WINGS · 1973–1998 · ENCYCLOPÉDIE DES CHANSONS
Oriental Nightfish (1973–1998) : Linda McCartney, Wings et le film de Ian Emes
« Oriental Nightfish » est une composition de Linda McCartney, créée et enregistrée pendant la période du trio Wings, lorsque Paul et Linda travaillent avec Denny Laine après le départ de leurs deux autres partenaires. Son caractère dramatique et ses images presque surréalistes en font une œuvre singulière dans un catalogue que l’on associe plus volontiers aux succès mélodiques de Paul.
Linda McCartney, autrice et chanteuse d’une œuvre insolite
« Oriental Nightfish » est une composition de Linda McCartney, créée et enregistrée pendant la période du trio Wings, lorsque Paul et Linda travaillent avec Denny Laine après le départ de leurs deux autres partenaires. Son caractère dramatique et ses images presque surréalistes en font une œuvre singulière dans un catalogue que l’on associe plus volontiers aux succès mélodiques de Paul.
Elle possède une histoire exceptionnellement longue : enregistrement en 1973, association à un film d’animation présenté à Cannes en 1978, exploitation vidéo, puis édition audio sur l’album posthume Wide Prairie en 1998. Chaque étape doit être distinguée pour retrouver son rôle dans l’œuvre de Linda.
Le 4 octobre 1973 : les studios AIR de Londres
La bande est enregistrée le 4 octobre 1973 aux studios AIR de Londres, durant la période d’achèvement de Band on the Run. Contrairement aux sessions enregistrées au Nigeria, celle-ci ne se déroule pas à Lagos. La présence du trio Paul, Linda et Denny correspond bien au personnel actif sur la fabrication de l’album de 1973.
Les crédits de « Oriental Nightfish » attribuent à Linda la voix principale, le piano électrique et le Moog. Paul joue la basse, la batterie, la guitare et le Mellotron ; Denny Laine intervient à la flûte. Ces instruments produisent un ensemble inhabituel : moins une chanson pop classique qu’un petit univers narratif construit autour de la voix.
Une atmosphère mystérieuse plutôt qu’un récit réaliste
L’œuvre raconte une apparition fantastique et déploie des images de couleurs et d’étrangeté. L’interprétation de Linda est plus déclamée que sur certains de ses morceaux champêtres, ce qui la rattache à des traditions de pop théâtrale et de récits insolites. Le traitement des claviers, en particulier, donne à la chanson une ambiance d’apparition presque cinématographique.
Une lecture autobiographique détaillée serait hasardeuse. La chanson ne prétend pas relater une expérience factuelle qu’il suffirait d’identifier ; elle explore une fiction imagée. Son importance vient aussi de la liberté qu’elle donne à Linda de défendre une écriture personnelle.
Pourquoi ne figure-t-elle pas sur Band on the Run ?
Band on the Run est construit autour de compositions destinées au disque de Paul McCartney et Wings. « Oriental Nightfish », chanson de Linda enregistrée au même moment, n’entre pas dans le programme commercial original. Cela ne signifie pas qu’elle aurait été enregistrée par un groupe différent : c’est sa destination éditoriale qui diverge.
Ce type de bande rappelle que la discographie du trio de 1973 dépasse les neuf plages du LP britannique. Elle comprend également des compositions de Linda, des titres destinés à des singles ou des essais instrumentaux qui ne verront le jour que dans des publications ultérieures.
1978 : Ian Emes et le court métrage d’animation
Le cinéaste et animateur Ian Emes réalise un film d’environ quatre minutes et demie autour de « Oriental Nightfish ». L’œuvre est présentée en compétition des courts métrages au Festival de Cannes en 1978. Le site du Festival attribue la réalisation à Ian Emes et la musique à Linda McCartney et aux Wings.
Il faut être précis sur la portée de cette sélection : « Oriental Nightfish » est présenté à Cannes, mais il ne doit pas être confondu avec « Seaside Woman », autre chanson de Linda dont le film de Oscar Grillo remportera plus tard la Palme d’or du court métrage. Les deux dessins animés, leurs réalisateurs et leurs palmarès relèvent d’histoires distinctes.
