Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

All-Starr Band › Tournées › 2019

2019 : Overkill suivi d’Africa, le dialogue Hay et Lukather

Cette étude approfondit le déroulement musical de Le Greek Theatre le 1er septembre 2019 dans le cadre de l’encyclopédie de Ringo Starr et son All-Starr Band. Elle sépare la preuve d’une interprétation, le crédit de l’œuvre et les décisions de montage discographique.

Ce que l’archive de concert établit

Overkill de Men at Work précède Africa de Toto dans la seconde partie. Ce renseignement provient d’une liste publique attribuée au spectacle concerné. Sa précision est importante parce que la formule du All-Starr Band ne fonctionne pas comme le concert d’un chanteur accompagné par des anonymes : les personnalités se succèdent au premier plan, tandis que leurs partenaires assurent l’accompagnement des œuvres des autres. La relation entre le titre, l’artiste qui le présente et sa position dans le programme constitue donc une information de recherche à part entière.

Un répertoire distribué entre plusieurs carrières

La distribution régulière de la période associe Hamish Stuart, Colin Hay, Gregg Rolie, Steve Lukather, Warren Ham et Gregg Bissonette. Elle croise les souvenirs des Beatles et les succès que plusieurs instrumentistes ont contribué à créer ou à populariser. La place accordée à cette séquence témoigne de la construction d’un programme collectif plutôt que d’une simple compilation de tubes. L’historien doit cependant distinguer le musicien qui chante lors de cette tournée de l’interprète de la toute première version enregistrée, ainsi que du compositeur éventuellement différent.

Œuvre originale, exécution et support

Overkill est signée Colin Hay, tandis qu’Africa porte David Paich et Jeff Porcaro : les deux œuvres diffèrent par le studio et le contexte. Il faut donc décrire au minimum trois niveaux : l’œuvre musicale sous son crédit réel, les bandes historiques qui l’ont fait connaître, et la performance effectuée dans la formation de Ringo. Les instrumentistes du concert ne remplacent pas rétroactivement ceux des studios où la chanson a été conçue ; à l’inverse, les musiciens de la prise ancienne ne peuvent être affichés comme présents sur la scène actuelle. Cette séparation reste valable lorsqu’un musicien a participé à deux époques.

La limite documentaire des setlists

Une liste de chansons permet d’établir un ordre de morceaux rapporté par son auteur, mais elle ne donne pas nécessairement toutes les introductions parlées, les durées, les reprises improvisées et les transitions instrumentales. Lorsqu’un intitulé représente un medley ou un fragment, il convient de noter à la fois le nombre de séquences scéniques et le nombre d’œuvres qu’elles contiennent. Une absence sur un relevé incomplet n’est pas non plus une preuve d’absence sur scène. L’approche encyclopédique conserve ces degrés de certitude.

Pour les collectionneurs et le maillage des concerts

Les éléments de collection attendus comprennent les billets datés, les affiches imprimées, les programmes de salle, les photographies correctement légendées et les enregistrements officiellement commercialisés lorsqu’ils existent. Une captation amateur, même complète, doit rester identifiée comme telle, sans recevoir une référence de catalogue inventée. Pour un inventaire chronologique sérieux, les éventuelles rééditions et variantes de support sont rattachées à la performance de départ et non confondues avec une nouvelle représentation. Les notices du dossier permettent de retrouver les salles et les années correspondantes.

Overkill : une chanson de Colin Hay loin du registre comique

Overkill appartient au catalogue de Men at Work, qui la publie en 1983 sur l’album Cargo. Colin Hay l’interprète en 2019 au sein d’un ensemble où figurent des musiciens ayant joué avec Toto, Santana ou l’Average White Band. Le morceau montre un aspect plus intériorisé de son écriture que Down Under. L’histoire du succès australien ne se résume donc pas à une seule chanson ou à une image nationale immédiatement reconnaissable.

En reprenant Overkill, Hay ne reconstitue pas Men at Work. Il confie la chanson à une section rythmique qui réunit Ringo et Gregg Bissonette, ainsi qu’à des instrumentistes venus d’autres parcours. Il serait cependant imprudent d’attribuer précisément chaque solo instrumental sans une captation datée et correctement identifiée.

Africa : un titre de Toto à l’autre versant de la transition

Africa paraît sur Toto IV en 1982 et doit sa composition à David Paich et Jeff Porcaro. Steve Lukather contribue à l’identité du groupe et joue la chanson avec les All-Starrs, mais il n’en est pas l’unique auteur. L’enchaînement d’Overkill vers Africa associe donc deux œuvres de la pop du début des années 1980 à des carrières et à des crédits bien distincts.

Au concert du Greek Theatre, Africa suit Overkill et précède Work to Do, chantée par Hamish Stuart. La transition fait se succéder Men at Work, Toto et une composition issue de l’histoire des Isley Brothers, popularisée ensuite par l’Average White Band. Cette continuité du concert ne doit pas effacer les provenances discographiques particulières des trois morceaux.

Deux solistes qui servent également les chansons des autres

Colin Hay joue de la guitare et participe aux chœurs lorsque Steve Lukather chante ; ce dernier conserve sa place d’instrumentiste lorsque Hay devient le soliste. Le All-Starr Band ne juxtapose pas deux prestations séparées avec deux orchestres différents : les musiciens s’accompagnent les uns les autres dans une formation collective. Cette solidarité instrumentale explique pourquoi Ringo parle de ses partenaires comme de membres d’un groupe plutôt que de simples invités.

Une analyse de transition doit néanmoins distinguer la place attestée de deux titres successifs et leur interprétation précise. Le relevé musical donne leur ordre ; il ne raconte pas chaque regard, chaque introduction parlée ou chaque détail sonore. Ces observations ne peuvent être ajoutées qu’à partir d’une captation ou d’un compte rendu explicitement lié à la date.

Repères de classement

Cette étude distingue les compositions et leurs premiers enregistrements des interprétations par la formation de Ringo Starr en 2019. Les fiches des concerts conservent les variantes propres à chaque date, tandis que les éditions discographiques suivent leur propre chronologie.

Une discussion entre deux anciens leaders

Overkill est associée à Colin Hay et à l’album Cargo de Men at Work en 1983. Africa appartient à Toto IV, publiée en 1982, et porte les signatures de David Paich et Jeff Porcaro. Leur rapprochement en 2019 fait ressortir une pop anglo-australienne aux accents introspectifs et une production américaine plus ample. La voix de Hay puis celle de Lukather établissent un dialogue de répertoires, mais ne modifient pas les crédits d’auteur originaux.

Une transition musicale à reconstruire sur la bonne date

Dans le film de la tournée, l’ordre des pistes reflète les choix de l’éditeur ; l’enchaînement du concert original doit être confirmé par un relevé du Greek Theatre. Les solos de Warren Ham, les changements d’instruments et les prises de parole constituent des éléments musicaux à ne pas inventer à partir d’une liste de titres. La continuité d’une même formation sur plusieurs villes ne garantit pas l’identité parfaite des transitions.

Analyse liée : Down Under — origines, studio et All-Starr Band 2003. Repères du groupe : la tournée de 2019.

Retour au dossier All-Starr Band