WINGS · JOURNAUX DE SESSIONS · 1972
Red Rose Speedway : journal des sessions de Wings, d’Olympic à Abbey Road (1972–1973)
L’histoire de Red Rose Speedway commence en mars 1972, plusieurs mois avant la parution du disque. Cette archive suit séparément les prises originales, les retouches, la tentative d’album double et la décision de publier un disque simple. Le quintette Paul McCartney, Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell apparaît à plusieurs étapes des enregistrements ; toutefois certains titres, notamment Get on the Right Thing et Little Lamb Dragonfly, possèdent une préhistoire dans les sessions de Ram. Le résultat ne doit pas être interprété comme la photographie sonore d’une unique semaine de studio.
Sommaire des recherches
- 6–15 mars 1972 : les premières prises londoniennes
- 19 mars–4 avril 1972 : Olympic Sound Studios, un répertoire plus vaste que l’album
- Les concerts de 1972 : l’album se fabrique aussi sur scène
- Septembre 1972 : Abbey Road et l’ambitieux medley
- Automne 1972 : l’hypothèse d’un double album
- Janvier 1973 : My Love et le travail de finition
- 4 mai 1973 : l’album publié
- 7 décembre 2018 : archives, film et reconstruction du double album
6–15 mars 1972 : les premières prises londoniennes
Au début de mars, les Wings effectuent leurs premiers travaux importants d’enregistrement sous leur forme de quintette. L’univers sonore s’éloigne du parti pris dépouillé de Wild Life. À Olympic Sound Studios, la batterie de Denny Seiwell, les guitares de Denny Laine et Henry McCullough et les voix des McCartney permettent d’explorer des arrangements plus précis, souvent en cours de construction.
Le 6 mars est associé à When the Night et Big Barn Bed, le 7 mars à d’autres prises de When the Night. Le 9 mars est documenté pour Single Pigeon, morceau dont l’instrumentation atypique demande un crédit piste par piste. Les 14 et 15 mars correspondent notamment aux travaux sur Mama’s Little Girl et Loup (1st Indian on the Moon). Les versions achevées seront parfois modifiées bien plus tard.
19 mars–4 avril 1972 : Olympic Sound Studios, un répertoire plus vaste que l’album
Une campagne de travail plus longue s’étend entre le 19 mars et le 4 avril 1972. Le 20 mars est la date de base identifiée pour Seaside Woman, qui donne à Linda McCartney la voix principale et une place créative propre. Le 22 mars correspond à une prise de I Would Only Smile, chanson de Denny Laine dont l’histoire ne se résume pas à l’album finalement publié.
La variété stylistique de cette production interdit une description uniforme de « chansons de Paul ». Les expériences de Linda, les compositions de Laine et les morceaux enregistrés pour un projet double constituent des objets musicaux autonomes. Le catalogue devra également documenter les versions inédites, premières idées de mixage et démonstrations, sans confondre leur conservation dans les archives avec une sortie d’époque.
Les concerts de 1972 : l’album se fabrique aussi sur scène
Les premiers spectacles universitaires britanniques en février puis la tournée continentale de juillet–août introduisent plusieurs chansons qui ne sont pas encore disponibles en magasin. Le répertoire du concert peut servir à comprendre la gestation d’un enregistrement, mais sa date ne prouve pas qu’une prise studio ait été réalisée la veille ou le lendemain. The Mess, Best Friend ou 1882 possèdent des histoires de scène qu’il faut tenir en regard des versions de studio et des bandes publiées en 2018.
Le dossier de Best Friend et celui de 1882 prolongent cette enquête par chanson. Les notices des salles européennes replacent ces pièces dans les programmes effectivement attestés plutôt que dans une liste générique attribuée indistinctement à toutes les villes.
Septembre 1972 : Abbey Road et l’ambitieux medley
Après la tournée européenne, le groupe reprend le travail aux studios EMI d’Abbey Road. Le 15 septembre est documenté pour Hold Me Tight et le 16 septembre pour Lazy Dynamite. Ces chansons rejoindront Hands of Love et Power Cut dans le long medley fermant le LP. Il ne faut pas confondre cette suite avec une performance continue captée sur scène : ses différents éléments ont leurs propres historiques de sessions.
