Yellow-Sub.net · Stephen Stills · Devonshire Sound, août 1980
You’ve Got A Nice Way : Stephen Stills compose et produit pour Ringo Starr en 1980
Séances de North Hollywood, équipe de Stephen Stills, voix et batterie de Ringo, travaux complémentaires de décembre et comparaison critique des crédits instrumentaux.
Une chanson de Stephen Stills pour l’ancien batteur des Beatles
Lorsque Ringo Starr prépare son album Stop And Smell The Roses en 1980, il ne se contente pas de retrouver les anciens Beatles et leurs compagnons habituels. Il sollicite aussi Stephen Stills, musicien associé à Buffalo Springfield et à Crosby, Stills & Nash. Celui-ci lui propose « You’ve Got A Nice Way », une chanson écrite en collaboration avec Michael Stergis, et prend en charge la production de la neuvième plage du disque. Les séances de base ont lieu aux studios Devonshire Sound, à North Hollywood, du 11 au 14 août 1980.
Ce morceau mérite une fiche autonome parce qu’il occupe une place à part dans la fabrication de l’album. Les productions de McCartney, Harrison, Nilsson ou Ronnie Wood possèdent chacune leurs musiciens ; celle de Stills fait intervenir Mike Finnigan, Michael Stergis et Harley Trey Thompson, autour de Ringo au chant et à la batterie. Il ne serait pas exact de recopier les crédits des séances françaises ou de Friar Park pour ce titre.
Le morceau est publié en 1981, mais sa genèse appartient à l’été 1980. Un relevé MusicBrainz signale également une intervention supplémentaire à Cherokee le 19 décembre 1980. Cette seconde date ne doit pas être confondue avec la période principale de prise, ni transformée automatiquement en un nouvel enregistrement intégral. Elle signale un autre événement dans la chaîne de production.
Août 1980 : un nouveau cercle de musiciens à North Hollywood
Après les séances de juillet avec Paul McCartney à Super Bear, dans les Alpes-Maritimes, Ringo rejoint la Californie. Les chronologies situent à partir du 11 août la reprise du travail à Devonshire Sound Studios. Stephen Stills apporte alors un titre composé avec Stergis et réunit sa propre équipe. Le studio et les musiciens sont distincts de ceux qui interviendront avec Ronnie Wood à Cherokee en septembre.
Les relations discographiques de MusicBrainz fixent les prises du 11 au 14 août 1980 et un travail complémentaire le 19 décembre, à Cherokee. La fiche d’édition attribue la production à Stephen Stills et Alan Pariser, alors que les résumés de pochette retiennent généralement Stills comme producteur principal. Le mieux est de préserver cette nuance : Stills est le producteur clairement identifié dans les crédits usuels ; Alan Pariser apparaît dans un relevé relationnel étendu, sans qu’il soit nécessaire d’en déduire une coproduction identique sur toutes les bandes.
Les ingénieurs associés à la piste sont Stanley Johnston et Steve Gursky dans les crédits repris par Sessiondays, avec une mention supplémentaire de Dee Robb dans les relations de l’édition MusicBrainz. Ces noms doivent être vérifiés sur les supports originaux et les boîtes de bandes avant d’établir le détail de leurs opérations respectives. Nous ne pouvons pas associer avec certitude un ingénieur à un overdub précis sans cette pièce supplémentaire.
Stephen Stills et Michael Stergis : deux auteurs, deux guitaristes
« You’ve Got A Nice Way » est officiellement créditée à Stephen Stills et Michael Stergis. Il ne s’agit donc pas d’une reprise d’un succès de Stills antérieur, ni d’une composition de Ringo. Les deux auteurs jouent également de la guitare dans la version commercialisée. Cette présence à la fois dans l’écriture et l’interprétation donne au morceau une cohérence que la simple mention « produit par Stephen Stills » ne suffit pas à expliquer.
Le site Sessiondays attribue à Stills une partie de guitare, à Stergis une seconde partie, et cite leurs voix dans les chœurs. Le résultat offre un environnement musical moins marqué par le piano de Paul ou les arrangements de cuivres de Nilsson que par l’interaction des guitares et des claviers de l’équipe Stills. L’analyse de l’écoute peut discuter de leur complémentarité ; elle ne doit pas identifier arbitrairement chaque riff à l’un des deux guitaristes sans piste isolée ou relevé d’instrument.
