← Stop and Smell the Roses : les cinq équipes de studio
Encyclopédie des collaborations · 1980–1981 · Métiers du studio
Rick Riccio et Van Dyke Parks : le studio de Harry Nilsson autour de Ringo Starr
Trois chansons, une formation de cuivres et deux batteurs : ingénierie, arrangements et la différence entre le single de 1972 et le remake de 1980.
Le troisième atelier de Stop and Smell the Roses
Le producteur Harry Nilsson réalise trois chansons du programme standard de Stop and Smell the Roses : « Drumming Is My Madness », « Stop and Take the Time to Smell the Roses » et le nouveau « Back Off Boogaloo ». Rick Riccio est associé aux fonctions d’ingénierie du groupe de titres dans les livrets et relevés de personnel. Van Dyke Parks apparaît pour les arrangements des mêmes trois pistes. Ces interventions révèlent une chaîne de réalisation différente de celles de McCartney, Harrison, Wood et Stills.
Nilsson est à la fois proche de Ringo, chanteur, auteur ou coauteur selon la chanson, et réalisateur des prises. Rick Riccio n’est pas le producteur principal du disque entier sous prétexte qu’il figure au générique, et Van Dyke Parks n’est pas auteur des compositions. Une étude technique doit identifier chaque tâche et la rattachant au master concerné, sans projeter le prestige des collaborateurs sur des fonctions non créditées.
4 novembre 1980 : les sessions d’Evergreen
Le 4 novembre 1980, Ringo travaille aux studios Evergreen de Los Angeles sur les titres de Nilsson. Les données de séance concernent notamment « Drumming Is My Madness », « Stop and Take the Time to Smell the Roses » et une nouvelle interprétation de « Back Off Boogaloo ». Le personnel comprend Ringo au chant et à la batterie, Jim Keltner comme autre batteur, Dennis Belfield à la basse, les guitaristes Dennis Budimir, Fred Tackett et Ritchie Zito, Jane Getz au piano et plusieurs instrumentistes de cuivres, avec Joe Lala aux percussions.
Des compléments sont associés à Compass Point, aux Bahamas, au début de décembre. Les studios et les dates montrent que les enregistrements ne sont pas le produit d’une seule prise musicale déjà définitivement mixée en novembre. Les informations doivent être ventilées entre bandes initiales, voix complémentaires, chœurs et opérations de finition, sans attribuer automatiquement la présence physique de tous les interprètes à Nassau.
« Drumming Is My Madness » : Nilsson auteur et producteur
Le troisième titre du LP, « Drumming Is My Madness », est écrit par Harry Nilsson. Ringo l’interprète, accompagné d’un ensemble où deux batteries se côtoient et où les cuivres jouent un rôle important. Rick Riccio contribue à la réalisation technique des séances, tandis que Van Dyke Parks intervient au niveau des arrangements. Cette répartition donne un exemple précis d’une chanson de Nilsson interprétée par son ami Ringo sans que les crédits d’auteur et d’orchestrateur deviennent interchangeables.
Il faut également maintenir une distinction rarement observée dans les listes générales : Jim Keltner est le second batteur, alors qu’un musicien nommé Jim Gordon est crédité au saxophone baryton dans les relevés de ces titres. La biographie de certains homonymes ou musiciens portant le même nom ne suffit pas à transformer ce crédit de saxophone en troisième batterie.
« Stop and Take the Time to Smell the Roses » : une coécriture
Le cinquième titre donne son nom à l’album. Il est signé Richard Starkey et Harry Nilsson : les deux hommes sont ici coauteurs. La chanson appartient au même atelier d’Evergreen et de Compass Point, avec des parties rythmiques, guitares, cuivres et claviers. Rick Riccio y figure dans le générique technique, aux côtés d’autres ingénieurs cités au niveau du master, notamment Mike Hatcher, Steven Stanley et Kendal Stubbs dans certains relevés numériques.
Cette diversité de professionnels montre pourquoi un crédit de « Rick Riccio » dans un livret ne doit pas être présenté comme la preuve qu’il aurait seul capté toutes les pistes des différents studios. La collaboration technique peut être distribuée entre lieux et opérations. Le rôle de Parks porte sur l’arrangement, Nilsson demeure producteur, et Ringo assure le chant principal ainsi que la batterie.
Le remake de « Back Off Boogaloo »
« Back Off Boogaloo » est connu depuis le 45-tours de 1972 produit par George Harrison. Le titre publié sur Stop and Smell the Roses est un réenregistrement produit par Nilsson, et non le simple remix de la bande originale de 1972. Les musiciens et les responsabilités techniques diffèrent. La version de 1980–1981 comprend notamment Jim Keltner, les guitaristes Dennis Budimir, Fred Tackett et Ritchie Zito, ainsi que des chœurs de Nilsson et Riccio.