Le mélange de rock souple, de refrains proches du music-hall et de fragments liés musicalement est l’une des signatures les plus personnelles de l’album. Il annonce la méthode de montage et d’enchaînement de morceaux que Paul avait expérimentée à la fin de l’époque Beatles, sans que la ressemblance suffise à expliquer les décisions précises de Wings.
Automne 1972 : l’hypothèse d’un double album
À l’automne, le volume de bandes enregistrées encourage un projet de double LP. Les titres finalement écartés du disque simple ne sont pas tous des « chutes » sans intérêt. Night Out, Tragedy, Thank You Darling, Jazz Street et plusieurs titres confiés à Linda ou Denny Laine représentent un répertoire parallèle. Le projet est ensuite réduit à un LP de neuf plages, dont la neuvième réunit quatre chansons dans un medley.
Cette modification éditoriale implique de tenir deux inventaires : le contenu réellement paru en 1973 et les constructions alternatives reconstituées par les publications d’archives. Présenter une liste de 2018 comme le tracklisting original de 1973 modifierait artificiellement l’histoire du groupe.
Janvier 1973 : My Love et le travail de finition
Les 25 et 26 janvier 1973 sont associés aux séances décisives de My Love à Abbey Road ; des retouches et mixages sont répertoriés le 27 janvier. Henry McCullough y réalise l’un des solos de guitare les plus identifiables de toute l’histoire des Wings. L’orchestre et le piano électrique déplacent la chanson vers le registre d’une ballade orchestrale, avec une personnalité sonore éloignée des prises rock plus directes.
Les mixages de janvier touchent aussi des bandes plus anciennes. Single Pigeon, par exemple, connaît des travaux postérieurs à sa prise de base de mars 1972. Une chronologie sérieuse doit donc affecter plusieurs événements à une seule chanson, plutôt que remplacer toute son histoire par une date unique.
4 mai 1973 : l’album publié
Red Rose Speedway paraît officiellement le 4 mai 1973 selon la discographie de référence de Paul McCartney. L’album rassemble Big Barn Bed, My Love, Get on the Right Thing, One More Kiss, Little Lamb Dragonfly, Single Pigeon, When the Night, Loup (1st Indian on the Moon) et le medley final. Une version originaire des séances de Ram n’est pas pour autant un enregistrement de Wings à cinq musiciens.
Le pressage original est également un objet graphique important : la pochette ouvrante comprend un livret de douze pages et une inscription en braille adressée à Stevie Wonder. Ces caractéristiques seront distinguées des autres territoires de fabrication et des reproductions modernes.
7 décembre 2018 : archives, film et reconstruction du double album
La réédition Archive Collection, parue le 7 décembre 2018, rouvre l’histoire des sessions : remasterisation du LP, reconstruction de la proposition d’album double, prises alternatives, singles et bandes live. Le coffret étendu contient également des films, notamment The Bruce McMouse Show, et une documentation permettant de confronter les versions.
Une réédition qui réorganise des bandes connues n’est pas un nouveau disque enregistré par le groupe. Il convient d’indexer à part la date de création du master, sa première publication commerciale et sa reprise dans un coffret contemporain. Pour prolonger l’étude : Big Barn Bed, Hold Me Tight et Seaside Woman.
Trois dossiers de séances à recouper : Mama’s Little Girl, I Would Only Smile et 1882
Ces trois œuvres démontrent que la fabrication de Red Rose Speedway ne se résume ni au contenu du 33 tours de 1973 ni à une succession linéaire de prises terminées. Certaines bandes se prolongent par des overdubs, d’autres sont montées à partir de performances interrompues ; plusieurs chansons ne seront publiées officiellement que des années plus tard. Elles doivent être intégrées à la sessionographie du projet, sans créer une seconde fiche d’album concurrente à la monographie existante.
