Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

← Les collaborations de Stop and Smell the Roses

Encyclopédie des collaborations · Studios · 1980–1981

Dee Robb et les techniciens de Cherokee : Ringo Starr et Ronnie Wood en studio

« Dead Giveaway », « Brandy » et les opérations de remix : comment une équipe technique accompagne le duo Ringo–Ronnie Wood entre septembre 1980 et février 1981.

Une équipe californienne distincte des autres producteurs

Les séances de Ringo Starr avec Ronnie Wood pour Stop and Smell the Roses constituent une quatrième famille de production au sein d’un album partagé entre cinq ateliers. « Dead Giveaway » est la chanson retenue pour l’édition originale de 1981 ; elle est signée et coproduite par Ringo et Wood. Les crédits techniques associent Dee Robb et Larry Rebhon à l’enregistrement du titre, tandis que Bruce Robb et Dee Robb figurent dans certaines notices de pochette aux opérations de remix de l’album. Ces fonctions ne doivent pas être fondues en un crédit unique d’ingénieur pour toutes les chansons.

Le cas de l’équipe Robb est particulièrement intéressant parce que les studios Cherokee de Los Angeles accueillent plusieurs séances de 1980–1981 et que les bandes y circulent entre prises initiales, ajouts et opérations de finition. L’histoire de l’enregistrement doit être attachée à chaque master, sans supposer que tous les ingénieurs ont participé physiquement à toutes les étapes.

23 septembre 1980 : la naissance de « Dead Giveaway »

Le 23 septembre 1980, Ringo et Ronnie Wood travaillent à Cherokee Studios sur « Dead Giveaway ». Les séances sont rattachées à la période du 23 au 27 septembre, au cours de laquelle ils enregistrent également du matériau destiné au premier état du projet. Le personnel du master comprend Ringo au chant et à la batterie, Wood à la guitare, à la basse acoustique, au saxophone, aux claviers et aux voix selon les relevés, Wilton Felder à la basse et des pianistes comme Greg Mathieson et Joe Sample.

Dee Robb et Larry Rebhon sont crédités à l’ingénierie de ce morceau. Ces mentions techniques ne leur attribuent pas l’arrangement des instruments ni la composition. Le fait que Wood joue plusieurs parties ne signifie pas qu’il a enregistré chaque instrument simultanément ; les crédits d’instruments décrivent le résultat final, pas l’ordre nécessaire des prises.

« Dead Giveaway » : le rôle de deux coauteurs producteurs

La chanson est écrite par Richard Starkey et Ronnie Wood, qui en assurent la coproduction. Elle constitue ainsi un rare cas où l’ancienne identité de batteur de Ringo se combine avec une responsabilité plus large d’auteur et de réalisateur de son propre disque. Wood n’est pas seulement invité à la guitare : il contribue aux instruments, aux voix et à la direction du morceau. Les compétences techniques des ingénieurs s’inscrivent dans ce processus sans se substituer aux décisions artistiques.

Le master de « Dead Giveaway » figure en sixième position de l’album. Il faut distinguer l’histoire de cette œuvre de celle des morceaux que Wood accompagne hors de l’album, ainsi que des autres travaux de Ringo. La liste des crédits ne prouve aucune séance de tous les producteurs dans le même studio ni l’emploi d’une formation de musiciens identique aux dix titres.

« Brandy » : une bande abandonnée puis publiée

Le 25 septembre 1980, Wood et Ringo enregistrent « Brandy », reprise d’un titre des O’Jays. Cette piste appartient au premier programme envisagé pour l’album, alors connu sous le titre de travail Can’t Fight Lightning. Elle est ensuite retirée de la liste des dix morceaux commerciaux mais reparaît comme bonus sur une réédition CD de 1994. Il serait faux de présenter sa publication tardive comme une séance nouvelle enregistrée treize ou quatorze ans après.

Les crédits de « Brandy » doivent être examinés indépendamment de ceux de « Dead Giveaway », même si les deux titres relèvent du même réseau de studio. L’histoire des versions écartées montre comment une coopération peut produire plus de matière que le disque finalement publié. Une sessionographie précise conserve la date d’enregistrement, le statut de bande non retenue et sa date de première exploitation commerciale.

Cherokee en janvier et février 1981

Les sessions de Ringo avec Wood se poursuivent en janvier 1981, après les événements de décembre 1980, avec des retouches et des opérations de finition à Cherokee Studios. Les chronologies mentionnent également le travail autour d’autres morceaux du premier projet, dont « Wake Up ». Le fait que plusieurs bandes aient été modifiées à la même période ne permet pas de déduire une attribution systématique de Dee Robb ou de Bruce Robb à chaque instrument ajouté ou à chaque mix.

