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Red Rose Speedway : guide des pressages français, allemands, japonais, britanniques et américains
Deuxième album de Wings, Red Rose Speedway existe comme objet de collection sous plusieurs numéros nationaux, dans une pochette ouvrante avec livret et message en braille, puis sous forme de CD audiophiles, rééditions et coffrets d’archives. L’enjeu est de distinguer les premières fabrications, les variantes à documenter, les programmes réellement commercialisés et le double album reconstitué en 2018.
La fiche du collectionneur commence par le programme et le contenant
Red Rose Speedway paraît le 30 avril 1973 aux États-Unis et le 4 mai au Royaume-Uni, selon la discographie spécialisée et le catalogue officiel de McCartney. Le premier album possède neuf entrées commerciales réparties sur deux faces, dont le medley Hold Me Tight / Lazy Dynamite / Hands of Love / Power Cut. Un exemplaire de 1973 ne doit pas être jugé incomplet simplement parce que ce medley est présenté comme une seule plage, ni confondu avec la reconstitution du double album publiée en 2018.
Le vinyle original est accompagné d’une pochette ouvrante et d’un livret de douze pages intégré à l’ensemble, selon MPL. Une inscription en braille au dos est adressée à Stevie Wonder. Cette configuration matérielle est indispensable à l’identification d’un exemplaire complet : la présence du seul disque avec une couverture générique ne permet pas d’établir la provenance de ses composants.
Le graphisme est crédité à Gordon House et la photographie de couverture à Linda McCartney. Paul apparaît devant une motocyclette, une rose rouge à la bouche. Le crédit commercial met cette fois en évidence son nom, à la différence du premier disque Wild Life. Pour les usines et distributeurs, cette présentation crée plusieurs possibilités d’autocollants et d’étiquettes qui doivent être attribuées au pays et au tirage corrects.
Royaume-Uni : Apple PCTC 251
Les catalogues britanniques établissent la référence Apple PCTC 251, également associée à une codification EMI 0C 066-05 311 dans plusieurs notices matérielles. Le LP est un disque stéréo 12 pouces à 33 tours, vendu dans une pochette ouvrante avec le livret. Les étiquettes Apple, les mentions de droits, les estampilles de matrice et les photographies de la pochette devront être rapprochées par exemplaire.
La mise en vente britannique du 4 mai 1973 constitue la date de référence du marché, pas une garantie que toutes les copies de l’année ont été pressées dans la même usine et au même moment. Les variantes de typographie et de runout observées sur le marché des collectionneurs peuvent signaler plusieurs fabriques, mais aucun suffixe ne doit être déclaré de première matrice sans vérification photographique.
La collection devra distinguer les copies complètes du premier tirage, les réimpressions Apple et les éventuelles rééditions Fame ou autres. Le livret intégré au gatefold et le braille sont particulièrement importants car ils ont pu être absents ou reproduits différemment sur certains supports ultérieurs.
États-Unis : Apple SMAL-3409
Le catalogue américain identifie le premier LP comme Apple SMAL-3409, sorti le 30 avril 1973. Les bases détaillées répertorient des variantes d’usine, notamment Winchester. La mention d’une usine sur une fiche de vente ne signifie pas que tous les exemplaires américains SMAL-3409 viennent de Winchester : des caractéristiques de runout différentes peuvent attester d’autres pressages.
Le récit discographique signale des autocollants bleus utilisés pour identifier Paul McCartney and Wings et mettre en avant les titres, la photographie de couverture n’étant pas accompagnée de tous les crédits nécessaires à une identification immédiate pour les acheteurs américains. Il faut conserver les détails du texte, de la forme et du placement de l’autocollant plutôt que supposer qu’une copie sans film plastique provient d’une édition ultérieure.
Le support américain doit également être distingué des rééditions sur Capitol. Le même titre et la même pochette extérieure ne garantissent pas la même période de fabrication, même si les chansons n’ont pas changé. Les numéros complets et les matrices seront indexés ensemble dans le catalogue collector.
France : préfixe national 2C 066
Les catalogues de supports répertorient une édition française Apple autour de la référence 2C 066-05.311, dont les séparateurs et espaces peuvent varier dans les transcriptions de bases. Ce préfixe doit rester associé au marché français plutôt qu’être ramené automatiquement au code britannique. Des listes de master mettent également côte à côte la référence française et une référence allemande, ce qui impose d’identifier précisément l’objet décrit.
La fiche d’un exemplaire français complet devra comporter le recto et le verso de la couverture ouvrante, les deux faces du vinyle, les mentions de fabrication et de distribution, la présence du livret, les crédits photographiques et la photographie de chaque runout. Le numéro de référence signalé est une base de recherche de niveau B ; les matrices restent en attente d’authentification matérielle.
