Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · 1977–1998 · ENCYCLOPÉDIE DES ŒUVRES ET DES ARCHIVES

B-Side to Seaside (1977) : Linda et Paul McCartney, single Suzy and the Red Stripes

« B-Side to Seaside » a été créée pour accompagner commercialement « Seaside Woman », chanson de Linda McCartney diffusée sous le pseudonyme Suzy and the Red Stripes. Le morceau joue ouvertement avec son statut de face B et avec les mots employés dans l’industrie du disque. Son ton humoristique tranche avec certaines chansons plus ambitieuses de Paul, mais il possède une histoire discographique tout aussi précise.

Une chanson qui annonce elle-même sa fonction

« B-Side to Seaside » a été créée pour accompagner commercialement « Seaside Woman », chanson de Linda McCartney diffusée sous le pseudonyme Suzy and the Red Stripes. Le morceau joue ouvertement avec son statut de face B et avec les mots employés dans l’industrie du disque. Son ton humoristique tranche avec certaines chansons plus ambitieuses de Paul, mais il possède une histoire discographique tout aussi précise.

Ce n’est pas une face B issue du programme de Red Rose Speedway : « Seaside Woman » avait été enregistrée par Wings en 1972, tandis que « B-Side to Seaside » naît plusieurs années plus tard, lorsque sa commercialisation devient concrète. Le couplage de disque rassemble donc deux périodes différentes.

1977 : une séance de Paul et Linda plutôt qu’un quintette Wings

La bande est associée à des séances d’Abbey Road au début de 1977. Une chronique rattache sa mise en chantier au 18 février, aux côtés de « Children Children » ; une autre date de travail, le 16 mars, apparaît dans des catalogues de bande. Ces indications peuvent désigner la préparation et l’achèvement du même projet, mais ne doivent pas être réduites sans examen à une date incontestable.

Les crédits de la version publiée donnent essentiellement Linda au chant et Paul à une multitude d’instruments, parmi lesquels la guitare, le banjo, le piano, les claviers et la percussion. La chanson n’est donc pas une preuve que Jimmy McCulloch et Joe English participent à tous les morceaux fabriqués pendant la période London Town.

Le nom Suzy and the Red Stripes

Linda et Paul publient « Seaside Woman » sous l’identité de Suzy and the Red Stripes. Le choix d’un pseudonyme donne à Linda une place de chanteuse principale sans la réduire à une simple contribution au groupe de son mari. « B-Side to Seaside » s’inscrit dans ce dispositif original et prolonge le ton ludique de la face principale.

La marque commerciale ne constitue pas un nouveau groupe ayant tourné régulièrement. Elle est d’abord une désignation de disque. Pour une encyclopédie, le nom utilisé sur une étiquette et les artistes qui enregistrent réellement la musique sont deux champs distincts, tous les deux nécessaires.

Une écriture minimale, construite sur un jeu de mots

Le titre juxtapose les idées de « A-side », « B-side » et du bord de mer. La chanson préfère un enchaînement de phrases brèves et un refrain malicieux à un récit développé. Selon les éditions, des présentations plus courtes ou des mixes spécifiques permettent de mettre davantage l’accent sur la dimension dansante.

Il serait inutile d’inventer une intrigue à chaque ligne. La légèreté de la chanson correspond à la manière dont Paul et Linda peuvent saisir une idée et la développer rapidement en studio, sans prétendre lui donner la portée émotionnelle d’une ballade comme « My Love ».

Les crédits d’écriture et la participation des McCartney

Certaines discographies attribuent la chanson principalement à Linda McCartney, tandis que les notes de Wide Prairie évoquent explicitement un travail mené par Linda et Paul ensemble. Pour préserver cette nuance, le catalogue doit noter le crédit tel qu’il apparaît sur chaque édition et consigner le témoignage de collaboration sans réécrire arbitrairement tous les crédits de pochette.

Pour le personnel instrumental, les versions de Wide Prairie signalent Paul à la plupart des instruments et Linda aux voix. L’attribution d’un instrument à Denny Laine ou à un autre membre des Wings ne doit pas être présumée simplement parce que le morceau se situe dans les mêmes mois que London Town.

