WINGS · DISCOGRAPHIE INTERNATIONALE · COLLECTIONNEURS
Wings Greatest (1978) : atlas des pressages UK, France, Allemagne, Japon et États-Unis
Le premier best-of des Wings étudié comme objet de collection : cinq marchés nationaux, douze titres originaux, références de catalogue, pochettes, poster, inserts, cassettes, CD et réédition de 2018. Les différences non attestées sont clairement distinguées des caractéristiques vérifiées.
Inventaire comparatif des cinq marchés originaux
Les numéros de catalogue ci-dessous identifient les objets répertoriés. Ils ne certifient pas qu’un poster ou un feuillet rare est présent dans chaque exemplaire du marché concerné.
| Pays | Année | Label | Référence | Contrôles d’exemplaire |
|---|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | 1978 | Parlophone / MPL | PCTC 256 | Sous-pochette noire, poster dépliant, matrices YEX 983 / YEX 984 |
| France | 1978 | Pathé Marconi | 2C 070-61963 | Mentions industrielles françaises, étiquette et pochette à comparer |
| Allemagne | 1978 | EMI Electrola | 1C 064-61 963 | Pochette et étiquettes allemandes, variations de matrices |
| Japon | 1978 | Capitol | EPS-81150 | Obi, insert, sous-pochette, poster ; certains exemplaires ont un feuillet discographique supplémentaire |
| États-Unis | 1978 | Capitol / MPL | SOO-11905 | Pressages de plusieurs usines américaines, marques de fabrication à distinguer |
1. Une compilation du 1er décembre 1978 : un objet historiquement paradoxal
Publié au Royaume-Uni le 1er décembre 1978, Wings Greatest condense la carrière de Paul McCartney après les Beatles en douze plages et deux faces. Le titre annonce Wings, mais deux chansons datent d’avant la création du groupe. L’album est donc à la fois un document de la gloire collective des Wings et une rétrospective partielle du répertoire solo de McCartney. Le choix d’un seul LP, plutôt que d’un double, impose une sélection sévère qui écarte des succès majeurs, dont Listen to What the Man Said. Cette tension entre anthologie personnelle et portrait du groupe est indispensable pour comprendre les crédits de chaque chanson et classer les éditions de collection.
2. Le premier pressage britannique : Parlophone PCTC 256
Le LP britannique porte la référence Parlophone PCTC 256, avec le numéro international OC 066-61 963 sur certains documents. La pochette ouvrante n’est pas une condition universelle : il faut décrire l’objet réellement observé plutôt que projeter sur toutes les éditions le conditionnement d’un exemplaire photographié. Les disques britanniques de 1978 sont recherchés pour leur cohérence matérielle : pochette illustrée, sous-pochette noire découpée et poster dépliant double face. Les combinaisons de matrices varient d’une fabrication à l’autre ; une inscription telle que YEX 983 ou YEX 984 doit être transcrite intégralement avec ses suffixes pour permettre une comparaison sérieuse.
3. France : Pathé Marconi 2C 070-61963
Pour le marché français, la référence attestée du LP de 1978 est Pathé Marconi 2C 070-61963, parfois rédigée avec des espaces variables dans les inventaires. Cette notation ne doit pas être corrigée automatiquement en un numéro britannique ou allemand. L’examen doit porter sur l’étiquette, le bord de la pochette et les mentions d’imprimeur : l’étiquette peut reprendre un graphisme international alors que le code pays et les mentions légales révèlent l’édition française. Le poster présent dans une annonce de vente ne suffit pas à établir qu’il était joint à chaque exemplaire français ; cette question se tranche par confrontation des objets et des annonces contemporaines.
4. Allemagne : EMI Electrola 1C 064-61 963
L’édition allemande EMI Electrola porte la référence 1C 064-61 963, parfois écrite sans espace. Elle représente un point de comparaison privilégié pour les collections françaises et britanniques, les trois territoires présentant le même programme de douze titres mais des mentions industrielles différentes. Il est nécessaire de vérifier le lieu de fabrication, le code de distribution, le type d’étiquette et la présence effective du poster. Des variantes et erreurs de pressage sont répertoriées par des inventaires de collection, mais elles doivent être décrites d’après des matrices, étiquettes ou photographies exploitables avant d’être classées comme éditions distinctes.
