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Yellow-Sub.net · Collectionneurs · 1985–2019 · 45-tours, maxi, remixes

Sun City (1985) : les pressages, versions radio et remix avec Ringo et Zak Starkey

Guide critique : single 4:58, album 7:10, Version II 5:42, Last Remix 9:37, Manhattan V-56013, promo SPRO 9528 et les éditions australienne et argentine.

De la chanson au support : pourquoi Sun City exige plusieurs fiches

« Sun City », publié par Artists United Against Apartheid en 1985, associe à sa cause politique une autre histoire, celle des montages de radio, des versions longues et des remix destinés aux discothèques. Pour documenter la contribution de Ringo Starr, il faut distinguer les musiciens effectivement crédités sur l’enregistrement collectif et la manière dont celui-ci a été découpé, remixé et commercialisé. Ringo et son fils Zak Starkey figurent parmi les quatre batteurs crédités ; cela ne permet pas d’isoler à l’oreille les coups de chacun sur chaque édition.

L’œuvre est écrite par Steven Van Zandt, dit Little Steven, et la production est associée à Van Zandt et Arthur Baker. Elle s’inscrit dans la protestation contre l’apartheid et contre les spectacles donnés dans la station sud-africaine de Sun City. Le projet ne doit pas être présenté comme une initiative de Ringo, ni comme un album des Beatles. Il réunit des personnalités du rock, du rap, de la soul, du jazz et des musiques africaines, dans un montage de contributions qui n’implique pas toujours une séance commune de tous les participants.

Le personnel de batterie : quatre noms, un crédit collectif

Les crédits de « Sun City » nomment Ringo Starr, Zak Starkey, Keith LeBlanc et Tony Williams à la batterie. Keith LeBlanc apparaît aussi dans la programmation rythmique, avec Little Steven et Benjamin Newberry. Doug Wimbish est à la basse électrique, Ron Carter à la contrebasse et Ray Barretto aux congas. Les listes individuelles de MusicBrainz et les notes de publication reproduites par U2songs établissent ainsi une combinaison de batteries réelles et de programmation.

Pour une fiche instrumentale, il faut distinguer le crédit du groupe de batterie, le programme de batterie électronique et les instruments complémentaires. La contribution de Zak, importante pour sa carrière naissante, est attestée au même titre que celle de son père. Mais les sources ne décrivent pas une « double batterie père-fils » simultanée sur toutes les mesures. Une analyse multipiste serait nécessaire pour associer chaque frappe à son interprète.

Les autres instrumentistes : du rock à l’avant-garde jazz

Les guitares sont attribuées à Pete Townshend, Stanley Jordan et Little Steven. Herbie Hancock, Robbie Kilgore et Richard Scher interviennent aux claviers, avec Zoë Yanakis créditée aux claviers supplémentaires. Clarence Clemons joue du saxophone, Miles Davis de la trompette, Shankar d’un violon double, Sonny Okosuns des percussions parlantes, tandis que Jam Master Jay et DJ Cheese sont crédités aux platines. Ce personnel constitue un condensé d’esthétiques qui ne se rencontraient pas habituellement sur un même 45-tours.

Le nom de Miles Davis, notamment, relève d’un crédit instrumental et non d’une simple présence photographique aux côtés de Bruce Springsteen. Le chœur de voix rassemble de très nombreux chanteurs ; les variations de mixage peuvent faire ressortir ou atténuer certaines interventions. Il est donc nécessaire de conserver les crédits de la bande source, puis de noter séparément les interventions réellement audibles sur chaque montage, lorsque leur identification est techniquement possible.

Le 45-tours : une version courte d’environ 4 min 58 s

La version de single de « Sun City » est répertoriée à environ 4:58. Les notes spécialisées Searching For A Gem l’identifient comme le montage courant de sept pouces. Cette durée est un élément de distinction sonore important face à la version longue de l’album. Il ne faut toutefois pas transformer chaque minutage imprimé en une identité de mixage autonome : la coupe, le fondu et le mastering peuvent produire plusieurs durées d’affichage d’un même état de bande.

