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Yellow-Sub.net · 1998–1999 · Mark Hudson · Jeff Lynne · Joe Perry · Timothy B. Schmit

I Wanna Be Santa Claus (1999) : douze chansons, studios et collaborations de Ringo Starr

Le Noël de Ringo, piste par piste : l’équipe des Roundheads, les voix de Jeff Lynne et Timothy B. Schmit, les guitares de Joe Perry, les cornemuses et les éditions Mercury.

1998–1999 : le premier album de Noël d’un ancien Beatle

I Wanna Be Santa Claus est le douzième album studio de Ringo Starr, enregistré à partir de septembre 1998 et terminé en septembre 1999. Il paraît le 19 octobre 1999 sous le label Mercury, avec Mark Hudson et Ringo Starr à la production. L’album est une rencontre entre chansons traditionnelles ou anciennes et compositions originales écrites par Starr et son cercle musical, principalement Hudson, Steve Dudas, Jim Cox, Scott Gordon, Dean Grakal et Dick Monda.

Les deux hommes prolongent une méthode expérimentée sur Vertical Man : une formation de base relativement régulière, des enregistrements de guitares, de claviers et de percussions successifs, puis des invités sélectionnés pour leur fonction propre. Jeff Lynne, Timothy B. Schmit et Joe Perry interviennent, mais aucun ne joue ou chante sur l’intégralité du programme. Les cornemuses et le tabla ne sont pas non plus présents sur tous les morceaux : ce sont des sonorités ciblées.

L’album ne doit pas être confondu avec les disques de vœux des Beatles adressés à leur fan-club dans les années 1960. Il reprend certes la chanson collective de 1967 « Christmas Time (Is Here Again) », mais la totalité du disque repose sur de nouvelles prises enregistrées trente ans plus tard. La contribution de Lennon et de Harrison à la composition ancienne ne signifie évidemment pas leur présence sur le master de 1999.

Un calendrier en plusieurs lieux et deux pays

Les deux premières chansons originales de Noël sont conçues à l’été 1998 : « Christmas Eve » et « Dear Santa » sont associées à des séances britanniques entre le 14 et le 16 septembre. La chronologie d’album de The Beatles Bible situe les premiers échanges créatifs chez Ringo, dans le Surrey, en juillet 1998 ; l’article individuel consacré à « Dear Santa » imprime isolément l’année 1988, manifestement discordante avec le projet de l’album. Le dossier retient donc 1998 selon la chronologie d’ensemble, en conservant le besoin de consulter une source primaire pour le jour d’écriture.

Le 8 mars 1999, aux studios Whatinthewhatthe? de Los Angeles, le groupe travaille sur « The Little Drummer Boy », « Rudolph The Red-Nosed Reindeer », « Christmas Time (Is Here Again) » et des ajouts à « Dear Santa ». Les sessions se prolongent au cours du printemps et de l’été à Los Angeles et dans plusieurs studios britanniques, dont Abbey Road, avant les dernières prises les 8 et 9 septembre 1999.

Les lieux nommés dans les synthèses incluent Whatinthewhatthe?, Westlake et Village Recorders à Los Angeles ; The Boneyard à Boston ; Abbey Road, Funny Bunny et Stable Cottage en Angleterre. Cette liste cumulative ne localise pas chaque piste de batterie ni chaque choriste. Le programme encyclopédique doit donc conserver des dates et studios par morceau lorsqu’ils sont établis, sans attribuer arbitrairement un emplacement unique aux douze chansons.

1 — Come On Christmas, Christmas Come On : du glam rock pour ouvrir Noël

La première chanson est signée Richard Starkey, Mark Hudson et Dean Grakal. Son écriture évoque la veine rock rythmique de « Back Off Boogaloo » plutôt qu’un cantique d’église. Ringo chante et joue de la batterie et des percussions ; Hudson ajoute guitare électrique, basse, percussions et voix ; Scott Gordon intervient à l’harmonica et aux percussions ; Pat Zicari au saxophone. Jeff Lynne figure parmi les voix avec Gary Burr, Sarah et Brett Hudson, les frères Fantini, Kiley Oliver, Tess Whiteheart et Dick Monda.