Les douze morceaux du LP, face par face
Ordre du disque d’origine de 1978. Les liens internes mènent aux monographies existantes. Another Day et Uncle Albert / Admiral Halsey sont des œuvres de la période antérieure aux Wings ; elles ne sont pas renommées artificiellement pour entrer dans le catalogue du groupe.
- A1 — Another Day (1971)
Enregistrement de la période Paul et Linda McCartney, antérieur à l’identité scénique Wings. Son inclusion fait de ce disque une anthologie de carrière plutôt qu’un album composé intégralement par le groupe.
- A2 — Silly Love Songs (1976)
Le succès de Wings at the Speed of Sound établit la dimension internationale du répertoire. Le mixage et la durée doivent être comparés aux 45 tours sans supposer que tous les pressages compilations reproduisent un montage radio.
- A3 — Live and Let Die (1973)
Chanson originale pour le film de James Bond, produite avec George Martin ; sa présence introduit une écriture orchestrale très éloignée des premiers morceaux enregistrés par le quatuor de Wild Life.
- A4 — Junior’s Farm (1974)
Un 45 tours autonome issu de Nashville, sans album studio Wings d’origine. Il constitue un des quatre arguments essentiels de cette compilation pour le collectionneur qui cherche des singles hors LP.
- A5 — With a Little Luck (1978)
La chanson renvoie aux séances de London Town, dans la phase où le trio McCartney–Laine travaille sur un matériau enregistré dans plusieurs lieux. L’identité de l’enregistrement et celle du pressage original doivent rester distinctes.
- A6 — Band on the Run (1973)
L’un des emblèmes du trio de Lagos et de l’album qui a assuré au groupe une reconnaissance mondiale ; la continuité en plusieurs parties résume une part de l’ambition musicale de McCartney.
- B1 — Uncle Albert / Admiral Halsey (1971)
Autre titre de la période Ram, interprété par Paul et Linda avant la création effective de Wings. Sa présence montre que la sélection est celle des succès post-Beatles de McCartney et non des seules bandes signées Wings.
- B2 — Hi, Hi, Hi (1972)
Single autonome de l’époque des premiers concerts, lié à une controverse radiophonique britannique. La réunion de ce titre et de Junior’s Farm évite au public de dépendre des originaux en 45 tours.
- B3 — Let ‘Em In (1976)
Chanson issue de Wings at the Speed of Sound, organisée autour de l’appel répété et de la sonorité des claviers. Elle éclaire l’orientation pop et conviviale de Wings au milieu des années 1970.
- B4 — My Love (1973)
Ballade phare de Red Rose Speedway, à comparer aux versions de scène pour comprendre la place de la guitare de Henry McCullough dans l’histoire de la chanson.
- B5 — Jet (1973)
Rock d’ouverture de Band on the Run, devenu un jalon important du programme scénique de 1975–1976. La compilation conserve la force de cet enregistrement dans une suite de singles immédiatement reconnaissables.
- B6 — Mull of Kintyre (1977)
La grande réussite britannique du groupe, cosignée avec Denny Laine et enregistrée avec des musiciens écossais, conclut le disque sur une couleur radicalement différente des titres rock.
5. Japon : Capitol EPS-81150 et la question du complet
La première édition japonaise est identifiée sous la référence Capitol EPS-81150. Son intérêt réside notamment dans les annexes : obi, livret d’information, sous-pochette imprimée, poster dépliant et parfois un petit encart discographique supplémentaire. Il ne faut pas confondre l’obi, bande de papier extérieure portant les informations locales, avec un poster ou avec une fiche publicitaire. Le collectionneur doit examiner l’ensemble matériel pièce par pièce. Des exemplaires dépourvus du poster ou de l’obi demeurent des pressages authentiques mais ne sont pas complets dans leur configuration d’origine. L’existence d’un encart rare sur certains lots n’autorise pas à le déclarer universel.