Le morceau utilise aussi des clins d’œil à d’autres chansons des Beatles et de Ringo. Cette matière historique doit être étudiée comme un arrangement de nouvelle prise, sans confondre l’œuvre initiale, le master de 1972, celui de 1980–1981 et les nouvelles relectures publiées plus tard. L’histoire de la collaboration avec Nilsson se mesure à ses réalisations documentées, pas au nombre de supports exploitant la même chanson.
Les cuivres et les bois : un personnel à préciser
Les sessions de Nilsson font intervenir Jerry Jumonville au saxophone ténor, Jim Gordon au saxophone baryton dans les relevés concernés, Bruce Paulson au trombone, Lee Thornburg à la trompette et Rick Riccio à la flûte selon les attributions de piste. Ces noms rejoignent une équipe instrumentale qui donne au programme une couleur différente des productions de McCartney ou Harrison. Van Dyke Parks exerce un rôle d’arrangeur, mais le crédit ne prouve pas qu’il a personnellement interprété chacune des parties.
Une liste de personnel de studio ne remplace pas la vérification de chaque titre. On ne peut pas attribuer à l’ensemble des instrumentistes toutes les pistes de Nilsson sans examiner les crédits propres aux masters. La distinction entre saxophone baryton et batterie dans le cas de Jim Gordon montre pourquoi une classification biographique hâtive produit des erreurs discographiques difficiles à corriger ensuite.
La chaîne du son, d’Evergreen à Nassau
Les génériques de l’album attribuent Riccio comme ingénieur des trois productions Nilsson, avec des crédits complémentaires dans les données numériques. L’arrangement de Parks, la réalisation de Nilsson, l’exécution des musiciens et le travail de finition ne sont pas des étapes identiques. Les mixes préparés aux Bahamas peuvent exploiter des bandes enregistrées en Californie et y ajouter des voix ou des éléments instrumentaux.
La réputation de Rick Riccio et les travaux antérieurs de Parks ne permettent pas de préciser la console, les modèles de micros ou les effets particuliers de ces titres. On peut analyser la place du chant et des cuivres dans les arrangements, mais les opérations techniques exactes nécessitent des feuilles de studio ou des témoignages supplémentaires.
Bilan : trois œuvres, une identité d’atelier
Les contributions de Rick Riccio et Van Dyke Parks donnent une unité documentaire aux trois titres de Harry Nilsson sur Stop and Smell the Roses. Ce groupe de chansons se distingue par les batteries de Ringo et Jim Keltner, les guitares de musiciens californiens, des cuivres nombreux et plusieurs étapes techniques entre les studios Evergreen et Compass Point. Le nouveau « Back Off Boogaloo » offre, de plus, un cas exemplaire de réenregistrement à distinguer d’un single antérieur.
À lire également : l’atlas des cinq producteurs, la section des collaborations avec Harry Nilsson et la sessionographie chronologique. Les monographies des métiers ne remplacent ni les fiches de chansons ni les éditions discographiques de l’album.
Le laboratoire Nilsson : humour, orchestration et réemploi d’une chanson de Ringo
La séquence produite avec Harry Nilsson pour Stop and Smell the Roses constitue une unité singulière. Elle comprend « Drumming Is My Madness », « Stop and Take the Time to Smell the Roses » et une nouvelle version de « Back Off Boogaloo ». Dans les deux premiers titres, l’univers du chanteur-compositeur américain rencontre celui de Ringo à travers le goût du pastiche, de la fantaisie et d’arrangements volontairement théâtraux. La réinterprétation de « Back Off Boogaloo » est d’une autre nature : il s’agit d’une œuvre déjà publiée par Ringo en 1972, reprise dans une nouvelle configuration. L’édition de 1981 doit donc être décrite comme un nouvel enregistrement, non comme la première apparition de la chanson.
Les séances d’Evergreen à partir de novembre 1980 engagent notamment Rick Riccio dans le travail technique et Van Dyke Parks dans les arrangements. L’apport de Parks éclaire la place des timbres orchestraux, des claviers et de l’écriture instrumentale dans cette production. Nilsson assume la direction artistique d’un univers musical identifiable, mais le jeu de Ringo, les interventions des musiciens et les opérations de prise et de mixage doivent rester distribués selon les crédits. Une fiche encyclopédique utile restitue ces relais plutôt que de rapporter tout le son d’une chanson à une seule personnalité.
Une relecture, deux créations et plusieurs étapes de studio
Les trois morceaux servent de points d’entrée à trois types d’histoire : composition nouvelle, coécriture et relecture d’un succès antérieur. Leur proximité dans le projet de 1980-1981 explique leur regroupement, tandis que les séances de Cherokee et l’atelier Stephen Stills montrent comment d’autres producteurs ont construit des sections parallèles du disque.