Le début du master conserve une consigne répétée concernant le réglage « 51 » d’un effet de réverbération numérique. Mark Hudson a expliqué en 2003 à Mix qu’il s’agissait d’un réglage d’écho de l’Alesis MidiVerb 3, utilisé pour obtenir un effet vocal rétro. C’est un détail d’atelier particulièrement documenté : il relie une parole conservée sur l’enregistrement à un matériel réel, sans qu’il soit nécessaire d’inventer une anecdote de séance.

Le crédit de Jeff Lynne est vocal sur cette piste ; rien n’autorise à lui attribuer la production ni une partie de guitare. Cette précision est cruciale compte tenu de la proximité de Lynne avec George Harrison et Ringo au cours des décennies précédentes.

2 — Winter Wonderland : un standard de 1934 dans l’univers des Roundheads

« Winter Wonderland » est une chanson de Felix Bernard et Richard B. Smith créée en 1934. Le master de 1999 ne transforme pas Starr en coauteur : il s’agit d’une reprise. Ringo est au chant, à la batterie et aux percussions ; Mark Hudson joue de la guitare électrique et de la basse et chante ; Steve Dudas et Bill Hudson complètent les guitares ; Jim Cox joue du piano et du Wurlitzer ; Gary Burr participe aux chœurs.

Le refrain et l’instrumentation sont réorganisés dans un esprit pop-rock, loin des versions orchestrales d’autres interprètes. La notice de The Beatles Bible signale dans la coda une allusion musicale à « I Was Walkin’ » de Vertical Man. Cette référence interne rattache les deux productions consécutives ; elle ne constitue pas un titre caché indépendant.

Les liens entre un standard de 1934 et un motif de Ringo de 1998 méritent une fiche comparative, mais le générique de compositeurs de « Winter Wonderland » reste celui de Bernard et Smith. Les musiciens modernes interviennent sur l’arrangement et la réalisation sonore.

3 — I Wanna Be Santa Claus : Jeff Lynne et Timothy B. Schmit aux chœurs

Le morceau-titre est écrit par Richard Starkey, Mark Hudson et Dick Monda, chanteur et auteur associé notamment à « Chick-A-Boom (Don’t Ya Jes’ Love It) ». Ringo assure le chant, la batterie et les percussions ; Mark Hudson joue de la guitare acoustique, de la basse et des claviers et intervient aux voix ; Steve Dudas ajoute une guitare électrique, Jim Cox des claviers, Scott Gordon des percussions et Dan Higgins de la flûte à bec.

Les choristes comprennent Jeff Lynne, Timothy B. Schmit des Eagles et Christina Rasch. Les voix des enfants désignées « Natasha and Tanya » apparaissent dans certaines éditions avec le crédit fantaisiste de petits lutins. Elles doivent être classées comme intervention vocale, et non comme apparition du Père Noël réel ou d’un groupe autonome.

Cette chanson confirme que les noms célèbres de l’album peuvent intervenir uniquement aux chœurs. Ni Schmit ni Lynne ne sont auteurs du morceau ; leur contribution est authentique mais circonscrite à la prise vocale publiée.

4 — The Little Drummer Boy : quatre cornemuses et une histoire familiale

L’histoire de « The Little Drummer Boy » remonte à « Carol Of The Drum », écrite par Katherine Kennicott Davis en 1941. Les droits des versions populaires mentionnent aussi Harry Simeone et Henry Onorati. La chanson est enregistrée pour l’album le 8 mars 1999 au studio Whatinthewhatthe? de Los Angeles. Ringo joue de la batterie et chante ; Hudson joue de la guitare électrique, de la basse et des percussions ; les frères Marc et Steffan Fantini, Steve Dudas et Ben Labi interviennent aux guitares, Jim Cox au Wurlitzer et à l’orgue Hammond, Scott Gordon aux percussions.

Le crédit instrumental distinctif revient à Bob Murphy, Ian Halliday, Roger Houth et Willie Cochrane aux cornemuses. Timothy B. Schmit participe aux chœurs. Il ne serait pas rigoureux de transformer ces quatre joueurs en section de cornemuses de l’ensemble de l’album : les autres chansons ne reprennent pas automatiquement leur son.

Ringo a associé personnellement la chanson au souvenir de sa mère Elsie, qui lui chantait l’air lorsqu’il était enfant. Le témoignage enrichit l’histoire de l’interprétation ; il ne prouve pas que la version de 1999 reprenne littéralement un arrangement qu’il entendait alors à Liverpool.

