acoustique et Landau à la guitare électrique. Les voix d’Andy Sturmer, Roger Manning et Andrew Gold complètent l’interprétation. La réapparition de Landau sur ce titre rend visible la continuité instrumentale de plusieurs productions de Don Was.
Les éléments de la section rythmique permettent de comparer les trois chansons du guitariste : le même batteur et le même bassiste jouent des œuvres de compositeurs différents, dont l’une est signée par des artistes de power pop et les deux autres par des auteurs extérieurs. Landau fait partie du processus d’interprétation qui leur donne une identité sur disque. Son nom ne doit pas être associé aux deux productions de Phil Ramone simplement parce que Michael Thompson, autre guitariste de studio, figure dans ces dernières.
La nuance entre présence de studio et participation au master
La documentation d’un enregistrement passe parfois par des témoignages sur une séance, parfois par les crédits du master effectivement publié. Ces catégories ne sont pas synonymes. Un participant peut être entré en studio sans apparaître sur le mix final ; inversement, une contribution peut avoir été enregistrée séparément et incluse plus tard. Dans le cas de Landau, les trois titres du programme de 1992 constituent un périmètre documenté. D’éventuelles séances supplémentaires devraient être ajoutées uniquement si leurs enregistrements et leurs crédits peuvent être identifiés.
Une telle prudence devient importante pour l’étude des rééditions. Si une compilation reprend « In a Heartbeat », il ne s’agit pas d’une nouvelle collaboration entre Ringo et Landau, sauf preuve d’une nouvelle prise. Les collections de crédits ne doivent pas compter chaque support comme une prestation distincte ; elles doivent distinguer l’œuvre, le master, la version et la publication.
Écouter le travail de guitare sans inventer sa technique
Les guitares de studio participent à la définition d’un espace sonore où la voix reconnaissable de Ringo conserve le premier plan. Landau peut intervenir par des accents, des textures, des lignes ou des soutiens harmoniques, mais la description de ces procédés doit être attachée à la comparaison audible des chansons. Les crédits ne fournissent pas à eux seuls de nomenclature de modèles de guitare, d’amplificateurs ou d’effets. Ne pas spécifier un matériel non attesté est une précaution documentaire, pas une faiblesse rédactionnelle.
Il serait également réducteur de présenter le guitariste comme un simple nom prestigieux appelé pour ajouter une célébrité de plus à la pochette. Sa présence renvoie d’abord à la compétence musicale de l’équipe Don Was et à un travail concret sur trois pistes. Pour l’historien, les musiciens de studio sont des collaborateurs au sens plein : leur contribution est audible, enregistrée et créditée, même lorsque les notes de production ne racontent pas le détail de leur recrutement.
Bilan documentaire et liens
La collaboration de Michael Landau avec Ringo Starr sur Time Takes Time peut être caractérisée de manière précise : trois masters, les titres 7, 9 et 10, une production de Don Was, un ingénieur principal et plusieurs autres instrumentistes dont les rôles changent d’une chanson à l’autre. La comparaison avec Mark Goldenberg, dont les guitares figurent aux pistes 1, 2 et 9, apporte une grille de lecture particulièrement utile pour les spécialistes des crédits de session.
Cette fiche peut être complétée par l’étude Mark Goldenberg, James Hutchinson, Ed Cherney, Don Was et la sessionographie générale. Le lecteur retrouve ainsi une documentation organisée par personne, fonction et enregistrement.
Trois guitares réparties dans une production à cinq titres
Michael Landau intervient sur « I Don’t Believe You », « In a Heartbeat » et « What Goes Around », trois chansons de Time Takes Time produites par Don Was. La formule « Landau, guitariste de l’album » serait trop large : elle gomme la répartition entre producteurs et laisse croire à une présence sur les titres dirigés par Jeff Lynne, Phil Ramone ou Peter Asher. Le premier repère utile est donc le numéro de plage : septième, neuvième et dixième titres de l’édition standard. Cette distribution donne au lecteur une cartographie des sessions plutôt qu’une liste indistincte de noms connus.
Le répertoire met Landau au contact de plusieurs signatures : « I Don’t Believe You » est composée par Andy Sturmer et Roger Manning, « In a Heartbeat » par Diane Warren, et « What Goes Around » par Rick Suchow. Trois auteurs ou équipes d’auteurs différents, un même guitariste de studio, et une direction de production commune. Le contraste permet d’interroger la manière dont une partie de guitare accompagne des structures mélodiques diverses sans prétendre identifier chacun des traits de l’instrument à l’oreille. Les autres instrumentistes et choristes doivent eux aussi être distingués chanson par chanson.
Contributions à un master et liens encyclopédiques
Pour comprendre les équipes qui entourent Landau, consulter les auteurs et choristes issus de Jellyfish, les interventions d’Andrew Gold et le travail du producteur Don Was. Ces liens décrivent des collaborateurs différents sur les mêmes masters, sans les décompter plusieurs fois.