Les photographies d’étiquettes sont nécessaires pour attribuer avec certitude le 45-tours à un territoire et à une date nationale. L’histoire des numéros de catalogue Manhattan ou EMI comporte des variations par marché. Un single au même titre imprimé en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou au Japon peut réunir des faces différentes ou une durée différente, et doit donc recevoir sa propre fiche de support.

L’album de 1985 : la version longue voisine de 7 min 10 s

L’album collectif « Sun City » paraît en 1985 chez Manhattan. Son programme juxtapose des créations indépendantes de Peter Gabriel et Shankar, des interventions de Gil Scott-Heron, une pièce instrumentale avec Miles Davis et des versions différentes de la chanson-titre. Les éditions originales comportent un état long de « Sun City » voisin de 7:10 ou 7:12 selon le minutage du support. Cette version ne doit pas être automatiquement identifiée comme celle du 45-tours court.

Dans MusicBrainz, la version longue et « Sun City (version II) » possèdent des positions distinctes sur l’album. Leurs durées sont respectivement proches de 7:12 et de 5:44 dans une édition numérique récente. Il est donc possible de distinguer de vrais montages enregistrés dans un même programme, non de simples variantes d’étiquettes. Les collectionneurs doivent conserver ces informations sans supprimer la seconde version comme doublon.

Sun City (Version II) : le montage de 5 min 42 s

La « Version II » est répertoriée autour de 5:42. Elle paraît notamment au verso du programme de l’album original, distincte de la version longue et du 45-tours de 4:58. Les notes de Searching For A Gem indiquent également une édition promotionnelle argentine EMI DIF 371, dont la face A comporte cette version de 5:42 plutôt que le single edit habituel. La face B y est un titre d’un artiste argentin sans lien avec le projet.

Cette particularité argentine est précieuse : deux exemplaires portant « Sun City » en face A peuvent proposer des montages sonores différents. Le pressage DIF 371 doit être identifié par ses inscriptions de promotion, ses faces réelles et sa provenance, et non par le seul dessin de la pochette. La source signale également que la présence de Bob Dylan varie suivant l’état sonore ; l’attribution doit donc suivre l’enregistrement identifié plutôt que la liste d’artistes globale.

Le maxi américain Manhattan V-56013 et The Last Remix

Le maxi commercial américain douze pouces Manhattan V-56013 comporte « Sun City (The Last Remix) » dans une version prolongée voisine de 9:37, avec « Not So Far Away (Dub Version) » au verso. MusicBrainz conserve la référence V-56013 et son code-barres sous forme 0 7777-56013-1. Il s’agit d’une manifestation discographique distincte du 45-tours. Le mot « remix » figure dans l’intitulé : ici, contrairement à une simple différence de durée d’étiquette, l’édition annonce explicitement un état sonore remanié.

L’examen du disque doit déterminer le minutage effectivement gravé, la mention exacte « last remix » ou « Last Remix » et les matrices des deux faces. Le pressage canadien Manhattan V-75124 est répertorié avec les mêmes familles de versions longues ; cela n’autorise pas à supposer une matrice identique à l’exemplaire américain. Les fiches physiques et les identifiants de contenu restent séparés.

Le promotionnel SPRO 9528 : deux faces identiques

Un maxi promotionnel américain Manhattan SPRO 9528 présente sur les deux faces le montage du single, annoncé autour de 4:58. Cette édition est particulièrement instructive parce qu’elle partage le format de douze pouces avec le maxi commercial tout en contenant un autre programme. Le seul diamètre du disque ne permet donc pas de conclure à la version longue de 9:37.

Pour les radios, le disque peut avoir été conçu afin de faciliter les passages du même titre plutôt que de réunir une face B musicale différente. Une fiche de collectionneur devra documenter les deux labels, l’indication PROMO, le statut non commercial et les matrices. Il ne faut pas prendre le numéro SPRO pour une variante orthographique du V-56013 commercial.