5 — Rudolph The Red-Nosed Reindeer : Johnny Marks et la séance du 8 mars

« Rudolph The Red-Nosed Reindeer » est composée par Johnny Marks à partir du personnage de Rudolph, créé par Robert L. May pour une histoire publiée en 1939. La chanson devient un succès majeur grâce à Gene Autry en 1949. Starr et son équipe ne possèdent pas le crédit d’auteur : leur travail relève de la réinterprétation d’une œuvre établie.

Le relevé individuel de The Beatles Bible situe la prise de base au 8 mars 1999. Ringo est au chant, à la batterie et aux percussions ; Hudson tient guitares acoustique et électrique, basse et percussions ; Steve Dudas est aux guitares, Jim Cox aux claviers, Dan Higgins au saxophone, Scott Gordon et Christina Rasch aux percussions.

On peut rapprocher cette chanson de « Rudolph The Red-Nosed Reggae », adaptation instrumentale de Paul McCartney parue au verso de « Wonderful Christmastime » en 1979. Mais cette parenté de répertoire ne constitue pas une collaboration Ringo–Paul en 1999 : McCartney n’est pas identifié parmi les musiciens de cette version.

6 — Christmas Eve : l’une des premières compositions du projet

« Christmas Eve », signée Richard Starkey et Mark Hudson, appartient au noyau initial conçu au cours de l’été 1998 et enregistré en Grande-Bretagne en septembre. Le titre marque la volonté du tandem de ne pas se limiter aux standards : il construit une chanson contemporaine autour de l’attente de Noël. Contrairement à « Winter Wonderland », le générique de composition cite directement Ringo.

Les notices générales mentionnent plusieurs participants à l’album, notamment des bassistes additionnels et des choristes, mais leur présence sur cette piste doit être vérifiée dans les crédits spécifiques avant de leur attribuer un instrument. Armand Sabal-Lecco est mentionné à la basse de « Christmas Eve » dans le relevé de Progrography ; ce crédit se distingue des nombreuses pistes de basse enregistrées par Hudson.

La date d’enregistrement initiale et les retouches postérieures méritent des champs séparés. Il ne faut pas réattribuer les overdubs éventuels de mars 1999 à l’ensemble de « Christmas Eve » simplement parce que plusieurs chansons de l’album ont été finalisées au même endroit.

7 — The Christmas Dance : Ringo coécrit avec Hudson, Cox et Dudas

« The Christmas Dance » réunit au crédit Richard Starkey, Mark Hudson, Jim Cox et Steve Dudas. La participation de deux instrumentistes réguliers du groupe à l’écriture en fait un bon exemple d’œuvre issue du noyau des Roundheads. Elle ne doit pas être confondue avec les contributions anonymes des grands chœurs festifs réunis pour certains autres morceaux.

Le programme de douze titres situe la chanson au milieu du disque, avant « Christmas Time (Is Here Again) ». Certaines éditions du CD conservent de courts échanges de studio au passage d’une chanson à l’autre, ce qui peut créer des différences apparentes de durée entre bases de métadonnées. Le minutage d’un interlude vocal ne suffit pas à démontrer l’existence d’un autre enregistrement.

Une fiche de collectionneur devra inspecter l’indexation exacte du CD de 1999 : une remarque captée à la fin de « The Christmas Dance » peut être attachée à la plage 7 plutôt qu’à une piste cachée nouvelle. C’est un problème d’édition numérique, pas de création d’une treizième chanson.

8 — Christmas Time (Is Here Again) : une œuvre des quatre Beatles, un master de Ringo en 1999

La chanson du fan-club des Beatles est enregistrée le 28 novembre 1967 aux studios EMI, sous la production de George Martin, puis montée le lendemain. Elle porte les signatures de George Harrison, John Lennon, Paul McCartney et Richard Starkey. La version originale, diffusée sur un flexi-disque réservé aux membres du fan-club, ne doit pas être assimilée à la version studio de 1999.

Ringo réenregistre la chanson le 8 mars 1999 à Los Angeles. Il chante, joue de la batterie et de diverses percussions ; Mark Hudson tient notamment guitare acoustique, basse et chœurs, Steve Dudas les guitares, Jim Cox guitare et accordéon, Matt Hurwitz une guitare acoustique. Joe Perry joue de la guitare électrique. Bob Murphy, Ian Halliday, Roger Houth et Willie Cochrane reviennent aux cornemuses, tandis que Jeff Lynne, John Titta, Gary Burr, plusieurs Hudson, les Fantini, Kiley Oliver, Tess Whiteheart et Dick Monda chantent.