Les premières sorties et les versions de 1980 et 1986

« Seaside Woman » paraît aux États-Unis en 1977 sur Epic, puis connaît une édition britannique en 1979. Le catalogue de « B-Side to Seaside » comporte plusieurs présentations liées aux singles, notamment une édition douze pouces de 1980 et des mixes destinés au 45 tours de 1986. Les dates de ces éditions ne doivent pas être confondues avec les séances de 1977.

Les collectionneurs veilleront à relever la durée effective, le nom des remixeurs, le pays et le format. Une version allongée ou retouchée en 1986 n’équivaut pas à une nouvelle composition ; elle possède néanmoins une identité sonore et matérielle propre.

1998 : la version de Wide Prairie

Wide Prairie, publié après la mort de Linda McCartney, inclut « B-Side to Seaside » dans un programme rétrospectif beaucoup plus vaste. L’enregistrement y trouve une nouvelle audience, sans dépendre de l’acquisition d’un single ancien ou de ses différentes éditions.

La réédition de 2019 offre une nouvelle disponibilité, y compris sur vinyle. Elle permet d’inscrire la chanson dans la discographie personnelle de Linda et de rappeler son rôle actif au cours des années Wings.

Une face B révélatrice de la personnalité de Linda

L’importance de « B-Side to Seaside » est autant historique que musicale. À une époque où la contribution de Linda au groupe a souvent été réduite à ses interventions aux claviers, ce morceau présente une chanteuse qui cultive l’humour, l’ironie et un goût pour les chansons à petite échelle.

La relier à Seaside Woman, Linda McCartney et Oriental Nightfish permet de restituer un parcours personnel qui traverse les disques et les films.

Un crédit de composition à Linda, une instrumentation largement assurée par Paul

B-Side to Seaside porte un crédit d’auteur à Linda McCartney. La séance documentée du 18 février 1977 comprend également des travaux sur Children Children. Sur l’enregistrement publié dans Wide Prairie, Linda tient la voix principale et participe aux harmonies, tandis que Paul joue une collection inhabituelle d’instruments : banjo, congas, batterie, guitares électriques, Mellotron, Moog et piano, en plus de contributions vocales. Cette répartition instrumentale ne signifie pas que le morceau devient une composition créditée à Paul.

La relation entre auteur, chanteuse, multi-instrumentiste et producteur doit être expliquée plutôt que simplifiée. Les Wings constituent ici un environnement de travail et de collaboration, mais il ne s’agit pas nécessairement d’une prise du quintette scénique au complet. Le crédit de Mark Vigars à l’enregistrement et celui de Steve Popovitch aux opérations de remixage montrent également que plusieurs métiers se succèdent dans la fabrication d’une même chanson.

Le jeu de mots des faces de disque comme idée musicale

Le titre joue avec les notions de face A, face B et bord de mer ; le texte répète un petit nombre d’images pour en faire un refrain. L’effet repose sur le caractère volontairement léger d’une pièce conçue dans l’environnement commercial du 45 tours. Dans les notes de Wide Prairie, McCartney évoque une chanson rapidement créée lorsque la face B de Seaside Woman a été nécessaire. La pièce doit donc être interprétée comme une œuvre en soi, même si sa place initiale est celle d’un complément de single.

Cette légèreté revendiquée aide à comprendre Linda comme auteure : la chanson cultive le jeu, le non-sérieux et la répétition, sans devoir correspondre au modèle dramatique d’une grande composition rock. L’analyse sonore doit toutefois rester attentive aux timbres et à la complexité de l’accompagnement, bien plus varié qu’un simple refrain fredonné.

Un panorama discographique plus complexe que le premier single

Le morceau connaît différentes éditions liées au nom Suzy and the Red Stripes et au catalogue de Linda McCartney, puis une présentation dans Wide Prairie en 1998, sous une version d’environ 2 min 42 s. Des rééditions comprennent un remix dépassant trois minutes et des traitements sonores différents. Une date de parution d’un single ne peut donc pas être appliquée indistinctement à chaque version.

La réédition de Wide Prairie de 2019 comporte un nouveau mastering attribué à Alex Wharton. Le travail de Popovitch au remixage et celui de Wharton au remastering sont deux opérations différentes. Un inventaire encyclopédique doit rendre ces responsabilités lisibles, plutôt que de présenter toutes les éditions comme « une nouvelle version enregistrée ».