Wings de Paul McCartney — encyclopédie : histoire, musiciens, chansons et discographie

WINGS · COMPILATION ORIGINALE · 1ER DÉCEMBRE 1978

Wings Greatest (1978) : histoire, choix des douze chansons et premières éditions

Première publication : 1er décembre 1978. Programme : douze titres. Statut : première compilation rétrospective officielle de la carrière de Paul McCartney après les Beatles, comprenant des enregistrements de Wings mais également des œuvres publiées antérieurement sous d’autres noms d’artistes.

Wings Greatest ressemble au premier regard à une simple sélection de succès. Son programme est pourtant un véritable document sur la façon dont McCartney et son entourage choisissent, en 1978, de présenter sept années de musique : chansons du duo Paul et Linda, singles de Paul en solo, rock des premiers Wings et grands succès internationaux.

Une anthologie des Wings ou de la carrière solo de McCartney ?

La distinction doit être posée d’emblée. Le titre commercial de la compilation est Wings Greatest, mais son contenu ne correspond pas intégralement à des disques sortis originellement sous le nom Wings. MPL identifie « Another Day » comme enregistré par Paul McCartney, « Uncle Albert / Admiral Halsey » par Paul et Linda, tandis que d’autres pistes sont créditées Wings ou Paul McCartney and Wings selon la première publication. Une discographie exhaustive conserve ces crédits exacts sans effacer le statut matériel de l’anthologie.

Le programme initial compte douze morceaux, réunis sur un seul disque. La notice officielle précise que l’idée d’un double album de succès était envisageable, mais qu’un volume unique fut finalement choisi. Ce resserrement explique des absences aujourd’hui surprenantes : « Listen to What the Man Said », numéro un américain de 1975, n’est pas présent sur cette première compilation.

Pourquoi la date de 1978 est importante

Le groupe se trouve à nouveau dans une phase de transition après les départs de Jimmy McCulloch et Joe English. L’album London Town est paru au printemps et le succès gigantesque de « Mull of Kintyre » demeure récent. La compilation ne constitue donc pas un bilan de séparation : Wings continue à exister et publiera Back to the Egg en 1979. Elle est plutôt l’occasion d’établir un premier canon commercial du répertoire après l’époque des Beatles.

Cette opération rétrospective contribue à fabriquer une mémoire : certains morceaux deviennent des classiques constamment associés au nom Wings, même lorsqu’ils précèdent la naissance du groupe. Inversement, des titres importants pour la critique ou la scène passent au second plan parce qu’ils ne figurent pas dans les douze plages retenues.

Les douze chansons : programme original et commentaire de chaque titre

01 · Another Day

Publié en 1971 sous le nom de Paul McCartney, avant le premier album Wings. Son inclusion est capitale : la compilation déborde explicitement la discographie stricte du groupe.

02 · Silly Love Songs

Un grand succès des Wings enregistré pour At the Speed of Sound en 1976. Le groupe affirme ici son travail sur les basses mobiles, les voix et le rythme dansant.

03 · Live and Let Die

Thème de film enregistré par Wings en 1973, avec la contribution orchestrale de George Martin. La chanson est un single extérieur au programme de Red Rose Speedway.

04 · Junior’s Farm

Single hors album de 1974 enregistré à Nashville avec Jimmy McCulloch et Geoff Britton. La compilation le sauve d’une disparition dans les seuls classements de singles.

05 · With a Little Luck

Extrait de London Town publié en 1978 ; claviers et synthétiseurs dominent une production issue notamment des séances du yacht Fair Carol.

06 · Band on the Run

Chanson-titre du disque de 1973, dont l’enregistrement repose sur le trio Paul–Linda–Denny Laine. Elle a également sa propre histoire de sortie en single en 1974.

07 · Uncle Albert / Admiral Halsey

Publié en 1971 au nom de Paul et Linda McCartney sur Ram. Il précède Wings et rappelle que l’anthologie suit le succès de Paul après les Beatles, pas seulement les travaux du groupe.

08 · Hi, Hi, Hi

Rock du single de décembre 1972, absent des sept programmes originaux d’albums studio. L’un des titres qui documentent le mieux les premiers Wings sur scène.

09 · Let ‘Em In

Chanson d’accueil de 1976 où piano, vents et rythme de marche sont essentiels. La compilation conserve une grande pièce pop du groupe à sa période de stabilité.

10 · My Love

Ballade de 1973 popularisée au moment de Red Rose Speedway, avec le solo de guitare d’Henry McCullough et l’évolution des premières formations.

11 · Jet

Single tiré de Band on the Run, paru en février 1974. Le succès radiophonique met en avant le versant le plus électrique du trio de l’album.

12 · Mull of Kintyre

Composition de Paul McCartney et Denny Laine de 1977 avec le Campbeltown Pipe Band ; sa présence rappelle que l’actualité discographique du groupe continue en dehors des albums.

Pochette de Wings Greatest (1978), compilation du répertoire de Paul McCartney et Wings

La question des crédits d’auteur et des interprètes

Le catalogue MPL précise les différences de signatures d’interprètes selon les pistes. C’est essentiel pour éviter de qualifier Ram de premier album des Wings ou de ranger « Another Day » parmi les œuvres commercialisées par le groupe. Les crédits de composition présentent eux aussi des particularités, notamment « Mull of Kintyre », coécrit avec Denny Laine. L’intitulé « McCartney » indiqué dans une notice de compilation peut synthétiser des informations éditoriales : une base de référence complète vérifiera les étiquettes et les crédits d’édition des 45 tours et albums originaux.

Parmi les différences de production, « Live and Let Die » occupe une place à part grâce à la collaboration avec George Martin. Le site officiel signale cette participation au niveau de la piste, pas comme production générale de tous les titres. De même, les formations successives du groupe rendent impossible un générique uniforme de musiciens sur les douze chansons.

Les chansons absentes : un autre portrait possible des Wings

Une discographie critique ne doit pas confondre sélection commerciale et hiérarchie définitive de valeur musicale. L’absence de « Listen to What the Man Said » est la plus frappante au regard de ses succès. On pourrait également évoquer « Venus and Mars / Rock Show », « Letting Go », « Girls’ School » ou certains morceaux chantés par les autres membres comme « Time to Hide » et « Medicine Jar ». Le choix de privilégier surtout les titres à forte identité McCartney réduit visuellement l’équilibre du groupe qui s’était affirmé sur scène.

Cette comparaison permet de saisir les limites d’une anthologie conçue au moment même où un artiste poursuit sa carrière. Les programmes postérieurs, notamment Wingspan: Hits and History en 2001 ou la collection WINGS publiée en 2025, reposent sur des logiques différentes et devront être présentés comme de nouvelles propositions éditoriales, et non comme une correction automatique du master de 1978.

Pochette, publicité et pressages internationaux

La notice MPL rappelle la campagne publicitaire télévisuelle britannique dans laquelle des acteurs miment des chansons de l’album avant une apparition de Paul, Linda et Denny. Ce document est un élément de l’histoire du marketing et de la représentation publique du groupe en 1978. L’inventaire physique devra décrire la pochette, les inscriptions de label, les matrices, l’ordre des faces et les éventuels encarts des éditions britannique, française, allemande, américaine et japonaise.

Une réédition CD peut présenter une durée légèrement différente ou une nouvelle remasterisation, sans justifier qu’on la présente comme une première édition de 1978. Les fiches par pressage devront préciser leur fabricant, distributeur et année et, quand elle est identifiée, la provenance du master utilisé.