Le nom des quatre Beatles au crédit de composition ne signifie pas la présence de Lennon, Harrison et McCartney pendant la séance de 1999. Joe Perry, en revanche, possède une contribution instrumentale effective. L’enregistrement original des Beatles, le mix publié en 1995 au verso de « Free As A Bird » et le master de Ringo de 1999 constituent trois objets sonores à identifier séparément.

9 — Blue Christmas : le lien country avec Jaydee Maness

« Blue Christmas » est écrite par Billy Hayes et Jay W. Johnson. Doye O’Dell l’enregistre dès 1948, avant que la chanson soit largement associée à Elvis Presley. La version de Ringo ajoute une couleur country explicitement portée par la pedal steel de Jaydee Maness. Ringo chante, joue de la batterie et des percussions ; Hudson tient la basse et chante ; Steve Dudas joue une guitare électrique, Jim Cox le Wurlitzer, Gary Burr les chœurs.

Il serait erroné de présenter Maness comme le guitariste solo de « Christmas Time (Is Here Again) », fonction assurée par Joe Perry. La pedal steel doit être reliée au master précis de « Blue Christmas » et, dans les crédits de l’album, à « White Christmas » également.

La comparaison avec les versions de Doye O’Dell et d’Elvis peut porter sur la retenue vocale, le tempo et l’instrumentation. Elle ne doit pas aboutir à une attribution de crédit d’auteur à Elvis, qui interprétait lui-même une chanson préexistante.

10 — Dear Santa : un titre personnel, un auteur supplémentaire à conserver

« Dear Santa » est écrite par Richard Starkey, Mark Hudson et Steve Dudas. Elle appartient aux premières séances de septembre 1998 et bénéficie de retouches le 8 mars 1999. Le générique ne doit donc pas se limiter au tandem Starr–Hudson comme certaines présentations sommaires : Dudas reçoit un crédit explicite de composition.

Ringo est au chant, à la batterie et aux percussions ; Hudson joue de la basse, participe aux percussions et aux voix ; Jim Cox intervient aux claviers, Dan Higgins au saxophone, Scott Gordon aux percussions et Gary Burr aux chœurs. Il s’agit d’un groupe de studio plus ciblé que celui de la chanson collective de 1967 réenregistrée sur la plage 8.

Le fait que la chanson puisse paraître comme une lettre au Père Noël relève de son sujet et de sa forme ; il n’autorise pas à reproduire intégralement les paroles dans une fiche de catalogue. La documentation doit privilégier les auteurs, les sessions, les arrangements et la réception.

11 — White Christmas : Irving Berlin, Timothy B. Schmit et la pedal steel

« White Christmas » est composée par Irving Berlin pour le film Holiday Inn de 1942. Elle entre dans l’histoire par l’interprétation de Bing Crosby. Sur le disque de Ringo, la chanson conserve le crédit de Berlin seul. Ringo chante, joue de la batterie et des percussions ; Hudson intervient aux percussions et aux voix ; Steve Dudas à la guitare électrique ; Armand Sabal-Lecco à la basse ; Jaydee Maness à la pedal steel ; Jim Cox à l’orgue Hammond et au synthétiseur.

Timothy B. Schmit, Bill Hudson et Christina Rasch sont crédités aux chœurs. La partie de pedal steel rapproche le morceau d’une tradition country-pop, mais sa présence n’autorise pas à dater une session commune avec tous les participants au même jour.

Les descriptions de certaines éditions mentionnent un bref fragment instrumental entre cette chanson et « Pax Um Biscum ». Le collectionneur doit vérifier si le segment est indexé dans la plage 11, comme bonus caché ou comme simple liaison. Sans inspection matérielle, il ne faut pas annoncer une œuvre instrumentale supplémentaire.

12 — Pax Um Biscum : Joe Perry, le tabla et une conclusion psychédélique

« Pax Um Biscum (Peace Be With You) » clôt le programme. Elle est écrite par Richard Starkey, Mark Hudson et Scott Gordon. Son titre joue sur la formule latine « Pax vobiscum », « La paix soit avec vous », avec une graphie délibérément différente. La chanson propose une conclusion méditative qui rappelle les croisements entre pop psychédélique, sonorités indiennes et messages de paix.