La dualité des crédits d’auteur mérite également d’être conservée dans les données structurées de la discographie. Ringo est l’artiste principal et l’interprète vocal de l’enregistrement, mais l’écriture ne lui est pas attribuée pour cette plage. La confusion entre le nom de l’artiste inscrit sur la pochette et ceux des auteurs reste fréquente dans les bases musicales simplifiées.
Mike Finnigan : piano, orgue et chœurs
Le clavier de référence de cette séance est Mike Finnigan, crédité à la fois au piano et à l’orgue, ainsi qu’aux chœurs. Finnigan avait développé une carrière importante dans les formations du rock et du blues américains. Son jeu possède une capacité à accompagner des chansons de guitare sans rigidifier la pulsation. Pour « You’ve Got A Nice Way », ces claviers s’intègrent à une formation construite autour de Stills et Stergis.
La présence du même musicien au piano et à l’orgue ne prouve pas que les deux instruments ont été enregistrés au même moment. Une prise de groupe peut être complétée par des overdubs ; la documentation publique consultée ne donne pas les numéros de pistes permettant de fixer l’ordre exact des interventions de Finnigan. Il convient donc de distinguer le crédit instrumental certain de l’histoire technique encore ouverte.
Les chœurs de Finnigan, Stills et Stergis forment un ensemble vocal autour de Starr, qui demeure le chanteur principal. Ces voix de soutien ne doivent pas devenir un crédit de chant principal pour Stills, même si celui-ci a écrit et produit la chanson. La fonction de chaque artiste reste liée au master spécifique de Ringo.
La question Harley Trey Thompson : des sources à croiser
Le bassiste Harley Trey Thompson figure dans le relevé piste par piste de Sessiondays comme instrumentiste à la basse. Des bases de données relationnelles présentent néanmoins des répartitions instrumentales qui demandent davantage de prudence. La fiche MusicBrainz consultée associe Thompson à un champ de claviers, conjointement à Finnigan, alors que d’autres relevés le placent dans la section rythmique.
Ce désaccord documentaire est utile à signaler plutôt qu’à masquer. Pour la version de référence de la sessionographie, nous retenons l’attribution « Harley Trey Thompson, basse selon les crédits détaillés de Sessiondays ; concordance technique du livret à contrôler ». Nous ne lui inventons ni solo d’orgue ni partie de basse sur un instrument non documenté. Une vérification sur une pochette originale ou dans les bandes de Devonshire devra permettre de trancher la divergence.
Il s’agit d’un cas d’école pour toute grande encyclopédie musicale. Une donnée agrégée provenant d’une plate-forme communautaire peut être correcte, partielle ou affectée par une relation mal classée. Le travail éditorial exige d’identifier la source, puis d’indiquer le degré de confiance associé à l’instrument avant de diffuser une attribution catégorique.
Ringo à la batterie et au chant : la continuité de son identité musicale
Le crédit de Ringo est double : chant principal et batterie. La plupart des morceaux de Stop And Smell The Roses préservent cette tradition de l’ancien Beatle qui chante sur les chansons de son propre album tout en tenant la batterie. Mais les équipes varient profondément selon les producteurs : chez Nilsson, un second batteur intervient ; chez Stills, les crédits individualisés ne donnent pas cette fonction à un autre invité.
Il ne faut pas déduire de cette absence d’un deuxième batteur que la session a été fixée intégralement en direct. La distribution instrumentale décrit les participants du morceau publié, non le nombre de journées nécessaires pour achever les voix, les guitares ou les claviers. Les interventions de décembre démontrent justement que le projet comporte des phases successives.
Dans l’équilibre musical, le jeu de Starr fournit un ancrage à une composition où les guitares, le piano et l’orgue peuvent développer différentes textures. Ce rôle est moins spectaculaire que l’ensemble de deux batteries et de cuivres d’« Drumming Is My Madness », mais il montre une autre facette de la production de 1980 : une formation plus resserrée qui privilégie la chanson elle-même.
Un morceau de l’album de Ringo, pas une sortie du groupe CSN
La célébrité de Stephen Stills peut favoriser des rapprochements erronés. « You’ve Got A Nice Way » n’est pas publiée sur un album de Crosby, Stills & Nash ; la version originale de référence est celle de Ringo Starr sur Stop And Smell The Roses. Les autres membres de CSN ne sont pas automatiquement participants de ce master. Le fait que Stills soit connu pour ses groupes et projets précédents ne modifie pas l’identité du studio ni les crédits individuels.