14 mars 1972 — Mama’s Little Girl : une première prise à Olympic
Le 14 mars 1972, Wings enregistre le fond de Mama’s Little Girl aux studios Olympic. Paul McCartney en assure la voix, entouré de Linda, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell. Heather McCartney est associée à des harmonies vocales de l’enregistrement. Le 17 novembre 1972 figure ensuite parmi les étapes de travail recensées. Les attributions ultérieures d’overdubs et de mixages sont plus difficiles à fixer sans réserve : des recherches indiquent des interventions en 1980–1981, 1986 et 1987. Il faut conserver ces jalons comme des états documentaires distincts et ne pas affecter d’office tous les overdubs au même mois.
La chanson devient une face B de Put It There le 5 février 1990. Le site officiel de McCartney confirme à la fois son origine au début des Wings et le travail de Chris Thomas et Bill Price avant cette publication. Le disque de 1990 ne doit donc pas être catalogué comme un master enregistré à cette date. Étudier les versions et les participations de Mama’s Little Girl.
22 mars 1972 puis 20 janvier 1973 — I Would Only Smile
Denny Laine enregistre I Would Only Smile le 22 mars 1972 à Olympic, dans une formation réunissant Paul et Linda McCartney, Henry McCullough et Denny Seiwell. L’enregistrement est associé à Glyn Johns et à son assistant Phil Ault. Le 20 janvier 1973, à Abbey Road, Laine ajoute un nouveau chant et de la guitare électrique ; les harmonies de Paul, Denny Laine et Henry McCullough sont complétées, puis quatre tentatives de mixage stéréo sont recensées. La deuxième date est celle d’un travail sur bande, non la preuve d’un réenregistrement complet de l’œuvre.
Le morceau ne paraît pas sur le programme court de Red Rose Speedway. Il connaîtra une édition sur Japanese Tears de Denny Laine en 1980, avant les publications archivistiques qui éclairent la genèse du projet de double album. Les fonctions d’auteur, chanteur et guitariste de Laine doivent être distinguées de la participation instrumentale de Paul McCartney. Lire la monographie de I Would Only Smile.
21 et 24 août puis 13 novembre 1972 — trois provenances pour 1882
Les concerts de La Haye, le 21 août 1972, et de Berlin, le 24 août, donnent lieu à des enregistrements associés à 1882. Leurs performances doivent être répertoriées séparément : un montage de concert conservé dans les archives du double album peut recevoir des retouches sans que l’on doive lui attribuer la même provenance qu’une autre bande de la tournée. Le 13 novembre 1972, Wings essaie à Abbey Road de produire une version studio. Les relevés indiquent quatre prises, dont aucune n’est intégrale ; les prises 3 et 4 sont ensuite assemblées pour un master non publié à l’époque.
Cette séquence fournit un exemple particulièrement instructif de l’écart entre performance publique, prise de studio, montage, mixage et diffusion. Elle montre pourquoi il est nécessaire d’établir une chronologie des bandes, pas seulement une date de chanson. Comparer les versions de 1882.
Précision méthodologique : un auteur et plusieurs enregistrements
Il convient de distinguer le numéro d’une prise de studio, la date d’une performance live, la date d’une intervention de remixage et la date du premier pressage. Une édition d’archives de 2018 peut donner accès à une bande de 1972 ; elle ne crée pas un nouvel événement de studio en 2018. Pour la même raison, l’absence d’un titre sur le LP simple publié en 1973 ne signifie pas que Wings n’avait pas travaillé ce morceau. Cet index de séances complète les fiches de chansons et les notices de concerts sans reproduire leur rédaction.
Country Dreamer et I Lie Around : deux bandes dont la date ne suit pas la publication
La prise de Country Dreamer est datée du 26 septembre 1972 à Abbey Road, avec Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell. Le relevé du 10 janvier 1973 concerne son mixage. L’œuvre a été envisagée pour un état du projet Red Rose Speedway, mais ne figure pas dans le LP simple de 1973 ; elle est commercialisée au verso du single Helen Wheels, le 26 octobre 1973 au Royaume-Uni. Le fait qu’une édition ultérieure de Band on the Run la contienne ne déplace pas sa prise en septembre 1973 à Lagos.