De la vidéo Rupert à la publication sonore
Le film connaît une exploitation vidéo, notamment au sein d’une édition britannique de 1984 consacrée à Rupert and the Frog Song. Cette présence signifie que la musique est publiquement accessible avec son animation bien avant 1998. Toutefois, elle ne doit pas être assimilée à une première sortie du titre sous la forme d’une piste audio autonome sur album.
En 1998, la compilation posthume Wide Prairie offre enfin à la composition une place stable sur disque. L’édition de 2019 restaure le catalogue de Linda sur de nouveaux supports, mais elle ne constitue pas une nouvelle séance de la chanson.
Le disque Wide Prairie et les auteurs de l’enregistrement
Wide Prairie rassemble des enregistrements de périodes très différentes de la carrière de Linda, certains réalisés avec Wings, d’autres avec des musiciens extérieurs ou après la disparition du groupe. « Oriental Nightfish » y révèle le travail personnel de Linda au sein du trio de 1973 et rend plus visible son identité de compositrice.
La notice discographique doit relever « Linda McCartney » comme autrice et interprète principale, puis identifier séparément l’accompagnement de Paul et de Denny Laine. Le rattachement à Wings ne doit jamais effacer cette première attribution artistique.
Une pièce capitale de l’encyclopédie de Linda McCartney
On peut comprendre « Oriental Nightfish » comme un laboratoire associant voix, synthétiseurs, animation et récit fantastique. Le passage de l’enregistrement de studio au film prouve qu’une création musicale des années Wings pouvait connaître une seconde existence dans un art visuel sans devenir un single rock.
À rapprocher de la biographie de Linda McCartney, Seaside Woman et Band on the Run.
Une prise du 4 octobre 1973 à AIR, chantée par Linda
Oriental Nightfish est une composition de Linda McCartney, enregistrée le 4 octobre 1973 aux studios AIR de Londres pendant la période des compléments de Band on the Run. Linda tient le chant principal, le piano électrique et le Moog. Paul McCartney participe notamment à la basse, à la batterie, à la guitare et au Mellotron, tandis que Denny Laine est crédité à la flûte. Les ingénieurs Geoff Emerick et Peter Sweetenham sont associés aux opérations de studio.
Ce personnel réduit correspond à la période du trio après les départs de Henry McCullough et Denny Seiwell. Mais l’existence d’une prise contemporaine de Band on the Run ne signifie pas qu’elle a été retenue dans le programme original de l’album. La chanson possède une personnalité, une autrice et une histoire de publication distinctes, qui justifient sa monographie autonome.
Entre chanson et petit théâtre sonore
Les paroles et les timbres produisent une atmosphère mystérieuse, avec des images qui relèvent davantage du rêve que d’un récit chronologique réaliste. Le mélange de Moog, de Mellotron, de voix et de flûte rapproche l’œuvre d’une expérimentation de musique d’atmosphère, sans que l’on puisse l’assimiler à une simple maquette de Paul McCartney destinée à un autre chanteur.
La participation de Linda est centrale et doit être décrite comme telle. Son rôle ne se réduit ni aux harmonies vocales des albums Wings ni à sa présence dans la vie familiale du groupe. L’artiste écrit, chante et utilise elle-même des claviers électroniques pour donner une couleur particulière à sa composition.
Ian Emes, 1978, puis Wide Prairie en 1998
La chanson est associée à un film d’animation de Ian Emes daté de 1978, avant d’être éditée dans la discographie de Linda avec Wide Prairie en 1998. La création du film, la diffusion des images et la sortie d’un album ne doivent pas être prises pour les dates de la prise musicale. L’enregistrement demeure celui de 1973, même lorsque son univers visuel circule plus tard.
Les bandes de collection présentent des versions de durée ou de mixage différents. Pour identifier les états réellement distincts, il faut comparer les voix, les instruments, les transitions et les manipulations sonores. Une simple étiquette « inédit 1978 » peut renvoyer à l’époque du film plutôt qu’à une nouvelle séance de Linda avec les Wings.