Une différence d’imprimeur ou de typographie du braille ne prouve pas automatiquement un nouveau mastering audio. L’encyclopédie conservera deux séries de champs : variantes de packaging d’une part, gravures ou bandes effectivement différentes d’autre part.
Allemagne : Apple 1C 062-05 311 et variantes
Une édition allemande de 1973 est décrite sous Apple 1C 062-05 311, avec parfois des différences d’espacement de la référence dans les catalogues et sur les étiquettes. les inventaires spécialisés en recense notamment une édition ouvrante avec le numéro 1 C 062 -05311. D’autres marchands décrivent des références 1C 072-05 311, sans qu’on puisse transformer automatiquement ces lignes en ordre assuré des tirages.
Pour départager ces variantes, il faut relever les inscriptions réellement présentes sur la tranche, le macaron et les sillons. Une édition dotée d’une pochette fabriquée en Allemagne peut posséder un master proche de celui du Royaume-Uni, mais cette identité ne peut pas être affirmée uniquement à partir du pays. Les sous-pochettes et livrets peuvent aussi avoir été remplacés au fil des décennies.
Le catalogue distinguera les références attestées par plusieurs fiches d’exemplaires de celles signalées uniquement par une annonce commerciale. Une nouvelle sous-fiche ne sera créée que lorsqu’une différence identifiable est documentée et illustrable.
Japon : Apple EAP-80813, obi et livrets
Les catalogues de pressages indiquent pour le Japon une édition Apple EAP-80813 en 1973. Les listes de marchands et d’inventaires japonais signalent des exemplaires avec obi et livrets ou inserts illustrés. Le numéro japonais doit être conservé tel quel : sa structure ne correspond ni à PCTC 251 au Royaume-Uni ni à SMAL-3409 aux États-Unis.
Pour identifier un premier tirage, le collectionneur doit vérifier la concordance de l’obi, des livrets, de la couverture ouvrante, des deux étiquettes et des matrices. La présence isolée d’un obi ancien ne prouve pas que le disque à l’intérieur appartienne au même tirage. Les catalogues mentionnent aussi des rééditions japonaises d’époques ultérieures, dont Capitol EPS-80234, qui constituent des éditions distinctes à ne pas confondre.
Les caractéristiques précises du premier obi et des feuillets exigent des images complètes d’un exemplaire authentifié. Les objets de collection japonais se distinguent souvent par le matériel imprimé ; une fiche ne peut être déclarée exhaustive avec la photographie du seul recto.
Des éléments imprimés qui intéressent autant que les sillons
Le livret de douze pages est l’une des singularités majeures de Red Rose Speedway. Sur un premier LP, il fait partie de la présentation conçue au moment de la sortie. Son absence, des pages détachées ou un exemplaire manifestement remplacé peuvent modifier l’état et l’intérêt bibliographique du disque. Mais il faut éviter de qualifier de ‘rare variante sans livret’ un exemplaire simplement incomplet.
L’inscription en braille dédiée à Stevie Wonder relève aussi du dessin de l’objet. Sa reproduction doit être étudiée sur les éditions étrangères et sur les rééditions ; elle ne permet pas à elle seule de dater une copie. Les inserts publicitaires, étiquettes de prix et films plastiques sont souvent moins pérennes et exigent une documentation précise de provenance.
La couverture de Paul photographiée par Linda change le rapport entre nom du groupe et nom de l’ancien Beatle. Les notices de pressages ne doivent pas ignorer cette dimension promotionnelle, qui explique notamment certaines interventions des distributeurs sur les emballages américains.
Le double album de 1972–1973 : des acétates, pas un premier pressage vendu
Le 26 décembre 2018, MPL publie une enquête sur la reconstitution du double album abandonné. Le dossier explique que Denny Seiwell possédait encore trois faces acétates datées du 13 décembre 1972 et un document donnant la quatrième. Ces pièces constituent des sources matérielles de première importance, mais elles ne représentent pas un double LP vendu au grand public en 1972.
Une autre liste de programme, datée du 30 janvier 1973, est retrouvée dans les archives de Paul. Elle tient compte notamment de My Love, dont le master est enregistré en janvier. L’Archive Collection utilise ce programme ultérieur pour proposer la reconstitution officielle sur deux LP en 2018. Il faut distinguer l’acétate préparatoire, la feuille de programme interne et le vinyle de collection édité quarante-cinq ans plus tard.
Un collectionneur ne doit donc pas accepter la désignation ‘double LP original de 1973’ pour une édition courante du programme d’archives 2018. Le statut du support, son année et le caractère reconstruit sont des informations bibliographiques déterminantes.
