Deux chansons posées au sol, comme un manteau oublié sur une chaise, et tout un album qui pourrait basculer. À l’automne 1980, John Lennon et Yoko Ono bouclent Double Fantasy dans cette urgence douce d’un retour au monde : cinq ans de silence, puis l’envie de refaire circuler l’air. Mais au moment de fermer la tracklist, deux titres restent hors champ — “Grow Old With Me” et “Let Me Count The Ways”. Pas des chutes : presque la clé du dispositif, deux lettres d’amour écrites en miroir, nourries par les Browning, ces poètes mariés qui donnent au couple Lennon/Ono une architecture de promesse. Pourquoi ces morceaux n’ont-ils pas eu leur place en 1980 ? Comment ont-ils glissé vers Milk and Honey, l’album fantôme devenu disque réel en 1984 ? Et comment “Grow Old With Me”, maquette intime captée au Dakota, a-t-elle fini par convoquer, en 2019, Ringo Starr et Paul McCartney autour d’un hommage où l’on croit entendre les quatre Beatles respirer dans la même pièce — sans tricher avec l’absence ? Entre Bermudes, studios pressés et cassettes de travail, voici l’autre fin possible de Double Fantasy : celle que la musique avait prévue, avant que l’Histoire ne coupe le son.
Informations sur la chanson Crédits : Ono Durée : 2:16 Producteur : John Lennon & Yoko Ono Ingénieur : Jon Smith & Michael Barbiero Les paroles de la chanson Let me count the ways how I love you Its like that gentle wind you feel at dawn Its like that first sun that hits the […]












