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Yellow-Sub.net · Jim Horn · 1973

Jim Horn et Ringo Starr : les arrangements de cuivres de Oh My My (1973)

Le crédit précis de Jim Horn sur « Oh My My », entre arrangement de cuivres, saxophone de Tom Scott et sessions soul de Ringo.

« Oh My My » : la contribution documentée de Jim Horn

Sur Ringo, paru en 1973, le nom de Jim Horn se rencontre dans un rôle précis : l’arrangement des cuivres de « Oh My My », partagé avec Tom Scott. Le terme « arrangeur » doit être pris dans son sens musical et documentaire. Il désigne la préparation ou l’organisation des parties instrumentales, et ne suffit pas pour affirmer que Horn aurait lui-même exécuté le solo de saxophone du titre. Le solo publié est crédité à Tom Scott. Cette distinction constitue le point de départ indispensable d’une étude qui entend restituer le travail des artisans du son derrière les noms les plus visibles.

Jim Horn est un saxophoniste et multi-instrumentiste américain étroitement associé au monde des studios de Los Angeles. La variété de ses compétences explique qu’un crédit d’arrangement puisse coexister avec ceux de plusieurs interprètes des vents. L’album de Ringo Starr rassemble des musiciens recrutés par chanson plutôt qu’un orchestre fixe : pour chaque master, la composition du groupe et l’organisation des prises doivent être reconstituées séparément.

La séance de Sunset Sound et l’architecture du morceau

La chronologie discographique situe la base de « Oh My My » au 6 mars 1973, à Sunset Sound, Hollywood. Richard Perry produit la chanson écrite par Richard Starkey et Vini Poncia. Ringo Starr y assure la voix principale et une batterie partagée avec Jim Keltner ; Klaus Voormann tient la basse, Jimmy Calvert la guitare et Billy Preston joue de l’orgue et du piano. Merry Clayton et Martha Reeves apportent leurs voix de choristes, Vini Poncia participant aux harmonies. Il est essentiel de ne pas déplacer sur ce master des musiciens qui n’interviennent que sur les titres voisins du disque.

Cette chanson fait converger le jeu direct d’une section rythmique rock, l’autorité des voix venues de la soul et les réponses d’une instrumentation de cuivres. L’écriture instrumentale participe à son identité : les accents collectifs soutiennent les ruptures et les relances, alors que le saxophone soliste développe une ligne plus individualisée. On peut analyser la fonction de ces éléments dans le mixage final sans prétendre déterminer à l’oreille le partage exact de leur écriture entre les deux arrangeurs.

Jim Horn et Tom Scott : arranger n’est pas jouer le solo

Les crédits de « Oh My My » réunissent deux noms à l’arrangement des vents, Jim Horn et Tom Scott. En revanche, le saxophone solo est attribué à Scott. Les deux indications ne s’annulent pas : un même musicien peut arranger et interpréter, tandis que son collègue intervient dans la conception de la partie d’ensemble. Un crédit d’arrangement conjoint ne décrit pas davantage le détail des décisions respectives, par exemple la répartition des voix, le choix des registres ou la rédaction définitive de la partition.

La prudence impose donc de formuler la contribution de Horn de la manière suivante : « coauteur des arrangements de cuivres de Oh My My, avec Tom Scott ». Il serait abusif d’écrire « saxophone solo » à son sujet sur ce titre. Une éventuelle participation instrumentale additionnelle exigerait la comparaison des contrats de séance, des feuilles de pistes et des crédits de la première édition Apple avec des archives ultérieures ; elle ne peut être inférée de la seule notoriété du musicien.

Pourquoi les autres cuivres de l’album ne lui sont pas attribuables

Ringo fait appel à d’autres spécialistes des vents. « Photograph », cosigné avec George Harrison, comporte un saxophone ténor solo crédité à Bobby Keys et une intervention orchestrale associée à Jack Nitzsche. « Have You Seen My Baby » repose sur des arrangements de Tom Scott, tandis que « Devil Woman » réunit notamment Tom Scott et Chuck Findley. « Step Lightly » implique pour sa part une écriture de clarinettes. Il ne suffit donc pas de remarquer la présence de cuivres pour prolonger automatiquement le crédit de Jim Horn d’une plage à l’autre.

Les différentes chansons possèdent aussi des chronologies de prises et d’ajouts distinctes. Le fait qu’un instrumentaliste soit présent à Sunset Sound au printemps 1973 ne prouve pas son engagement sur les dix chansons du LP. Une encyclopédie des collaborations doit tenir des relevés par master, puis rapprocher ces relevés au niveau de l’album. Procéder dans l’ordre inverse produit des attributions excessives et rend les études individuelles presque interchangeables.

La place de « Oh My My » dans le disque et dans la carrière de Ringo

« Oh My My » figure sur la seconde face du 33-tours de 1973 et devient ensuite un single. Son énergie, ses chœurs et la section de vents lui confèrent un caractère plus soul et rhythm and blues que certaines chansons plus sentimentales du disque. Cette diversité est l’une des caractéristiques de Ringo : Lennon, Harrison et McCartney apparaissent dans des contextes d’enregistrement spécifiques, tandis que l’équipe de Perry réunit une autre famille de musiciens venus des séances de Los Angeles. L’arrangement des cuivres constitue un maillon précis de cette rencontre entre écriture pop et savoir-faire de studio.

Les rééditions, compilations et pressages territoriaux de « Oh My My » doivent être distingués des sessions elles-mêmes. Plusieurs supports peuvent reproduire un unique enregistrement ; ils ne constituent pas plusieurs engagements artistiques de Jim Horn. Une nouvelle entrée sessionographique ne serait justifiée qu’en présence d’un master alternatif réellement documenté, d’une prise différente ou d’une nouvelle performance créditée.

La preuve discographique et ses limites

Pour analyser le rôle de Jim Horn sur « Oh My My », trois niveaux doivent rester séparés : la mention d’arrangement figurant dans les crédits, l’identification des exécutants de la section de cuivres et l’attribution d’une éventuelle partie soliste. Un crédit d’arrangeur indique une responsabilité musicale dans la conception ou la mise en forme de l’orchestration ; il ne démontre pas à lui seul que le musicien a exécuté chaque ligne de saxophone ou de trompette audible sur le master. Réciproquement, une participation instrumentale n’implique pas nécessairement la rédaction de la partition. Les témoignages de musiciens, les pochettes et les discographies secondaires peuvent employer des catégories différentes pour décrire un même travail.

Une enquête complète devrait confronter les crédits de l’édition Apple de 1973, les documents de séance lorsqu’ils sont accessibles, les éventuels relevés de studio et les entretiens des intervenants. L’écoute critique permet de décrire la sonorité, le placement rythmique et les réponses des cuivres au chant, mais non d’identifier avec certitude un interprète à partir du seul timbre. Pour éviter les fausses attributions, chaque liste de personnel doit préciser si le nom provient du livret, d’une archive primaire ou d’un témoignage rétrospectif.

Que reste-t-il à documenter ?

Le rôle de Jim Horn comme arrangeur est suffisamment établi pour une notice nominative. Reste à préciser, si des archives le permettent, la division effective du travail avec Tom Scott, les éventuelles partitions conservées et la séquence d’overdubs ayant conduit au master publié. Les étiquettes des pressages, les pochettes originales, les fiches de studio et les bandes séparées pourraient éclairer ces questions. Tant que ces documents ne sont pas accessibles, l’encyclopédie doit séparer le crédit vérifiable, l’analyse musicale et les hypothèses sur la fabrication du morceau.