Les premiers CD et le programme de 1993
Le Paul McCartney Project identifie une première édition CD EMI Fame en octobre 1987, avec des titres bonus tels que I Lie Around, Country Dreamer et The Mess. En 1993, The Paul McCartney Collection présente un autre mastering et une liste de bonus incluant notamment C Moon et Hi, Hi, Hi. Ces deux disques doivent être catalogués séparément, non comme une seule édition numérique générique du LP.
L’histoire du CD ne se résume pas aux morceaux supplémentaires. Les matrices de disque compact, les inscriptions de la zone centrale, les codes de fabricant, les codes-barres et les livrets permettent de différencier des tirages européens et japonais de référence. Les catalogues de support ne doivent pas attribuer un numéro de CD de 1993 à un premier pressage britannique de 1987.
La présence de titres supplémentaires n’est pas une preuve que le LP original comprenait ces chansons. Chaque édition aura sa propre grille de programme et un champ renvoyant au master d’album exploité.
DCC Compact Classics 1996 : la référence audiophile CZS 1091
Une édition de collection importante est le CD américain DCC Compact Classics de 1996, référencé CZS 1091. Les magazines spécialisés de l’époque présentent ce support comme un disque compact à couche dorée de 24 carats, proposé avec une reproduction soignée des éléments visuels et un système de plateau de boîtier particulier. Le programme contient les neuf plages du disque et quatre bonus, selon la notice bibliographique.
La couche dorée et la qualité revendiquée ne dispensent pas d’étudier le mastering effectivement utilisé, ni de relever les caractéristiques de l’objet. Un tarif élevé en annonce ne suffit pas à classer toutes les copies comme rares. L’édition constitue d’abord un produit audiophile identifié et daté.
Les variantes de boîtier, les numéros de matrice CD et la présence des feuillets pourront fournir des sous-notices lorsque les exemplaires auront été comparés. Le numéro CZS 1091 désigne une référence commerciale, pas une garantie que chaque copie de seconde main ait conservé son emballage d’origine.
2018 : un coffret véritablement documentaire
L’Archive Collection du 7 décembre 2018 propose plusieurs configurations. Le coffret limité Deluxe de Red Rose Speedway inclut trois CD audio, deux DVD et un Blu-ray, avec au moins trente-cinq bonus audio, une reconstruction du double album, une copie restaurée du film The Bruce McMouse Show et des livres d’archives. Le livret principal compte 128 pages et le livre de photographies Wings in Morocco 64 pages, selon le descriptif officiel.
Le coffret contient également des reproductions de dessins et de manuscrits de l’époque. Cette documentation présente une valeur distincte de celle d’un vinyle de 1973 : elle donne accès à des matériaux historiques, mais elle relève d’une publication réalisée en 2018 sous le contrôle de MPL. Chaque support audio et vidéo possède un programme propre.
L’éditeur propose aussi des éditions deux CD, deux LP et une reconstitution du double LP sur vinyle de 180 grammes. Ces configurations ne doivent pas être regroupées sous la mention vague ‘2018 remaster’ sans nombre de disques, format ou programme.
2023 : le vinyle anniversaire et le demi-vitesse
Le cinquantième anniversaire donne lieu à une nouvelle gravure half-speed du programme de Red Rose Speedway en 2023. L’ingénierie de mastering et la nouvelle fabrication du vinyle justifient une fiche matérielle autonome, même lorsque les chansons sont celles du disque de 1973.
Une édition anniversaire n’est pas un premier pressage historique. Les éléments de communication peuvent utiliser des reproductions d’étiquettes anciennes et de la couverture ouvrante ; il faut donc relever les mentions légales, les codes-barres et le runout pour dater l’objet. Un disque de 2023 vendu avec une pochette semblable à celle de 1973 ne doit pas être classé par erreur parmi les premières copies Apple.
La réédition peut intéresser le collectionneur pour ses qualités techniques et sa fidélité au programme, mais son intérêt est différent de celui d’une copie de 1973 avec livret original et inscriptions de fabrication d’époque.
Norme de fichage et statut des références
Pour chaque édition : transcription exacte du label, du numéro de catalogue, de l’année, du pays de mise en vente et du pays de fabrication lorsqu’il est démontré. Ajouter le nombre de disques, le format, la vitesse, la pochette ouvrante, les livrets, les inserts, le braille, les autocollants, les étiquettes et les matrices de chaque face. Une sous-fiche de tirage sera créée seulement si une différence matérielle peut être démontrée sur un exemplaire.
Les références PCTC 251, SMAL-3409, 2C 066-05.311, 1C 062-05 311 et EAP-80813 représentent le premier socle national britannique, américain, français, allemand et japonais. Elles doivent encore être complétées par la photographie et la comparaison systématiques des étiquettes et dead wax. Aucun suffixe de première matrice ne sera inventé pour donner artificiellement l’impression d’une collection complète.