6. États-Unis : Capitol SOO-11905, presseurs et matrices
Aux États-Unis, la référence originale de l’album est Capitol SOO-11905. La multiplication des usines de pressage américaines implique qu’un seul numéro de catalogue puisse correspondre à plusieurs variantes matérielles. L’examen d’une édition de Winchester, par exemple, peut relever la marque caractéristique de cette usine dans la cire, mais le même symbole ne doit pas être attribué à une édition non examinée. La pochette, le poster, les mentions MPL et le sous-feuillet doivent être contrôlés indépendamment. Une inscription de mastering comme MASTERED BY CAPITOL ne remplace pas la transcription complète des autres signes du runout.
7. La pochette de la statuette : une image construite
L’image de la statuette appartient à la construction visuelle de la compilation, mais l’album dispose aussi d’une publicité télévisée originale de 1978, avec de brèves apparitions de Paul, Linda et Denny Laine. Il faut distinguer le film de vente de l’objet LP physique. La campagne est replacée dans la monographie des publicités des Wings, tandis que le présent guide reste consacré aux éditions territoriales, posters, étiquettes et matrices.
La photographie de couverture présente une statuette posée dans un paysage enneigé. Le projet graphique, lié à l’univers d’Hipgnosis et aux contributions de Paul et Linda McCartney, met en scène un objet presque surréaliste plutôt que les musiciens eux-mêmes. Le reportage photographique en Suisse, à l’automne 1978, procède d’une véritable mise en scène : un décor préparé, un environnement alpin et un point de vue aérien. La pochette arrière associe les visuels d’origine des douze disques retenus à une photographie du trio Paul, Linda et Denny Laine. Ce programme de design est aussi un document sur l’identité de Wings au moment où la formation se transforme une nouvelle fois.
8. Poster et sous-pochette : deux éléments souvent dissociés
Le poster dépliant associé à certaines éditions mesure environ vingt pouces par trente pouces. Dans les exemplaires vendus d’occasion, il peut avoir été retiré, accroché, replié autrement ou remplacé par un tirage issu d’un autre pays. La sous-pochette noire imprimée constitue une autre pièce à contrôler : elle n’est pas interchangeable avec une enveloppe blanche ajoutée plus tard. La présence d’un poster prouve l’existence de l’objet dans le lot actuel, pas nécessairement son appartenance à cette fabrication précise. Le chercheur doit relever la texture du papier, les traits d’impression, le pliage, les signatures et les marques de fabrication lorsque les documents sont disponibles.
9. Pourquoi douze chansons ? Les absences sont révélatrices
L’album rassemble des tubes de 1971 à 1978, mais il ne suit ni la chronologie des parutions ni celle des meilleures places dans les classements. La sélection met en avant le récit d’une carrière à succès et des contrastes de styles : orchestration, rock, ballade, pop sophistiquée, influences écossaises. L’absence de Listen to What the Man Said, numéro un américain, montre la force des arbitrages imposés par un LP de durée limitée. Il faut donc distinguer une compilation grand public voulue par les auteurs, une discographie complète des singles et une anthologie de titres choisis sur critères historiques. Wings Greatest n’est ni la totalité du répertoire ni le catalogue des seuls disques publiés sous le nom Wings.
10. Les crédits officiels : Paul, Paul et Linda, Paul McCartney & Wings, Wings
La discographie officielle attribue Another Day à Paul McCartney et Uncle Albert / Admiral Halsey à Paul et Linda McCartney. Les six morceaux Live and Let Die, Silly Love Songs, Hi Hi Hi, Let ‘Em In, Mull of Kintyre et d’autres titres crédités Wings relèvent d’une identité collective distincte. Junior’s Farm, Band on the Run, My Love et Jet portent des crédits liés à Paul McCartney & Wings selon les publications. Les index modernes ont tendance à uniformiser les crédits pour faciliter les recherches, mais ce choix efface une partie de l’histoire contractuelle et commerciale. Il faut donc conserver à la fois l’artiste indiqué sur la source d’origine et l’artiste choisi pour l’affichage général du site.
