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Monographie · Guitariste · 1991–1992
Mark Goldenberg et Ringo Starr : les guitares de trois chansons de Time Takes Time
Du single Weight of the World à In a Heartbeat : trois masters produits par Don Was, des crédits précis et un travail de guitare inscrit dans la section rythmique.
Un guitariste de studio au cœur du disque
Mark Goldenberg appartient au collectif de musiciens dirigé par Don Was pour l’enregistrement d’une partie de Time Takes Time. Les crédits de l’album de 1992 lui attribuent des guitares sur « Weight of the World », « Don’t Know a Thing About Love » et « In a Heartbeat ». Cette liste de trois pistes constitue le périmètre établi de sa participation. La présence du nom de Goldenberg dans un personnel général ne permettrait pas de lui attribuer « I Don’t Believe You » ou « What Goes Around », deux autres productions de Was auxquelles participent d’autres guitaristes.
Son rôle permet d’étudier l’équilibre de l’accompagnement autour d’un chanteur-batteur. Une guitare peut remplir des fonctions différentes selon l’écriture : soutenir l’harmonie, ponctuer la voix, construire un motif mémorisable, produire une texture continue ou intervenir au premier plan. La monographie ne doit pas chercher un solo spectaculaire là où les crédits attestent seulement un travail de guitariste ; elle doit expliquer la fonction musicale dans chaque arrangement et la place du collaborateur dans une équipe.
Trois chansons de Don Was, pas un crédit d’album entier
« Weight of the World » est la première plage et le single principal de Time Takes Time. « Don’t Know a Thing About Love » suit immédiatement, tandis que « In a Heartbeat » est placée en neuvième position. Les trois chansons sont produites par Don Was, dont l’équipe comprend également James « Hutch » Hutchinson à la basse et Benmont Tench aux claviers. Cette continuité de musiciens ne signifie pas nécessairement que les titres ont été enregistrés le même jour.
La partition des rôles à travers les dix plages est particulièrement nette : Peter Asher utilise Waddy Wachtel et Andrew Gold sur « Golden Blunders » ; Phil Ramone s’entoure de Jeff Baxter et Michael Thompson sur deux autres morceaux ; Jeff Lynne réalise ses propres titres en multi-instrumentiste. Ces choix de production témoignent de plusieurs réseaux réunis pour un seul disque, et constituent la raison d’être d’une enquête piste par piste.
« Weight of the World » : une guitare en ouverture
La composition de Brian O’Doherty et Fred Velez donne à Ringo un titre d’ouverture construit autour d’un refrain immédiatement reconnaissable. Sur le master publié, Goldenberg joue de la guitare, Hutchinson de la basse, Tench des claviers ; Andy Sturmer et Roger Manning assurent les chœurs. Ringo chante et tient la batterie. L’arrangement ne repose donc pas sur une réunion de célébrités sans structure, mais sur un petit collectif instrumental accompagné de deux spécialistes des harmonies vocales.
La guitare de Goldenberg doit être replacée dans cet agencement : elle participe au développement de la chanson sans avoir pour fonction de concurrencer la voix. L’écoute permet de remarquer sa façon d’occuper les espaces entre les phrases chantées ; en revanche, les crédits ne précisent ni le modèle de guitare, ni les amplificateurs, ni les pédales utilisés. Il serait tentant de proposer une description technique très détaillée, mais elle deviendrait spéculative sans notes de studio.
« Don’t Know a Thing About Love » : le jeu au service du refrain
Le deuxième morceau, signé Richard Feldman et Stan Lynch, prolonge la même équipe instrumentale : batterie et chant de Ringo, basse de Hutchinson, guitare de Goldenberg et claviers de Benmont Tench. Les harmonies font intervenir Roger Manning et Andy Sturmer, auxquels s’ajoutent Doug Fieger et Berton Averre. La densité vocale impose une articulation précise entre les registres des instruments, ce qui donne au guitariste un travail d’accompagnement plus subtil qu’une simple partie de rock répétée.
