Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

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Ringo Starr photographie les Foo Fighters pour Sonic Highways (2014) : la commande confirmée par Dave Grohl

La commande pour Sonic Highways et le témoignage croisé de Ringo Starr et Dave Grohl.

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Sommaire de cette étude (9 sections)
  1. Une ligne dans la biographie officielle mérite une enquête
  2. La chronologie de 2015
  3. Ringo photographe face à d’autres musiciens
  4. Une photographie promotionnelle ne se confond pas avec un souvenir privé
  5. L’amitié ne remplace pas le générique
  6. Quelles images chercher ?
  7. Le rapport de la commande au livre Photograph
  8. Comment rédiger le catalogue sans faux crédits
  9. Sources et vérifications

Une ligne dans la biographie officielle mérite une enquête

La biographie officielle de Ringo Starr signale sa participation à une commande photographique pour les Foo Fighters. Une source indépendante permet aujourd’hui d’en préciser la chronologie : un entretien croisé entre Ringo et Dave Grohl, publié par Rolling Stone en 2019 et repris dans son édition italienne, relie les images à Sonic Highways, album publié en 2014. Grohl confirme que des photographies de Ringo ont bien été utilisées pour le disque. Le lieu précis de la séance et le corpus complet des images restent à établir.

Il serait dommage de laisser cette information disparaître dans une phrase de biographie musicale. Il serait tout aussi regrettable d’inventer à partir d’elle une séance précise avec Dave Grohl, un magazine commanditaire ou une photographie de couverture sans les documents correspondants. La présente notice distingue donc l’attribution générale, attestée par le site de Ringo, et l’identification encore incomplète de chaque image.

La chronologie de 2015

La commande est à replacer dans l’année 2014, marquée par la publication de Sonic Highways. Ringo venait de présenter son livre Photograph et ses tirages lors d’un événement hollywoodien en octobre 2013 où Dave Grohl figurait parmi les intervenants. Cet événement offre une première connexion documentée entre les deux artistes ; l’entretien de 2019 précise que Grohl sollicite ensuite Ringo pour photographier son groupe. La pratique photographique du Beatle devient ainsi une activité de collaboration au-delà de ses archives personnelles.

La formule « that same year » des notices biographiques récapitulatives est ambiguë et a conduit à dater trop vite l’épisode de 2015. Le reportage de Rolling Stone est plus précis : les portraits ont été réalisés pour le disque Sonic Highways de 2014. Il faut cependant encore distinguer la date exacte du déclenchement des photographies, leur utilisation sur l’objet discographique et leurs éventuelles reprises dans des dossiers de presse. Aucune journée de prise de vues n’est établie par ces deux seules sources.

Ringo photographe face à d’autres musiciens

L’épisode produit un renversement des rôles. Depuis le début des années 1960, Ringo est l’un des hommes les plus photographiés du rock. Il accepte ici de réaliser les images promotionnelles d’un autre groupe. Dave Grohl est lui-même un batteur connu avant d’être devenu la figure centrale des Foo Fighters ; la relation entre les deux musiciens donne au projet une résonance particulière.

Mais cette proximité n’autorise pas à affirmer que Grohl a dirigé la séance, ni que toutes les photographies représentaient les membres au complet. Le nom du groupe désigne un client ou un sujet collectif, sans constituer un inventaire de chaque visage visible. Pour établir les faits, il faudrait retrouver les fichiers originaux et leurs crédits de distribution.

Une photographie promotionnelle ne se confond pas avec un souvenir privé

Ringo photographiait déjà ses amis et ses compagnons de tournée. Une commande de presse ou de communication répond cependant à un cadre différent : le format de livraison, le choix du portrait et sa destination publicitaire sont en principe définis à l’avance. Il est donc nécessaire de distinguer la pratique spontanée d’un musicien qui emporte un appareil et la séance dont les images doivent représenter un groupe devant le public.

