On lui a collé une étiquette dont il n’a jamais voulu — « le cinquième Beatle » — et cette étiquette a produit un effet pervers : elle a réduit soixante ans de travail à huit années de collaboration. Comme si George Martin était né en juin 1962 dans le studio deux d’Abbey Road et […]
Sans l’effondrement de HandMade Films et l’affaire Denis O’Brien, George Harrison n’aurait jamais accepté The Beatles Anthology. Chronologie complète, jugement, 9 correctifs factuels.
En janvier 1984, Milk and Honey ne surgit pas comme un simple appendice posthume dans la discographie de John Lennon. Il arrive plutôt comme la trace encore chaude d’un élan brisé en plein mouvement. Trop souvent réduit au statut de petit frère imparfait de Double Fantasy, l’album mérite pourtant bien mieux que cette place secondaire dans la légende lennonienne. Car ce que l’on entend ici, ce ne sont pas des fonds de tiroir rassemblés pour entretenir le mythe, mais les morceaux d’un second acte que Lennon n’a jamais eu le temps d’achever. Et c’est justement cette fragilité qui le rend si bouleversant. D’un côté, on y retrouve un John Lennon léger, mordant, curieux, revenu au studio avec le plaisir très net de refaire des chansons. De l’autre, Yoko Ono transforme ces bandes interrompues en un dialogue décalé par la tragédie, répondant depuis l’absence à celui qui chantait encore depuis l’élan du retour. Entre promesse d’avenir et conscience du manque, Milk and Honey demeure un disque profondément humain, bancal parfois, mais habité d’une vérité rare : celle d’une musique qui continue à vivre alors même que tout a été fracassé.
Deux chansons posées au sol, comme un manteau oublié sur une chaise, et tout un album qui pourrait basculer. À l’automne 1980, John Lennon et Yoko Ono bouclent Double Fantasy dans cette urgence douce d’un retour au monde : cinq ans de silence, puis l’envie de refaire circuler l’air. Mais au moment de fermer la tracklist, deux titres restent hors champ — “Grow Old With Me” et “Let Me Count The Ways”. Pas des chutes : presque la clé du dispositif, deux lettres d’amour écrites en miroir, nourries par les Browning, ces poètes mariés qui donnent au couple Lennon/Ono une architecture de promesse. Pourquoi ces morceaux n’ont-ils pas eu leur place en 1980 ? Comment ont-ils glissé vers Milk and Honey, l’album fantôme devenu disque réel en 1984 ? Et comment “Grow Old With Me”, maquette intime captée au Dakota, a-t-elle fini par convoquer, en 2019, Ringo Starr et Paul McCartney autour d’un hommage où l’on croit entendre les quatre Beatles respirer dans la même pièce — sans tricher avec l’absence ? Entre Bermudes, studios pressés et cassettes de travail, voici l’autre fin possible de Double Fantasy : celle que la musique avait prévue, avant que l’Histoire ne coupe le son.
Le 8 décembre 1980, New York a perdu un mythe, mais Yoko Ono a perdu un mari. Entre ces deux vérités, il y a un frottement brutal : celui d’un deuil intime happé par la faim d’images, de récits et de proximité. Alors que le monde se presse devant le Dakota, chante, pleure, filme et commente, la veuve de John Lennon devient un personnage public malgré elle — et parfois une cible. Ce récit remonte à un détail minuscule, presque incongru au milieu du vacarme : une cassette, la démo domestique de “Grow Old With Me”, gardée dans un sac comme on garde une bouée. Parce qu’il faut bien survivre aux coups de téléphone, aux intrusions, aux injonctions de “partager”, à cette étrange idée que l’amour des fans donne un droit de regard sur la douleur des proches. En suivant la trajectoire de ce ruban magnétique, on revisite l’après-assassinat : la minute de silence voulue par Ono, la violence du deuil parasocial, et la façon dont la musique — de Milk and Honey à Season of Glass — devient à la fois refuge et champ de bataille. Une plongée dans ce que le monde a voulu posséder… et ce qu’il a oublié de respecter.
Ringo Starr rend hommage à Paul McCartney en soulignant son génie mélodique qui, selon lui, « améliore chaque chanson ». Ce propos prend tout son sens dans la version 2019 de « Grow Old With Me », une maquette posthume de John Lennon revisitée avec tact. McCartney y ajoute sa basse et ses harmonies, transformant l’ébauche en une réunion symbolique des Beatles. Le producteur Jack Douglas intègre un clin d’œil à George Harrison, créant un hommage collectif subtil et émouvant.
« Grow Old With Me », écrit par John Lennon en 1980, incarne un vœu d’amour éternel. Inspiré par un poème de Robert Browning, le morceau reflète l’espoir de vieillir ensemble, célébrant l’amour durable. Bien que publié en 1984, après sa mort, il symbolise la renaissance créative de Lennon après une période d’isolement. Intime et émouvante, la chanson traverse les époques et devient un testament de son désir de partager une vie d’amour avec Yoko Ono, malgré le temps qui passe.
Ringo Starr rend hommage à ses amis de toujours, avec « Never Without You » adressée à George Harrison et « Peace Dream » évoquant John Lennon. Deux chansons simples et sincères, d’un batteur qui se fait témoin plus que vedette.
L’œuvre solo de John Lennon révèle un artiste à la fois viscéral, engagé et mélodique. De « Give Peace A Chance » à « Imagine », en passant par « Jealous Guy » ou « (Just Like) Starting Over », cette sélection de 20 titres explore ses influences, sa quête de vérité et son génie pop. Chaque chanson témoigne d’une recherche de sincérité, d’une production exigeante et d’une voix qui traverse les décennies.
John Lennon, artiste visionnaire et engagé, a laissé une empreinte indélébile sur la musique et la société. Yoko Ono, sa compagne et muse, a dévoilé en 2010 ses dix chansons préférées de Lennon, mettant en avant son œuvre post-Beatles. De l’hymne pacifiste Give Peace a Chance à l’introspectif Mother, ces titres reflètent l’idéalisme, la sincérité et la profondeur de l’artiste. Grow Old With Me, chanson inachevée, résonne comme une poignante épitaphe de leur amour. À travers cette sélection, Ono nous invite à redécouvrir Lennon sous un prisme intime et intemporel.
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