Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · JAZZ STREET · NOVEMBRE 1972 · RED ROSE SPEEDWAY ARCHIVE

Jazz Street (1972) : l’instrumental inédit des Wings, sessions et archives

« Jazz Street » est un instrumental de Paul et Linda McCartney enregistré par les Wings en 1972. Envisagé dans certaines configurations du projet Red Rose Speedway, il demeure absent de l’album simple de mai 1973 et devient officiellement accessible dans la réédition Archive Collection de 2018.

Un instrumental dans un répertoire essentiellement chanté

Les Wings de 1972 se montrent beaucoup plus expérimentaux que ne pourrait le laisser penser le succès ultérieur de My Love. « Jazz Street » s’inscrit dans cette période de recherche instrumentale. Le morceau privilégie la succession de motifs et le jeu de groupe plutôt que les couplets et refrains d’une chanson traditionnelle. Il éclaire une volonté d’élargir les possibilités de la formation nouvellement constituée.

27 novembre 1972 : la séance à AIR Studios

L’enregistrement est documenté le 27 novembre 1972 aux studios AIR de Londres. Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell forment l’effectif de Wings à cette date. Les crédits de production mentionnent Paul McCartney et les séances indiquent Bill Price comme ingénieur. Cet environnement de studio explique le caractère travaillé d’une pièce qui pourrait, à l’écoute, évoquer l’improvisation. Une composition instrumentale ne doit pas être automatiquement classée comme prise spontanée.

Des mixes envisagés en décembre 1972

Des opérations de mixage de « Jazz Street » sont répertoriées au cours du mois de décembre 1972, alors que McCartney cherche encore la forme définitive de son second album collectif. À cette époque, Red Rose Speedway est considéré comme un projet potentiellement double. Plusieurs enregistrements sont évalués puis écartés du disque définitif. Le caractère non publié d’un mix en 1973 ne prouve donc pas l’absence de travail éditorial avant la sortie.

Les différents programmes de l’album double

Le dossier du double Red Rose Speedway constitue un cas d’école : des listes de titres et des acétates successifs ont été conservés, mais ils ne présentent pas tous le même contenu. « Jazz Street » figure dans des configurations anciennes de ce projet. La reconstitution finalement publiée en 2018, fondée sur une liste datée du 30 janvier 1973, ne l’intègre pas dans ses dix-huit plages : le morceau apparaît dans le programme de bonus et non dans le CD reconstituant le double album. Il faut distinguer ces deux statuts.

Le programme de bonus de 2018

L’Archive Collection de Red Rose Speedway, sortie le 7 décembre 2018, publie officiellement « Jazz Street » parmi les compléments audio de l’album. C’est sa première parution dans la discographie commerciale officielle. Certains documents de collection non officiels font apparaître des durées plus longues ou différentes, mais une différence chronométrique ne suffit pas à authentifier une variante. Il faut identifier les bandes et les éventuels montages avant de parler de nouvelle version.

L’intérêt musical et historique de Jazz Street

La pièce témoigne de l’éclectisme des Wings avant Band on the Run. Le goût de McCartney pour les passages instrumentaux, les ruptures de climat et les idées rythmiques possède des racines dans son travail antérieur ; il se prolonge ici avec des musiciens qui apportent leurs propres habitudes de groupe. « Jazz Street » appartient à l’histoire de la création du répertoire, même s’il ne figure pas sur le disque publié en 1973. Sa place dans une encyclopédie doit être liée aux sessions AIR, aux acétates de travail et aux bonus de 2018.

27 novembre 1972 : ce que documente exactement la séance de Jazz Street

Le 27 novembre 1972, Jazz Street est travaillé aux studios AIR de Londres, au cours d’une période où les Wings utilisent plusieurs studios pour construire le second album du groupe. L’ingénieur Bill Price figure dans la documentation technique de cette séance. Ce renseignement est important car il oblige à éviter le raccourci « toutes les séances de Red Rose Speedway ont eu lieu à Abbey Road ». Les sessions de 1972 appartiennent au contraire à une géographie de studios plus complexe : Olympic, EMI, AIR et d’autres lieux se succèdent selon les morceaux et leurs besoins.