Le morceau doit être décrit comme une coopération entre un artiste principal et un auteur-producteur invité, avec les musiciens de celui-ci. Une base qui inscrirait le nom de David Crosby ou Graham Nash par association de groupe ferait apparaître des collaborations non documentées. De même, la participation de Ringo n’implique pas une séance du groupe Wings, même si Paul McCartney travaille sur trois autres chansons du même disque.
Ce fonctionnement par équipes successives constitue l’une des caractéristiques majeures de l’album de 1981. Le public achète un seul LP de Ringo ; les chercheurs doivent y distinguer au moins cinq pôles de production.
La neuvième plage de Stop And Smell The Roses
« You’ve Got A Nice Way » figure en neuvième position du programme original, entre la reprise de « Sure To Fall » enregistrée avec Paul McCartney et une nouvelle version de « Back Off Boogaloo » réalisée avec Nilsson. Les trois chansons se succèdent sur le même support commercial, mais possèdent des auteurs, producteurs et musiciens différents. Cette juxtaposition explique pourquoi une analyse globale de la pochette est insuffisante.
Les crédits de l’album donnent Stills à la production de la piste 9, Harrison aux pistes 2 et 7, McCartney aux pistes 1, 4 et 8, Nilsson aux pistes 3, 5 et 10, et le duo Ringo–Wood à la piste 6. La structure du disque est ainsi reconstituable sans supposer une séance commune de tous ces musiciens.
La durée couramment associée à « You’ve Got A Nice Way » est d’environ 3 min 30, avec de légères variations selon les relevés. Ce chiffre correspond à l’édition commerciale, non à un numéro de prise. Une encyclopédie des pressages devra collecter séparément les durées exactes, les numéros de référence et les éventuelles variantes de mastering.
19 décembre 1980 : une intervention supplémentaire à Cherokee
MusicBrainz relie explicitement le titre à une séance complémentaire du 19 décembre 1980 à Cherokee Studios. Cette donnée est précieuse parce qu’elle évite de traiter les quatre jours de Devonshire comme la totalité de la production. Elle demande cependant un second niveau de vérification : la base ne précise pas ici quelles pistes instrumentales ou vocales ont été ajoutées ce jour-là.
Il est donc préférable d’écrire « overdubs ou travail complémentaire documenté le 19 décembre » plutôt que « Stills réenregistre sa guitare le 19 décembre », assertion qui nécessiterait une source plus précise. Dans la base de sessions, cette date peut être ajoutée comme événement secondaire de production avec un statut à préciser, rattaché au même enregistrement commercial.
Le fait que d’autres chansons de l’album fassent l’objet de compléments en décembre ne permet pas non plus d’attribuer automatiquement ces opérations à la même équipe. Les productions de Nilsson transitent notamment par Compass Point aux Bahamas ; celle de Stills reste associée à Devonshire puis à Cherokee. Ces lieux correspondent à des chaînes de production distinctes.
Les trois familles d’archives : projet initial, LP de 1981 et rééditions
Le morceau fait partie de la configuration du projet Can’t Fight Lightning avant le remaniement de l’album. Contrairement à « Wake Up », « Brandy » ou « You Can’t Fight Lightning », il est conservé dans les dix titres publiés en 1981. Cette continuité permet de suivre la chanson depuis sa séance d’août jusqu’à sa première édition commerciale.
Le CD augmenté de 1994 remet en circulation plusieurs titres écartés du projet initial, mais ne comporte pas dans son programme standard une prise alternative inédite de « You’ve Got A Nice Way ». Les différentes éditions de la neuvième plage doivent donc être classées comme diffusions du master connu, sauf preuve matérielle d’un montage distinct. La réédition ne devient pas une séance musicale nouvelle parce qu’elle utilise un support numérique.
Une comparaison du premier LP, des CD et des programmes numériques reste néanmoins pertinente pour un projet de discographie exhaustive : il faut relever la durée de la piste, le pays, le label, les variations de titre et le mastering. Mais ces champs commerciaux ne remplacent pas la date de performance fixée en 1980.
Au-delà des Beatles : ce que cette collaboration révèle
Une grande partie de l’histoire solo de Ringo est dominée par ses réunions avec Lennon, McCartney et Harrison. Pourtant, le titre de Stills rappelle que ses collaborations dépassent très largement le cercle des anciens Beatles. Il travaille en 1980 avec un artiste qui a participé à d’autres formations essentielles du rock américain, et accepte de s’intégrer à une équipe de musiciens que ce producteur connaît.