Ringo figure aux voix, à la batterie, aux percussions, au Mellotron et au synthétiseur ; Hudson joue Mellotron, synthétiseurs, percussions et flûte à bec et chante ; Scott Gordon aux claviers et aux synthétiseurs ; Jim Cox et Steve Dudas aux percussions ; Joe Perry à la guitare électrique ; Kalijut Bhamra au tabla ; Marc et Steffan Fantini ainsi que Teisha Helgerson aux voix.

Ce master ne doit pas être présenté comme une réunion des Beatles, ni comme une session de Ravi Shankar. L’instrumentation emprunte un vocabulaire associé à la période psychédélique, mais les crédits personnels sont ceux de l’équipe de 1999 et de ses invités attestés.

Les éditions Mercury et la seconde vie discographique du disque

Le CD de 1999 paraît sur Mercury dans la famille de référence 546 668-2. Progrography recense aussi un CD japonais PHCW-1061. Ces références doivent être rapprochées des objets physiques : code-barres, fabricant, matrices, livret, éventuels éléments japonais et durées effectives. La liste standard contient douze chansons, sans qu’on puisse déclarer un bonus inédit sur la seule base d’un pays différent.

En septembre 2003, Mercury/Universal reconditionne l’album sous l’intitulé 20th Century Masters: The Best Of Ringo Starr / The Christmas Collection, référence américaine B0000703-02. Une édition japonaise de 2008 est recensée sous UICY-1564. Une nouvelle pochette ou un nouveau titre commercial ne signifient pas automatiquement des reprises enregistrées quatre ou neuf années plus tard.

Le disque original connaît une distribution limitée selon les récits de Ringo, qui se montre critique envers le soutien promotionnel apporté par Mercury. Le fait qu’il ne soit pas entré dans les classements importants ne doit pas être transformé en nombre de ventes précis sans chiffre du distributeur. Son intérêt pour la sessionographie est considérable, indépendamment de sa carrière commerciale.

Un album de Noël comme laboratoire des Roundheads : les sessions de 1998–1999

De nouvelles chansons de Noël, non une simple réunion de reprises

La place de I Wanna Be Santa Claus dans le catalogue de Ringo Starr est particulière. Une partie du répertoire appartient à une tradition populaire antérieure aux Beatles, tandis que plusieurs compositions nouvelles viennent de l’équipe réunie autour de Mark Hudson. Le résultat ne peut être compris en considérant seulement le sujet des chansons. L’enregistrement mobilise le même type de réflexion que les albums pop de Ringo : comment adapter une voix immédiatement reconnaissable à des arrangements variés, sans que la familiarité des mélodies fasse disparaître la personnalité de l’interprète ? Les Roundheads fournissent une continuité d’instrumentation et d’écriture, tandis que les invités interviennent ponctuellement selon les titres.

Une reprise de Noël offre parfois une structure connue de tous, mais elle n’impose pas une orchestration particulière. Le travail du producteur peut consister à choisir un tempo, modifier une introduction, distribuer les réponses des choristes ou donner à la batterie une place différente de celle d’une version ancienne. Un arrangement plus rock rendra une chanson familière énergique ; une disposition acoustique pourra mettre au premier plan le texte et la voix. L’appréciation d’une version ne doit cependant pas être confondue avec une attribution technique : seule la liste des instruments réellement crédités peut nous dire quels musiciens interviennent sur chaque master.

Des studios en deux pays : la chaîne d’une collaboration éloignée

Les enregistrements sont réalisés entre les États-Unis et l’Angleterre, dans plusieurs lieux, notamment les studios Whatinthewhatthe?, Westlake et Village Recorders, mais aussi Abbey Road et d’autres installations britanniques. Ringo et Hudson écrivent « Christmas Eve » et « Dear Santa » au cours de l’été 1998, avant des prises britanniques en septembre. D’autres sessions ont lieu aux États-Unis en mars 1999, notamment pour « The Little Drummer Boy », « Rudolph the Red-Nosed Reindeer » et « Christmas Time (Is Here Again) ». Cette chronologie confirme que les douze titres ne proviennent pas d’une séance unique montée à l’approche de décembre.