Le statut instrumental de la pièce n’en fait pas automatiquement une bande improvisée sans préparation. En présence d’un titre crédité comme œuvre des McCartney et d’une séance datée, on doit séparer la composition, l’exécution, les prises alternatives et les étapes de mixage. Une version possédant une introduction plus longue n’indique pas nécessairement une nouvelle séance, puisqu’il peut s’agir d’une modification du montage. Les indications de session et l’écoute comparative doivent être menées de pair pour éviter de confondre une version non officielle avec une prise de référence.

Le problème discographique : trois ensembles souvent mélangés

Jazz Street appartient d’abord aux bandes enregistrées pendant les sessions de Red Rose Speedway. La chanson figure ensuite dans certaines propositions anciennes de double album, mais elle n’entre pas dans la succession de dix-huit plages reconstituée à partir de la configuration retenue pour l’édition d’archives de 2018. Enfin, l’instrumental est officiellement publié parmi les bonus de la réédition. Ce troisième statut atteste une première publication commerciale, pas une inclusion rétroactive dans le LP sorti le 4 mai 1973. Les trois ensembles — bandes de session, programmes envisagés, éditions commercialisées — doivent demeurer séparés.

Ce problème se retrouve avec Night Out, mais les destins des deux titres ne sont pas identiques. Night Out sert d’ouverture dans une configuration du double album ; Jazz Street illustre plutôt les remaniements successifs du programme. Les juxtaposer dans une page intitulée « morceaux inédits des Wings » serait insuffisant : il faut aussi indiquer les dates de bandes, les opérations d’édition et le statut de chacun dans la reconstruction de 2018. C’est à cette condition qu’une discographie distingue une œuvre d’un objet éditorial.

Une pièce révélatrice de l’ambition musicale de la première formation

Les enregistrements chantés des Wings de 1972 montrent un groupe qui cherche à produire des singles, à enrichir son répertoire de scène et à proposer un album plus travaillé que Wild Life. La présence d’une pièce instrumentale comme Jazz Street rappelle que l’objectif de McCartney n’était pas seulement de trouver un nouveau format de chanson pop. Les instruments peuvent occuper le devant de la scène sans paroles, et le développement des idées rythmiques devient en lui-même un sujet. Pour apprécier cette expérience, il convient d’écouter séparément le motif principal, ses répétitions, les changements de texture et la façon dont le groupe s’articule autour de lui.

Le caractère « jazz » annoncé par le titre ne permet pas, à lui seul, de classer les exécutants comme musiciens de jazz ou de leur attribuer un vocabulaire harmonique qu’ils n’utilisent pas forcément. Le titre constitue une piste d’interprétation ; l’analyse musicale doit identifier des faits audibles. En reliant cette pièce aux autres sessions dans la chronologie de 1972, on peut restituer une période de travail ouverte et variée sans confondre exercice de studio, composition achevée et disque effectivement vendu.

Pour poursuivre l’analyse

Les versions enregistrées avant la création officielle des Wings, les prises de studio, les variantes de mixage et les publications rétrospectives doivent rester identifiables dans la discographie. Le dossier principal relie chaque œuvre aux musiciens, aux albums et aux pressages historiques.

27 novembre 1972 : l’instrumental Jazz Street dans le projet de double album

Jazz Street est enregistré le 27 novembre 1972 aux studios AIR de Londres pendant la période d’élaboration de Red Rose Speedway. Les cinq membres des premiers Wings y participent : Paul et Linda McCartney, Denny Laine, Henry McCullough et Denny Seiwell. Bill Price apparaît comme ingénieur de prise et des travaux de mixage sont répertoriés au mois de décembre 1972.