Il faut également distinguer les responsabilités créditées d’ingénieur, de producteur et de remixeur. Le mot « remix » peut désigner une nouvelle opération d’équilibrage, sans qu’un master différent ait nécessairement été publié sous une référence commerciale distincte. Une enquête de studio doit rester attentive aux crédits de l’édition et aux supports réellement disponibles.

Deux frères et un autre ingénieur : ne pas effacer Larry Rebhon

Dee Robb et Bruce Robb sont associés aux opérations de son de l’album, mais le crédit de Larry Rebhon apparaît lui aussi au niveau du master de « Dead Giveaway ». Cette présence doit être conservée dans le dossier afin d’éviter l’erreur consistant à attribuer toute la captation à Dee Robb seul. Un enregistrement peut mobiliser plusieurs ingénieurs et assistants, que leurs fonctions exactes se recouvrent ou se succèdent.

Les rôles de l’équipe technique ne doivent pas être reconstruits à partir de leur réputation dans d’autres productions. Les notes de l’album et les bases de données donnent une attribution de métier ; elles ne précisent pas les réglages réalisés par chacun sur une console. Décrire une tâche technique possible n’équivaudrait pas à établir qu’elle fut réellement accomplie par un individu précis.

Le personnel de « Dead Giveaway » face aux autres ateliers

Les pistes produites par Paul McCartney réunissent son propre entourage, avec Laurence Juber et Howie Casey ; les deux titres de Harrison sont enregistrés à Friar Park avec Phil McDonald ; Harry Nilsson fait appel à Jim Keltner, Dennis Belfield et plusieurs instrumentistes de cuivres ; Stephen Stills produit « You’ve Got a Nice Way » avec une formation différente. L’équipe de Ronnie Wood à Cherokee représente donc un ensemble spécifique, et non une simple formation supplémentaire au sein d’un groupe fixe.

Cette ventilation des professionnels contribue à la compréhension de l’album. Elle évite d’ajouter Ronnie Wood comme guitariste sur « Private Property » ou d’affirmer que Dee Robb enregistre les titres dirigés par Harrison sous prétexte que tous les noms apparaissent dans le livret général. La monographie technique doit respecter les frontières de chaque atelier.

Bilan et liens internes

Les enregistrements de Ringo Starr avec Ronnie Wood montrent une collaboration d’écriture, de production et d’interprétation, rendue possible par une équipe technique de Cherokee Studios. Dee Robb, Bruce Robb et Larry Rebhon doivent être identifiés pour leurs fonctions respectives, sans généraliser leurs crédits au programme entier. L’histoire de « Brandy » rappelle, en outre, qu’une collaboration de 1980 peut rester inédite sur le LP avant une sortie en CD bien plus tard.

Pour poursuivre, consulter la fiche de « Dead Giveaway », la notice « Brandy », l’atlas de l’album et la sessionographie générale. Les monographies de métiers complètent les récits de chansons sans les reproduire.

De « Dead Giveaway » à « Brandy » : deux destins pour les bandes de Cherokee

La collaboration de Ringo Starr avec Ronnie Wood et les frères Dee et Bruce Robb présente la particularité de réunir écriture, production et ingénierie autour du même environnement californien. Le travail sur « Dead Giveaway » débute en septembre 1980. Les frères Robb, associés à Wood, participent à la construction d’un morceau où l’écriture et la fabrication du master sont étroitement liées ; l’album permet ainsi d’observer une méthode bien différente des chansons choisies dans un répertoire préexistant. Les opérations de Cherokee Studios se prolongent en 1981, mais il faut distinguer les premières prises des retouches et des décisions de sélection intervenues ensuite.

Le cas de « Brandy » révèle une autre réalité du travail de studio : une bande achevée ou suffisamment avancée pour être identifiée peut rester écartée d’un album avant de réapparaître sur un support d’archives. Son statut doit être établi par la version publiée et sa provenance, non par sa seule existence dans la liste des séances. Larry Rebhon figure également dans l’histoire technique de ce chapitre ; l’énumération des frères Robb ne saurait effacer un autre ingénieur crédité sur les opérations. La répartition des responsabilités se lit donc au niveau de la chanson et de la date, non sur la seule pochette du disque.

Un troisième chemin entre Friar Park et Super Bear

La comparaison avec les séances de George Harrison et celles de Paul McCartney souligne la construction presque modulaire du disque. Chaque équipe apporte non seulement des noms prestigieux, mais des chansons, des prises, des lieux et des décisions de montage qui lui sont propres.