Le caractère international du travail rend indispensable la distinction entre la date de création d’une chanson, le lieu d’enregistrement d’une partie et celui où le master a été finalisé. Une voix peut être ajoutée alors que la batterie est déjà enregistrée, et un mix réalisé plus tard ne démontre pas que les musiciens sont revenus jouer. Le seul crédit « enregistré à Abbey Road » au niveau d’un album ne permet pas d’attribuer toutes les pistes à ce studio. Les feuilles de session et les livres de pistes doivent être privilégiés lorsque l’on cherche à établir des dates exactes.

La récurrence des partenaires au-delà du groupe permanent

Jeff Lynne, Joe Perry et Timothy B. Schmit figurent parmi les collaborateurs documentés, mais leur présence doit être restituée par titre. Lynne intervient à des chœurs sur plusieurs morceaux ; l’existence de ce crédit ne fait pas de lui le producteur principal du disque. Joe Perry ne transforme pas l’ensemble en album d’Aerosmith ; Schmit ne représente pas les Eagles comme groupe. Les invitations sont des contributions individuelles au sein d’un projet centré sur Starr et Hudson.

La nouveauté véritable tient dans la capacité de l’équipe à passer du rock, de la pop harmonisée et de la tradition de Noël sans reformer intégralement les studios à chaque étape. Le même cercle de confiance peut travailler sur une mélodie ancienne et sur une chanson composée spécialement pour Ringo. On retrouve ici la méthode des Roundheads : la création est collective, mais les responsabilités contractuelles et les instruments restent individualisés.

Le label et la promotion : une rupture qui ne vient pas des musiciens

La publication du disque le 19 octobre 1999 relève de Mercury. Ringo s’est plaint du peu de soutien promotionnel accordé à l’album et a évoqué publiquement son départ du label. Il serait excessif d’en conclure que l’équipe musicale a perdu sa cohésion ou que les chansons n’ont pas été considérées comme réussies par leurs auteurs. Les relations entre un artiste et sa maison de disques ont leur logique commerciale propre, parfois indépendante du travail réalisé en studio. La longévité des Roundheads au début des années 2000 démontre en tout cas que ce revers de promotion n’équivaut pas à la fin du collectif.

La réédition de 2003, sous une présentation commerciale différente, constitue une nouvelle publication d’un ensemble de masters existants. Elle ne correspond pas à douze nouvelles sessions avec Hudson, et sa date ne doit pas remplacer celles de 1998–1999 dans la sessionographie. Cette distinction est fondamentale pour les collectionneurs comme pour les historiens du studio. Pour replacer l’album dans la collaboration entière, voir Mark Hudson, Ringo et la naissance des Roundheads.

I Wanna Be Santa Claus : une identité collective malgré les reprises et les studios dispersés

Les travaux de I Wanna Be Santa Claus mettent à l’épreuve la méthode des Roundheads dans un contexte différent de celui de Vertical Man. Une partie du programme appartient à des traditions de Noël déjà largement enregistrées ; d’autres chansons sont nouvelles et demandent un travail d’écriture. Le collectif doit donc composer avec deux exigences : ne pas effacer les mélodies immédiatement reconnaissables et donner au disque une personnalité suffisante pour qu’il ne ressemble pas à une compilation de reprises sans lien avec Ringo.

Mark Hudson et les auteurs du groupe peuvent proposer des structures et des harmonies qui rapprochent les chansons de la pop mélodique, tandis que la batterie de Starr maintient une continuité rythmique. Cette cohérence n’autorise pas à attribuer automatiquement à tous les Roundheads la composition des titres anciens. Les auteurs d’une chanson traditionnelle ou d’une œuvre protégée antérieure restent ses créateurs, même lorsque l’arrangement et l’interprétation publiés en 1999 appartiennent à la nouvelle équipe.

Le travail entre plusieurs studios britanniques et américains complique les attributions chronologiques. Une première maquette réalisée avec quelques musiciens peut être complétée par des choristes ou des invités dans un autre lieu ; un mix ultérieur peut réunir ces sources sans que les personnes se soient rencontrées. Le fait que Ringo et Hudson entretiennent une collaboration durable ne permet donc pas de qualifier chaque chanson de « session des Roundheads au complet ». Il faut garder les crédits par master, les lieux réellement attestés et les différentes phases d’enregistrement.