I Lie Around possède une chronologie encore plus ancienne. La prise initiale est associée au 19 octobre 1970 aux studios CBS de New York, lorsque McCartney travaille au répertoire de Ram et n’a pas encore formé les Wings. Des compléments enregistrés en novembre 1972 à Abbey Road introduisent d’autres participations, dont le chant de Denny Laine, avant la publication de l’œuvre comme face B de Live and Let Die en 1973. Le master de cinq minutes mêle donc deux périodes de travail, auxquelles il faut attribuer des crédits distincts.
Ces deux cas illustrent une règle pour les 42 bandes du dossier : un nom d’artiste figurant sur le 45 tours, une date de sortie ou le classement dans un coffret d’archives ne définissent pas à eux seuls la date d’enregistrement. Les opérations de prise de base, les overdubs, le mixage et la publication doivent être notés séparément. Country Dreamer · I Lie Around.
Deux pièces écartées du double Red Rose Speedway : Jazz Street et Night Out
Le 27 novembre 1972, Wings enregistre Jazz Street aux studios AIR, à Londres. La prise associe les cinq membres de la formation de 1972, avec Bill Price aux fonctions d’enregistrement. Les mixages de décembre produisent des états différents d’un instrumental que les premières configurations du double album plaçaient sur le second disque. Des copies d’acétates d’environ huit minutes et une édition officielle d’environ cinq minutes publiée en 2018 montrent pourquoi il faut distinguer une prise, un montage et la durée du support commercial.
Le 28 septembre 1972, une autre séance concerne Night Out à Abbey Road. Le 24 janvier 1973, un mixage est répertorié, alors que la chanson avait été envisagée comme ouverture du projet de double album. La pièce sera encore travaillée pour Cold Cuts dans les années 1980 et ne paraîtra officiellement qu’en 2018. Ce destin n’en fait pas une œuvre composée en 2018 : le travail de composition et de prise appartient à 1972.
Le fait que ces deux titres aient été retirés du programme de neuf plages de Red Rose Speedway ne suffit pas à reconstruire les motivations exactes de McCartney. Les changements de programme peuvent être documentés, mais les décisions artistiques et commerciales doivent rester distinguées des hypothèses. L’inventaire des bandes conserve chaque étape avec son statut : prise, mixage, acétate, projet de publication, réédition patrimoniale.
Red Rose Speedway : le cas exemplaire des chansons enregistrées avant Wings
Little Lamb Dragonfly constitue l’un des meilleurs exemples des problèmes de classement rencontrés dans les séances de Red Rose Speedway. Son enregistrement initial appartient à la période de Ram, avant la constitution officielle des Wings, mais sa première publication se fait sous le nom du groupe en 1973. La bande permet ainsi de distinguer trois temporalités : celle de l’écriture, celle de la participation instrumentale et celle de la mise en vente. On ne peut pas déduire le personnel original de la seule pochette du disque où le titre paraît. Hugh McCracken, Denny Seiwell et les autres participants associés aux séances initiales doivent être crédités selon les enregistrements auxquels ils ont effectivement contribué, tandis que les travaux complémentaires sont rattachés à leur période propre. La même vigilance s’impose pour les titres passés d’un projet solo à un répertoire collectif sans avoir été intégralement réenregistrés.
Le double album abandonné : reconstituer un programme, non créer de nouvelles séances
La réédition d’archives de 2018 permet d’approcher le projet de double Red Rose Speedway, puis de comprendre sa réduction à un album simple pour la publication de 1973. Cette reconstitution concerne d’abord le choix et l’ordre des chansons. La présence de Night Out, de Jazz Street, de Best Friend ou de I Would Only Smile dans les états de travail ne signifie pas que ces pièces ont toutes été enregistrées à la même date, ni que leurs masters ont suivi un parcours identique. Les concerts de 1972 ont aussi laissé des enregistrements qui peuvent être associés au projet discographique sans être assimilés à des prises de studio. Pour construire un catalogue fidèle, il faut donc établir séparément le programme envisagé, la provenance de chaque bande, les montages préparatoires et la liste des pistes finalement retenues sur le LP simple.