La collection sera classée selon trois degrés de preuve : A, exemplaire physique ou dossier photographique complet ; B, plusieurs catalogues indépendants concordants ; C, référence ou particularité signalée à vérifier. Le guide de Yellow-Sub privilégie l’identification et l’histoire du disque plutôt que les prix affichés par les vendeurs.
Matrices britanniques YEX 903 et YEX 904 : des suffixes à vérifier
Plusieurs exemplaires britanniques authentifiés par des vendeurs ou catalogues de collection portent des matrices de type YEX 903-3 et YEX 904-3. Ces références donnent une piste concrète sur les gravures du LP. Mais il serait incorrect d’affirmer que tous les PCTC 251 de 1973 portent exactement les mêmes suffixes, ou que le chiffre 3 prouve automatiquement une date d’achat antérieure à toutes les autres copies.
Les variations de texte sur les étiquettes, notamment l’apparition ou non du logo Wings, sont également signalées. Elles peuvent provenir d’impressions différentes ou d’approvisionnements d’usine. Une comparaison sérieuse doit associer la variante de label à une photographie de la gravure, une description de la pochette et, si possible, une provenance d’époque.
Un guide sérieux évite les affirmations « first press » fondées sur une seule ligne de commentaire commercial. Deux disques de même année et même référence peuvent être de tirages différents ; une gravure peut également rester utilisée pour plusieurs séries. Une sous-variante sera créée lorsqu’une différence matérielle est démontrée, pas simplement suggérée.
La gravure américaine : Sterling, LH et Jacksonville
Un exemplaire décrit comme Jacksonville porte, selon son relevé documentaire, les matrices de base SMAL-1-3409 et SMAL-2-3409, complétées par des suffixes de gravure. Les inscriptions STERLING et LH sont signalées sur les runouts de ce type de disque. Elles concernent la chaîne de mastering et de fabrication de l’exemplaire, non une nouvelle composition musicale.
Une copie dont le runout est endommagé ou illisible ne devrait pas recevoir automatiquement les mêmes suffixes par analogie avec un autre disque SMAL-3409. L’inscription de l’usine et la gravure sont des observations matérielles qui ne peuvent être reconstruites de manière certaine par la seule lecture de la pochette.
Le programme musical américain contient les neuf entrées du LP original, mais ses minutages imprimés peuvent comporter des arrondis légèrement différents. Ces écarts ne doivent pas être interprétés comme des remixes sans comparaison des sillons ou documentation de mastering.
Japon : inscriptions de runout relevées sur des exemplaires
Une fiche de vendeur japonais fondée sur des données de les inventaires spécialisés documente les matrices d’étiquettes YEX-903 et YEX-904 pour EAP-80813, ainsi que différents jeux de runouts comportant des symboles de fabrication japonais, dont 〄. Parmi les variantes rapportées figure YEX – 903 3-6W 〄 pour une face A et YEX – 904 1-S7 〄 pour une face B.
Ce relevé ne peut pas être converti en une matrice unique valable pour l’ensemble des pressages japonais. D’autres exemplaires catalogués présentent des suffixes différents. Les inscriptions doivent être conservées dans un tableau de variantes avec la photographie et la provenance de chaque source ; une transcription secondaire, même détaillée, reste inférieure en niveau de preuve à un scan complet.
La question de l’usine et de la gravure est particulièrement délicate lorsqu’un code international de bande coexiste avec des symboles propres à la fabrication locale. Il ne faut pas confondre référence de master et indication de site de pressage.
Du LP aux cassettes : TC-PCTC 251 et les supports oubliés
Le catalogue des Wings doit inclure les bandes préenregistrées et pas seulement les vinyles. Une discussion documentaire de collection, fondée sur l’examen d’une cassette britannique conservée par son propriétaire, décrit la référence TC-PCTC 251, un insert doré portant un code d’impression 7306 G&L et une coque noire à étiquettes papier. Il s’agit d’une description d’exemplaire ; elle doit être corroborée avant de reconstruire l’ensemble des séries de duplication.
Le format cassette transforme le support : les indications de face, la longueur de bande, l’imprimeur de l’insert et le procédé de duplication constituent des champs de collection distincts. La date d’impression d’un insert ne prouve pas nécessairement la date exacte à laquelle toutes les cassettes contenant cet insert furent assemblées ou vendues.
Les cartouches 8 pistes et autres formats territoriaux demanderont eux aussi une documentation de référence, avec programme et ordre exacts. On ne peut pas fabriquer leur tracklisting en découpant automatiquement les faces du LP : les contraintes de durée des programmes peuvent imposer d’autres séquences.