11. Du LP à la cassette : la musique dans différents objets
La cassette britannique TCPCTC 256 existe dès l’époque du vinyle. Son conditionnement réduit les illustrations et transforme l’ordre de lecture en deux faces magnétiques ; le support expose aussi les enregistrements à des problèmes de vitesse et d’usure différents de ceux du LP. Pour une collection exhaustive, la cassette ne doit pas être reléguée au rang de simple « autre format » : sa jaquette, les caractères typographiques, les mentions de fabrication, la couleur de la coque, les vis visibles et la liste imprimée des titres constituent des critères de catalogage à part entière.
12. 1985 : le premier CD et le maintien des douze titres
Un premier CD de Wings Greatest paraît le 4 février 1985 sous la référence CDP 7 46056 2. Le programme reste limité aux douze titres, sans ajout de chansons. Ce détail est capital : l’apparition du disque compact n’implique pas une édition augmentée, pas plus qu’une durée légèrement différente sur l’afficheur ne prouve un nouveau mixage. Les différences de minutage proviennent parfois du silence entre les plages, des conventions d’arrondi ou de l’indexation numérique. Les comparaisons sérieuses porteront sur les empreintes audio et les informations de mastering, et non sur le simple nombre de secondes imprimé.
13. 1993 : The Paul McCartney Collection, un autre objet
La réédition de la série The Paul McCartney Collection en 1993 est associée au numéro CDPMCOL 9 et à la référence internationale CDP 7 89317 2. Les douze titres sont toujours conservés, sans bonus. Le fait qu’un objet soit nommé « remasterisé » ne signifie pas nécessairement qu’il possède des prises différentes. Un archiviste distingue contenu musical, transfert, remastering et fabrication du disque. Les variantes de livret, le code-barres, le pays d’impression et les numéros de matrice du CD peuvent différencier des éditions que l’oreille ne permettrait pas de séparer.
14. 2018 : restauration, vinyle bleu et nouvelle circulation
La campagne du 18 mai 2018 remet l’album en circulation sous la supervision de Paul McCartney, avec CD, LP noir de 180 grammes et édition colorée bleue limitée. L’édition vinyle s’accompagne d’un poster de 20 × 30 pouces et d’une carte de téléchargement selon les présentations commerciales. Les objets de 2018 ne doivent pas être commercialisés ou classés comme « réimpression 1978 » : la remastérisation, les mentions MPL/Capitol, la qualité du carton et les codes EAN identifient une campagne moderne. Le collectionneur veillera notamment à ne pas assimiler l’édition bleue à toutes les rééditions proposées cette année-là.
15. Le numéro de catalogue ne fait pas tout
Deux exemplaires d’un même LP peuvent porter le même numéro sans être strictement identiques : suffixes de matrice, présence d’un cachet d’usine, couleurs d’étiquette et modifications infimes de crédits peuvent révéler des lots successifs. Inversement, une pochette et un disque présentant des caractéristiques différentes peuvent résulter d’un assemblage postérieur. La seule façon d’établir une variante indépendante est de documenter plusieurs indices convergents. Pour Wings Greatest, le problème est renforcé par la circulation internationale d’un visuel très reconnaissable et par les rééditions qui ont repris une grande partie de son graphisme.
16. Protocole de collection et répertoire de recherche
Une fiche d’exemplaire complète comporte : pays, année présumée, label, référence, type d’étiquette, matrices sur les deux faces, fabricant du disque, imprimeur, format, couleur du support, sous-pochette, poster et autres encarts, état et photographies de chaque pièce. La date exacte de commercialisation nationale ne sera inscrite que lorsqu’un document suffisamment probant existe. Pour la partie musicale, une liste par face renvoie aux études de chacune des chansons des Wings sur Yellow-Sub ; les deux chansons de la période pré-Wings doivent être identifiées comme telles sans inventer de lien vers une fiche Wings qui n’existe pas.
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