My Love : le produit final d’une série de décisions de studio
La chanson My Love illustre l’autre extrémité du spectre de l’album : une ballade dont la réalisation est dominée par le souci de la justesse vocale, de l’équilibre des instruments et de la mise en valeur du solo de Henry McCullough. Son importance historique vient notamment de ce passage de guitare, qui doit être étudié comme une intervention musicalement individualisée, et non comme un simple détail de la liste générale des musiciens. Il ne serait pas méthodologiquement correct d’attribuer aux mêmes interprètes toutes les maquettes, répétitions, prises finales et versions de concert de My Love. Pour les séances de janvier 1973, le journal doit préciser si les éléments considérés relèvent d’un enregistrement, d’un ajout, d’une opération de mixage ou d’une validation de master.
Les inédits : une œuvre peut sortir du dossier sans disparaître des archives
Mama’s Little Girl, Country Dreamer et I Lie Around montrent que le devenir d’une chanson ne se limite pas à l’album pour lequel elle a été envisagée. Certaines compositions sont publiées sur des faces complémentaires, d’autres demeurent longtemps inédites et certaines sont retrouvées sous une forme différente dans les éditions ultérieures. Les dates de première publication peuvent être éloignées de plusieurs années de celles des sessions. Une base encyclopédique doit conserver cette distance, mais également le changement éventuel de chanteur principal ou d’arrangement entre les versions. Le lecteur doit pouvoir identifier la bande précise qu’il entend, pas seulement un titre et l’année de l’album auquel il est traditionnellement associé.
Méthodologie : date de séance, date de parution et preuve musicale
Cette sessionographie sépare les événements de studio documentés au jour précis, les phases connues par intervalle, les sorties commerciales et les parutions archivistiques. Une plage peut avoir été composée avant sa prise, enregistrée dans plusieurs lieux et publiée sous un couplage différent selon le territoire. Les titres sont reliés aux notices de chansons sans prétendre attribuer un instrument ou un mixage à un jour que les documents ne permettent pas d’établir.
Parcourir aussi la chronologie des Wings en 1972 et les albums et éditions.
Night Out : la première piste envisagée pour un double album abandonné
Night Out illustre l’écart entre la fabrication d’un répertoire et le choix d’un programme commercial. Des travaux sont associés à Abbey Road, le 28 septembre 1972, puis à une étape de finition le 24 janvier 1973. Le titre est envisagé parmi les premières pistes d’un état de Red Rose Speedway conçu comme double album. Lorsque le projet est réduit à un seul 33 tours, son absence du disque de mai 1973 ne signifie pas que l’enregistrement n’avait pas été sérieusement travaillé.
Les bandes de Night Out réapparaissent ensuite dans des configurations de travail liées aux projets d’archives de McCartney. Les listes Cold Cuts doivent être décrites comme des propositions de compilation ou de mixage, pas comme autant d’albums officiellement commercialisés. La reconstruction patrimoniale du double Red Rose Speedway en 2018 permet d’entendre un répertoire plus large que le programme initialement édité. Cette édition n’a pas pour effet de changer la date d’enregistrement d’un morceau de 1972.
L’ouverture d’un album : une décision artistique documentable
Choisir une chanson pour ouvrir un disque influe sur la façon dont l’auditeur reçoit tous les morceaux suivants. La présence de Night Out dans une proposition de tracklist aide à comprendre l’identité collective que les premiers Wings voulaient présenter : énergie d’ensemble et matériau plus diversifié que les neuf plages finalement retenues. Il faut néanmoins distinguer une intention de séquencement et un master final approuvé pour la vente. Le journal des sessions relie les opérations techniques à ces décisions de production, tandis que la monographie de la chanson étudie sa forme et ses interprètes.