La composition instrumentale est créditée à Paul et Linda McCartney. Elle est envisagée pour le deuxième disque de la configuration double album qui ne sera pas publiée en 1973. Le fait que l’œuvre ait été finalement écartée ne la transforme pas en enregistrement postérieur aux Wings : elle appartient pleinement à leur répertoire de studio de l’automne 1972.

Une improvisation longue et une édition raccourcie

Des bandes de collection et des acétates présentent Jazz Street dans des montages différents, l’un dépassant huit minutes, d’autres proches de cinq minutes. La version officiellement publiée avec l’Archive Collection de 2018 dure environ 5 min 08 s. L’écart de durée est un indice fort de travail de montage, mais ne prouve pas qu’une nouvelle performance intégrale ait été captée pour chaque édition.

La nature instrumentale facilite la comparaison des sections : le rythme, les dialogues entre guitares et claviers, les changements de densité et les moments éventuellement coupés doivent être repérés dans les deux états. Une édition non officielle intitulée « original acetate » peut offrir un témoin utile, mais ses indications de durée et de provenance doivent être contrôlées par l’écoute et, si possible, l’examen du support.

Jazz Street : une improvisation qui échappe au format habituel du 45 tours

Jazz Street figure parmi les documents qui rappellent que la première formation des Wings ne travaille pas uniquement sur des chansons destinées à recevoir immédiatement des paroles et un refrain. L’instrumental permet aux membres du quintette d’explorer une continuité de jeu fondée sur les interventions successives, les variations rythmiques et l’écoute entre musiciens. Il serait néanmoins trompeur de transformer son titre en preuve que le groupe pratique un jazz académique ou cherche à concurrencer les ensembles spécialisés. Le mot « jazz » désigne ici une liberté de forme et de développement plus qu’une classification rigoureuse du genre. Son intérêt pour l’historien tient au fait que l’improvisation collective fait partie de l’activité créative des Wings à une époque souvent ramenée aux seules chansons de McCartney.

La séance du 27 novembre 1972 et les versions reconstituées

Une étape d’enregistrement est associée au 27 novembre 1972 à Abbey Road, dans la campagne de travail sur les titres destinés au projet de Red Rose Speedway. Cette date doit être distinguée de la publication des documents d’archives, beaucoup plus tardive. Pour un instrumental de longueur inhabituelle, les différences entre versions peuvent résulter d’un montage, d’un fondu ou de la sélection d’un segment, sans que chaque durée corresponde à une prise jouée entièrement de nouveau. L’écoute comparée doit donc rechercher la continuité des phrases instrumentales et des attaques, plutôt que conclure à des sessions distinctes uniquement parce que deux éditions indiquent des minutages différents.

Ce que le projet de double LP aurait pu rendre visible

La présence de Jazz Street parmi les matériaux du programme double envisagé en 1973 aurait offert une place beaucoup plus importante au jeu instrumental des Wings. Le LP finalement publié privilégie neuf plages, dont le long medley de la seconde face, et laisse de côté plusieurs expériences de studio ou de scène. L’édition d’archives moderne donne un accès précieux à ces travaux, sans faire de la reconstruction un album effectivement vendu à l’époque. La chanson doit rester identifiée par son statut d’instrumental, ses sessions et ses éditions, afin que son analyse n’empiète pas sur la monographie de l’album lui-même.

Une clé de lecture pour Red Rose Speedway

La présence de Jazz Street dans le projet abandonné montre combien la conception initiale de Red Rose Speedway était plus ouverte que le LP simple. Elle réservait une place à des pièces instrumentales et à des morceaux de scène, en plus des chansons pop. Le disque de 1973, recentré sur neuf titres, propose nécessairement un autre portrait du groupe.

Pour le catalogue, quatre étapes doivent rester distinctes : composition et prise de 1972, mixages de travail, exclusion du programme commercial de 1973 et édition patrimoniale de 2018. Une nouvelle sortie n’efface pas l’origine des musiciens, et une bande longue en collection ne peut recevoir le statut d’album officiel du double projet simplement parce qu’elle en reconstitue une partie.