Les portraits promotionnels peuvent être recadrés pour la presse, adaptés aux réseaux, intégrés à une affiche ou repris dans un dossier électronique. Un fichier trouvé aujourd’hui sans signature ne révèle pas nécessairement son auteur. L’attribution doit venir d’une légende éditoriale crédible, d’un contrat de commande, d’une archive de production ou d’un crédit officiel attaché au fichier.

L’amitié ne remplace pas le générique

Ringo et Dave Grohl se croisent dans plusieurs contextes publics, notamment autour de la batterie et du livre Photograph. Grohl participe à une présentation de l’ouvrage en octobre 2013 au cinéma ArcLight de Hollywood. Le site de Genesis Publications conserve l’annonce de cette rencontre. Elle documente des rapports entre artistes, mais ne prouve pas que la séance des Foo Fighters a été réalisée ce jour-là.

L’entretien de 2019 fournit enfin le lien précis : selon Rolling Stone, Grohl sollicite Ringo pour des photos destinées à Sonic Highways. Dans leur conversation, Ringo plaisante sur le manque de reconnaissance qu’il croit avoir reçu ; Grohl répond qu’ils ont effectivement utilisé les clichés sur le disque. Ce témoignage croisé est une meilleure preuve qu’une simple proximité entre personnalités. Il établit la destination des images sans dresser l’inventaire des exemplaires imprimés.

Quelles images chercher ?

La recherche doit maintenant partir des pochettes, livrets et dossiers de presse de Sonic Highways distribués en 2014. Il faut y rechercher les crédits de photographie, identifier quels portraits ont effectivement été reproduits et consulter, si possible, les archives de production des Foo Fighters. Les reprises sans signature sur les réseaux et les portraits réalisés par d’autres photographes ne sauraient être attribués à Ringo par simple ressemblance ou rapprochement de calendrier.

Le chercheur devrait comparer les arrière-plans, les vêtements et la composition des portraits pour déterminer s’ils appartiennent à une seule séance ou à plusieurs sessions. Il faudra également distinguer les photographies de Ringo prises avec les Foo Fighters des photographies des Foo Fighters effectivement prises par Ringo : la présence commune dans un cadre ne donne aucun renseignement sur la personne derrière l’appareil.

Le rapport de la commande au livre Photograph

Autour de 2014–2015, Photograph attire l’attention sur les images de Lennon, McCartney et Harrison vues de l’intérieur. Le cas Foo Fighters propose une autre forme de reconnaissance : le nom de Ringo ne sert pas seulement à raconter ses souvenirs, il est associé à une activité de prise de vues destinée à une campagne contemporaine. L’artiste devient auteur d’images pour la communication d’autrui.

Cette distinction est capitale. Il ne s’agit pas d’une photographie d’archives Beatles redécouverte, ni d’un autoportrait, ni d’une couverture illustrée avec une image créée par un graphiste. C’est une occasion documentée de reconnaître Ringo comme photographe actif au-delà de sa propre légende. L’étendue exacte du corpus demeure cependant à déterminer.

Comment rédiger le catalogue sans faux crédits

La fiche peut désormais porter « Photographies des Foo Fighters réalisées par Ringo Starr pour Sonic Highways (2014), utilisation confirmée par Dave Grohl en 2019 ». Elle ne peut pas encore renseigner le nombre de fichiers, les outils utilisés, le studio, la liste des images retenues ou les ayants droit de chaque reproduction. L’entretien confirme la commande et son exploitation, non un inventaire de photographies.

Cette prudence n’enlève rien à la portée de l’information. Elle permet au contraire d’ouvrir une enquête utile, fondée sur la recherche des œuvres plutôt que sur la répétition des légendes. En photographiant un groupe apparu longtemps après les Beatles, Ringo inscrit son regard dans une continuité de musique et de culture visuelle : il est à la fois témoin d’une histoire et acteur d’une autre génération d’images.

Sources et vérifications