Australie ED 155 : le douze pouces avec la version album

Le maxi australien EMI/Manhattan ED 155 comporte une version longue voisine de 7:10, alors qu’une autre édition australienne signalée sous GOOD 95 appartient aux configurations de douze pouces distribuées sur ce marché. Les notices matérielles distinguent l’ED 155 par une pochette de fond blanc, différente du fond noir d’autres éditions. Ce détail fait partie des caractères du support et ne doit pas être présenté comme une différence de bande sans écoute.

La face B de l’ED 155 porte « Not So Far Away », annoncée autour de 11:27 selon certains inventaires. D’autres maxi internationaux utilisent une version dub autour de 12:30. Ces temps ne doivent pas être fusionnés sans comparaison du contenu. L’écart mérite une fiche de version, mais les sources visibles ne permettent pas toujours de savoir s’il s’agit d’un montage, d’une erreur de catalogage ou d’un autre état technique.

Royaume-Uni 12MT 7 et pressages européens

Le maxi britannique Manhattan 12MT 7 est décrit avec « Sun City (Last Remix) » autour de 9:37 et une face B « Not So Far Away (Dub Version) » autour de 12:30. Les éditions d’album britanniques Manhattan/EMI portent quant à elles un programme de sept titres, notamment MTL 1001 ou 24 0467 1 selon le support. L’album ne doit pas être confondu avec le 12 pouces single : le nombre de plages est l’un des meilleurs moyens de les différencier.

Les collectionneurs français et allemands auront intérêt à relever les variantes de fabrication continentales qui portent le code 1C 064 24 0467 1 sur certaines éditions européennes. Le code d’album et celui du maxi ne désignent pas la même référence commerciale. Les matrices doivent être relevées sur l’exemplaire, car elles ne peuvent pas être déduites d’un code EAN partagé entre plusieurs pays.

2019 : les éditions numériques détaillent les versions

Une édition augmentée apparue en 2019 dans MusicBrainz comprend onze plages : le programme original auquel s’ajoutent plusieurs montages liés aux singles internationaux, dont « Sun City (Last Remix) » et d’autres variantes de « Not So Far Away ». Cette expansion éditoriale constitue un outil utile pour comparer les versions sans recourir exclusivement aux vinyles de 1985. Les éditions numériques ne sont toutefois pas, à elles seules, des preuves de nouvelles sessions enregistrées en 2019.

L’inventaire de versions doit documenter le titre exact, la durée mesurée, la référence du master et son histoire de publication. Une remastérisation ou une mise en ligne postérieure ne constitue pas une prestation supplémentaire de Ringo ou de Zak. Leurs crédits de batterie relèvent de l’enregistrement historique, sauf preuve positive d’une bande alternative où leur contribution serait absente ou différente.

Sources et vérification

Sources discographiques : MusicBrainz, éditions originales 1985, maxi américain V-56013 et édition Deluxe de 2019 ; Searching For A Gem, chapitre 1985 consacré aux disques de Bob Dylan, pour le promo argentin DIF 371, le promo américain SPRO 9528 et le maxi australien ED 155 ; U2songs, reproduction de la liste originale des instruments et des voix ; 45cat et lescharts, informations de territoire à vérifier par exemplaire ; Los Angeles Times, Robert Hilburn, 10 novembre 1985, réception contemporaine de l’album.

Références : https://musicbrainz.org/release/348ad42b-57c0-4abc-8d31-129f737a323a ; https://musicbrainz.org/release/b5bec6c2-49e5-4633-bb8f-51a3fc3cf5a3 ; https://thefm.club/searchingforagem/1980s/1985.htm ; https://www.u2songs.com/discography/artists_against_apartheid_sun_city_single ; https://musicbrainz.org/release-group/4f37dd2f-fb60-3e04-b968-4b5fdc9ce15f . Les matrices, les durées effectivement chronométrées et les éditions pays par pays non vérifiées restent des champs ouverts. La contribution de Ringo et Zak est créditée collectivement à la batterie, sans attribution mesure par mesure.