La présence de Stan Lynch à la composition fournit aussi un lien historique avec l’environnement des Heartbreakers, alors que Tench est lui-même l’un des membres emblématiques de ce groupe. Cette convergence ne transforme pas l’enregistrement de Ringo en titre de Tom Petty and the Heartbreakers. En histoire discographique, l’origine professionnelle des participants ne doit jamais être confondue avec l’identité de l’artiste crédité sur le master.
« In a Heartbeat » : deux guitaristes, plusieurs claviers et Brian Wilson
Écrite par Diane Warren, « In a Heartbeat » emploie Mark Goldenberg et Michael Landau aux guitares, avec la basse de Hutchinson, l’orgue et l’harmonium de Tench et les claviers de Jamie Muhoberac et Robbie Buchanan. Le chant de Ringo est entouré de plusieurs choristes, dont Brian Wilson, Andrew Gold, Andy Sturmer, Roger Manning et Doug Fieger. La présence simultanée de deux guitaristes implique une répartition des interventions sur le master, mais les crédits accessibles ne donnent pas toujours le découpage des pistes individuelles.
Ce morceau est intéressant parce qu’il associe des signatures musicales reconnaissables : la batterie d’un ancien Beatle, la voix d’un Beach Boy et une équipe issue de la pop californienne. L’enjeu documentaire est de conserver une vision d’ensemble, plutôt que d’attribuer l’identité sonore de la chanson à une seule vedette. La contribution de Goldenberg y est une partie de guitare attestée ; son extension à la production, à l’arrangement vocal ou à la composition serait incorrecte.
Guitare et batterie : des responsabilités différentes mais complémentaires
La personnalité de Ringo se reconnaît à sa façon d’installer et de déplacer les accents, d’accompagner la voix et de faire respirer les transitions. Un guitariste expérimenté peut s’insérer dans cette pulsation en ménageant les appuis de l’instrument rythmique, en créant des réponses ou en renforçant les temps forts du refrain. Cette complémentarité contribue au caractère de Time Takes Time, album qui cherche à donner au chanteur un environnement contemporain sans dissoudre ce qui fait sa signature.
Il serait cependant abusif de faire dire aux crédits que Goldenberg a choisi tel riff ou tel rythme en réaction directe à une consigne de Ringo. Une analyse musicologique décrit ce que l’on peut entendre, tandis que l’histoire du travail collectif établit ce que les sources attribuent à chacun. La distinction renforce la qualité du dossier : elle rend possible une lecture précise sans transformer chaque interaction instrumentale en dialogue inventé.
La différence entre les guitares de Goldenberg et celles de Landau
Les collaborations de Mark Goldenberg et Michael Landau se croisent sur « In a Heartbeat », mais leurs autres crédits sur le disque diffèrent. Goldenberg joue sur les pistes 1, 2 et 9 ; Landau sur les pistes 7, 9 et 10. Cette répartition est un exemple particulièrement clair de la nécessité d’étudier les albums chanson par chanson. Une liste d’album non ventilée pourrait laisser croire que les deux guitaristes figurent partout, ce qui est faux.
Ce croisement sur le neuvième titre ne permet pas non plus de décider qui joue chaque phrase sans disposer des pistes isolées ou d’un document d’arrangement. La fiche doit donc s’en tenir aux plages attestées, tout en proposant des comparaisons d’écoute prudentes. Le partage de crédit prouve la participation des deux hommes au master publié, pas le détail de leur intervention mesure par mesure.
Conclusion et parcours de lecture
La contribution de Mark Goldenberg à Ringo Starr pendant la fabrication de Time Takes Time s’inscrit dans un groupe de trois titres précisément identifiable. Il apparaît comme l’un des artisans de la couleur sonore de l’équipe Don Was, avec Hutchinson à la basse et Tench aux claviers. À la différence des producteurs dont les décisions couvrent plusieurs phases de fabrication, le guitariste apporte une contribution instrumentale délimitée mais essentielle à l’équilibre des arrangements.
Cette monographie se relie à Don Was, James Hutchinson, Benmont Tench et la sessionographie du dossier. Le maillage suit le rôle du musicien, sans reproduire l’ensemble des analyses propres à chacune des chansons.