Le cas de Jeff Lynne illustre cette prudence. Ancien producteur de plusieurs chansons de Starr et proche de George Harrison, Lynne peut ajouter une contribution à un morceau sans devenir le responsable de tout l’album de Noël. De même, la présence de Timothy B. Schmit ou de Joe Perry ne fait pas intervenir automatiquement les Eagles ou Aerosmith comme groupes. Les collaborations musicales sont des actes individuels ou collectifs documentés, pas de simples rapprochements de noms célèbres.

La première édition Mercury et les publications postérieures doivent être identifiées comme des objets discographiques différents, même lorsqu’elles conservent les mêmes masters. Une réédition ne transforme pas les séances de 1998–1999 en nouveaux événements. La synthèse sur Hudson et les Roundheads situe l’album dans l’histoire humaine du collectif ; cette notice demeure le guide de ses douze chansons, de ses enregistrements et de ses supports.

Un invité des années Jeff Lynne au milieu de l’atelier Mark Hudson

L’album de Noël de 1999 constitue une étape où deux réseaux de production de Ringo se croisent sans se confondre. Mark Hudson et Starr dirigent l’enregistrement des douze chansons, avec un noyau de collaborateurs qui comprend Steve Dudas, Jim Cox et plusieurs musiciens appelés selon les morceaux. Jeff Lynne participe aux chœurs de trois titres : « Come On Christmas, Christmas Come On », « I Wanna Be Santa Claus » et « Christmas Time (Is Here Again) ». Cette contribution appartient au master vocal de chaque chanson, mais elle ne transforme pas Lynne en producteur du disque.

Le fait qu’il ait réalisé deux titres de Time Takes Time en 1991 renforce l’intérêt historique de sa présence en 1999. Starr conserve des relations à travers des projets de nature différente. Un ancien producteur peut accepter un simple rôle de choriste dans un nouvel atelier, comme un guitariste invité peut apporter une seule partie à une chanson de Noël. La stabilité du réseau réside dans la possibilité de retrouver les personnes, pas dans la répétition obligatoire de leurs responsabilités précédentes.

Les chœurs ne constituent pas un groupe stable sur tout le disque

Les listes de participants à I Wanna Be Santa Claus sont particulièrement fournies. On y trouve des musiciens des Roundheads et d’autres chanteurs invités. Il faut conserver leurs crédits titre par titre. La présence de Lynne sur trois morceaux ne suffit pas à le placer sur les neuf autres, pas plus qu’une photo de groupe de la période ne démontre sa participation à toutes les séances. Les dates de travail montrent que l’album a été préparé pendant plusieurs mois, entre des studios britanniques et américains.

La distinction entre l’œuvre et le master possède une portée particulière pour « Christmas Time (Is Here Again) ». La chanson est écrite par les quatre Beatles à la fin des années 1960, tandis que l’enregistrement de 1999 est une nouvelle réalisation avec Joe Perry, Jeff Lynne, des cornemuses et les participants des Roundheads. La composition conserve ses auteurs historiques sans faire intervenir John Lennon ou George Harrison sur la nouvelle séance.

Une publication de Noël à conserver dans sa chronologie

Le disque paraît en octobre 1999 avant d’être commercialisé sous une nouvelle présentation quelques années plus tard. La réédition ne représente pas un nouvel ensemble de séances réunissant Lynne et les Roundheads. Le registre doit conserver le master original et les références des supports, en distinguant la première publication des reprises éditoriales.

La monographie Jeff Lynne et Ringo Starr (1991–2017) explique cette contribution vocale au sein d’une relation plus large ; la présente page demeure l’atlas de l’album de Noël.

Sources et vérifications

Sources : The Beatles Bible, album I Wanna Be Santa Claus, et notices des douze chansons ; Progrography, crédits piste par piste et éditions CD ; AllMusic, personnel, producteurs et contributions ; éditions Mercury à confronter aux livrets et étiquettes. Références : https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/albums/i-wanna-be-santa-claus/ ; https://progrography.com/ringo-starr/ringo-starr-wanna-santa-claus-1999/ ; https://www.allmusic.com/album/i-wanna-be-santa-claus-mw0000671038 ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/christmas-time-is-here-again/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/pax-um-biscum-peace-be-with-you/ .

Documents encore recherchés : feuilles de séance de septembre 1998, datation précise de chaque chœur de Jeff Lynne et Timothy B. Schmit, matrices des premières éditions, différence d’indexation des échanges de studio entre plages 7–8 et 11–12, ainsi que la présence exacte d’éventuels segments cachés sur les supports nationaux.