Cette disponibilité témoigne d’une attitude plus large dans la carrière de Starr : le batteur peut soutenir des artistes, interpréter leurs compositions, apporter sa personnalité vocale et favoriser des rencontres entre répertoires. La réussite du projet ne doit pas être évaluée exclusivement à son classement commercial. L’intérêt réside aussi dans le réseau de travail qu’il documente et dans la diversité des esthétiques traversées.
La chanson permet également de rappeler la place des instrumentistes tels que Finnigan ou Stergis, souvent moins visibles que le nom du producteur. Sans leurs guitares, claviers et voix de soutien, l’arrangement n’aurait pas la même identité. Le dossier encyclopédique doit donc rendre justice à l’ensemble de l’équipe tout en conservant les rôles exacts de chacun.
Fiche de sessionographie : version publiée et incertitudes
Titre : « You’ve Got A Nice Way » ; dans certaines bases, « Nice Way ». Auteurs : Stephen Stills et Michael Stergis. Artiste : Ringo Starr. Séances principales : 11–14 août 1980, Devonshire Sound Studios, North Hollywood. Intervention complémentaire recensée : 19 décembre 1980, Cherokee Studios, Los Angeles. Producteur : Stephen Stills ; Alan Pariser crédité comme coproducteur dans les relations MusicBrainz. Ingénierie : Stanley Johnston et Steve Gursky, Dee Robb présent dans une autre liste de relations.
Personnel : Ringo Starr, chant principal et batterie ; Stephen Stills, guitare et chœurs ; Michael Stergis, guitare et chœurs ; Mike Finnigan, piano, orgue et chœurs ; Harley Trey Thompson, basse selon Sessiondays, attribution instrumentale à comparer avec les relations MusicBrainz. Première publication : Stop And Smell The Roses, 1981, piste 9.
Certitudes : Stills et Stergis coauteurs, Ringo au chant et à la batterie, Stills responsable de la production, séances d’août 1980 et personnel principal identifié. Points de contrôle : statut d’Alan Pariser, instruments exacts de Thompson, fonction de Dee Robb, détail des opérations de décembre et numéro de prise master. Aucun de ces points ouverts ne doit être complété par pure conjecture.
L’équipe technique de Stephen Stills : Stanley Johnston et Steve Gursky
« You’ve Got a Nice Way » est l’une des chansons qui permettent de distinguer nettement les métiers réunis pour Stop and Smell the Roses. Stephen Stills et Michael Stergis en sont les coauteurs, Stills assure la production, Ringo le chant principal et la batterie. Le piano, l’orgue et les chœurs de Mike Finnigan se mêlent aux guitares de Stills et Stergis. Les crédits d’ingénierie relient le titre à Stanley Johnston et Steve Gursky. La participation de ces deux professionnels permet de différencier l’enregistrement de cette chanson des productions de Paul McCartney, George Harrison, Harry Nilsson ou Ronnie Wood, qui disposent chacune de leur propre équipe technique. L’existence de deux noms d’ingénieurs ne démontre cependant pas l’existence de deux versions commerciales indépendantes ; seule l’identification de leurs opérations respectives permettrait de le conclure.
Les séances de Stills commencent en août 1980 à Hollywood, puis la chanson suit les opérations de préparation du LP de 1981. Le nom d’un bassiste apparaît sous la forme Harley Trey Thompson dans les nomenclatures de personnel, information à conserver dans le contexte précis de ce master plutôt que de la reporter sur les dix morceaux du disque. La comparaison avec les autres ateliers explique la portée de cette démarche : Peter Henderson enregistre les chansons de l’équipe McCartney, Phil McDonald participe aux sessions de Harrison, Rick Riccio à celles de Nilsson, et Dee Robb aux réalisations liées à Ronnie Wood. Cette répartition des responsabilités éclaire mieux le fonctionnement du disque qu’une liste de tous les noms associés à Ringo pendant l’année 1980.
Dans l’encyclopédie, la présente fiche demeure centrée sur la chanson écrite par Stills et Stergis, ses interprètes et ses éditions, tandis que la monographie technique suit Johnston, Gursky et l’organisation de leur atelier. Les deux approches se complètent sans transformer les mêmes crédits en pages concurrentes.
Pour poursuivre la lecture
« Dead Giveaway » avec Ronnie Wood · « Drumming Is My Madness » avec Harry Nilsson et Jim Keltner.
L’album Stop And Smell The Roses analysé piste par piste · Les autres collaborations musicales de 1980 à 1999 · La sessionographie complète.












